Un calendrier de l'Avent - 19e jour
jeudi 18 décembre 2008 à 00 h 00 - Avent 2008 - Lien permanent
Dans la 19e case, la crèche…
Espérée au pied de mon sapin depuis le premier dimanche de l’Avent, elle n’est pas encore là, faute de temps. Des assemblées générales le soir, la fatigue d’une année douloureuse qui me vide des dernières forces la nuit venue, des fins de semaines occupées à courir de droite et de gauche (même si je préfère la droite, bien sûr), bref, je n’ai encore rien fait. Enfin, les heures qui viennent devraient me permettre d’accomplir cette promesse annuelle. Je n’ai jamais eu de crèche étant enfant, je n’ai jamais su pourquoi alors que mon frère allait au catéchisme (enfin, jusqu’à ce que ma mère le retire devant le militantisme maoïste du curé rouge de la paroisse) et que nous devions réciter un pater et un ave le soir avant de nous coucher. Puis, un jour, j’ai décidé d’installer une crèche au pied du sapin, chez mes parents. Le commentaire laconique de mon père m’a glacé lorsqu’il l’a vue : « c’est ça, ta crèche ? ». Je n’ai plus, aujourd’hui, de commentaires, heureusement et cette crèche fait partie de l’ambiance de Noël chez moi. Je ne l’ai pas faite qu’une seule fois, en 2004, lorsque j’étais très malade.
La crèche est rassurante par l’éternité de l’histoire qu’elle met en scène. Au delà de l’imperfection de l’installation, elle affiche le miracle de l’Incarnation, elle témoigne de la réalité de Dieu. Elle porte, en elle, la foi dans la tradition (du latin tradere, transmettre), dans l’immutabilité rassurante de l’amour divin au milieu des bouleversements de notre époque, elle est un anneau pour accrocher sa foi de manière tangible. Et puis, la naïveté, la fraîcheur, la simplicité qu’elle offre sont rassurantes. Elle est et c’est déjà beaucoup.
La première crèche serait due à Saint François d’Assise qui, en 1223, trois ans avant sa mort, installa la première crèche dans une grotte, en Italie. Au XIVe siècle, la France fait connaissance avec cette crèche et rapidement, elle connaît une valeur magique. En Bretagne, un enfant malade placé au coté de l’Enfant-Jésus guérissait même in articulo mortis. En Provence, l’extinction de l’une des lumière de la crèche portait malheur (flûte, avec les lampes de guirlandes électriques utilisées, les risques sont multipliées - cette année, je mets une guirlande neuve, les années précédentes ayant vu l’extinction de plusieurs ampoules).



J’ai toujours préféré une crèche réduite à la représentation biblique de la Sainte Famille et des rois mages. J’ajoute seulement un berger provençal, pour accompagner les moutons. J’admire les grandes crèches multipliant les santons mais la place manque pour constituer un paysage cohérent, mon souci du détail prenant le pas sur la simplicité de la crèche, je l’avoue. Cette année, je n’ai fait aucun achat supplémentaire (quoique, je me tâte pour un ou deux anges…) et reste fidèle aux santons de Provence Carbonel à l’exception des éléphants des rois mages. Bien sûr, je respecte aussi la tradition de l’histoire en ne plaçant ces derniers devant l’Enfant-Roi que le jour de l’Épiphanie.

La Vierge à la crèche…
Dans cette étable…
O little town of Bethleem by Franck Sinatra

Commentaires
Il faudrait à la rentrée que j’aille faire des photos de celle de l’école de Jean-Michel. Il paraît qu’elle est magnifique cette année.