- Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas vécu ce que j’ai vécu, me dit M. - Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas vécu ce que j’ai vécu, me dit R.
Selon M. et R., non, je ne peux pas comprendre parce que je n’ai jamais été amoureux (faux), je n’ai jamais vécu avec quelqu’un (vrai), je n’ai jamais entretenu de relation (faux), je ne peux pas comprendre que certains se refusent à être amoureux sous prétexte que leurs expériences se sont toutes mal terminées…
Et l’on préfère donc souffrir, refuser d’être heureux, se morfondre, se mortifier pour passer pour un martyre de l’amour plutôt que de garder le cœur et l’esprit ouverts au destin. Et l’on me répète à l’envi que finalement, je n’y connais rien parce que je n’ai jamais souffert d’amour.
42 années de vie amoureuse quasi désertique, 16 années de vie quotidienne jamais partagée, 16 années d’affrontement des épreuves en solitaire, de traversées des maladies sans personne à ses côtés en dehors de ma famille ou de quelques rares amis à qui l’on ne peut pas tout dire, 16 années de prise de décision seul, sans aucun soutien, en sachant que personne ne pourra vraiment m’apporter son aide et sa présence parce que personne ne partage ma vie, 16 années de retour seul dans un appartement vide de tout bruit, envahi rapidement chaque soir par le silence de la solitude, 16 années de vacances et de loisirs seul parce que je ne peux pas passer mon temps incrusté chez mes amis mariés, 16 années d’errances, d’errements, d’erreurs, etc. C’est bon, je l’ai mon brevet de vie de merde, comme vous ? Je pourrais continuer jusqu’à la nausée à égrener les bonheurs de ma merveilleuse vie sans aucune souffrance à vos yeux, à disserter sur ma presque virginité sentimentale et mon côté Barbara Cartland ridicule.
Selon vous, je ne peux pas vous comprendre. Mais cherchez-vous seulement à me comprendre ? Cherchez-vous seulement à comprendre pourquoi je suis encore en vie ? Pourquoi vos phrases me peinent ? Pourquoi elles sonnent comme une double peine ?
J’ai vécu autre chose que vous. Vous n’avez pas le monopole de la souffrance amoureuse. Vous, au moins, vous avez vécu. Moi non. Moi non.
Interrogez-vous pour savoir si vous n’êtes pas responsable de ces échecs avant de me juger inapte à la compréhension et me renvoyer dans les cordes lorsque je vous fait part de mon désarroi face à votre autodestruction programmée.
Je vis parce que j’ai la foi, parce je sais profiter du bonheur de chaque instant pour avancer. Laissez-vous un peu vivre avant que de vous laisser mourir le cœur sec et amer. Ayez confiance.
Et puis si vraiment mon optimisme et mes illusions vous sont trop insupportables, à Dieu vat !
Je n’écoute pas France Culture. En fait, je n’écoute jamais le service public radiophonique, lui préférant de loin RTL. Par habitude et parce que, malheureusement, très souvent, le ton général de ce groupe de radios ne me convient pas…
Il y a quelques jours, j’ai découvert sur le blog de Shakti, Polemos, phénix estival de la blogosphère et de mon ami Olivier, le relai d’un jeu proposé par France Culture : 10 mots d’été. La règle est simple : 10 mots, fleurant bon l’été et/ou les vacances (…), à (…) faire vivre
dans un récit à imaginer : lettre de vacances, nouvelle, d’amour, conte
pour enfants, discours, scène de la vie quotidienne, chanson, etc… En
prose, ou en vers.
10 ou 15 lignes, pas davantage.
Je n’ai de cesse de chercher une place où le soleil ne me brûlerait plus, sur cette terrasse de pierre derrière les balustres de laquelle je n’entrevois qu’une herbe presque jaune et un ciel blanc de chaleur. J’ai goûté, au dernier dîner, une merveilleuse crème de la ferme d’à côté, juste piquée de fraises juteuses et rouges. Un délice si rare de nos jours qu’il faut que vous le partagiez au plus tôt avec moi pour m’en faire, ensuite, compliment, assurément.
