Libera me, Domine, de morte æterna, in die illa tremenda - Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour redoutable
mercredi 2 novembre 2011 à 18 h 37 - Qui suis-je ? - Lien permanent
Je ne suis pas allé au cimetière en ce Jour des Défunts parce que je n’ai pas de tombes à fleurir. Mes grands-parents ont été incinérés. Aucune pierre tombale ne couvre leur cercueil, le vent a emporté leurs corps, la pluie a dispersé leurs cendres… Un ami, dont les défunts de la famille sont enterrés dans le Nord, ne pouvant se rendre sur leurs tombes, a pris l’habitude de fleurir son intérieur de potées de chrysanthèmes à la Toussaint. Notre culture occidentale a fait de la fleur impériale japonaise l’emblème du souvenir : les cimetières sont si beaux en ce début de mois de novembre, lugubre et humide (mais point froid cette année), les potées éclatantes d’or et de cramoisi illuminent les granits sombrent. Bientôt, les pétales, en tombant, pleureront les morts et rejoindront la terre. Je ne les oublie pas. Mon grand-père est mort en juin 2010, ma grand-mère en janvier 2007. Ils sont présents dans les brumes de mon histoire personnelle, peut être pas encore à la place qu’ils devraient occuper mais ce n’est as facile pour moi.
Ce billet leur est dédié.
Je voudrais aussi associer à leur souvenir le père d’un ami proche qui a quitté sa famille vendredi dernier. J’ai prié pour lui lundi, Jour de la Toussaint. Mon ami m’a dit que son père apprécierait ce geste, là où il est maintenant. Rémy, in memoriam.


La Chapelle de Tous les Saints à Sedlec - à côté de Kutna Hora - République tchèque, juin 2011

Commentaires
Je ne crois pas que ce soit un mois lugubre, au contraire il est plein de couleurs. J’aime aller dans les cimetières, c’est reposant et je sens la présence des autre, c’est très curieux. C’est un peu leur rendre hommage et passer (brièvement) dans leur monde; c’est un lieu entre le monde des morts et celui des vivants.