Apartés uchroniques

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samedi 4 avril 2009

6 ans...

4  avril 2003 - 4 avril 2009

Ce blogue a déjà 6 ans. Je ne regarderai pas en arrière, vers mon passé. Seul le présent et l’avenir m’intéressent. Et je continue à avancer…

Fêtons cela avec un charivari de Marin Marais…


dimanche 26 octobre 2008

Une ville dans la brume

La colline de Fourvière dans le brouillard - Lyon, 26 octobre 2008 Il est 8 heures 20, nouvelle heure, la ville est plongée dans une brume automnale annonciatrice la la Toussaint. Lyon n’est plus Myrelingues la Brumeuse depuis bien longtemps, depuis l’assèchement des zones humides à l’entour, après guerre : rares sont les jours où le brouillard replie les quartiers sur les rues humides où les façades des immeubles, abolies de toute perspective, ne se découvrent qu’au fil des pas. Seules les collines sont enchâssées dans des voiles évanescents. Fourvière est retournée au Ciel, la basilique est redevenu le Trône divin. Elle est cachée comme Dieu dans le Saint-Sacrement.

J’aime ce dimanche de retour à l’heure d’hiver, les heures alanguies s’offrent à moi : je me suis réveillé à la même heure que d’habitude pour un dimanche, vers 7 heures 30 ancienne heure : le journal de 6 heures 3O vient juste de commencer sur RTL et j’écoute les premiers titres emmitouflé dans le drap : il fait presque frais ce matin dans l’appartement. J’ai toute le temps d’une très longue journée devant moi.

Rien de particulier n’est prévu, hormis le déjeuner dominical familial. J’inviterai mes parents dimanche prochain. Aujourd’hui, Quelques tâches ménagères à assumer, notamment le rangement d’un grand placard en coin dans la cuisine : je peste de devoir toujours tout remuer pour retrouver une casserole ou un moule. Il faudrait aussi que je pense à ranger les livres qui s’entassent dans l’attente de l’achat de nouvelles bibliothèques suédoises. Encore quelques rayons et le souvenir de la chape blanchâtre aura disparu.


Le quartier Saint-Georges dans le brouillard - Lyon, 26 octobre 2008

La place Bellecour dans le brouillard - Lyon, 26 octobre 2008
Si je ressortais à l’instant, je découvrirais la place Bellecour exploser sous le soleil, défoncée par les travaux de sa chaussée nord : le sol éventré laisse apparaître la terre sombre et grasse d’humidité. Un tas de grosses racines rappellent que naguère, pendant plus de cent cinquante ans, des platanes ont rythmé les promenades avant de céder, rongés par la maladie, sous les assauts des élagueurs. Bientôt, des chênes chevelus effaceront leur souvenirs. Les enfants des autres verront leur ramure former une nouvelle fois l’ombre nécessaire pour supporter le soleil d’été. Mes enfants ne verront rien, ils n’existeront jamais ailleurs que dans mon âme.

La Toussaint approche, le froid est annoncé pour la semaine prochaine : il faudra se blottir au fond d’un canapé, bien au chaud, avec… Avec qui ? Toute la question est là. Encore un peu plus de soleil dans la cour de l’immeuble : la façade au grandes fenêtres en face de mon appartement blanchit violemment dans la lumière. Le temps est venu de changer, le temps est venu de reprendre l’initiative,le temps est venu de décider, décider d’assumer la vie, décider de reprendre le chemin de l’autre. Je réunis les conditions nécessaires à la prise d’une décision professionnelle dans les mois qui viennent. Pour le reste, pour l’essentiel en fait, j’ai décidé de ne plus refuser les occasions que je rencontrerai sur ma route. Alors il faut que je reprenne ma marche pour que ces occasions soient nombreuses et que je puise choisir. Ou que le destin choisisse pour moi. mon uméro de mobile et mon adresse électronique sont prêts.

