Dans la 18e case, devinez ce qu’il y a…

SpirographJ’ai toujours été un enfant calme et solitaire, préférant la lecture aux jeux collectifs. Mon frère aîné était beaucoup plus turbulent, il lui fallait des activités sportives pour exulter. Noël était l’occasion de recevoir des jouets à la valeur supérieure aux petits cadeaux que nous faisaient parfois nos parents au cours de l’année. Si les anniversaires étaient bien marqués, la fin de l’année était un moment privilégié pour obtenir presque tout ce que l’on voulait. J’avais vu ce jeu à la télé, sans doute : il avait titillé mon goût de la création et mon talent artistique frustré par ma maladresse. Je n’ai jamais su dessiner correctement. En revanche, je me débrouillais assez bien pour créer des petits objets, notamment lorsque je suivais des cours d’EMT (éducation manuelle et technique) au collège : plusieurs coffrets à bijoux en carton recouverts de tissu sortis de mes mains à la grande joie de ma mère et de ma grand-mère en sont la preuve aujourd’hui poussiéreuse. Mais revenons à nos moutons ou mieux à nos cercles dentelés en plastique orange. La boîte omprenait plusieurs cercles de dimensions différentes et des réglettes. Toutes les pièces étaient bordées de dents et comportaient des trous pour permettre d’introduire un stylo à bille. Dessins au spirographLe but était de créer des dessins concentriques, en forme d’étoiles. Je me souviens parfaitement des stylos dont l’un était à l’encre orange. Je « noircissais » des pages entières et l’odeur de l’encre m’enivrait rapidement. Je me demande dans quelle mesure ces dessins particulièrement répétitifs n’avaient pas un effet hypnotique sur moi. La pointe du stylo traçait des ellipses à longueur de feuille et dès que, par maladresse ou à cause d’une vitesse trop grande, je sautais une dent et provoquais un petit trait inopportun, je déchirais fébrilement le papier souillé pour me plonger dans la réalisation d’une nouvelle œuvre d’art bientôt parfaite. Hélas, l’abus du jeu, au fil des chefs d’œuvre, provoqua la casse de petites dents et les dessins devinrent trop chaotiques pour continuer à complaire à mon goût de l’équilibre et de la symétrie. Finalement, le jeu mourut de sa belle mort, c’est à dire de la lassitude enfantine. Il était perdu dans les limbes de mon enfance jusqu’à ce soir où je retrouvai une photo de l’atelier du potier évoqué dans le 16e jour du calendrier de l’Avent : en contemplant le cliché, je tentais de trouver un nouveau sujet de billet quand soudain le spirograph refit surface comme un sous-marin issu de l’abîme de ma jeunesse regrettée.

Internet est un magnifique outil de mémoire et j’y retrouve certaines saveurs de mon enfance : pour quelques euros, je rachète mes souvenirs. Je reconquiers au travers des enchères ma propre histoire oubliée. Je fais face à moi-même, à mes décisions. Finalement, je justifie par ces petits rachats, le titre de mon blogue : apartés uchroniques. Si j’avais fait un autre choix, que serais-je devenu aujourd’hui ? Qui serais-je ? C’est là toute l’uchronie de ma vie. Quel meilleur moment que Noël pour rêver ? Pour croire au Père Noël ? Cher Père Noël, Je voudrais…

Louis Armstrong and Christmas in New Orleans



C’est Noël… Claude François



Les Popys… Noël 70


Luciano Pavarotti, les trois Ténors, un cantique de Noël…


Nota : il est trois heures et demi du matin et je ne peux pas m’endormir, tous les souvenirs se bousculent…