Apartés uchroniques

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 22 octobre 2009

Le pâté Hénaff et moi... une belle histoire gourmande nichée au cœur d'un cake au pâté Hénaff


Depuis quelques temps, dans la colonne de droite, un petit sondage vous demande si vous connaissez le pâté Hénaff. L’avalanche, le raz-de-marée de réponses (dont au moins cinq de moi) me laisse à penser que certains de mes lecteurs ne connaissent pas encore cette petite merveille gustative…

Le temps est venu de réparer cet oubli !

À vos couteaux !

Ne me dites pas que cette petite boîte bleue ne vous dit rien ? Allez, le pâté du mataf, des marins, le pâté des bretons tellement apprécié entre les clochers des neuf évêchés,le pâté des jours de disette et des jours de fête, le pâté des pique-niques… Je me souviens qu’il était parfois sur la table de mon enfance, toujours présenté sur une soucoupe. J’avais alors droit à 1/8e du pâté parce que j’étais petit. La dégustation en boîte était réservée aux pique-nique sur l’herbe ou aux départs en vacances, lorsqu’en plein cambrousse creusoise, sur le chemin de Bordeaux, mon père arrêtait la voiture dans un petit chemin de traverse, ouvrait le coffre et sortait la glacière. Tous les cinq, nous goûtions les premières joies du soleil d’août en attendant de monter la tente dans le camping qui allait nous accueillir pendant quatre semaines. Et puis j’ai pris ma liberté et croisé quelques vaches maigres. Le bleu métallique annonçait alors un repas à peu de frais, entre patates et pâtes. La chair rosée était aussi réconfortante que le petit ours bleu qui accompagnait mes nuits d’enfant. Et j’ai continué à en avoir à ma table, plus ou moins régulièrement, lui trouvant notamment la vertu de se transformer en déjeuner rapide entre deux rendez-vous pressants pour le bureau : une boîte, une baguette de campagne, du fromage, un fruit et hop, en un quart d’heure, le creux est calé. Et le soir, avec une salade verte, il constitue un dîner honorable et léger… Un conseil : il est bien meilleur frais ;-)

L’histoire qui a commencé en 1907, à Pouldreuzic, dans le Finistère, une belle saga pour une marque française, indépendante. Hénaff, c’est en Bretagne, c’est ici….

J’ai, dans ma bibliothèque gastronomique, trois livres mettant en scène, dans la cuisine, des produits courants : Recettes inavouables et Nouvelles recettes inavouables, Cuisinez les produits mythiques du XX(I)e siècle.

Banania, Vache qui rit, Carambar, Coca-cola, etc., tout le placard y passe y compris le pâté Hénaff… J’ai la flemme d’ajouter le petit signe “marque déposée” ! Feuilleter ces livres est un vrai défi au bon goût et à la gastronomie mais quelques idées ne doivent pas être désagréables. Il faut simplement le courage de surmonter ses craintes et sauter le pas.

Pour le pâté Hénaff, vous avez, entre autres, des friands gourmands, une petite potée Hénaff, un paillasson de patates au pâté Hénaff. L’embarras du choix s’offre à vous…

Cependant, le meilleur est sans doute le livre ci-contre et ses près de cinquante recettes mettant en scène le contenu de la petite boîte bleue…

L’une d’elle a attiré mon attention par sa simplicité : le cake breton à la sauge. Je l’ai essayée et adoptée ! Mais sans la sauge (faute d’en avoir trouvé).

Et voilà la recette…





Cake breton au pâté Hénaff

Préparation : 15 min (pâte) + 45min de cuisson

Ingrédients : 1 boite de pâté Hénaff ( 156 g ), 220 g de farine , 4 œufs , 180 g de beurre , 10 cl de cidre brut, 1 paquet de levure chimique, (8 feuilles de sauge fraîche ciselées très finement), 80 g de gruyère râpé, 1 pomme coupée en petit dés ou râpée , sel et poivre du moulin ou piment d’Espelette


Préchauffer le four à 180°C.

