Apartés uchroniques

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 14 mars 2010

Vous n'avez pas le monopole de la souffrance...

Corrigé le lundi 15 mars 2010…

- Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas vécu ce que j’ai vécu, m’a dit M.
- Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas vécu ce que j’ai vécu, m’a dit R.

Selon M. et R., non, je ne peux pas comprendre leur refus d’aimer parce que je n’ai jamais été amoureux (faux), parce que je n’ai jamais vécu avec quelqu’un (vrai), parce que je n’ai jamais entretenu de relation (faux). A cause de celà, je ne peux pas comprendre que certains, comme M. et R., se refusent à être, à nouveau, attachés à quelqu’un parce que que leurs amours passées ont échoué.

J’ai toujours refusé d’abdiquer devant les obstacles, je me suis toujours battu pour avancer, pour vivre. Devant moi, M. et R. préfèrent souffrir, refuser d’être heureux, se morfondre, se mortifier voire passer pour des martyres de l’amour plutôt que de garder le cœur et l’esprit ouverts au destin. Et ils me répètent à l’envi que finalement, je n’y connais rien parce que je n’ai jamais souffert d’amour. C’est leur mantra Om.

42 années de vie amoureuse quasi désertique, 16 années de vie quotidienne jamais partagée, 16 années d’affrontement des épreuves en solitaire, de traversées des maladies sans personne à ses côtés en dehors de ma famille ou de quelques rares amis à qui l’on ne peut pas tout dire, 16 années de prise de décision seul, sans aucun soutien, en sachant que personne ne pourra vraiment m’apporter son aide et sa présence parce que personne ne partage ma vie, 16 années de retour seul dans un appartement vide de tout bruit, envahi rapidement chaque soir par le silence de la solitude, 16 années de vacances et de loisirs seul parce que je ne peux pas passer mon temps incrusté chez mes amis mariés, 16 années d’errances, d’errements, d’erreurs, etc. C’est bon, je l’ai mon brevet de vie de merde, comme vous ? Je pourrais continuer jusqu’à la nausée à égrener les bonheurs de ma merveilleuse vie sans aucune souffrance à vos yeux, à disserter sur ma presque virginité sentimentale et mon côté Barbara Cartland ridicule.

Selon vous, je ne peux pas vous comprendre. Mais cherchez-vous seulement à me comprendre ? Cherchez-vous seulement à comprendre pourquoi je suis encore en vie ? Pourquoi vos phrases me peinent ? Pourquoi elles sonnent comme une double peine ?

J’ai vécu autre chose que vous. Vous n’avez pas le monopole de la souffrance amoureuse.
.
Interrogez-vous pour savoir si vous n’êtes pas responsable de ces échecs avant de me juger inapte à la compréhension et me renvoyer dans les cordes lorsque je vous fais part de mon désarroi face à votre autodestruction programmée.

Je vis parce que j’ai la foi, parce je sais profiter du bonheur de chaque instant pour avancer. Laissez-vous un peu vivre avant que de vous laisser mourir le cœur sec et amer. Ayez confiance, en vous et en l’autre.

Et puis si vraiment mon optimisme et mes illusions vous sont trop insupportables, à Dieu vat !

jeudi 17 décembre 2009

37 jours, des pissenlits et des bougies plus tard...

L’hiver est là, il a neigé ce soir…


Un jour, je ne me réveillerai pas… Quelques mots qui, à l’exergue de mon msn ont fait bondir. Pourtant, les jours s’écoulent si vite que je crains de ne pas me réveiller bientôt. Finalement, nous sommes tous des morts en sursis, non ? Trente-sept ont filé dans le silence sur ce blogue alors que ma vie s’épuise chaque jour un peu plus et que mes nuits mangent mes jours. Tout va très vite, trop vite, c’est un lieu commun, j’enfonce des portes ouvertes mais j’en prends parfois aussi en pleine figure.

Quelques bribes, en vrac, d’une vie.

Novembre est passé, sans rien dire, un mois comme un autre avec quelques beaux moments, quand même, d’amitié à deux, au restaurant, au cinéma, des moments de complicité et de rires vivifiants, rassurants, revigorants. Je les ai dégustés avec gourmandise parce qu’alors le temps assassin a suspendu son vol implacable entre deux sourires.

