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mardi 29 juillet 2008
Par Fabrice le mardi 29 juillet 2008, 00 h 37 - Lire, voir, écouter, rire
lundi 7 juillet 2008
Par Fabrice le lundi 7 juillet 2008, 07 h 02 - Lire, voir, écouter, rire
dimanche 25 novembre 2007
Par Fabrice le dimanche 25 novembre 2007, 22 h 07 - Qui suis-je ?
La nuit a déjà basculé dans les limbes du onze novembre : les fantômes des combattants se pressent aux portes de nos mémoires à peine reconnaissantes tandis que j'abaisse le rideau de fer derrière mon dernier invité. La soirée est terminée, je suis seul dans, les ballons ne bougent pas, aucun son ne sort plus de l'ordinateur. Je remonte entre les rayons remplis de livres et je me rends compte que je vis l'un de mes rêves : être enfermé une nuit dans une librairie. La table du buffet se dresse toujours en un long rectangle blanc parsemé de bouteilles presque vides et si esseulées que je saisis le goulot de l'une d'elles pour lapper les dernières gouttes à peine pétillantes d'un champagne encore parfumé. L'un des deux gâteaux d'anniversaire à moitié délaissés affiche la terrible nouvelle de mon âge. Je sens à peine les effluves des reliefs de fromages tandis que mes yeux sautent d'un verre à l'autre et comptent les panses transparentes et assoiffées solidement dressées sur leur pied épais. Aucun bruit, je traverse la galerie pour rejoindre la salle de la piste de danse : les spots ne clignotent plus sur le rythme d'une musique qui a quitté la place ; deux par deux, une paire après l'autre, ils battent la mesure calme des souvenirs d'une fête. Je lance un dernier morceau de la liste musicale [1] que j'avais mis près de deux mois à préparer...
Dario Moreno surgit soudain pour un dernier "Si tu vas à Rio" : je vois sa silouhette ronde prendre possession de la pièce, la lumière s'agite et j'esquisse quelques pas solitaires. Presque tous les morceaux m'ont tiré vers ces images non encore figées des hiers que la nostalgie me fait prendre pour un passé heureux. Un mambo que j'aurais tant voulu ne pas danser seul. Dario roucoule, Dario m'appelle, je piétine le sol, grisé par la fatigue et la dernière coupe vidée. Le silence retombe. Je regarde le vide, je guette le moibdre bruit. Rien. Un clic et je lance l'ultime souvenir : "Pop corn" [2] scande ses notes électroniques, les premières de l'ère disco, 1969, 1972... Je l'ai si souvent entendu au moment des fêtes de Noël organisée par la société dans laquelle mon père travaillait que les pulsations de mon coeur battent à l'unisson. Soudain, le silence est définitif : j'éteins l'ordinateur et les lumières. Je prends sous le bras la boîte à cadeaux confectionnée par mon frère, j'attrape un bouquet de ballons et je quitte la librairie. La place Bellecour ne dort toujours pas : des passants la traversent malgré l'heure avancée. Je fais quelques pas et je lâche les cinq ballons. Ils s'élèvent dans la nuit claire emportant avec eux les quarante premières années de ma vie...
[1] Toute une jeunesse passée en revue en 139 morceaux, voilà la musique dont je suis indubitablement l'enfant...
[2] je suis étonné par tous les avatars de ce morceau de musique trouvés sur ce site éponyme.