Dans une jatte mêler la farine et la levure puis ajouter le sel et le piment d’Espelette, les quatre œufs un à un tout en mélangeant au fouet à main. Incorporez petit à petit le cidre brut et le beurre fondu

Ajouter le gruyère râpé , la pomme coupée en dés ou râpée , le pâté Hénaff émietté (et enfin la sauge fraîche ciselée très finement).

Verser la pâte obtenue dans un moule à cake beurré. Enfournez pour une cuisson de 45 min.

jeudi 17 septembre 2009

Blowin' in the wind... Mary left us and the flowers go to heaven

RTL, ce matin, vers 7 h 55, un petit aparté de Vincent Parizot pour annoncer la mort de Mary emporté par un cancer à 72 ans. Qui était Mary ? Une voix, pour moi. Cette voix, cette chanson…



Je ne savais ps qui elle était réellement jusqu’à ce que j’entende ce matin cette chanson écrite par Bob Dylan, Blowin’ in the wind. Et c’est tout un passé musical qui ressurgit, non pas une œuvre (je connais mal Bob Dylan) mais une atmosphère, celle de mon enfance, les années 70, ancrées au fond de moi, tapies dans les méandres de ma mémoire oublieuse, une ambiance générale de folk, psychédélique, une folie pleine d’espoir, une petite musique que j’ai longtemps refusé… .
Mary Travers, le trio Peter, Paul and Mary, est cette voix qui m’a délicieusement habité toute la journée, profonde et claire, un appel à la vie par delà sa mort. Pourquoi cette disparition me touche-t-elle autant ? Je ne sais pas, je ne veux pas savoir…

How many roads must a man walk down
Before you call him a man ?
Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l’appeliez un homme ?



The flowers go to heaven…

jeudi 27 août 2009

1985 : je venais d'avoir 18 ans...

Bon, je vous épargne la chanson, parce que si je peux avouer que j’aime « Sound of music », là, c’est au-dessus de mes forces et je mentirai.

Septembre 1985, j’ai 18 ans depuis quelques semaines et je commence l’apprentissage de la conduite. Voilà la photo de mon permis. Notez les tâches de rousseur qui me faisaient autrefois surnommer « Poil de carotte » par certains, sûrement jaloux de cette carnation laiteuse constellée de rousseur qui illuminait mon visage (il en reste des traces sur mes épaules) et la chevelure frisée qui épuisa plusieurs brosses avant enfin d’être domptée vers la vingtaine. Ne me donnerait-on pas le Bon Dieu sans confession ?

dimanche 23 août 2009

1992, dans une autre vie...

Les vacances sont terminées… J’ai profité de ce temps pour libre pour installer dans l’appartement quatre appliques pour enfin remplacer des douilles de chantier qui pendouillaient depuis mon installation en 2003 et accrocher des étagères dans la cuisine, la salle de bains, les toilettes et le dressing ! Ikéa est mon ami mais pas ces *!#??¤µ£€ de murs de merde. Je n’ai pas trouvé, dans l’appartement, de murs identiques : s’agissant d’un immeuble ancien, tous les murs sont doublés de plaques de plâtre posées contre des briques, des pierres ou accolés dos à dos. Je me suis battu avec des chevilles à expansion, des chevilles auto-foreuses, des chevilles en plastique, bref chaque trou était une surprise à lui seul. Je suis même tombé sur le profilé métallique pour les cloison entre les toilettes et la salle de bains que je ne suis pas arrivé à percer. J’ai fait six allers-retours entre Ikéa, Castorama et la maison… en m’arrachant les cheveux, en rongeant mon frein au guichet de remboursement, en suant à grosses gouttes à cause de la canicule pour transporter mes achats. Finalement, en faisant du rangement et du tri, j’ai re-découvert un vieil album de photos prises pendant mon service national en 1992 : des visages juvéniles, des uniformes désuets, des noms qui m’échappent, des fantômes souriants se bousculent sous mes yeux…

1992 - Service national dans la police
1992 - Service national dans la police
1992 - Service national dans la police
1992 - Service national dans la police
Et dans une boîte d’archives, la photo d’identité d’une vieille carte de transports en commun… 1991…

1991...