Les illuminations du 8 décembre ont été l’heureux prétexte pour revoir mon ami d’enfance Philippe, connu à l’école maternelle à l’âge de trois ans et retrouvé il y maintenant trois ans sur le net. Avec lui, la complicité enfantine a très vite été retrouvée, malgré plus de 25 ans de séparation. Trop de choses nous réunissent pour que nous soyons devenus des étrangers après nous être quitté à l’âge de douze ans. Il est resté trois jours à la maison, bousculant ma vie de célibataire mais en montrant une telle générosité dans l’aide apportée que sa présence fut une bouffée d’air frais. Entre deux agapes (petite litote) et avec des amis dont Robert le docte, nous avons arpenté les nuits lumineuses de la presqu’île, envahie par des hordes bigarrées et polyglottes qui déambulaient dans les rues à la recherche des installations de la fête des Lumières… Depuis deux lustres, la fête païenne a pris vraiment le pas sur la célébration de la Vierge Marie à Lyon. C’était mieux avant, peut être, lorsque la fête des lumignons ne durait qu’une journée, lorsque les magasins faisaient des efforts pour décorer leur vitrine - je me souviens, dans mon enfance, du boucher et du charcutier-traiteur qui baissaient le rideau à 17 heures pour le relever à 19 heures et exposer, à la foule admirative, des montages en viandes et saindoux représentant des scènes de Noël ou d’architecture -, lorsque Marie était reine des Cieux et des cœurs, lorsque le 8 décembre annonçait les fêtes de Noël… Philippe est reparti avant que les lyonnais aient placé sur leurs fenêtres les lumignons de la tradition. Le mardi soir, après avoir expédié la promenade de nos chiens respectifs, mon amie Bénédicte et moi avons déambulé dans les rues et sur les quais brillants de mille lumignons, détaillant les façades, comptant les bougies et faisant quelques haltes pour admirer les spectacles : seules les projections sur la cathédrale Sain-Jean nous ont convaincus. Nous avons dû boire deux verres de vin chaud et grignoter des orangettes au chocolat noir pour nous consoler… Ce soir là, après avoir raccompagné mon amie chez elle, je me suis arrêté, comme chaque année, dans l’église Saint-Nizier, pour la veillée du 8 décembre : en ce lieu, comme dans toutes les églises lyonnaises, la foi survit loin des faisceaux des projecteurs et des vendeurs de sandwichs. A l’entrée, des sourires, des salutations chaleureuses, on s’empresse autour du visiteur parce qu’il est chez lui, dans la maison du Seigneur, des boissons sont offertes, des plaquettes et surtout beaucoup d’amour et de joie.

Noël approche, et mon sapin, déjà dressé le 30 novembre, se sent seul sans la crèche que je n’ai pas encore installée. Le temps passe si vite et mes endormissements sur le canapé le soir étant presque quotidien, je ne sais quand elle sera dressée. Il me faut penser au menu du déjeuner de Noël qui se déroulera chez moi, comme l’habitude en a été prise depuis quelques années. Le foie gras en terrine sera précédé de coquilles Saint-Jacques sur lit d’endives et de fenouil et l’ensemble sera suivi d’un plat pour lequel j’hésite encore : une pièce de bœuf farcie au foie gras ou une pièce de veau farcie aux marrons et aux champignons. Mon prochain passage aux Halles de Lyon-Paul Bocuse détermineront mon choix…

J’ai mangé des pissenlits. Pas (encore) par la racine. Des pissenlits un peu amers, aux feuilles dentelées qui grattent la gorge quand on les avale. Tenez, essayez un jour le groin d’âne, un cousin du pissenlit que l’on trouve à Lyon dans la véritable salade lyonnaise avec lardons et œufs mollets : des feuilles un peu plus coriaces, de l’amertume encore plus présente et n’hésitez pas à verser les lardons brûlants sur la salade. La chaleur va attendrir les feuilles… Quand vous saurez que le pissenlit est aussi appelé dents-de-lion, vous comprendrez pourquoi il est tant apprécié entre Rhône et Saône. En passant, évitez la salade lyonnaise faite avec de la frisée, c’est autant une hérésie que le gratin dauphinois avec du lait et du fromage rapé…

samedi 25 juillet 2009

Je n'oublie pas mais...

mardi 14 juillet 2009

10 Mots d'été

Je n’écoute pas France Culture. En fait, je n’écoute jamais le service public radiophonique, lui préférant de loin RTL. Par habitude et parce que, malheureusement, très souvent, le ton général de ce groupe de radios ne me convient pas…

