Dans la 10e case, tempus fugit…

Je vous ai parlé précédemment d’un jeu électronique de mon enfance appelé « Simon ». Je n’ai pas résisté au plaisir de le commander sur un site d’objets d’occasion pour la modique somme de quinze euros. J’ai reçu le colis ce matin et j’ai profité de la pause déjeuner pour le déballer. Fébrilement, j’ai cherché la boîte longue sous les boulettes de papier ayant servi à le caler dans le carton. J’étais un enfant au matin de Noël : le Père Noël m’a apporté ce que j’ai commandé. Je tenais enfin l’objet du désir, rouge de coque et de touches. Comme un matin de Noël habituel, j’ai cherché fébrilement dans mes tiroirs six piles longues pour donner vie à mon jouet. Les piles insérées, j’ai poussé l’interrupteur et les voyants ont clignoté. Simon était prêt à jouer avec moi. La notice en main, j’ai essayé le morpion (un jeu impossible à gagner), la musique (rappelez-vous la musique d’attente d’autrefois lorsque le combiné était posé sur un petit appareil qui égrenait (massacrait ?) la lettre à Élise), le code secret, bref, j’ai épluché la notice pour me rendre à l’évidence : le jeu est nul. Et oui, trente ans après avoir rêvé de ce jouet, je suis un petit garçon déçu par ses espérances. A l’aune des jeux actuels, il ne vaut pas un clou, bien sûr. A l’aune de ma mémoire, je le croyais merveilleux alors qu’il n’est que sons en toc et lumières lassantes. Pouvait-il en être autrement ? Les souvenirs sont faits pour être remués mais pas vécu. Je ne suis plus le garçonnet de dix ans qui enrageait de ne pouvoir posséder le jeu dernier cri, je suis un quadra qui a voulu se racheter une mémoire et n’a reçu qu’un regret. Celui de ne plus être un enfant.

Venez les enfants…




Noël est bien là…