vendredi 26 juin 2009

Michael Jackson 1958 - 2009

Mickael Jackson 1958 - 2009
Hier, vers 23 h 30, j’ouvre la porte de l’appartement et aperçois mon chien allongé devant la porte du salon, juste en face de l’entrée, cherchant la fraîcheur du carrelage dans la nuit lourde et guettant mon retour. Dans la salle de bains, la radio est branchée sur RTL, pour lui tenir compagnie. Soudain, j’entends Georges Lang annoncer que Michael Jackson serait décédé selon un site internet américain, TZN. Je finis de me laver les mains et m’empresse d’allumer la télévision sur LCI. Et les images commencent à tourner en boucle : Michael Jackson serait mort… Pendant une heure, j’entends le même bulletin, les mêmes interviews, je vois les mêmes photos. Et vers minuit trente, la nouvelle est confirmée : il est mort d’une crise cardiaque. Je suis plongé depuis une heure dans la confection de madeleines promises au bureau. Je suis épuisé, le parfum des gâteaux cuits me donne la nausée, il fait chaud dans la cuisine. Las, je m’affale sur le canapé vers une heure et je commence à me demander ce que représentait Michael Jackson pour moi… J’ai évidemment grandi avec sa musique, ses clips, sans jamais vraiment partagé son univers. Toutefois, je me souviens très bien du clip Thriller, présenté un samedi soir, au cours d’une émission de Drucker sur la 2. J’avais été fasciné par ce film et sa musique. J’avais 15 ans. Je n’écoutais pas Jackson à cette époque, je l’entendais sur les radios. Je me demande ce que j’écoutais vraiment. Nous n’avions pas de chaîne stéréo, pour éviter les querelles entre mes parents au sujet du son forcément trop fort qui n’aurait pas manqué de faire entrer mon père, comme à son habitude, dans une colère noire contre la terre entière. J’écoutais la radio sur un gros poste à cassettes. Je crois que le tourne-disque fonctionnait encore. Mon frère aîné avait des disques de lui mais il versait plus dans Trust et ACDC pour me permettre d’écouter souvent Michael. Je n’avais pas la curiosité de chercher à mieux le connaître. Comme souvent pour les chanteurs de ma jeunesse et de mon adolescence, je ne l’ai découvert que plus tard, une fois adulte et indépendant. Re-découvert.

Je ne vais pas égrener les chansons que j’apprécie, parce que ma connaissance imparfait de sa carrière m’obligerait à écouter des extraits pour dire si j’aime celle-ci ou celle-là. Il y avait toutefois un je ne sais quoi de vie, de de profondeur dans ses chansons qui accrochaient mon attention. Qui accrochent mon attention, sans que je puisse affirmer haut et fort que j’aime Michael Jackson. Je comprends, qu’à l’instar de beaucoup d’autres, ce chanteur fait finalement partie de ma vie dans laquelle il occupe une petite case. Sa disparition, pour tragique et éprouvante qu’elle soit, ne me cause pas un chagrin si grand que je ressente le besoin de me précipiter demain pour acheter un cd. Pas encore, je pense que cela viendra dans quelques temps, par nostalgie (sic).

J’ai été étonné aujourd’hui, en revanche, de constater l’impact que cette triste mort a sur mes assistantes, pas encore trentenaires. En évoquant cette disparition, j’ai compris qu’elles voyaient une étape importante de leur vie au cours de laquelle elle n’ont jamais vraiment été confrontées à la disparition d’une idole. Sans hystérie, elles m’ont avoué être très touchées parce qu’elles considèrent franchir une étape de leur existence avec ce pan de leur jeunesse qui disparaît. Elles ont grandi avec lui, avec sa musique et le pensait immortel. Elles le croyaient sans doute immortel. Il n’en était rien.