Il y a quelques jours, j’ai découvert sur le blog de Shakti, Polemos,  phénix estival de la blogosphère et de mon ami Olivier, le relai d’un jeu proposé par France Culture : 10 mots d’été. La règle est simple : 10 mots, fleurant bon l’été et/ou les vacances (…), à (…)  faire vivre dans un récit à imaginer : lettre de vacances, nouvelle, d’amour, conte pour enfants, discours, scène de la vie quotidienne, chanson, etc… En prose, ou en vers.
10 ou 15 lignes, pas davantage.

- Terrasse
- Crème
- Parasol
- Maillot
- Glace
- Désert (adjectif ou substantif)
- Prévert
- Bulle
- spectacle
- glamour


Voilà la première contribution de Shakti puis une autre chez Olivier. En attendant la sienne, je vous livre la mienne…

X…

Je n’ai de cesse de chercher une place où le soleil ne me brûlerait plus, sur cette terrasse de pierre derrière les balustres de laquelle je n’entrevois qu’une herbe presque jaune et un ciel blanc de chaleur. J’ai goûté, au dernier dîner, une merveilleuse crème de la ferme d’à côté, juste piquée de fraises juteuses et rouges. Un délice si rare de nos jours qu’il faut que vous le partagiez au plus tôt avec moi pour m’en faire, ensuite, compliment, assurément.

Le vieux pin parasol au bout du tapis vert penche chaque année davantage et bientôt je le regretterai tout comme je vous regrette, vous qui fûtes si drôle dans ce maillot bleu à la dernière Saint-Jean tandis que nous nous régalions de cette douce glace que nous confectionnâmes avec les premiers abricots dorés du verger. Vous m’assurâtes alors que la douceur du jus qui s’écoulait dans votre gorge vous procurait le même délicieux plaisir que les gorgées d’eau fraîche que boit le voyageur du désert de Namib.

Il me souvient que, soudain, entre deux cuillères, vous lançâtes, dans un grand éclat de rire, ces quelques mots de Prévert « Fesse, queue, doigt, advienne que pourra » et j’eus la plus grande peine à ne pas m’étrangler avec une bulle du champagne que nous buvions alors en rendant grâces aux Mânes de ce bon Dom Pérignon. Le spectacle de votre joie extraordinaire vous parait d’un tel glamour que je compris, à votre seule présence, que je vous aimais. Vous me manquez toujours, ne m’oubliez point !

Votre ami, Fabrice

J’ai pris note du doute qui a saisi mon bon Olivier à la lecture du texte que je lui ai envoyé et dans lequel j’ai employé « bulles » au pluriel, en contradiction apparente avec la liste du jeu. J’ai donc modifié mon essai en conséquence…

Mise à jour du mercredi 15 juillet 2009 : ce petit texte ne fait référence à personne, il n’est que pure création de mon imagination…

dimanche 28 juin 2009

Faut-il garder des souvenirs ? - II

Je viens d’effacer mon profil des sites copainsd’avant et trombi.com. Dans quelques semaines, Google devrait faire disparaître toute mes références.

Pour le moment, je ne suspends pas encore mon compte facebook, simplement pour pouvoir consulter de temps en temps.

Dois-je écrire ou parler ?

Les secrets du bonheur...

La semaine dernière, l’hebdomadaire Le Point a entrepris de révéler à ses lecteurs non pas le secret de l’existence de Dieu, comme l’abbé de Vilecourt dans le film Ridicule de Patrice Leconte mais rien moins que les secrets du bonheur. Non pas LE secret, mais bien LES secrets, conscient, peut être, qu’il n’existe pas de bonheur absolu (en dehors de la conscience de l’existence de Dieu…) mais des bonheurs variés… Quelques citations émaillent l’article et je ne résiste pas au plaisir (au bonheur ?) de vous les livrer avant la grande révélation…

« J’appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. » André Comte-Sponville
« Le bonheur dépend de nous seuls. » Aristote
« Le bonheur est l’état qui accompagne l’amour lorsqu’il ne se termine pas mal. » Jean-Didier Vincent
« Le bonheur est un idéal de pourceau. » Albert Einstein
« Pour être heureux, il faut être bête, égoïste et en bonne santé. » Gustave Flaubert.