Olivier m’a donné une idée : en fin de semaine prochaine, entre deux dégustation au Salon des vins des vignerons indépendants — qui est libre jeudi soir pour une première visite ? ;-) — je me promènerai au Cimetière de Loyasse, entres les tombes fleuries par le Jour des Morts. Quelques photos sans doute…

vendredi 22 août 2008

41

22 août 1967...  Déjà la Chine : France Inter - Interactualité de 20 h - ORTF (nota : Den Xiaoping est né le 22 août 1904...)

22 août 1968...  Le printemps de Prague est écrasé : France Inter - Interactualité de 20 h - ORTF

22 août 1969...  Déjà le conflit israélo-palestinien : France Inter - Interactualité de 20 h - ORTF

22 août 2008... 41 ans, mille rêves, mille regrets, mille espoirs. Enfin, je crois. Je suis dans ma quarante-deuxième année... Bon, je vais m'asseoir un peu ;-)


Je n'oublie pas un ami en ce jour : Joyeux anniversaire, Olivier ! Pour toi, c'est ici : France Inter - Interactualité de 20 h - ORTF

dimanche 17 août 2008

Miscellannées silencieuses

Le silence a envahi ce blogue depuis quelques semaines, faute de courage pour publier de nouveaux billets malgré des demandes insistantes de la part de certains lecteurs.

Évacuons tout de suite la question de la maladie et de mes rendez-vous avec Dalila : la dernière séance de chimio a eu lieu le 31 juillet et je goûte un répit certain depuis cette date avant de retrouver l'hôpital pour la radio-thérapie à partir du 25 août. Je me porte, présentement, aussi bien que possible... Les effets secondaires tendent à s'estomper pour, peut être,me laisser entrevoir une semaine de vie normale.

La dernière porte des fortifications lyonnaises - La Croix-Rousse - Lyon, France
La dernière porte des fortifications lyonnaises - La Croix-Rousse - Lyon...

J'ai parfois le sentiment d'être cette porte, comme le vestige d'un passé caché derrière des façades sans grâce. Qui se souvient d'elle ? Qui se souvient de son passé ? Qui se souviendra de moi ?

Dans cinq jours, une nouvelle année tournera. Quarante-et-une année depuis ce 22 août 1967. Mon Dieu, faites que je vive encore au moins quarante-et-une année...

J'entame ma dernière semaine de vacances demain : faute d'avoir quitté Lyon, trop fatigué, je ne vois malgré tout pas le temps passer. Cinéma, ballades citadines, je profite de mon temps libre pour visiter différents libraires anciens à la recherche d'ouvrages indisponibles : les trois concernent l'histoire de la cuisine lyonnaise et notamment, pour l'un d'eux, les décors des bars et brasseries. Je suis fasciné par le Lyon d'autrefois et je scrute avec attention tous les anciens clichés de la ville, notamment ceux antérieurs aux grands travaux de Vaïsse, commencés à partir de 1856. J'ai failli acheter l'ouvrage "Lyon vandalisée" de Bernard Schreier et Claudde Tamet de Bayle : une présentation des tous les bâtiments détruits à Lyon, notamment à la Révolution puis au cours des travaux du préfet Vaïsse ou sous la magistrature destructrice de Pradel, entre 1957 et 1976...


Pont de Pierre, circa 1840 - Lyon - Cliché des Archives municipales de Lyon

Pont de Pierre, circa 1845 - Lyon - Cliché des Archives municipales de Lyon
Le Pont de Pierre, avant sa destrcution en 1847 et son remplacement par le Pont de Nemours ou Pont du Change - Clichés des Archives municipales de Lyon

Commanderie Saint-Georges, circa 1850 - Lyon - Cliché des Archives municipales de LyonLa Commanderie des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem et de l’ordre de Malte avant son incendie et sa démolition en 1854 - Cliché des Archives municipales de Lyon

J'en reparlerai sans doute...

J'ai passé une très agréable soirée mercredi dernier avec un blogueur lyonnais : nous avons devisé gaiement entre deux bouchées avant une promenade nocturne très bavarde  (nota : la lueur flamboyante entrevue à l'horizon était bien due à la raffinerie de Feyzin - un dysfonctionnement passager de la torchère selon un écho du Progrès lu vendredi).