J’ai voulu écrire ce billet pour me souvenir de lui comme un moment de ma vie. Simplement. Au delà des brumes sulfureuses qui l’entouraient, sa musique me touchait sans doute plus que je ne voulais m’en rendre vraiment compte. Son universalité me fascine. Il a existé et c’est le plus important.

lundi 15 décembre 2008

Un calendrier de l'Avent - 16e jour

Dans la  16e case, encore de la nostalgie…

C’était hier, ou presque, j’étais encore un jeune garçon et Noël approchait. Je me souviens des colères de mon père face aux mauvaises notes de mon frère aîné et de ses menaces de ne pas avoir de cadeaux à Noël s’il ne travaillait pas mieux à l’école. J’avais peur qu’il ne mette ses menaces à exécution, entre deux fessées. Pour  ma part, mes résultats étaient satisfaisants et je ne craignais rien. Rétrospectivement, je pense que mon père avait  tort de lier Noël, fête des enfants et des cadeaux, aux bonnes notes. Si j’ai appris l’inexistence du Père Noël vers l’âge de sept ans, j’ai longtemps gardé au fond de moi le désir d’obtenir tous les cadeaux que je demandais. Hélas, je connaissais les moyens financiers de mes parents et je savais que certaines demandes ne seraient jamais honorées. Le jeu Merlin, évoqué précédemment, est un symbole.

Toutefois, je me souviens d’un jeu, longtemps demandé et reçu un jour : l’atelier du potier. Je ne sais quel âge j’avais, sans doute une dizaine d’années. J’avais vu ce jeu au Salon de l’enfance, au CNIT, à Paris, un grand salon où l’on présentait des jeux et des activités pour les gosses et que l’on visitaient régulièrement lors de nos passages à Paris. J’avais aussi découvert un jeu où l’on faisait couler de la peinture sur un carton tournant à grande vitesse pour obtenir des dessins psychédéliques sans usage de LSD préalable (quoique, souvenez-vous de la rumeur urbaine des buvards imprégnés de LSD si des étoiles étaient imprimées dessus). Il était hors de question d’espérer obtenir, un jour, ce jeu, bien trop salissant selon le décret de mon père.

J’avais, en revanche, réussi à le fléchir avec cet atelier de potier. Un petit tour en plastique actionné par un moteur à pile et livré avec deux sacs d’argile fourni et des accessoires. J’ai rêvé de ce jouet si longtemps que je n’ai pas cru mes yeux lorsque je le reçus.  Le jour de Noël, j’avais déballé avec frénésie le paquet et sauté de joie à sa découverte. Évidemment, il n’était pas question de jouer avec ce jour parce qu’il fallait aller déjeuner chez mes grands-parents. De retour à la maison, il était trop tard. Le lendemain, je ne sais quel prétexte me fut opposé pour que je ne l’utilise pas. Puis les jours suivants non plus : la boîte était ouverte, je triturais les paquets de terre en vain. Puis vint l’argument suprême : ce jeu était salissant. Donc interdit par décision paternelle. Et ma mère n’osa pas braver son mari. Et je n’ai jamais joué avec ce cadeau. Jamais.

Dimanche dernier, chez mes parents, alors que je cherchais avec ma mère les décorations pour leur sapin de Noël, j’ai retrouvé, au fond du placard, la boite magique, cet atelier encore vierge de mes jeux, planqué contre le mur. Je me suis penché vers Maman et je lui ai dit en souriant : « tu te souviens de l’atelier du potier ? Je n’y ai jamais joué… ». J’ai vu dans ces yeux qu’elle regrettait cela et puis nous avons éclaté de rire tous les deux. Je pense que je vais ramener ce jeu chez moi. Je ne pourrais pas y jouer car il me semble que je l’avais, quelques années plus tard, amputé du moteur pour  l’utiliser dans un ventilateur. Pour l’anecdote, mon père a une sœur aînée aussi maniaque que lui sur la propreté : ma cousine, d’un an de moins que moi, avait reçu aussi ce jeu l’année suivante de ses parents. Elle aussi n’a jamais pu jouer avec pour la même raison que moi…

L’année suivante, je commandai des livres, pour être certain de pouvoir les lire ;-)



