Apartés uchroniques

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mardi 29 juillet 2008

En vrac, des musiques...

Billet mis à jour à 23 heures 45


Le Bourgeois Gentilhomme, Marche pour la cérémonie turque - Jean-Baptiste Lully


Le Bourgeois Gentilhomme, 1er air des Espagnols - Jean-Baptiste Lully


Le Ballet Royal de Flore, Marche des Nations - Jean-Baptiste Lully
Ai-je déja révélé ici ma passion pour le XVIIe siècle ? Peut-être... Trois morceaux pour trois instants de bonheur.


Non, non, rien n'a changé - Les Poppys - 1971


J'ai quatre ans, la télé sera en noir et blanc pendant encore au moins trois ou quatre ans chez mes parents. Je me souviens que pour trouver la troisième chaîne, il fallait tourner un gros bouton rond et doré, en haut à droite de la télé après avoir appuyé sur une grosse touche grise. Le poste est en bois. Il rend l'a^me : la télé est morte, vive la télé couleur ! Au revoir la grisaille, au revoir le bois, le plastique sombre et la couleur nous plongent dans la folie consommatrice des Trente Glorieuses. Je grandis avec le petit écran : souvent, je m'assois à ses pieds, entouré de livres et le temps passe. Maman repasse devant "Aujourd'hui Madame" , mon grand frère joue aux voitures et le petit achève les jouets que nos parents nous obligent à lui prêter. Les Poppys : vous, les quadras, vous souvenez-vous des émissions de variétés des Carpentier, de Guy Lux ? Ce groupe passe régulièrement à l'écran et je les envie : ils chantent bien, ils sont beaux et ils voyagent...


Pop Corn - Hot Butter - 1972
Le premier morceau de musique électronique... Il me renvoie à ces soirées de Noël organisées par la société dans laquelle Papa travaillait : un petit spectacle pour les enfants dans l'après-midi, avec un sac en plastique transparent rempli de mandarines, d'un pain au chocoloat et de papillotes (combien de fois ai-je fouillé dans les sacs abandonnés par les autres enfants sur les chaises pour dévorer les papillotes délaissées ?). Puis le père Noël (une fois mon grand-père, qui avait travaillé aussi dans cette société, fut ce père Noël, le jour de son départ en retraite : je ne l'avais pas reconnu, c'est ma mère qui me révéla ce secret...) distribue deux cadeaux choisis sur un catalogue (je me souviens avoir reçu un jour, par erreur, deux grues de chantier jaunes...). Et la soirée dansante commençe : mes parents sortent peu, faute de moyens et faute de faire garder facilement trois garnements mais il profitent de cette soirée pour danser comme deux adolescents. Je vois encore les pantalons à carreaux et pattes d'eph de mon père et les jupes longues de ma mère, emportés dans le rock endiablé de leur jeunesse presque perdue. C'est ma jeunesse qui pulse dans ce son électronique.


Goldorak - 1978
J'ai onze ans : je viens de rentrer en 6e et il faut choisir une occupation pour les mercredis après-midi : j'écarte tous les sports collectifs pour m'intéresser au tir à l'arc. Pourquoi pas, malgré mes quatre z'yeux. Et me voilà décidé à m'inscrire. Soudain, à la télé, un dessin animé apparaît, avec un grand robot coloré : le Japon envahit mon petit univers étriqué et déchire les frontières d'un monde condamné aux extraits de films de Walt DIsney ou aux productions de l'Est (vous souvenez-vous, les quadras, des films soviétiques, tchèques, hongrois qui abreuvaient les jeunes téléspectateurs français ?). Le tir à quoi ? Non mais ça va pas, j'vais quand même pas louper le grand robot des temps nouveaux. Et puis, je porte des lunettes, j'peux pas tirer à l'arc... Voilà comment un manga m'a détourné des traces glorieuses de Robin des Bois... (oui, bon, j'aime pas le sport, lâchez moi les baskets)


La séquence du spectateur : On the Desert Road - Charles Telmage, interprétée par Juan Montego & The Kingston Orchestra
Avez-vous déjà été frustré ? Oui ? Non ? Moi, oui, devant cette émission présentée par Catherine Langeais qui nous alléchait avec des extraits de films de quelques minutes sans nous permettre de voir le film entier. A cette époque, pour des raisons de moyens, nous n'allons au cinéma qu'une ou deux fois par an avec mes parents. Je n'ai pas le droit de veiller le soir pour regarder un film : je suis frustré, je me console en m'enfuyant dans les livres. Aujourd'hui, j'ai une carte d'abonnement illimité au Pathé, le cinéma est à cinq minutes de chez moi et il m'est arrivé de voir quatre fois le même film, par pur plaisir.


