Mickael Jackson 1958 - 2009
Hier, vers 23 h 30, j’ouvre la porte de l’appartement et aperçois mon chien allongé devant la porte du salon, juste en face de l’entrée, cherchant la fraîcheur du carrelage dans la nuit lourde et guettant mon retour. Dans la salle de bains, la radio est branchée sur RTL, pour lui tenir compagnie. Soudain, j’entends Georges Lang annoncer que Michael Jackson serait décédé selon un site internet américain, TZN. Je finis de me laver les mains et m’empresse d’allumer la télévision sur LCI. Et les images commencent à tourner en boucle : Michael Jackson serait mort… Pendant une heure, j’entends le même bulletin, les mêmes interviews, je vois les mêmes photos. Et vers minuit trente, la nouvelle est confirmée : il est mort d’une crise cardiaque. Je suis plongé depuis une heure dans la confection de madeleines promises au bureau. Je suis épuisé, le parfum des gâteaux cuits me donne la nausée, il fait chaud dans la cuisine. Las, je m’affale sur le canapé vers une heure et je commence à me demander ce que représentait Michael Jackson pour moi… J’ai évidemment grandi avec sa musique, ses clips, sans jamais vraiment partagé son univers. Toutefois, je me souviens très bien du clip Thriller, présenté un samedi soir, au cours d’une émission de Drucker sur la 2. J’avais été fasciné par ce film et sa musique. J’avais 15 ans. Je n’écoutais pas Jackson à cette époque, je l’entendais sur les radios. Je me demande ce que j’écoutais vraiment. Nous n’avions pas de chaîne stéréo, pour éviter les querelles entre mes parents au sujet du son forcément trop fort qui n’aurait pas manqué de faire entrer mon père, comme à son habitude, dans une colère noire contre la terre entière. J’écoutais la radio sur un gros poste à cassettes. Je crois que le tourne-disque fonctionnait encore. Mon frère aîné avait des disques de lui mais il versait plus dans Trust et ACDC pour me permettre d’écouter souvent Michael. Je n’avais pas la curiosité de chercher à mieux le connaître. Comme souvent pour les chanteurs de ma jeunesse et de mon adolescence, je ne l’ai découvert que plus tard, une fois adulte et indépendant. Re-découvert.

Je ne vais pas égrener les chansons que j’apprécie, parce que ma connaissance imparfait de sa carrière m’obligerait à écouter des extraits pour dire si j’aime celle-ci ou celle-là. Il y avait toutefois un je ne sais quoi de vie, de de profondeur dans ses chansons qui accrochaient mon attention. Qui accrochent mon attention, sans que je puisse affirmer haut et fort que j’aime Michael Jackson. Je comprends, qu’à l’instar de beaucoup d’autres, ce chanteur fait finalement partie de ma vie dans laquelle il occupe une petite case. Sa disparition, pour tragique et éprouvante qu’elle soit, ne me cause pas un chagrin si grand que je ressente le besoin de me précipiter demain pour acheter un cd. Pas encore, je pense que cela viendra dans quelques temps, par nostalgie (sic).

J’ai été étonné aujourd’hui, en revanche, de constater l’impact que cette triste mort a sur mes assistantes, pas encore trentenaires. En évoquant cette disparition, j’ai compris qu’elles voyaient une étape importante de leur vie au cours de laquelle elle n’ont jamais vraiment été confrontées à la disparition d’une idole. Sans hystérie, elles m’ont avoué être très touchées parce qu’elles considèrent franchir une étape de leur existence avec ce pan de leur jeunesse qui disparaît. Elles ont grandi avec lui, avec sa musique et le pensait immortel. Elles le croyaient sans doute immortel. Il n’en était rien.

J’ai voulu écrire ce billet pour me souvenir de lui comme un moment de ma vie. Simplement. Au delà des brumes sulfureuses qui l’entouraient, sa musique me touchait sans doute plus que je ne voulais m’en rendre vraiment compte. Son universalité me fascine. Il a existé et c’est le plus important.