Un calendrier de l'Avent 2011 - 3e jour
mardi 29 novembre 2011 à 12 h 00 - Avent 2011 - Lien permanent
Aucune magie de Noël dans l’air du temps… C’est un sentiment qui semble général autour de moi alors même que les vitrines des magasins ne sont pas encore toutes décorées. Las, celles que le sont déjà affichent des airs bien tristes. Dois-je conclure que la crise affecte a réussi à mettre à mal Noël ? Le temps n’est pas au diapason, non plus, de la saison : aucun vent coulis, vif et mordant, ne cingle le visage dans les rues lyonnaises ou sur les quais de la Saône qui savent si bien se transformer en boulevard du froid lorsque les bourrasques venues du Septentrion lèchent les façades des quais incurvés. Il est peut être encore tôt. Après tout, l’hiver n’est annoncé sur la calendrier que dans trois semaines. Le Marché de Noël de la place Carnot offre toujours les mêmes bibelots sans intérêt, sauf quelques santonniers auprès desquels j’ai complété encore cette année ma crèche. Avant, c’était mieux… Voilà la rengaine (autrefois on appelait cela une scie) qui vole de lèvres en lèvres et chacun de décrire les Noëls idéaux de son enfance, du temps d’avant. Non, ce n’était pas toujours mieux avant. C’était différent et le monde a évolué depuis mon enfance et celle des mes parents. Je me souviens que nous avions, en général, les cadeeaux que nous demandions : nous ne pouvions pas demander des présents trop coûteux parce que nous entendions mon père répéter, à longueur de journée, qu’il “ne les accrochait pas avec des rondelles” pour signifier qu’il était hors de question de trop dépenser pour des cadeaux.il y a peut être une chose que je regrette : c’est l’émerveillement que j’éprouvais devant le paquet au pied du sapin et qui contenait un jouet que je n’avais pas commandé. Aujourd’hui, mes parents, mon frère me demandent dès novembre ce que je veux à Noël : la surprise n’existe plus. Alors force est de constater que c’était mieux avant. Fichtre.
Byla cesta, byla uslapna… Traduction non encore trouvée, pfiou, le tchèque, c’est dur à apprendre !
Pourtant, je n’ai pas perdu mon âme d’enfant et je rêve souvent d’un Noël idéal qui commencerait le soir du réveillon par une veillée joyeuse en bonne compagnie, dans une ambiance où l’affection le disputerait à la chaleur des âmes, dans l’attente de la Grand Messe. Nous nous rendrions alors ensemble à l’église et nous nous laisserions emportés dans les Cieux par les volutes de l’encens en chantant la naissance deu Sauveur à minuit pile. Nous regagnerions alors notre logis pour partager un médianoche d’amour et de fraternité, échanges des rires, des regards, de la vie. La maisonnée résonnerait des bruits de papiers froissées, des enfants joueraient joyeux et impatients, des chants de Noël nous murmureraient l’amour de Dieu et de l’autre… C’est un rêve que je fais parfois. La réalité est moins clinquante mais elle contient encore des petites parcelles d’amour et d’affection qui naissent spontanément de la joie que je vais éprouver en regardant ma filleule se réjouir devant le spectacle auquel je l’emmène samedi prochain (pour la première fois je vais être seul un jour avec elle, je suis tout à la fois heureux et aussi un peu craintif), en recevant, pendant trois jours, en fin de semaine prochaine, mon cher ami d’enfance Philippe, en traitant à ma table cinq amis chers à mon coeur pour le dîner du troisième dimanche de l’Avent, en passant le réveillon avec les miens et le déjeuner de Noël avec mes parents, mon frère et sa fiancée et mon amie Bénédicte, la compagne discrète, mais au rire si spontané que je n’ai de cesse de chercher à le provoquer, des promenades vespérales en commun de nos chiens. Ces jours qui s’annoncent seront beaux, je le sais.
Dans la troisième case du calendrier de l’Avent…

“Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; 2 elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. 3 Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. 4 Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né.(…)” A l’angle de la rue Antoine de Saint Exupéry et du 10 quai Tilsitt, une Vierge de l’Apocalypse foule aux pieds pour le terrasser le serpent immonde et diabolique rampant sur la terre. Le nom des donateurs apparaît sur le piedestal : Maubou etLachaux.

Commentaires
Je ne pense pas que la crise soit la cause principale mais plutôt des températures qui démentent le calendrier officiel; nous sommes sensibles à tous ces signaux.