Le philosophe Comte-Sponville livre là, à mon goût, la meilleure définition du bonheur : le bonheur est fugace et universel, il existe en tout lieu et en tout temps pour qui sait se laisser attraper par la joie. La vie est un bouquet de bonheurs cueillis au hasard du chemin… C’est, présentement, mon état d’esprit et une philosophie de vie que je tente d’observer. Tente est bien le mot car je me rends compte que si je suis éperdu de joie quand l’être aimé me sourit, je retombe avec une douloureuse facilité dans un abîme de larmes et de désespoir un moment plus tard, à la faveur d’ombres agitées dans un recoin sombre.

Quant à Aristote, je m’inscris en faux : le bonheur dépend aussi, parfois, des autres. L’autre peut être un vrai bonheur quand la joie est partagée. L’autre peut être un enfer, sans le savoir…

La journaliste Émilie Lanez poursuit son dossier en présentant cinq exercices pour être heureux : (les citations de l’article sont en italique)

1. Marcher dix minutes. Dix minutes quotidiennes suffisent pour mieux résoudre les problèmes qui encombrent notre mental. Du pipot : j’expérimente, chaque jour, pendant mes deux heures de marche quotidiennes l’auto-irrésolution des questions qui m’assaillent…

2. Se tenir droit. On se sent plus heureux lorsqu’on se tient droit. Comment-le sait-on ? Parce qu’il fut demandé à des patients de remplir un questionnaire visant à calculer leur niveau d’« auto-estime ». Lorsque les patients sont avachis dans des fauteuils bas, le dos courbé, leur niveau d’auto-estime est très bas. Les mêmes patients, obligés de se tenir debout derrière un lutrin, les épaules en arrière, soumis au même questionnaire, obtiennent un bien meilleur taux.Ben voyons : et si je me mets accroupi, je m’auto-déconsidère ?

3. Vivre l’instant. Apprendre à vivre en « pleine conscience l’instant présent. Il faut s’arrêter, se poser sans laisser son esprit partir ailleurs. Lorsque vous lisez l’histoire du soir à vos enfants, ne pensez pas aux poubelles qu’il faut encore sortir, profitez totalement de l’instant» . Oui, une seule chose à la fois, pour mieux s’appliquer mais que celui qui n’a jamais pensé à autre chose en embrassant me jette la première pierre… Curieux, pas de lapidation à l’horizon.

4. Dire merci. Il est plus bénéfique de concentrer cet exercice à une séance intensive par semaine, plutôt qu’à des miniséquences dans la journée. Donc, la soirée de gratitude consiste à passer en revue tous les gens qui vous ont apporté quelque chose de bon pendant la semaine (votre collègue de bureau avec lequel vous avez rédigé ce rapport, le dentiste qui a soigné votre carie, votre voisin qui vous a si gentiment salué dans l’ascenseur, et même Mozart qui a composé pour vous ces merveilleux opéras. Sans omettre les ouvriers qui ont fabriqué votre lecteur de CD). Confer certains de mes précédents billets… Mais aujourd’hui, j’aimerai dire merci pour une vraie raison…

5. Beaucoup sourire. Plus on sourit, plus la vie vous sourit. On a soumis des veufs, six mois après le décès de leur conjoint, à une série d’entretiens. Ils devaient raconter tous les bons moments vécus avec le défunt. « Ceux qui souriaient le plus souvent, et le plus sincèrement, étaient ceux qui, deux ans plus tard, étaient le plus heureux » Je commence à avoir des pattes d’oie aux coins des yeux à force de sourire. Hier soir, mon sourire était crispé, c’était un sourire très très intérieur. Bref, j’ai connu mieux.

Quoiqu’il en soit, le temps est venu d’agir pour mon propre bonheur…

mardi 23 juin 2009

Faut-il garder des souvenirs ?