Ding dong merrily on high…



Bing Crosby and Christmas is a-comin’…

mercredi 10 décembre 2008

Un calendrier de l'Avent - 11e jour

Dans la 11e case…

Le Père Noël ou plutôt sa légende, enfin non, plus exactement la croyance des enfants dans ce bonhomme ventripotent et généreux. Je me souviens de l’émotion ressentie à Noël lorsque je découvrais, au pied du sapin aux parfums fameux (un épicea aux aiguilles fuyardes dès le lendemain de Noël) les paquets brillants avec leurs rubans tirebouchonnés. J’ai cru au généreux barbu jusqu’à mes 7 ans et je me souviens parfaitement du lieu et de la personne qui m’a révélé la supercherie. C’était un samedi matin, j’allais à l’école avec une voisine, Valérie A. Nous marchions le long du passage qui évitait de faire un grand tour de pâté de maisons pour gagner l’école des garçons Jean Zay, à Villeurbanne. Valérie me dit alors que le Père Noël n’existait pas, que c’était les parents qui déposaient les cadeaux au pied du sapin. Évidemment, pour ne pas paraître naïf aux yeux de ma meilleure amie de l’époque, je lui répondis que je le savais depuis longtemps. Mais au fond de moi, je ne voulais pas la croire. Mon frère aîné ne m’avait jamais rien dit. Dès l’école finie, vers onze heures et demi, je me précipitais à la maison pour demander à ma mère si c’était vrai que le Père Noël n’existait pas. Elle me fit un grand sourire et me dit que je verrais bien à Noël prochain et qu’il fallait que je sois sage. J’avais pas eu de réponse franche et mon frère, de deux ans mon aîné, ne pouvait pas me confirmer que c’était nos parents qui distribuaient les cadeaux parce qu’ils ne les avaient jamais vus. Je passais ainsi quelques semaines à réfléchir à la légende et à ses clichés : nous vivions dans un appartement raccordé au chauffage central de l’immeuble, comment faisait le Père Noël pour passer dans la cheminée puisqu’il n’y avait que des radiateurs en fonte dans l’appartement ? Maman répondait que le bonhomme rouge s’était adapté au monde moderne et qu’il trouvait toujours un moyen d’entrer chez les enfants sages. Je l’imaginais passer alors par les tuyaux du radiateur… À cette époque, je ne connaissais pas l’histoire des gâteaux et du verre de lait laissés au pied du sapin pour la casse-croûte du grand distributeur pourpre pendant sa tournée. Je ne viens pas d’une famille pétrie de traditions au moment des fêtes. Je ne me souviens pas que mon père ou mes grands-parents paternels m’aient jamais raconté les noëls d’autrefois. Ma mère évoque parfois cette fête dans sa famille pauvre : enfant unique adoptée par un charbonnier et une nourrice, elle a grandi à Reuil-Malmaison dans une famille sans éclat. Toutefois, à aucun moment, elle n’a fait état des difficultés financières même si ces dernières l’ont contraintes d’arrêter l’école ver 14ou 15 ans pour travailler. Elle n’a jamais reçu une seule orange le jour de Nöël comme cadeau : ses parents ont toujours fait l’effort de lui offrir un vrai cadeau, des poupées, des livres, etc. Elle n’était pas malheureuse mais je crois qu’elle a toujours mis tout son amour à prépare cette fête.

J’ai parfois le regret de ne pouvoir organiser une très belle fête de Noël : j’imagine la maison plongée dans la lumière tendre des bougies où le sapin éclatant veille sur les cadeaux, des parfums de gâteaux, d’orange, d’épices flottent dans l’air, des chants de Noël s’enchaînent et des rires égrennent les heures qui passent et le bonheur d’être ensemble. Je crois que c’est celà Noël, le bonheur d’être ensemble, même avec peu de mots, même avec peu de cadeaux. Un sourire, un regard, une caresse et voilà, ensemble, tout est possible, même d’être heureux.

