Oui, merci Benoît - je peux t’appeler Benoît, hein ? on a le même âge à deux mois près -, grâce à ta candidature au poste de premier secrétaire du parti du rire, pardon, du parti socialiste, j’ai pu entendre qu’un homme de 41 ans était un jeune, un jeune homme. Bon, c’est vrai, 41 ans, rapportés aux 55 ans et aux 58 ans de tes rivales, tu peux passer pour un perdreau de l’année. Tu m’as rassuré : à 41 ans, ma vie n’est pas fini, j’ai encore beaucoup de choses à accomplir et je peux entraîner derrière moi au moins trente mille personnes sur ma bonne bouille (je n’ose pas dire sur ma belle bouille, je suis trop modeste). Tiens, rien que pour te remercier, je me suis tâté pour prendre ma carte au PS, juste avant le vote, pour t’apporter mon suffrage : c’est que je suis un gars qui aime se marrer et ma foi, toutes tes idées me font rire. Non, c’est vrai, avoir une tête bien faite comme la tienne, qui fait chavirer tous les cœurs et défendre des idées tellement rétrogrades avec un sourire ultra-brite que même les collègues européeens de ton bord en sont restés comme deux ronds de flan, il fallait le faire. Bon, c’était le seul moyen pour toi d’exister face à une illuminée qui se prend pour une idole en mal de scène et à la fille à papa qui croit encore que la seule idée qu’elle a eu en politique est la panacée pour sortir le monde de la crise. 

Oui, encore un peu et je virais à gauche de la gauche, rien que pour entendre que j’étais encore jeune. Bon, je ne raffole pas du rugby, comme toi, je ne brigue pas des suffrages mais je ne déteste pas prendre la parole en public et tenter d’intéresser un auditoire. Et puis je me suis réveillé : 41 ans, c’est pas tout jeune, c’est pas encore vieux mais ça tend à le devenir chaque jour davantage. Toutefois, 41 ce n’est pas très crédible pour un chef, mon vieux, la preuve, tu t’es fait ramasser en beauté hier soir. N’est pas Obama qui veut pour diriger une nation à 47 ans. Parce que ne me dit pas que tu n’avais pas cette ambition en postulant pour la place ? Hamon président en 2012… Un rêve. J’imagine les groupies en délire dans les meetings, les billets à ta gloire par des blogueurs énamourés… Un cauchemar, en fait. Finalement, je vais rester là où je suis, entre deux adhésion au parti des traîtres à la cause sarkozienne, je veux parler de l’UMP. On rit beaucoup aussi dans ce parti. Je ris jaune.

Allez, merci quand même, ta présence dans la compétition m’a apporté un peu de baume à l’âme. La vie est belle, ma vie est belle. La preuve : j’attends avec impatience le robot Kitchen Aid que j’ai commandé, parce que la perfection, ça se cuisine…

Mise à jour du samedi 22 novembre 2008, 7 h du matin : je propose un combat de boue pour les départager toutes les deux. Comment ? C’est déjà ce qui se passe depuis cette nuit ? OK, un tournoi de tricot alors… pour faire une belle écharpe au partant, il va attraper froid en Corrèze. Pendant ce temps, à l’UMP, des députés refusent les réformes proposées par le président issu de ses rangs et dont les propositions leur ont permis d’être élus. Palsambleu, mais bien sûr, l’UMP peut fournir la boue à ce qui reste du PS…