Le vieux pin parasol au bout du tapis vert penche chaque année davantage et bientôt je le regretterai tout comme je vous regrette, vous qui fûtes si drôle dans ce maillot bleu à la dernière Saint-Jean tandis que nous nous régalions de cette douce glace que nous confectionnâmes avec les premiers abricots dorés du verger. Vous m’assurâtes alors que la douceur du jus qui s’écoulait dans votre gorge vous procurait le même délicieux plaisir que les gorgées d’eau fraîche que boit le voyageur du désert de Namib.
Il me souvient que, soudain, entre deux cuillères, vous lançâtes, dans un grand éclat de rire, ces quelques mots de Prévert « Fesse, queue, doigt, advienne que pourra » et j’eus la plus grande peine à ne pas m’étrangler avec une bulle du champagne que nous buvions alors en rendant grâces aux Mânes de ce bon Dom Pérignon. Le spectacle de votre joie extraordinaire vous parait d’un tel glamour que je compris, à votre seule présence, que je vous aimais. Vous me manquez toujours, ne m’oubliez point !
Votre ami, Fabrice
J’ai pris note du doute qui a saisi mon bon Olivier à la lecture du texte que je lui ai envoyé et dans lequel j’ai employé « bulles » au pluriel, en contradiction apparente avec la liste du jeu. J’ai donc modifié mon essai en conséquence…
Mise à jour du mercredi 15 juillet 2009 : ce petit texte ne fait référence à personne, il n’est que pure création de mon imagination…
La solitude, ça existe, quelque remplie que soit une vie…
Saloperie d’indifférence…
Un clin d’œil nostalgique à N., trois ans après. Pardon encore.
Pas seulement une nuit mais un jour, des jours…
Toutes les paroles résonnent douloureusement. Le pire est de ne pas savoir. Et, moi, je ne sais pas, toujours et encore ce terrible silence…
Cette chanson pour ne plus penser au reste… Musique, paroles, tout est parfait, je manque de danser à chaque fois. La méthode Coué en chanson. La dernière note jouée, tout revient…
Sans rancune… je ne sais vraiment pas comment faire face au silence… Belle du Berry a peut être la solution. Trois pas en arrière (…), tout recommence, trois pas en avant (…), on avance.
Ce n’est pas un courant d’air que j’attends pour m’envoler jusqu’au ciel… Si l’amour n’est pas dans l’air, je préfère rester sur terre… R., quelques mots et je m’envole… Sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea. Parle. Quoique tu dises. Il le faut. Vraiment.
Moi, Mon Âme et Ma Conscience ?… un immense champ de bataille désolé. J’ai lancé une bombe et tout semble dévasté.
Parce que je ne peux pas ne pas y penser, parce que c’est essentiel…
Lully, mon refuge, mon monde secret, une thébaïde où je ne suis plus vraiment seul, entouré de fantômes qui me rassurent parce que je les connais si bien…
La semaine dernière, l’hebdomadaire Le Point a entrepris de révéler à ses lecteurs non pas le secret de l’existence de Dieu, comme l’abbé de Vilecourt dans le film Ridicule de Patrice Leconte mais rien moins que les secrets du bonheur. Non pas LE secret, mais bien LES secrets, conscient, peut être, qu’il n’existe pas de bonheur absolu (en dehors de la conscience de l’existence de Dieu…) mais des bonheurs variés… Quelques citations émaillent l’article et je ne résiste pas au plaisir (au bonheur ?) de vous les livrer avant la grande révélation…
« J’appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. » André Comte-Sponville
« Le bonheur dépend de nous seuls. » Aristote
« Le bonheur est l’état qui accompagne l’amour lorsqu’il ne se termine pas mal. » Jean-Didier Vincent
« Le bonheur est un idéal de pourceau. » Albert Einstein
« Pour être heureux, il faut être bête, égoïste et en bonne santé. » Gustave Flaubert.
Le philosophe Comte-Sponville livre là, à mon goût, la meilleure définition du bonheur : le bonheur est fugace et universel, il existe en tout lieu et en tout temps pour qui sait se laisser attraper par la joie. La vie est un bouquet de bonheurs cueillis au hasard du chemin… C’est, présentement, mon état d’esprit et une philosophie de vie que je tente d’observer. Tente est bien le mot car je me rends compte que si je suis éperdu de joie quand l’être aimé me sourit, je retombe avec une douloureuse facilité dans un abîme de larmes et de désespoir un moment plus tard, à la faveur d’ombres agitées dans un recoin sombre.
