Les bouchons lyonnais, origine de leur nom... I
Publié le samedi 2 juin 2012 à 00 h 00
Pour les étrangers d’outre-Rhône, les bouchons lyonnais sont ceux du tunnel Fourvière qui font s’écrouler la vitesse quand ils débaroulent la route des vacances… Oui, peut-être mais c’est un peu court.Un bouchon lyonnais, c’est un bistrot d’entre Rhône et Saône mais c’est aussi mieux qu’un bistrot. Pourvu qu’on le fréquente un peu, c’est un chez soi, dans lequel on a son rond de serviette et surtout la serviette qui va avec. Moralement s’entend, bien sûr. On y a ses habitudes et plus encore, parce qu’on y est bien. Si bien qu’on fait sien le Benedicité de Craponne de Catherin Bugnard alias Justin Godart : « Prions Dieux qu’ivienne personne. Nous sons assez grands garçons pour manger tout ce que nous ons » (in La Plaisante Sagesse Lyonnaise).
Au-delà de ces considérations d’humeur, le bouchon lyonnais est une institution dont l’origine étymologique pourrait prêter encore à quelques discussions. Sauf si nous laissons Nizier du Puitspelu, la référence du parler lyonnais, trancher : dans son Littré de la Grand’Côte publié en 1894, il donne la définition du bouchon comme étant « 1. des branches de pin, formant autant que possible la boule, et qu’on suspend, en guise d’enseigne à la porte des cabarets et en fait un diminutif de bousche, en vieux français, un faisceau de branchage ; 2. le cabaret lui-même » par une métonymie qui fait prendre le contenant pour le contenu (à l’instar du pot-au-feu). Oublions donc l’étymologie hasardeuse qui ferait descendre le nom du bouchon lyonnais de la poignée de paille suspendue à la porte pour signifier au voyageur qu’en ce lieu on bouchonnait les chevaux.
Retenons la définition de Nizier du Puitspelu parce qu’entre deux lampées de beaujolais, il devait se souvenir que le rameau de pin était l’emblème de Bacchus et que les vins antiques étaient souvent résinés parce que conservés, chez les grecs et les romains, dans des amphores en terre cuite poreuse rendues étanches par l’application de résine.
La vignette illustrant ce billet est, en fait, l’ex libris que j’ai créé pour les livres de ma bibliothèque…


Commentaires
Enfin ! un billet !
Et tu connais un excellent bouchon où tu m’y as entrainé 2 fois…
..et moi une fois!:-))