Lyon est une belle ville, au mois d'août aussi... Combien de fois ai-je entendu cela ? Je veux bien être d'accord avec toutefois un grand bémol : où acheter son pain ? En plein cœur de la cité, aucune boulangerie proche de la place Bellecour n'est ouverte pendant ces jours (prétendument cette année encore) estivaux ! Ne voulant pas non plus passer mon temps à arpenter le trottoir pour trouver un quignon à grignoter, j'ai, pour mettre fin à plusieurs jours sans pain, décidé de me remettre à faire du pain à la main, comme naguère. En effet, il y a environ une dizaine d'années, j'avais pris l'habitude de faire du pain régulièrement, le dimanche matin. Je me levais tôt, vers six heures trente et plongeais très vite les mains dans la farine pour pétrir un pâton moelleux. La petite messe de huit heures trente permettait au pain de reposer et j'enfournais le pain sur des briques réfractaires en fin de mâtinée. La boulangerie est un vrai métier et des pains ratés, à la mie trop dense, m'ont très souvent montré les limites de mes capacités. Or, un soir, en visitant sur des blogues culinaires, j'ai découvert le pain sans pétrissage ! Je m'interrogeais depuis un certain temps sur l'intérêt pour le célibataire que je suis d'une machine à pain (intérêt aussi limité que la place dans ma cuisine) quand cette trouvaille m'a interloqué. Après avoir regardé un reportage de Radio-Canada sur la manière de faire du pain sans le pétrir, je me suis lancé dans cette nouvelle aventure de panification. Résultat : convaincu ! Une recette simple, rapide et épatante.

La recette est en ligne. Dans les jours qui viennent, dès que j'aurais trouvé un cube de levure de boulanger fraîche, une nouvelle fournée ;-)

vendredi 4 avril 2008

Lettre ouverte à mes lecteurs...

Chères lectrices, chers lecteurs,

Vendredi 4 avril 2003 - Vendredi 4 avril 2008 : cinq années de blogue depuis le billet Alpha. J'ai mis en ligne 540 billets en cinq années, soit un peu plus d'une centaine par an en moyenne (j'en ai en fait écrit plus de 560 mais j'ai suspendu la publication d'une vingtaine de billets à la suite de certains événements).

Je ne suis pas aussi assidu que je l'imaginais en avril 2003, des sorts contraires m'ont distrait de l'écriture bien des fois. J'ai beaucoup promis, parfois oublié, ne m'en tenez pas rigueur.

Je ne ferais pas un bilan de ma vie, il fait trop beau pour être triste.

J'embrasse du fond du coeur  mon vieil ami méridional, lecteur fidèle : parce que c'est lui, parce que c'est moi (ne perds pas courage !).

Ce blogue m'a permis de connaître un garçon formidable, venu des froides terres de la Nouvelle France en compagnie d'une lyonnaise souriante : vivement notre prochain dîner !

Ce carnet a été aussi à l'origine d'une belle histoire, que je n'ai peut être pas su correctement gérer mais qui tiendra toujours une certaine place pour moi.

Il m'a permis de faire la connaissance mon presque frère, si différent et si proche, né le même jour que moi, deux ans, pardon, trois ans avant : je l'embrasse.

Je pense à celles et ceux que j'ai connus grâce à mes billets et qui sont virtuellement devenus des amis. En écrivant ces mots, je veux distinguer cinq ou six personnes qui, aujourd'hui, comptent particulièrement pour moi et que j'ai l'espoir de rencontrer enfin un jour pour les serrer dans mes bras...

Je ne sais combien de temps se poursuivra l'écriture : le blogue existe et c'est déjà très bien. Je continue.

Merci de me lire !

Avec toute mon amitié,

Fabrice

lundi 31 décembre 2007

Petit bilan annuel entre amis...

Aucune résolution ne me vient à l'esprit pour 2008... Alors, même si j'ai les yeux constamment tournés vers l'avenir, le temps est venu de faire le bilan de 2007.