Quant à Aristote, je m’inscris en faux : le bonheur dépend aussi, parfois, des autres. L’autre peut être un vrai bonheur quand la joie est partagée. L’autre peut être un enfer, sans le savoir…
La journaliste Émilie Lanez poursuit son dossier en présentant cinq exercices pour être heureux : (les citations de l’article sont en italique)
1. Marcher dix minutes. Dix minutes quotidiennes suffisent pour mieux résoudre les problèmes qui encombrent notre mental. Du pipot : j’expérimente, chaque jour, pendant mes deux heures de marche quotidiennes l’auto-irrésolution des questions qui m’assaillent…
2. Se tenir droit. On se sent plus heureux lorsqu’on se tient droit. Comment-le sait-on ? Parce qu’il fut demandé à des patients de remplir un questionnaire visant à calculer leur niveau d’« auto-estime ». Lorsque les patients sont avachis dans des fauteuils bas, le dos courbé, leur niveau d’auto-estime est très bas. Les mêmes patients, obligés de se tenir debout derrière un lutrin, les épaules en arrière, soumis au même questionnaire, obtiennent un bien meilleur taux.Ben voyons : et si je me mets accroupi, je m’auto-déconsidère ?
3. Vivre l’instant. Apprendre à vivre en « pleine conscience l’instant présent. Il faut s’arrêter, se poser sans laisser son esprit partir ailleurs. Lorsque vous lisez l’histoire du soir à vos enfants, ne pensez pas aux poubelles qu’il faut encore sortir, profitez totalement de l’instant» .
Oui, une seule chose à la fois, pour mieux s’appliquer mais que celui qui n’a jamais pensé à autre chose en embrassant me jette la première pierre… Curieux, pas de lapidation à l’horizon.
4. Dire merci. Il est plus bénéfique de concentrer cet exercice à une séance intensive par semaine, plutôt qu’à des miniséquences dans la journée. Donc, la soirée de gratitude consiste à passer en revue tous les gens qui vous ont apporté quelque chose de bon pendant la semaine (votre collègue de bureau avec lequel vous avez rédigé ce rapport, le dentiste qui a soigné votre carie, votre voisin qui vous a si gentiment salué dans l’ascenseur, et même Mozart qui a composé pour vous ces merveilleux opéras. Sans omettre les ouvriers qui ont fabriqué votre lecteur de CD). Confer certains de mes précédents billets… Mais aujourd’hui, j’aimerai dire merci pour une vraie raison…
5. Beaucoup sourire. Plus on sourit, plus la vie vous sourit. On a soumis des veufs, six mois après le décès de leur conjoint, à une série d’entretiens. Ils devaient raconter tous les bons moments vécus avec le défunt. « Ceux qui souriaient le plus souvent, et le plus sincèrement, étaient ceux qui, deux ans plus tard, étaient le plus heureux » Je commence à avoir des pattes d’oie aux coins des yeux à force de sourire. Hier soir, mon sourire était crispé, c’était un sourire très très intérieur. Bref, j’ai connu mieux.
Quoiqu’il en soit, le temps est venu d’agir pour mon propre bonheur…
Un ami facétieux, m’a enjoint, dans un sms gentiment comminatoire, de plancher sur mon blogue sur l’un des sujets du bac philo de ce jour : « Est-il absurde de désirer l’impossible ? »
Nonobstant l’affection que je lui porte, je suis au regret de lui répondre, sur un ton totalement réprobateur : « heu, tu te touches la nuit ou quoi ? » Pardonnez ce langage de charretier si imagé qui, pourtant, dit bien ce qu’il veut dire : je suis nul en philo mais d’une nullité crasse et constante. Il y a 24 ans de cela, l’année du bac, jamais ma moyenne en la matière n’a dépassé le 9/20. Cette note m’a poursuivi jusqu’à l’examen puisque j’ai été récompensé par un joli 9 aussi ce jour là.