Voilà une chanson anglaise emblématique de Noël…



Là, un instant, fermez les yeux, la cheminée est allumée, du pain d’épices est posé sur la table avec un chocolat chaud crémeux et… le reste à vous ;-)

mardi 9 décembre 2008

Un calendrier de l'Avent - 10e jour

Dans la 10e case, tempus fugit…

Je vous ai parlé précédemment d’un jeu électronique de mon enfance appelé « Simon ». Je n’ai pas résisté au plaisir de le commander sur un site d’objets d’occasion pour la modique somme de quinze euros. J’ai reçu le colis ce matin et j’ai profité de la pause déjeuner pour le déballer. Fébrilement, j’ai cherché la boîte longue sous les boulettes de papier ayant servi à le caler dans le carton. J’étais un enfant au matin de Noël : le Père Noël m’a apporté ce que j’ai commandé. Je tenais enfin l’objet du désir, rouge de coque et de touches. Comme un matin de Noël habituel, j’ai cherché fébrilement dans mes tiroirs six piles longues pour donner vie à mon jouet. Les piles insérées, j’ai poussé l’interrupteur et les voyants ont clignoté. Simon était prêt à jouer avec moi. La notice en main, j’ai essayé le morpion (un jeu impossible à gagner), la musique (rappelez-vous la musique d’attente d’autrefois lorsque le combiné était posé sur un petit appareil qui égrenait (massacrait ?) la lettre à Élise), le code secret, bref, j’ai épluché la notice pour me rendre à l’évidence : le jeu est nul. Et oui, trente ans après avoir rêvé de ce jouet, je suis un petit garçon déçu par ses espérances. A l’aune des jeux actuels, il ne vaut pas un clou, bien sûr. A l’aune de ma mémoire, je le croyais merveilleux alors qu’il n’est que sons en toc et lumières lassantes. Pouvait-il en être autrement ? Les souvenirs sont faits pour être remués mais pas vécu. Je ne suis plus le garçonnet de dix ans qui enrageait de ne pouvoir posséder le jeu dernier cri, je suis un quadra qui a voulu se racheter une mémoire et n’a reçu qu’un regret. Celui de ne plus être un enfant.

Venez les enfants…




Noël est bien là…

samedi 6 décembre 2008

Un calendrier de l'Avent - 7e jour

Et dans le 7e case, un bon saint…

Saint Nicolas est passé cette nuit chez les enfants sages pour leur déposer quelques présents, pain d’épices et friandises à moins que le Père Fouettard ne soit venu châtier les turbulents et méchants. L’Alsace, la  Lorraine, l’est de l’Europe fêtent aujourd’hui l’évêque de Myre, en Asie Mineure, une figure du IVe siècle.

Au delà de la légende hagiographique, Saint Nicolas est, en fait, à l’origine du Père Noël : tout est expliqué ICI. Souvenons-nous que le Père Noël, en Europe, porte un grand manteau alors qu’aux États-Unis, c’est une veste sur un pantalon avec un gros ceinturon que Coca-Cola lui donne en 1923.

Oublions les polémiques pour ne retenir que la beauté de l’histoire de Saint Nicolas et, partant, du Père Noël qui savent récompenser la gentillesse et la bonté…

Joyeuse fête à tous les Nicolas et même à mon frère aîné, malgré ses silences si douloureux à certains moments de ma vie…

Connaissez-vous la  légende du bon Saint Nicolas ? La voilà…




Réjouissons-nous : joie pour le monde !