Curieuse interrogation de ma part à la vue de mon précédent billet, non ? Pas tant que cela. Je vis dans l’instantané à travers les sms, les courriels et Facebook. Je n’utilise pas Twitter mais il s’en faut de peu. Et cet instantané va de plus en plus vite, je croule sous les messages courts sans que leur mise bout à bout n’aille au delà d’une conversation de bistrot sans consistance. Facebook est l’archétype de cette communication sans épaisseur : chacun commente le message de ses « amis », chacun fait le test de ses « amis », chacun peut devenir « l’ami » de parfaits inconnus, chacun se perd dans un tourbillon d’inutilité. Tout passe, tout lasse. Facebook aussi. Il ne répond actuellement pas à mon état d’esprit préoccupé par deux questions essentielles pour moi. Je viens donc de laisser un dernier message annonçant que je me retirais sur les terres de mon blogue. Que je me réfugiais, aurais-je dû écrire, dans une contrée familière, totalement maîtrisée et que j’ai construite de mes propres mains… Mon blogue a un côté rassurant  car plus intime. Sur Facebook, j’ai l’impression de faire du naturisme…  Non pas que cela m’éffraie, loin de moi cette hyprocrise, mais il n’y a pas, sur ce réseau, le recul nécessaire : un message est publié, un autre, puis encore un autre sans que vous ayez eu le temps de commenter le premier. Je ne fais pas disparaître le profil, c’est impossible, il ne peut peut être que désactivé, je ne publierai plus de messages pendant un certain temps.

L’autre jour, je discutais avec un ami qui me confiait conserver tous ses sms depuis trois ans. Cette réflexion m’a surpris parce que jusqu’à présent, j’effaçais régulièrement les textos reçus ou émis. Et puis mon nouveau mobile HTC est arrivé et il les archive par conversation : il classe par ordre chronologique tous les messages échangés avec quelqu’un… Je peux donc prendre le temps de relire…

En revanche, j’ai toujours conservé tous les courriers électroniques émis ou reçus, au moins ceux de mes amis : seule la mort d’un disque dur peut me priver de ces petits trésors. Je ne suis pas nostalgique. J’ai simplement besoin de savoir que je peux relire certaines phrases.

J’ai aussi chez moi, dans une boîte octogonale verte, des dizaines de lettres et de cartes reçues lorsque j’étais au collège et au lycée, de la part d’amis aujourd’hui presque perdus de vue : je ne l’ai pas ouverte longtemps, je n’ai aucune envie de revivre le passé. Elle est seulement là, à portée de main, si jamais…

Puisque je suis dans un moment de mise au point, je vais en profiter pour mettre à jour ma liste de liens, à droite, pour effacer les blogs défunts et ajouter de nouveaux blogs que je lis régulièrement…

mercredi 17 juin 2009

Ne pas se retourner...

Un courriel est arrivé, aujourd’hui, en provenance du site « Copains d’avant » pour présenter un message automatique d’une ancienne camarade d’école primaire, Valérie V. C’était l’une des deux garces qui passaient les récréations à me tirer les cheveux en me menaçant de révéler aux maîtresses que c’est moi qui les brutalisaient. Elle et sa copine Carole J., je les ai détestées pendant les 5 années de l’école élémentaire. Je ravalais mes larmes pour ne pas leur accorder le plaisir de se moquer de moi à ces petites salopes qui avaient trouvé un souffre-douleur trop timide pour se plaindre. Je n’ai jamais avoué ces moments que je ressentais comme cruels et injustes, à personne. Pendant plus de 35 ans, j’ai gardé cela au fond de moi.

Avec ce message, nous touchons aux limites de la nostalgie et des retrouvailles des anciennes connaissances… Hormis Philippe, parce qu’entre nous il y a plus de que de l’amitié, il y a, à n’en pas douter, une grande affection (qui justifie, à elle seule, nos chamailleries), je ne veux pas renouer avec les fantômes de ma jeunesse. Le passé est enterré. Je me fous totalement de ce que sont devenus ces inconnus autrefois si proches. Le destin nous a séparé, j’ai fait ma vie, ils n’ont plus aucune place. Il ne servirait à rien de les revoir, je n’aurais rien à leur dire : comment faire pour raconter trente années de ma vie ? Je n’ai pas aimé ma jeunesse, je n’étais pas à l’aise, pour beaucoup de raison, surtout parce que j’étais observé, jugé et limité dans mes mouvements.

J’ai découvert la vie à 17 ans puis à 25 ans, en prenant un appartement et enfin, je devrais dire surtout, à 40 ans, à trois exceptions près - Françoise et Éric (et leurs trois magnifiques enfants), Jérôme et Franck. Mes cercles d’amis actuels me conviennent et me suffisent, je n’ai plus de place pour mon passé atone et insipide. Je ne suis pas un ami parfait : mes silences ne sont pas de l’indifférence mais de la timidité (je dérange une famille en appelant, je dérange un couple en appelant, je dérange un célibataire évidemment bien occupé en appelant) et l’absence d’envie de dégueuler mes cafards réguliers sur les épaules compatissantes (forcément compatissantes puisque ce sont mes amis).