Toutefois, je ne me sens pas de décevoir l’attente de ce farceur et je m’empresse de lui livrer quelques éléments de réflexion. En effet, prenant prétexte d’une journée psychologiquement chargée, mon esprit fébrile a battu plusieurs fois la campagne et s’est échappé des dossiers pour tenter de retrouver la petite Sophie et Jostein Gaarder. Fichtre, ces deux là ont couru si vite devant moi que je n’ai pas réussi à les rattraper. Il n’était pas dit que je défaillirais devant le défi (au risque, pour le demandeur, de bientôt souffrir atrocement dans une vengeance subtile) et je me suis creusé la tête pour le satisfaire…
Après l’invocation rituelle des mânes de Platon et de Pierre Dac (devinez lequel des deux je préfère), je peux, sans rougir, répondre que la problématique qui se dégage est la suivante : est-il rationnel de désirer l’impossible (conforme aux exigences de la raison et à nos intérêts) ? Est-ce raisonnable au regard de la dualité de l’Homme : être de raison et être de désir ?
Il serait malheureux de tomber dans la facilité en s’affranchissant de la définition du désir en le distinguant du besoin et de la volonté raisonnable, de la définition de l’impossible qui peut être l’interdit, mais aussi le contradictoire, l’illimité (désirs ni naturels, ni nécessaires, d’Epicure), ou le simplement non encore réalisable de fait. Vous me suivez ? Un peu perdus ?
Je ne saurais trop vous recommander, pour saisir tout le sel de cette réflexion et retrouver le chemin de la petite Sophie, de vous référer à nos illustres aînés que sont Platon (hic, ta mère) et son désir comme manque, Hegel (pas trop fort, je ne suis pas sourd) et la passion et ses vertus, Descartes (toujours disponible pour s’amuser, oui vous le savez, il est toujours prêt, Descartes, à jouer) et son fameux “Il vaut mieux changer ses désirs que l’ordre du monde”, Epicure (que j’ai beaucoup fréquenté l’an dernier en classe de chimio) et les stoïciens (à sa mèmère).
Je ne veux pas être le seul à faire carburer mes neurones. Aussi me contenterais-je de vous indiquer quelques pistes avec un imité de la très sainte trilogie dialectique thèse/antithèse/synthèse - amen…
I. Oui, (il est absurde de désirer l’impossible) au sens de mauvais calcul, d’illogique, d’irrationnel, le but apparent du désir étant le plaisir et de parvenir à la satisfaction.
A. L’impossible, c’est ce qui n’est pas accessible dans le réel ou ce qui est contradictoire en soi. Ex : immortalité pour des êtres mortels, don d’ubiquité pour des êtres finis. Dès lors désirer l’impossible c’est la garantie de ne pas obtenir l’objet du désir. Donc souffrance garantie auquel on ne peut aspirer en tant qu’être de désir, être sensible.
B. On ne peut s’investir dans un projet que l’on sait irréalisable : dépense stérile d’énergie et limite de l’imaginaire. On ne peut désirer l’impossible si on le sait vraiment impossible. Le propre du désir, c’est qu’il se représente son objet comme possible. Reconnaître que la chose est impossible, c’est donc ne pas pouvoir la désirer.
C. Ce serait donc un comportement irrationnel. Or si l’homme est un être de désir, il est aussi un être de raison. Donc, il faudrait s’en tenir au possible !
II. Mais ne serait-il pas déraisonnable de s’en tenir au possible ? Non, il n’est pas absurde ( au sens de déraisonnable) de désirer l’impossible.
A. Contrairement à ce que soutiennent Descartes, les sagesses antiques (épicuriens et stoïciens) qui invitent à ne désirer que le possible, on peut considérer que s’en tenir aux désirs du possible est une approche bien médiocre du désir. Réduire le désir à une volonté raisonnable ou aux besoins, ce n’est plus vraiment être dans le désir ;
B. Le désir est un « moteur » : ne désirer que le possible, c’est se contenter de ce qui est : Désir, pouvoir de transformer, de tendre vers une perfection. Chez l’homme l’utopie est nécessaire, sans elle pas de progrès dans l’histoire et ailleurs.