Trois mots me viennent à l'esprit : bonheur, merci et espoir.

Bonheur ?

Le 9 mars, ma nièce et filleule Emmie est née ! Le jour le plus important de l'année, assurément et l'un des plus beaux de ma vie. Tenir dans ses bras un bébé qui sourit est un moment d'éternité magnifique à vivre. Mon impatience de partager sa vie grandit à chaque fois que je la vois car elle s'ouvre chaque jour davantage au monde. Je rêve déjà des moments que nous partagerons tous les deux, dans quelques temps. Être son parrain m'emplit de fierté et de responsabilités à l'égard de ce petit être mais aussi envers mon frère aîné et ma belle-soeur. Vivement que mon second frère m'offre un(e) autre filleul(e) !

Merci ?

Comment ne pas dire merci à ces amis qui ont, cette année, enrichi ma vie de manière extraordinaire ? Merci à Philippe, un ami d'enfance retrouvé après 29 ans de séparation (et quelles retrouvailles ! si le destin ne nous avait pas éloigné...), merci à Olivier, un ami internaute qui m'appelle frère malgré les mondes qui nous séparent  (mais le monde est là pour être exploré non ?), merci à Frédéric et Axel,  deux relations professionnelles qui ont su, par des gestes, des paroles, des visites dans les mois précédents, me montrer que l'amitié nait de la présence et de l'écoute, merci à Marianne et Catherine, deux femmes battantes, entreprenantes, qui m'ont ouvert leur librairie, leur univers de goûts et d'expériences gustatives pour finalement me reconnaître comme leur ami, merci à R. qui a pénétré mon monde avec son grand sourire, merci à Océane, fidèle lectrice aux commentaires agréablement perturbants parce que souvent justes, merci à François et Marie-Annick, Eric et Françoise, Franck et Marie-Pierre, Muriel, Frédéric et Marie-Caroline, Christophe, etc.

Il faut associer à mes amis mes parents et mes frères, mes oncles et tantes parce que je crois que sans eux certaines choses n'auraient pas été possibles !

Je veux aussi penser à trois amis qui se sont éloignés à cause de moi : je veux leur demander pardon si je les ai blessés.

Espoir ?

Oui, un grand espoir a flotté sur 2007 : l'espoir d'une victoire électorale, heureusement réalisé par le vote des Français le 6 mai 2007 qui ont choisi Nicolas Sarkozy. Le temps de l'action est venu !


2007 a été une très belle année, pleine de joie, de rire et d'amitié, d'amour et d'affection, d'espoir et de vie ! Merci pour ce magnifique cadeau...

Finalement, je souhaite une chose pour 2008 : vivre !

jeudi 8 novembre 2007

Dilemme...

Taire ou ne pas taire ? Dois-je poursuivre ma dissimulation ? Dois-je toujours présenter le même masque lisse à ceux qui me connaissent depuis si longtemps, voire depuis ma naissance ? Ne rien dire est-ce mentir ? Comment trouver la force de révéler enfin cette facette de moi qui habite au tréfonds de mon âme ? Dire l’indicible ou céler toujours le terrible secret ? Comment préparer ma famille et mes amis à l’annonce de ma double vie ?

Mon directeur de catéchisme, abbé de son état, alors qu’il me préparait naguère à ma première communion (j’avais 25 ans, c’est encore si proche, naguère…) m’avait affirmé que ne dire ce n’était pas mentir. J’ai souvent fait montre d’un grand silence en application de cet adage et ai réservé tout un pan de ma vie à un cercle particulier d’amis.

Samedi soir, mon existence peut être bouleversée si certains venaient à découvrir ce que je suis…

Oui, je l’avoue, je n’ai jamais dit à ma famille et à mes amis de longue date que… que je… - diantre, la confession est ardue et m’intimide - que je suis… l’auteur d’un blogue depuis plus de quatre années !

Je ne suis pas persuadé que leur faire connaître mes billets me mettra à l’aise. Présentement, je suis d’un avis contraire.

