Un calendrier de l'Avent - 16e jour
lundi 15 décembre 2008 à 00 h 00 - Avent 2008 - Lien permanent
Dans la 16e case, encore de la nostalgie…
C’était hier, ou presque, j’étais encore un jeune garçon et Noël approchait. Je me souviens des colères de mon père face aux mauvaises notes de mon frère aîné et de ses menaces de ne pas avoir de cadeaux à Noël s’il ne travaillait pas mieux à l’école. J’avais peur qu’il ne mette ses menaces à exécution, entre deux fessées. Pour ma part, mes résultats étaient satisfaisants et je ne craignais rien. Rétrospectivement, je pense que mon père avait tort de lier Noël, fête des enfants et des cadeaux, aux bonnes notes. Si j’ai appris l’inexistence du Père Noël vers l’âge de sept ans, j’ai longtemps gardé au fond de moi le désir d’obtenir tous les cadeaux que je demandais. Hélas, je connaissais les moyens financiers de mes parents et je savais que certaines demandes ne seraient jamais honorées. Le jeu Merlin, évoqué précédemment, est un symbole.
Toutefois, je me souviens d’un jeu, longtemps demandé et reçu un jour : l’atelier du potier. Je ne sais quel âge j’avais, sans doute une dizaine d’années. J’avais vu ce jeu au Salon de l’enfance, au CNIT, à Paris, un grand salon où l’on présentait des jeux et des activités pour les gosses et que l’on visitaient régulièrement lors de nos passages à Paris. J’avais aussi découvert un jeu où l’on faisait couler de la peinture sur un carton tournant à grande vitesse pour obtenir des dessins psychédéliques sans usage de LSD préalable (quoique, souvenez-vous de la rumeur urbaine des buvards imprégnés de LSD si des étoiles étaient imprimées dessus). Il était hors de question d’espérer obtenir, un jour, ce jeu, bien trop salissant selon le décret de mon père.
J’avais, en revanche, réussi à le fléchir avec cet atelier de potier. Un petit tour en plastique actionné par un moteur à pile et livré avec deux sacs d’argile fourni et des accessoires. J’ai rêvé de ce jouet si longtemps que je n’ai pas cru mes yeux lorsque je le reçus. Le jour de Noël, j’avais déballé avec frénésie le paquet et sauté de joie à sa découverte. Évidemment, il n’était pas question de jouer avec ce jour parce qu’il fallait aller déjeuner chez mes grands-parents. De retour à la maison, il était trop tard. Le lendemain, je ne sais quel prétexte me fut opposé pour que je ne l’utilise pas. Puis les jours suivants non plus : la boîte était ouverte, je triturais les paquets de terre en vain. Puis vint l’argument suprême : ce jeu était salissant. Donc interdit par décision paternelle. Et ma mère n’osa pas braver son mari. Et je n’ai jamais joué avec ce cadeau. Jamais.
Dimanche dernier, chez mes parents, alors que je cherchais avec ma mère les décorations pour leur sapin de Noël, j’ai retrouvé, au fond du placard, la boite magique, cet atelier encore vierge de mes jeux, planqué contre le mur. Je me suis penché vers Maman et je lui ai dit en souriant : « tu te souviens de l’atelier du potier ? Je n’y ai jamais joué… ». J’ai vu dans ces yeux qu’elle regrettait cela et puis nous avons éclaté de rire tous les deux. Je pense que je vais ramener ce jeu chez moi. Je ne pourrais pas y jouer car il me semble que je l’avais, quelques années plus tard, amputé du moteur pour l’utiliser dans un ventilateur. Pour l’anecdote, mon père a une sœur aînée aussi maniaque que lui sur la propreté : ma cousine, d’un an de moins que moi, avait reçu aussi ce jeu l’année suivante de ses parents. Elle aussi n’a jamais pu jouer avec pour la même raison que moi…
L’année suivante, je commandai des livres, pour être certain de pouvoir les lire 
Ding dong merrily on high…
Bing Crosby and Christmas is a-comin’…

Commentaires
C’est triste, cette histoire !
Moi j’ai eu “Mako moulages”, sans l’avoir demandé, et alors que je n’ai jamais été une manuelle, pour fabriquer des figurines de schtroumpfs qu’il fallait peindre ensuite. J’ai pu y jouer, quand l’envie m’en prenait parfois, car je n’étais guère passionnée par ce “jeu”.
Moi aussi, je l’avais ! Question de génération…Par contre, on m’a laissé y jouer et je m’en suis vite lassé…!
Moi je dis qu’on voit que ce n’est pas toi qui faisais le ménage ! :))
Juste un truc qui m’étonne c’est pourquoi offrir un jeu pour ensuite interdire d’y jouer… j’comprends pas la logique là…
Arty > les décisions de mon père s’apparentaient souvent à des oukases… Sans logique, ou plutôt avec sa propre logique, incompréhensible. Heureusement, je reçus d’autres jouets cette année-là. L’identité de réaction chez ma tante, soeur aînée de mon père, m’a toujours amusé : je crois que leur éducation a été assez particulière…
Hasard des écritures: Marnie parle du jeu “Mako moulages” et je viens de finir un billet sur ….”Mako moulages”. J’en avais seulement oublié le nom. Merci, Marnie. En revanche, moi, j’adorais ça. Il faut dire que c’était Thierry la Fronde!
Mako moulages… j’en ai eu un aussi mais avec Micket et Donald. On mettait le moule au dessus d’un verre avant de couler le plâtre…