Apartés uchroniques

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Tag - Léopold Sédar SENGHOR

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lundi 21 janvier 2008

Senghor, Bruel, amitié, espoir, bintje, tutti quanti

J'ai posé il y a quelques semaines le recueil des poèmes de Senghor : après avoir lu les vers puissants et humains du poète, j'ai compris que j'étais arrivé au terme de mon vagabondage dans cette terre d'Afrique qui me semblait autrefois terriblement étrangère. Au fil des nuits de lecture, j'ai humé les odeurs épicées qui s'échappaient des mots sombres couchés sur le papier éclatant et je me suis laissé ennivré par la découverte de cet ailleurs inconnu et attirant. J'ai cru déceler dans le parfum doux que mes narines trouvaient entre les pages les fragrances de ce sentiment si rarement  familier pour moi que les doigts d'une seule  main se souviennent de chaque instant où mon coeur fut étreint. J'ai pensé que j'avais enfin dans ma bouche le goût de ce fruit extraordinaire à la recherche duquel tout mon être était tendu davantage depuis cette nuit fameuse de novembre où je croisai dans mes errances interlopes la sensation inconnue d'exister dans un regard sombre. L'indicible trouvait un nom et je laissai mon esprit s'ouvrir aux plus beaux rêves.  De ces rêves délicieusement improbables, je n'ai pu garder que l'éternité précieuse arrachée aux quelques instants, quelques heures, quelques nuits partagés avec l'incroyable.  Mais quelle éternité !  Les jours ont passé, la solitude a emporté la victoire et regagné sa place. Pourtant, quelques phrases prononcées, quelques mots lus agitent depuis peu en moi des souvenirs troublants et calment ma compagne triomphante. L'espoir vit en moi, profondément...

Il y a dix jours, des noms ont surgi d'un passé vieux de près de trente ans que mon si cher ami Philippe avait commencé à déchirer avec son sourire et son accent dans cette belle journée de juillet dernier. Bruel et sa chanson Place des Grands Hommes, comme dans un film, envahit mon silence. On ne s'était pas dit rendez-vous dans dix ans mais trente ans après, je vois se dessiner des sourires et peut être...

La semaine dernière, j'ai appelé deux amis : l'un pour lui dire que je le soutenais et que je pensais à lui, et l'autre pour lui dire que je pensais à lui et que je le soutenais. Je leur ai dit la même chose, avec des mots différents. Parce que c'étaient eux...

Espoir, cinq lettres, vivre, cinq lettres, aimer, cinq lettres. Je veux toujours compter cinq par cinq...

Dimanche, au marché du quai Saint-Antoine, j'ai enfin trouvé des pommes de terre bintje, rescapées terreuses de l'envahissante monalisa sucrée : en Afrique, on mange des patates douces, non ?

Tutti quanti ? et caetera...

samedi 8 décembre 2007

Je viendrai

Je viendrai mon Seigneur élancé,
Je  viendrai,
Toute fervente et frémissante de ma longue attente
Et bientôt toute engourdie de bonheur.

Je viendrai, mon ami,
Je  viendrai,
Je vois tes gestes, je vois tes yeux.
Je me laisserai submerger sous tes caresses
Profondes.

Je viendrai, mon Aîmé,
Je viendrai.
Je toucherai tes mains fortes et fines,
Tes paupières lourdes,
Et je serai la proie de ta bouche violente.

Je viendrai, mon Sadio,
Je viendrai.
Ton amour l'est chose si initme,  si dense,
Que  je le sens en moi net  comme un couteau de jet,
Mais mêlé à mon moi,
Mais  confondu désormais avec le sang de mes veines.

Léopold Sedar SENGHOR - Poèmes perdus

Une  nuit de plus pour découvrir la beauté de la langue sénégalaise sous la plume du grand  poète...


dimanche 25 novembre 2007

Offrande...

Je viens t'offrir l'offrande de mon amour
Printanier

Il est rouge comme l'autel
Du sacrifice ancestral,
Droit comme un fût de rônier,
Pur comme l'or de Galam.

Je viens t'offrir l'offrande de mon amour
A genoux.

Léopold Sédar SENGHOR - Poèmes perdus

Un nouveau poème découvert la nuit dernière. Et demain ?

mardi 6 novembre 2007

Je me suis réveillé...

Je me suis réveillé sous la pluie tiède, cette nuit
Dans la nuit de mes angoisses, entre les panthères ailées les squales amphibies
Les crabes jaunes qui proprement me mangeaient la cervelle,
Je suis resté longtemps, et ruminant mes pensées tes pensées
Chantant tes dernières paroles, et le sourire du mouchoir, la porte fermée de l'adieu.

Je me suis réveillé dans les gorges et les senteurs bruissantes, exquises,
Ta voix de bronze et de roseau, ta voix d'huile et d'enfant
Comme le soleil sonnait à ma vitre, parmi la fraîcheur du matin,
Et montraient alentour, jaillissant de la lumière de l'ombre
Blanches et roses, tes odeurs de jasmin sauvage : la Feretia apodanthera

Que dans la nuit tes larmes avaient arrosée.

Léopold Sedar SENGHOR - Lettres d'hivernage

Je découvre la poésie de Léopold Sedar Senghor et le goût de l'Afrique qui ne se limitera plus aux animaux du zoo du Parc de la Tête d'Or ;-) Merci...