La semaine dernière, l’hebdomadaire Le Point a entrepris de révéler à ses lecteurs non pas le secret de l’existence de Dieu, comme l’abbé de Vilecourt dans le film Ridicule de Patrice Leconte mais rien moins que les secrets du bonheur. Non pas LE secret, mais bien LES secrets, conscient, peut être, qu’il n’existe pas de bonheur absolu (en dehors de la conscience de l’existence de Dieu…) mais des bonheurs variés… Quelques citations émaillent l’article et je ne résiste pas au plaisir (au bonheur ?) de vous les livrer avant la grande révélation…

« J’appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. » André Comte-Sponville
« Le bonheur dépend de nous seuls. » Aristote
« Le bonheur est l’état qui accompagne l’amour lorsqu’il ne se termine pas mal. » Jean-Didier Vincent
« Le bonheur est un idéal de pourceau. » Albert Einstein
« Pour être heureux, il faut être bête, égoïste et en bonne santé. » Gustave Flaubert.

Le philosophe Comte-Sponville livre là, à mon goût, la meilleure définition du bonheur : le bonheur est fugace et universel, il existe en tout lieu et en tout temps pour qui sait se laisser attraper par la joie. La vie est un bouquet de bonheurs cueillis au hasard du chemin… C’est, présentement, mon état d’esprit et une philosophie de vie que je tente d’observer. Tente est bien le mot car je me rends compte que si je suis éperdu de joie quand l’être aimé me sourit, je retombe avec une douloureuse facilité dans un abîme de larmes et de désespoir un moment plus tard, à la faveur d’ombres agitées dans un recoin sombre.

Quant à Aristote, je m’inscris en faux : le bonheur dépend aussi, parfois, des autres. L’autre peut être un vrai bonheur quand la joie est partagée. L’autre peut être un enfer, sans le savoir…

La journaliste Émilie Lanez poursuit son dossier en présentant cinq exercices pour être heureux : (les citations de l’article sont en italique)

1. Marcher dix minutes. Dix minutes quotidiennes suffisent pour mieux résoudre les problèmes qui encombrent notre mental. Du pipot : j’expérimente, chaque jour, pendant mes deux heures de marche quotidiennes l’auto-irrésolution des questions qui m’assaillent…

2. Se tenir droit. On se sent plus heureux lorsqu’on se tient droit. Comment-le sait-on ? Parce qu’il fut demandé à des patients de remplir un questionnaire visant à calculer leur niveau d’« auto-estime ». Lorsque les patients sont avachis dans des fauteuils bas, le dos courbé, leur niveau d’auto-estime est très bas. Les mêmes patients, obligés de se tenir debout derrière un lutrin, les épaules en arrière, soumis au même questionnaire, obtiennent un bien meilleur taux.Ben voyons : et si je me mets accroupi, je m’auto-déconsidère ?

3. Vivre l’instant. Apprendre à vivre en « pleine conscience l’instant présent. Il faut s’arrêter, se poser sans laisser son esprit partir ailleurs. Lorsque vous lisez l’histoire du soir à vos enfants, ne pensez pas aux poubelles qu’il faut encore sortir, profitez totalement de l’instant» . Oui, une seule chose à la fois, pour mieux s’appliquer mais que celui qui n’a jamais pensé à autre chose en embrassant me jette la première pierre… Curieux, pas de lapidation à l’horizon.

4. Dire merci. Il est plus bénéfique de concentrer cet exercice à une séance intensive par semaine, plutôt qu’à des miniséquences dans la journée. Donc, la soirée de gratitude consiste à passer en revue tous les gens qui vous ont apporté quelque chose de bon pendant la semaine (votre collègue de bureau avec lequel vous avez rédigé ce rapport, le dentiste qui a soigné votre carie, votre voisin qui vous a si gentiment salué dans l’ascenseur, et même Mozart qui a composé pour vous ces merveilleux opéras. Sans omettre les ouvriers qui ont fabriqué votre lecteur de CD). Confer certains de mes précédents billets… Mais aujourd’hui, j’aimerai dire merci pour une vraie raison…

5. Beaucoup sourire. Plus on sourit, plus la vie vous sourit. On a soumis des veufs, six mois après le décès de leur conjoint, à une série d’entretiens. Ils devaient raconter tous les bons moments vécus avec le défunt. « Ceux qui souriaient le plus souvent, et le plus sincèrement, étaient ceux qui, deux ans plus tard, étaient le plus heureux » Je commence à avoir des pattes d’oie aux coins des yeux à force de sourire. Hier soir, mon sourire était crispé, c’était un sourire très très intérieur. Bref, j’ai connu mieux.

Quoiqu’il en soit, le temps est venu d’agir pour mon propre bonheur…