37 jours, des pissenlits et des bougies plus tard...
jeudi 17 décembre 2009 à 21 h 33 - Billets éparpillés - Lien permanent
L’hiver est là, il a neigé ce soir…
Un jour, je ne me réveillerai pas… Quelques mots qui, à l’exergue de mon msn ont fait bondir. Pourtant, les jours s’écoulent si vite que je crains de ne pas me réveiller bientôt. Finalement, nous sommes tous des morts en sursis, non ? Trente-sept ont filé dans le silence sur ce blogue alors que ma vie s’épuise chaque jour un peu plus et que mes nuits mangent mes jours. Tout va très vite, trop vite, c’est un lieu commun, j’enfonce des portes ouvertes mais j’en prends parfois aussi en pleine figure.
Quelques bribes, en vrac, d’une vie.
Novembre est passé, sans rien dire, un mois comme un autre avec quelques beaux moments, quand même, d’amitié à deux, au restaurant, au cinéma, des moments de complicité et de rires vivifiants, rassurants, revigorants. Je les ai dégustés avec gourmandise parce qu’alors le temps assassin a suspendu son vol implacable entre deux sourires.
Les illuminations du 8 décembre ont été l’heureux prétexte pour revoir mon ami d’enfance Philippe, connu à l’école maternelle à l’âge de trois ans et retrouvé il y maintenant trois ans sur le net. Avec lui, la complicité enfantine a très vite été retrouvée, malgré plus de 25 ans de séparation. Trop de choses nous réunissent pour que nous soyons devenus des étrangers après nous être quitté à l’âge de douze ans. Il est resté trois jours à la maison, bousculant ma vie de célibataire mais en montrant une telle générosité dans l’aide apportée que sa présence fut une bouffée d’air frais. Entre deux agapes (petite litote) et avec des amis dont Robert le docte, nous avons arpenté les nuits lumineuses de la presqu’île, envahie par des hordes bigarrées et polyglottes qui déambulaient dans les rues à la recherche des installations de la fête des Lumières… Depuis deux lustres, la fête païenne a pris vraiment le pas sur la célébration de la Vierge Marie à Lyon. C’était mieux avant, peut être, lorsque la fête des lumignons ne durait qu’une journée, lorsque les magasins faisaient des efforts pour décorer leur vitrine - je me souviens, dans mon enfance, du boucher et du charcutier-traiteur qui baissaient le rideau à 17 heures pour le relever à 19 heures et exposer, à la foule admirative, des montages en viandes et saindoux représentant des scènes de Noël ou d’architecture -, lorsque Marie était reine des Cieux et des cœurs, lorsque le 8 décembre annonçait les fêtes de Noël… Philippe est reparti avant que les lyonnais aient placé sur leurs fenêtres les lumignons de la tradition. Le mardi soir, après avoir expédié la promenade de nos chiens respectifs, mon amie Bénédicte et moi avons déambulé dans les rues et sur les quais brillants de mille lumignons, détaillant les façades, comptant les bougies et faisant quelques haltes pour admirer les spectacles : seules les projections sur la cathédrale Sain-Jean nous ont convaincus. Nous avons dû boire deux verres de vin chaud et grignoter des orangettes au chocolat noir pour nous consoler… Ce soir là, après avoir raccompagné mon amie chez elle, je me suis arrêté, comme chaque année, dans l’église Saint-Nizier, pour la veillée du 8 décembre : en ce lieu, comme dans toutes les églises lyonnaises, la foi survit loin des faisceaux des projecteurs et des vendeurs de sandwichs. A l’entrée, des sourires, des salutations chaleureuses, on s’empresse autour du visiteur parce qu’il est chez lui, dans la maison du Seigneur, des boissons sont offertes, des plaquettes et surtout beaucoup d’amour et de joie.
Noël approche, et mon sapin, déjà dressé le 30 novembre, se sent seul sans la crèche que je n’ai pas encore installée. Le temps passe si vite et mes endormissements sur le canapé le soir étant presque quotidien, je ne sais quand elle sera dressée. Il me faut penser au menu du déjeuner de Noël qui se déroulera chez moi, comme l’habitude en a été prise depuis quelques années. Le foie gras en terrine sera précédé de coquilles Saint-Jacques sur lit d’endives et de fenouil et l’ensemble sera suivi d’un plat pour lequel j’hésite encore : une pièce de bœuf farcie au foie gras ou une pièce de veau farcie aux marrons et aux champignons. Mon prochain passage aux Halles de Lyon-Paul Bocuse détermineront mon choix…
J’ai mangé des pissenlits. Pas (encore) par la racine. Des pissenlits un peu amers, aux feuilles dentelées qui grattent la gorge quand on les avale. Tenez, essayez un jour le groin d’âne, un cousin du pissenlit que l’on trouve à Lyon dans la véritable salade lyonnaise avec lardons et œufs mollets : des feuilles un peu plus coriaces, de l’amertume encore plus présente et n’hésitez pas à verser les lardons brûlants sur la salade. La chaleur va attendrir les feuilles… Quand vous saurez que le pissenlit est aussi appelé dents-de-lion, vous comprendrez pourquoi il est tant apprécié entre Rhône et Saône. En passant, évitez la salade lyonnaise faite avec de la frisée, c’est autant une hérésie que le gratin dauphinois avec du lait et du fromage rapé…
Un jour, je ne me réveillerai pas… Quelques mots qui, à l’exergue de mon msn ont fait bondir. Pourtant, les jours s’écoulent si vite que je crains de ne pas me réveiller bientôt. Finalement, nous sommes tous des morts en sursis, non ? Trente-sept ont filé dans le silence sur ce blogue alors que ma vie s’épuise chaque jour un peu plus et que mes nuits mangent mes jours. Tout va très vite, trop vite, c’est un lieu commun, j’enfonce des portes ouvertes mais j’en prends parfois aussi en pleine figure.