Vous qui êtes mes convives samedi soir, vous qui lisez mon blogue, ne dites rien, s’il vous plaît, de son existence. Sa révélation me rendrait moins libre. Voire m’inciterait à fuir vers d’autres cieux électroniques.

Aucune honte, aucune peur, aucune fierté ne conduisent ma présente décision. Non, j’ai simplement l’impression que je ne suis pas prêt ;-)

dimanche 21 octobre 2007

Pourquoi suis-je encore célibataire ? (alors que je sais cuisiner) - La discussion est ouverte

Dans le billet précédent, j’ai ouvert une discussion avec une simple phrase « Avec tout cela, nada : le célibat se poursuit !!! » qui a interloqué Océane, ma fidèle lectrice québécoise. Dans les commentaires, un échange s’est amorcé. Tout a commencé hier matin, alors que la librairie BADIANE, la librairie de toutes les cuisines, proposait un cours sur le pain. Las, à la dernière minute, l’intervenante a annulé sans autre forme de procès son passage, laissant neuf spectatrices et un spectateur un peu déçu. Mais c’était sans compter sur les ressources et l’entregent de Catherine Guérin et Marianne Vielleux-Motus, nos hotesses pétillantes : avisant Alex Miles dans la boutique, auteur du livre « Ces hommes qui cuisinent. Le plaisir de partager » - Alex Miles est américain, naturalisé français depuis trois ans, marié à une française, ancien pâtissier propriétaire de plusieurs magasins à New-York, cuisinier, sociologue de l’alimentation et consultant. Il enseigne à l’ESC Dijon, à ENSBANA, à l’université de Bourgogne et dans des écoles d’ingénieurs en agro-alimentaire -, Catherine lui propose de se livrer à une séance de questions-réponses sur la pâtisserie.

Alex Miles commence par expliquer la genèse de son livre dans lequel il présente exclusivement des hommes du monde entier dans leur cuisine : pères de famille, mariés ou célibataires, ces amateurs ont tous en commun le plaisir de faire partager leur passion. L’auteur insiste sur la notion de plaisir de cuisiner qui est attaché à l’homme alors que les femmes cuisinent essentiellemnt par devoir, sous la contrainte sociale des habitudes multi- millénaires de la civilsation humaine. L’homme chasse, la femme prépare le repas. Au cours d’une phrase, je relève que les hommes auraient, souvent, le désir secret de rechercher dans la cuisine de leur moitié la cuisine de Maman. Plus avant dans la discussion, entre deux précisions sur la pâte feuillétées (qui, selon la méthode de notre conférencier compterait bien 1042 plis ou feuilles) et la pâte brisée et les macarons, l’auteur rappelle que la révolution sexuelle de 68 a cassé la transmission de la tradition culinaire mère-fille et que cette absence de connaissances est l’une des explications à l’engouement de la cuisine et des livres de cuisine d’aujourd’hui.Toutefois, je rebondis sur la dichotomie hommes-femmes et m’interroge sur le fait que les femmes, inconsciemment ou non, tendraient à infantiliser l’homme en le maintenant sous une espèce de dépendance alimentaire grâce à leur maîtrise des préparations. Si mon raisonnement est bon, la révolution soixante-huitarde n’aurait servi à rien puisque la répartition des rôles entre les hommes et les femmes se maintiendrait. Bien plus, je lance alors une boutade en avouant que je venais de comprendre pourquoi j’étais encore célibataire malgré mes petits talents de cuisinier. Quelle n’est pas ma surprise lorsque j’entends mes deux voisines de de gauche avouer qu’elles seraient perturbées par un homme sachant cuisiner, qu’elles auraient l’impression d’être dépossédées d’un élément de séduction féminine… Les autres femmes, tout à leur solidarité de corps, opine du chef (certainement plus mollement que d’autres). Le coup est rude ! Les femmes n’aimeraient-elles donc pas les hommes qui seraient leurs égales dans la cuisine ? Jetteraient-elles leur soif d’égalité aux orties dès lors que l’homme montrerait des vélléités de les rejoindre devant les fourneaux ? Le repas aux chandelles préparé par l’amoureux le soir de la Saint-Valentin pour charmer l’autre n’est qu’une mascarade inutile… Ales Miles éclate de rire et finalement acquiesce.