Certains peuvent croire que je fonctionne à la méthode Coué lorsque j’affiche sur Facebook une icône de moral « bonne humeur ». peut être que oui, peut être que non (un petit clin d’œil à SIn alias Stéphane). Sûrement non, parce que c’est mon optimisme qui m’a permis de poursuivre ma route, malgré des ennuis de santé suffisamment graves pour que j’envisage un suicide, accablé par le découragement. Sûrement oui, parce que je me dis que c’est un bon moyen de conjurer la mélancolie qui si souvent me visite (et il n’y a bien qu’elle qui m’accompagne aussi fréquemment, hélas). Pourtant, chaque jour, quand j’ouvre les yeux, je remercie, ab imo pectore, pour cette journée supplémentaire à vivre et chaque soir, je remercie encore pour la journée vécue. Bien sûr, je ne peux faire l’impasse sur les peines et les pleurs mais les joies et les rires sont aussi présents. Je vis le moment présent, j’ai quelques rêves d’avenir mais c’est tout. Mon passé n’a plus aucun intérêt, j’en ai tiré toute l’expérience possible, comme une sunstantifique moelle amère et douloureuse. Je garde ma nostalgie pour des périodes bien plus anciennes (Vive le Roi ! un clin d’œil à Rod alias Alain) et forcément plus intéressantes.

Que foutent le camp tous ces camarades d’école, de collège ou de lycée, qu’ils rejoignent les limbes de ma mémoire. Vous ne m’intéressez plus. Sauf toi, Cécile, toi Bénédicte… Les exceptions qui confirment la règle. Philippe, je t’embrasse affectueusement, ma vieille baderne.

J’ai simplement besoin de vous, mes amis présents, vous pour qui le décompte desquels les doigts de mes deux mains ne suffisent plus. Vous m’apportez tant de bonheur en acceptant de me faire une petite place… Si vous saviez… Comment vous remerciez ?

Un ami, Marc, avec qui je bavardais récemment, m’a conseillé de relire « Le Petit Prince », notamment le passage du renard. J’ai acheté hier le livre. Juste à côté de chez moi, la statue de Saint Exupéry et du Petit Prince, figés dans ce bronze qui éclate d’or dans le soleil du soir, me regarde passer tous les jours. Je voudrais te dédicacer ce billet toi, à qui j’ai révélé ce blogue récemment, farouche et solitaire. Je ne suis pas le Petit Prince, tu n’es pas le renard. Ou l’inverse. Mais il faut savoir s’apprivoiser, peut être autour d’un verre de Chablis…

dimanche 31 mai 2009

Dire ou ne pas dire...

Une nouvelle se pose pour moi la question de révéler l’adresse de mon blogue à mes amis ou à des connaissances… Je me rends compte que depuis que je sais que mes intimes le parcourent régulièrement, j’ai modifié le ton de mes billets en observant une certaine retenue. Certains lecteur se sont émus de cela mais je ne sais pas encore comment gérer un billet où j’avouerais telle ou telle chose et affronter le regard que mes proches lecteurs porteraient sur moi lors de nos rencontres.

Les plus anciens (et assidus) ont peut être remarqué que la publication de certains billets a été suspendue à la suite d’évènements particuliers dans ma vie. Les messages trouvaient leur justification au moment de leur rédaction comme prolongement de la vie réelle, comme un petit jeu entre l’autre et moi et je savais qu’ils étaient perçus comme tels par leur destinataire. Mais la roue tourne et leur invalidation m’a aidé même si elle s’est faite ab irato. Une colère dirigée contre moi, au moins dans un premier temps. J’ai décidé de les remettre en ligne. Suffisamment de temps s’est écoulé depuis cette histoire pour que leur re-publication n’ait d’autre valeur que le témoignage. Il serait ridicule pour moi de nier les circonstances de leur publication alors que le but ultime de mon journal est de me souvenir de ma propre vie : j’avais dit précédemment que chaque billet était un petit caillou blanc sur mon chemin personnel. Pourquoi écarter les cailloux noirs ? Quelques pièces du puzzle viennent de reprendre leur place.