Quelques bribes, en vrac, d’une vie.
Novembre est passé, sans rien dire, un mois comme un autre avec quelques beaux moments, quand même, d’amitié à deux, au restaurant, au cinéma, des moments de complicité et de rires vivifiants, rassurants, revigorants. Je les ai dégustés avec gourmandise parce qu’alors le temps assassin a suspendu son vol implacable entre deux sourires.
Les illuminations du 8 décembre ont été l’heureux prétexte pour revoir mon ami d’enfance Philippe, connu à l’école maternelle à l’âge de trois ans et retrouvé il y maintenant trois ans sur le net. Avec lui, la complicité enfantine a très vite été retrouvée, malgré plus de 25 ans de séparation. Trop de choses nous réunissent pour que nous soyons devenus des étrangers après nous être quitté à l’âge de douze ans. Il est resté trois jours à la maison, bousculant ma vie de célibataire mais en montrant une telle générosité dans l’aide apportée que sa présence fut une bouffée d’air frais. Entre deux agapes (petite litote) et avec des amis dont Robert le docte, nous avons arpenté les nuits lumineuses de la presqu’île, envahie par des hordes bigarrées et polyglottes qui déambulaient dans les rues à la recherche des installations de la fête des Lumières… Depuis deux lustres, la fête païenne a pris vraiment le pas sur la célébration de la Vierge Marie à Lyon. C’était mieux avant, peut être, lorsque la fête des lumignons ne durait qu’une journée, lorsque les magasins faisaient des efforts pour décorer leur vitrine - je me souviens, dans mon enfance, du boucher et du charcutier-traiteur qui baissaient le rideau à 17 heures pour le relever à 19 heures et exposer, à la foule admirative, des montages en viandes et saindoux représentant des scènes de Noël ou d’architecture -, lorsque Marie était reine des Cieux et des cœurs, lorsque le 8 décembre annonçait les fêtes de Noël… Philippe est reparti avant que les lyonnais aient placé sur leurs fenêtres les lumignons de la tradition. Le mardi soir, après avoir expédié la promenade de nos chiens respectifs, mon amie Bénédicte et moi avons déambulé dans les rues et sur les quais brillants de mille lumignons, détaillant les façades, comptant les bougies et faisant quelques haltes pour admirer les spectacles : seules les projections sur la cathédrale Sain-Jean nous ont convaincus. Nous avons dû boire deux verres de vin chaud et grignoter des orangettes au chocolat noir pour nous consoler… Ce soir là, après avoir raccompagné mon amie chez elle, je me suis arrêté, comme chaque année, dans l’église Saint-Nizier, pour la veillée du 8 décembre : en ce lieu, comme dans toutes les églises lyonnaises, la foi survit loin des faisceaux des projecteurs et des vendeurs de sandwichs. A l’entrée, des sourires, des salutations chaleureuses, on s’empresse autour du visiteur parce qu’il est chez lui, dans la maison du Seigneur, des boissons sont offertes, des plaquettes et surtout beaucoup d’amour et de joie. Noël approche, et mon sapin, déjà dressé le 30 novembre, se sent seul sans la crèche que je n’ai pas encore installée. Le temps passe si vite et mes endormissements sur le canapé le soir étant presque quotidien, je ne sais quand elle sera dressée. Il me faut penser au menu du déjeuner de Noël qui se déroulera chez moi, comme l’habitude en a été prise depuis quelques années. Le foie gras en terrine sera précédé de coquilles Saint-Jacques sur lit d’endives et de fenouil et l’ensemble sera suivi d’un plat pour lequel j’hésite encore : une pièce de bœuf farcie au foie gras ou une pièce de veau farcie aux marrons et aux champignons. Mon prochain passage aux Halles de Lyon-Paul Bocuse détermineront mon choix…
J’ai mangé des pissenlits. Pas (encore) par la racine. Des pissenlits un peu amers, aux feuilles dentelées qui grattent la gorge quand on les avale. Tenez, essayez un jour le groin d’âne, un cousin du pissenlit que l’on trouve à Lyon dans la véritable salade lyonnaise avec lardons et œufs mollets : des feuilles un peu plus coriaces, de l’amertume encore plus présente et n’hésitez pas à verser les lardons brûlants sur la salade. La chaleur va attendrir les feuilles… Quand vous saurez que le pissenlit est aussi appelé dents-de-lion, vous comprendrez pourquoi il est tant apprécié entre Rhône et Saône. En passant, évitez la salade lyonnaise faite avec de la frisée, c’est autant une hérésie que le gratin dauphinois avec du lait et du fromage rapé…
Commentaires
J’espère pour moi que docte ne veut pas dire ennuyeux! J’ai passé un très agréable moment avec vous deux et quelle cuisine!
Je n’aime pas ce genre de billet; depuis cet été, cela me blesse…
Calystee > docte est bien un compliment, tu te détaches, par un ton joyeux et un bel entrain des autres profs sentencieux et chiants
Philippe > tu connais les Vanités, ces beaux tableaux du XVIe et XVIIe siècles ? L’exergue du billet est une manière de Vanité. N’oublions pas que nous sommes mortels…