Le débat est ouvert : les talents culinaires de l’un sont-ils un atout ou un handicap dans la séduction de l’autre ? A vos claviers !

Entre deux éclats de rire, Catherine annonce que le samedi 9 février 2008, un cours de cuisine pour les hommes serait organisé avec Alex Miles, juste avant la Saint-Valentin chez BADIANE, la librairie de toutes les cuisines.

Badiane, la librairie de toutes les cuisines

samedi 20 octobre 2007

Pourquoi suis-je encore célibataire ? (alors que je sais cuisiner)

Un jour, une connaissance me demanda de l’inviter à dîner chez moi… Pour tester mes talents culinaires tant loués par la commune renommée qui a envahit les quartiers les plus reculés de Lyon. Bon, en fait, n’ayant pas envie d’aller au restaurant, à sa proposition de sortie, je préfèrai substituer un dîner artisanal, histoire aussi de descendre une bouteille de champagne esseulée dans le réfrigérateur. Lui ayant demandé ce qu’il souhaitait, il me répondit qu’il aimait le foie gras. Le bougre ! J’étais piégé : je ne pouvais refuser sans déchoir…

Je me précipitai aux Halles de Lyon-Paul Bocuse pour acheter deux tranches épaisses de foie gras de canard chez Rolle, lyonnais, fumeur réputé de saumon et fabricant de foie gras (une boutique a été aussi ouverte à Paris) mais je commençai à me demander comment le servir : une tranche perdue dans une assiette ne m’alléchait pas. Soudain, en passant devant l’étal du marchand d’épices Bahadourian, j’avisai des figues à la ficelle et repensai aussitôt à une recette lue dans un magazine de cuisine, un chutney de figues aux oignons.

L’entrée étant trouvée, j’achetai deux cuisses de pintades fermières chez Pierre Bastin - Volailles Clugnet, juste à côté de Rolle, des girolles fraîches et des trompettes de la mort chez Favre pour finir par des pâtes fraîches chez Céllerier. J’étais presque paré pour mon dîner puisque je complétai mon entrée par de la confiture de piment d’Espelette achetée dans la boutique Soixante-Quatre, rue du Plat, juste derrière chez moi.

Voilà le menu : foie gras de canard, chutney de figues aux oignons et confiture de piment d’Espelette, pain de campagne au levain grillé de la boulangerie Pozzoli (meilleur ouvrier de France) proposé avec un Sauternes (une demie bouteille dormait dans ma cave), cuisses de pintade fermières d’automne, girolles et trompettes de la mort, pâtes fraîches servie avec un Bordeaux supérieur léger, un fromages régal et de la cervelle de canuts de la Fromagerie Sans-Souci (dernière fromagerie urbaine de France, menacée de disparition au 31 décembre 2007 - signez la pétition ici - j’en reparlerai bientôt) et le fameux gâteau de Suzy accompagné d’une soupe mangue-coco et leur Muscat de Beaumes de Venise.

Avec tout cela, nada : le célibat se poursuit !!!


Chutney de figues aux oignons

Pour un pot

Préparation : 15 min - Cuisson : 35 min
Ingrédients : 500 g fr figues sèches moelleuses„ 2 oignons, 100 g de sucre roux, 10 cl devinaigre de vin, 3 clous de girofle, piment de cayenne, sel


Peler et émincer les oignons. Verser dans une casserole le vinaigre et le sucre et porter à frémissements. Maintenir ainsi 3 minutes environ puis ajouter les figues sèches moelleuses, les oignons, le sel, le piment de cayenne et les clous.

Faire cuire 35 minutes environ à feu doux. Le chutney se conserve une quinzaine de jours au réfrigérateur.

Si vous utilisez des figues sèches, les réhydrater dans un thé très léger.