Souvenez-vous de l'affaire du faux sms, qui aurait été envoyé par Nicolas Sarkozy une dizaine de jours avant son mariage à son ancienne femme, Cécilia, lui annonçant annuler ses projets de mariage avec Carla Bruni si elle revenait.
Souvenez-vous de l'obstination du journaliste Airy Routier à défendre son information mise en ligne sur le site internet du
Nouvel Observateur.
Souvenez-vous de la plainte déposée par le président pour « faux, usage de faux et recel ». Souvenez-vous des déclarations du journaliste qui a affirmé ne pas avoir vu le SMS mais qui avait donné crédit à la rumeur parce que l'information provenait de « sources verbales (...), fiables et concordantes dans un contexte crédible ».
Souvenez-vous de l'abandon de la plainte consécutive à l'abandon du sms par le journal.
Le
Nouvel Observateur remet cela dans son édition papier du 21 mai 2008 selon un blogue du site du journal
Libération,
Coulisses de Bruxelles, UE, rédigé par Jean Quatremer : la rubrique Téléphone Rouge de l'édition s'ouvrirait avec la nouvelle d'une nouvelle insulte présidentielle.
Le blogue cite les paroles prêtées à Nicolas Sarkozy :
« Les nouveaux connards de Sarkozy. Nicolas Sarkozy a
toujours autant de mal à se faire au style présidentiel. “Putain les
mecs, il fait chaud, on se fout sur la terrasse !”, a-t-il lancé, lundi
5 mai, à quelques journalistes spécialistes des questions européennes
qu’il avait invité pour une rencontre informelle à l’Elysée.
L’entretien s’est déroulé dans la bonne humeur jusqu’à ce qu’un des
reporters s’avise d’interroger Sarkozy sur sa pusillanimité à propos
des droits de l’homme en Tunisie. Réponse du président : « Rien à
foutre, de toute manière, ce ne sont que des connards qui posent des
questions à la con… ” ». Or, le journaliste Jean Quatremer réfute formellement la prononciation de ces mots par le président :
« Spectaculaire, mais totalement faux. Je le sais, comme mes confrères en poste à Bruxelles le savent, puisque j’étais présent ». Je vous donne ci-dessous une copie-écran du billet :

Pour lire correctement, copier l'image sur votre ordinateur...
Qui a dit que les médias étaient aux ordres de Nicolas Sarkozy ? Qui a dit que les médias n'étaient pas de gauche ?
Deux petites choses : je ne trouve pas sur le site internet du Nouvel Observateur la reprise de l'affaire - je vais donc essayer dès demain de photographier l'article chez le libraire (je ne vais quand même pas acheter l'hebdomadaire).
Cette semaine, juste avant une interview sur RTL, le journaliste Jean-Michel Apathie (qui n'a jamais pencher pour la gauche ou la droite) a confirmé que la plupart des journalistes étaient de gauche...
Que penser du Nouvel Obs' ?
En passant, je viens de lire plusieurs entretiens avec Bertrand Delanoë à l'occasion de la sortie de son livre : il me réconcilierait presque avec le PS, lui qui n'a jamais été gauchiste. Mais voter à gauche serait au dessus de mes forces...
Mise à jour de 23 heures 21 :
selon Jean Quatremer ,
« Le Nouvel Observateur reconnait que "sur la base des recoupements que nous avons réalisé jusque-là, ilDsc05700 apparait effectivement que cette information n'est pas avérée" ». Le communiqué du journal poursuit :
« Nous avons d'ores et déjà décidé d'informer nos lecteurs dans le
prochain "Téléphone rouge" en faisant la rectification suivante: «
Contrairement à ce que nous avons écrit, le président de la République
n’a pas tenu les propos qui lui sont prêtés dans la rubrique Téléphone
rouge du Nouvel Observateur N°2271 (du 15 au 21 mai). Si l’entretien
informel qu’il a eu, le 5 mai dernier, avec les journalistes
spécialistes des questions européennes s’est bien déroulé dans une
ambiance relâchée, sa réponse à une question sur les droits de l’homme
en Tunisie ne comportait aucun terme de cette nature. Le Nouvel
Observateur présente ses excuses à ses lecteurs ainsi qu’à toutes les
personnes présentes lors de cette rencontre à l’Elysée ».
Je repose ma question : que penser du Nouvel Observateur ? Ma religion est faite sur cet hebdomadaire. D'une manière générale, ce nouvel incident, qui met à mal l'adage latin
bis repetita placet, met en lumière le traitement de l'information par les journalistes français qui semblent, de plus en plus, ne pas prendre le soin de vérifier leurs sources dès lors qu'ils pensent détenir un scoop... Lamentable, regrettable, pitoyable, la triste litanie des noms d'oiseaux peut être égrenée à l'envi...