Don't leave me this way - Les Communards
Les années 80 : 18 ans en 1985, les premières boîtes (rentrée au bercail impérative à minuit), sur les pentes de la Croix-Rousse, notamment l'une d'entre elles - souviens- toi, Robert, de la petite...;-) - et cette musique anglaise qui essore les chemises et les corps fait tomber bien des barrières. Jimmy Sommerville électrise les tympans... 2006, dans ma voiture, je reprends à tue-tête cette chanson. Je ne suis pas seul, à côté de moi, des bras s'agitent et nous voilà hurlant ensemble, les bras en l'air, pris dans une fièvre extraordinaire...

Je me souviens. Des petits bonheurs...

lundi 7 juillet 2008

Henri Mancini...

Pour bien commencer la semaine...

Mambo Parisienne...


Baby Elephant Walk... (Hatari - 1961)


The Pink Panther



Moon River Cha Cha



Breakfast at Tiffany's - 1961 avec Audrey Hepburn
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dimanche 25 novembre 2007

Trois heures moins le quart du matin...

La nuit a déjà basculé dans les limbes du onze novembre : les fantômes des combattants se pressent aux portes de nos mémoires à peine reconnaissantes tandis que j'abaisse le rideau de fer derrière mon dernier invité. La soirée est terminée, je suis seul dans, les ballons ne bougent pas, aucun son ne sort plus de l'ordinateur. Je remonte entre les rayons remplis de livres et je me rends compte que je vis l'un de mes rêves : être enfermé une nuit dans une librairie. La table du buffet se dresse toujours en un long rectangle blanc parsemé de bouteilles presque vides et si esseulées que je saisis le goulot de l'une d'elles pour lapper les dernières gouttes à peine pétillantes d'un champagne encore parfumé. L'un des deux gâteaux d'anniversaire à moitié délaissés affiche la terrible nouvelle de mon âge. Je sens à peine les effluves des reliefs de fromages tandis que mes yeux sautent d'un verre à l'autre et comptent les panses transparentes et assoiffées solidement dressées sur leur pied épais. Aucun bruit, je traverse la galerie pour rejoindre la salle de la piste de danse : les spots ne clignotent plus sur le rythme d'une musique qui a quitté la place ; deux par deux, une paire après l'autre, ils battent la mesure calme des souvenirs d'une fête. Je lance un dernier morceau de la liste musicale [1] que j'avais mis près de deux mois à préparer...

Liste musiques anniversaire
Dario Moreno surgit soudain pour un dernier "Si tu vas à Rio" : je vois sa silouhette ronde prendre possession de la pièce, la lumière s'agite et j'esquisse quelques pas solitaires. Presque tous les morceaux m'ont tiré vers ces images non encore figées des hiers que la nostalgie me fait prendre pour un passé heureux. Un mambo que j'aurais tant voulu ne pas danser seul. Dario roucoule, Dario m'appelle, je piétine le sol, grisé par la fatigue et la dernière coupe vidée. Le silence retombe. Je regarde le vide, je guette le moibdre bruit. Rien. Un clic et je lance l'ultime souvenir : "Pop corn" [2] scande ses notes électroniques, les premières de l'ère disco, 1969, 1972... Je l'ai si souvent entendu au moment des fêtes de Noël organisée par la société dans laquelle mon père travaillait que les pulsations de mon coeur battent à l'unisson. Soudain, le silence est définitif : j'éteins l'ordinateur et les lumières. Je prends sous le bras la boîte à cadeaux confectionnée par mon frère, j'attrape un bouquet de ballons et je quitte la librairie. La place Bellecour ne dort toujours pas : des passants la traversent malgré l'heure avancée. Je fais quelques pas et je lâche les cinq ballons. Ils s'élèvent dans la nuit claire emportant avec eux les quarante premières années de ma vie...

Notes

[1] Toute une jeunesse passée en revue en 139 morceaux, voilà la musique dont je suis indubitablement l'enfant...

[2] je suis étonné par tous les avatars de ce morceau de musique trouvés sur ce site éponyme.