C. ne désirer que le possible, c’est être garanti de parvenir à satisfaction et donc arriver vite à bout du désir. Or on peut penser que le plaisir est dans le désir donc ne désirer que le possible, c’est se condamner à l’ennui, à la souffrance paradoxalement. A vouloir y échapper, on la crée.
III. Si tout désir est désir de l’impossible, il est vraiment absurde de renoncer au désir de l’impossible !
A. Le sujet présuppose que l’on puisse désirer autre chose que l’impossible. Or l’objet du désir peut être considéré comme étant l’impossible : Obtenir une reconnaissance (Hegel), retrouver la plénitude perdue ( mythe de l’androgyne), la quête d’absolu, accéder au bonheur, ce qui est recherché à travers tous les désirs : le bonheur inaccessible (Freud, Platon)
B. Le sujet présuppose que l’on peut bien cerner la différence entre possible et impossible. Le désir repousse les limites du possible.
C. C’est donc peut être absurde de désirer l’impossible, mais c’est le lot de l’homme déchiré entre désir et raison et le désir peut être au service de la raison (Exemple désir de vérité à l’origine des sciences de la philosophie etc….), au service de la transformation de ce qui est, de l’histoire, des progrès de la science et de la technique.
Il faut bien conclure (surtout si l’on pense avoir une ouverture) : ce qui serait donc absurde, ce serait donc ne pas désirer l’impossible, car ce serait alors ne plus désirer du tout. Quod erat demonstrandum ! (oui, on a ses humanités ou pas).
Je voudrais remercier mes parents, mes frères, mes amis, la concierge dans l’escalier, mon chien qui me supporte, leur soutien a été incommensurable pour la rédaction de ce billet.
J’ai gardé le meilleur pour la fin et ma reconnaissance éperdue se tourne vers Caroline Sarroul, professeur de philo à Montélimar qui a mis en ligne sur le site le web pédagogique cette proposition gratuite de correction d’un sujet de philo du bac 1989.
Alors, Marc, heureux ?
Bon très de balivernes, je pense, fondamentalement, que ne pas désirer l’impossible c’est s’exposer à l’immobilité. Et puis, comment affirmer que l’impossible ne deviendra pas possible au fil de la conquête ? Un verre de Chablis pour faire passer ces pensées ? Restons simple, appellez-moi Sicambre
Mise à jour du vendredi 19 juin 2009 : La dissert’ de philo de Jean d’Ormesson - Un moment de pur plaisir…
« C’est tout le problème de l’utopie. Et sans utopie, nous entrons dans la barbarie. Il faut toujours souhaiter, espérer, réclamer l’impossible. »
Ma vie est pleine d’utopies, des petits univers que mon cœur et mon âme construisent sans relâche souvent aux dépens de ma raison. Et si… et si je n’avais pas pris cette décision, et si je n’avais pas eu ces sentiments, qui serais-je aujourd’hui ? Voilà les uchronies qui chamboulent mes nuits, font battre mon cœur et tressaillir mon âme… Je souhaite, j’espère, je réclame l’impossible. Parce que je sais que c’est possible. Même si je suis seul à le savoir, même si ce n’est pas partagé. Parce que certains sentiments sont impossibles à dompter, parce qu’ils s’imposent comme une telle évidence que l’on se demande pourquoi on ne les a pas ressentis auparavant… Je n’aime pas sur commande, sur conseil, sur avis. J’aime par élan, par nature, simplement, sans plus me demander comment. Je sais pourquoi j’aime. Une utopie sentimentale… elle est bien accrochée, elle a trouvé un port d’attache, tout mon être. Elle est devenue « topie ». Elle existe. Quoi que l’on dise. Et demain ? Je ne sais pas. Qui peut savoir ?
Sous un arbre, seuls, nos mains enlacées, tu as gardé ton verre, je t’ai pris dans mes bras, la lueur des bougies vacille, la brise semble renaître, tu as posé ta tête sur mon épaule, que sera, sera, les notes envahissent notre monde, nous tournons lentement, nous nous serrons, je te regarde et mes lèvres…
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