Dans la 22e case, encore de la tradition…

Noël est la fête traditionnelle par excellence, non ? La fête où l’immutabilité des choses et des personnes est érigée en dogme ultime pour transcender les défenseurs rebelles de la nouveauté. Comment faire lorsque l’on est issu d’un famille sans aucune tradition ? Une famille venue de nulle part, ou presque : Normandie et Italie avant le siècle dernier, Paris dans les années de l’après-guerre et ici ou Paris ou le midi aujourd’hui. Aucune tradition, aucun rituel, aucune transmission d’histoire de famille. Aucune maison commune, peu de vacances passées avec les cousins ou cousines, rien ne nous lie sauf le sang. Nous étions dix-neuf lorsque, jusqu’au début des années 90 du siècle dernier, nous nous réunissions chez mes grands-parents ou mon oncle et ma tante dans le midi. J’avais un jour émis l’idée qu’il serait plaisant de reconstituer, une fois au moins, la tradition des treize desserts de Provence. Devant l’indifférence qui accueillit mon idée, je suis passé à autre chose… Non sans toutefois interroger mon oncle et parrain, pur provençal de naissance, sur le sens de cette tradition. Hélas, il est issu d’une famille d’immigrés italiens, arrivée à Castillon-du-Gard dans les années précédant la première guerre. Même lui n’a jamais réellement pratiqué ces treize desserts. Le sort s’acharne contre moi ! Mon ami d’enfance Philippe, un vrai gars du midi, lui, avec des vrais morceaux d’accent chantant dedans sa voix, m’a récemment parlé des fruits déguisés que tout hôte offrait aux visiteurs au moment des fêtes…

J’ai trouvé un article très fouillé sur les treize desserts : il est ICI, dans une revue d’ethnologie. Cette tradition rappelle le Christ et ses douze Apôtres. Les desserts doivent être au moins treize et sont dégustés durant la Vigile de Noël. Selon le musée des Arts et Traditions populaires du terroir marseillais de Château-Gombert, ils comprennent « pommes, poires, verdaù (melon vert conservé dans le grain), raisin frais, sorbe(t)s, nougat blanc, nougat noir, noix, amandes, noisettes, figues sèches, pompe à l’huile, raisins secs ». Je me souviens que mon oncle m’avait diy un jour qu’il n’aimait pas la pompe à l’huile d’olive car celle qu’il mangeait étant enfant sentait beaucoup trop l’huile et la fleur d’oranger…

Un Noël provençal pour Philippe



Pastourelles pastoureaux…



Noël à Paris pour Arty… avec Charles Aznavour…



Noël blanc de Marie Myriam pour Olivier



Holly night pour Calystee