Il faut maintenant que je m’interroge sur l’avenir de ce journal personnel. Depuis quelques temps déjà, j’ai, inconsciemment, raréfié les publications : j’avouais l’autre jour à un ami que l’angoisse de l’écran blanc me saisissait souvent et avait raison de mon courage. Mon dernier billet a été une petite bombe qui m’a éclaté à la figure. Honnêtement, je confesse que c’était totalement volontaire et que j’avais besoin, à ce moment là, d’entendre ou de lire certaines choses pour m’extirper du cafard… Save my soul, une variante du sms ;-)

Hier soir, j’ai donné l’adresse du blogue à quelqu’un… N’est-ce pas une solution de facilité pour me faire connaître sans avoir à trop en dire ? J’ai hésité avant cette démarche volontaire parce que j’ai l’impression de partir avec un handicap : je me livre à travers 650 billets alors que je ne sais rien de cette vie au delà de l’écran. Rien n’est pas le mot juste. Tant pis. Si tu lis ce blogue, toi à qui j’ai donné l’adresse, tu comprendras peut être.

lundi 23 mars 2009

500 euros et 500 secondes par Votre Nom

Calystee m’a tagué, autrement dit, en français dans le texte, m’a transmis une chaîne qui lui avait transmise par Lancelot qui lui avait été transmise par Bougrenette qui lui avait été transmise par Gricerilla qui lui avait été transmise par Muse qui l’a créée.
D’illustres inconnus (sauf Calystee, lecteur fidèle et ami) se sont essayés à l’une des pratiques les plus répandues chez les blogueurs : écrire sur commande, source ineffable de sujet de billets, manne céleste à la famine d’inspiration, excuse merveilleuse à la page blanche… Je cède à cette mode (en attendant des billets sur Paris, sur l’amitié, sur je ne sais pas quoi d’autre - vivement la prochaine chaîne) et je me lance.

Je recopie soigneusement les instructions :

1.Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit en 3 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination.
2. Relancer la chaîne en invitant 5 de vos amis à répondre à leur tour à la question.
3. Faire référence à cet article et à ces mini-règles afin que l’on puisse tracer tous les participants.
4. Intituler votre article « 500 euros et 500 secondes par Votre Nom »…

Voilà, c’est fait, passons au billet lui-même.

500 secondes, ça fait 8 minutes et 33 secondes… Le temps d’appeler pour dire « merci » et « je t’aime », parce que je n’ai pas eu le temps de le dire. 500 dernières secondes consacrées à dire merci aux autres d’avoir été là, de m’avoir supporté, d’avoir simplement existé pour moi. Il n’est plus temps de regretter ni d’avoir des remords, non, le temps est venu de regarder autour de moi et de remercier d’avoir pu vivre tous ces moments. Je veux, pendant ces 500 secondes, appeler des gens croisés une seule fois pour les remercier de leur sourire, je veux pouvoir hurler au monde entier un immense merci. Je veux pouvoir dire je t’aime à certaines personnes, parce que je n’aurais pas osé le dire auparavant… Peut-être que certains auront alors envie de répondre « je t’aime » aussi.

500 euros à dépense… je n’ai aucune envie. Je n’ai pas le temps de les dépenser, il est trop tard. Je n’ai le temps que de faire une chose : les donner mais à qui ? Je ne sais pas. En fait, si, je sais ce que je ferais de ces 500 € : j’achèterais un ballon gonflé à l’hélium, j’attacherais le billet mauve au bout de la ficelle après avoir écrit dessus « soit heureux, toi qui trouveras ce billet » et je lâcherais le ballon. Un ballon bleu, pour qu’il se noie dans le ciel.

Et que Dieu…

Je passe le relais à Nat, Sin, Marnie - pour la sortir de ses livres-, Sergio, à Sophie, que je lis depuis plusieurs années et qui me lit de temps en temps, si sa princesse et son prince lui laissent le temps…

Quant à vous, mes amies et amis lyonnais, attendez-vous à ce que je vous pose la question un de ces jours pour recueillir vos réponses et en faire un billet.

Je ne demande rien à Olivier, car je sais qu’il n’aime pas répondre à ce genre de jeux… Et Philippe a déjà répondu…

Plus de 500 secondes se sont écoulées et je ne suis pas mort. Ouf !

- page 1 de 3