vendredi 5 décembre 2008

Un calendrier de l'Avent - 6e jour

Dans la 6e case, un conte de Noël…

«Le dernier arbre de Noël »
J’ai vu un camion plein d’arbres de Noël,
Tenus bien serrés par une ficelle.
Le camionneur en ligne les a rangés
Pour les vendre tous dans la soirée.
Il les décora de lumières clignotantes
En chantant d’une voix tonitruante :
“Arbres de Noël fraîchement coupés !”
Et accrocha un panneau à l’entrée.
Puis il prit son thermos et encore chantant
Il se versa une tasse de chocolat bouillant.
Et bien que la neige commençât à tomber
Une voiture s’est arrêtée.
Un Papa, une Maman et un petit garçon
De quelque cinq ans et tout mignon.
Vite sous les flocons tombant du ciel
Ils cherchèrent un bel arbre de Noël.
L’enfant courait dans les rangées
La tête en l’air. Touchant son nez,
Il criait : “Ça sent bon Noël!
“Partout, ça sent bon Noël!
“Maman, je veux un grand sapin
“Qui fasse un kilomètre au moins !
“Un sapin qui passe par le toit
“De ma maison, à moi.”
“Un sapin qui touche au ciel
“Sur le chemin du Père Noël
“Qui sera obligé de s’arrêter
“Pour le regarder, émerveillé.”
Toute la famille examina les sapins
Un millier de fois au moins.
Le Papa les secouait et les tournait
Pour découvrir l’arbre parfait.
“Maman, viens voir, j’ai trouvé
“Un sapin sans branche sur le côté !
“On pourrait l’appuyer au mur
“De ma chambre, j’en suis sûr !
“On pourrait mettre l’ange de Grand-Mère
“Tout en haut, avec une lumière.
“Dis, Maman, S’il te plait
“Achetons-le aujourd’hui ou jamais.”
L’homme aux sapins s’approcha :
“Vous voulez une tasse de chocolat ?
“Dans mon thermos il est tout chaud
“Et vous réchauffera jusqu’aux os.”
Ils se mirent à trinquer
Avec des gobelets en papier.
Vive Noël ! Vive Noël ! Vive Noël !
Et que la joie soit éternelle !
Montrant un sapin, l’homme chuchota :
“Je parie que vous avez choisi celui-là !”
Triste, l’enfant dit : “Oui,
“Mais on n’a pas assez d’argent aujourd’hui.”
“Cela ne fait rien, Joyeux Noël !”
Dit l’homme au sapins sans pareils.
“Je vous le donne, mais promettez-moi
“Une chose qui me remplira de joie.
“La veille de Noël, à l’heure de la prière
“Toi, mon enfant, et vous son père et sa mère
“Demandez au Ciel que tous les cœurs
“Soient habités par la joie et le bonheur.
“Et maintenant, rentrez chez vous.
“Le vent glacial de rouge peint vos joues.
“Mais de l’arbre tous les jours coupez le tronc
“Et arrosez-le pour qu’il sente toujours bon.”
Ainsi, pendant toute la froide soirée
L’homme aux sapins manifesta sa bonté
En donnant à chacun un arbre
Sans discussion ni palabre.
Et même la dernière personne
Venue tard, qu’on lui pardonne !
Eu droit au chocolat chaud, elle aussi.
Et de prier pour les autres, elle promit.
Ce soir-là, beaucoup plus tard dans la nuit
Il ne restait qu’un seul sapin sans abri. Mais personne n’était intéressé
Par un arbre solitaire et abandonné.
L’homme aux sapins mit sa parka en peluche
Ses mitaines et sa capuche.
Et il tira le sapin par le tronc
Jusque dans un bois des environs.
Il laissa l’arbre près d’un ruisseau
Dans la nuit noire comme un corbeau,
Pour que les créatures sans abri
Puissent se faire, à Noël, un nid.
L’homme sourit, secoua la neige de son dos
Et allait repartir, content de son cadeau
Quand il vit dans un buisson
Un grand renne brun aux yeux doux et bons.
Il s’approcha et caressa la tête
De l’animal qui lui fit la fête.
“Pourquoi pas”, dit-il, “à nous deux
“Continuer Noël et faire des heureux ?
“Il y a des kilomètres à faire
Dans le ciel étoilé, froid et clair.
Mais, partons à grand pas mon ami
Puisque Noël nous a réunis.
“Entends-tu dans le ciel les grelots ?
D’autres rennes courent au galop
Pour récompenser tout enfant sage
Comme l’ont fait jadis les Rois Mages.”
On ne revit plus jamais l’homme aux sapins.
On ne revit plus jamais le grand renne brun.
Mais depuis ce jour-là, les enfants au réveil
Trouvent sous un sapin des cadeaux de Noël.

« The last Christmas tree » - « le dernier arbre de Noël », conte de Howard Fencl – États-Unis









Pouvais-je ne pas vous proposer LA chanson de Noël ? Non, assurément, surtout quand je repense aux émissions clinquantes et pailletées des Carpentier au moment de Noël, dans ma jeunesse…

- page 1 de 2