Les trois promenades quotidiennes du chien m'obligent à trouver des sujets d'observation autres que mon animal en train de faire ses besoins pour ne pas sombrer dans l'ennui. Lorsqu'il était jeune et sorti 7 fois par jour pour l'habituer à la propreté, j'emmenais régulièrement mon baladeur et j'arpentais le sol de Bellecour dans une bulle de musique. Cet isolement sonore a fini par me lasser et j'ai préféré profiter des sorties pour laisser courir mon regard sur le monde. Je confesse, bon maître d'un chien espiègle, que je joue aussi avec Angus mais que ces jeux, comment dirais-je, sont facilement répétitifs et partant, lassant pour moi (lui, lutin plein de poils, est un joueur sans limite difficilement photographiable, surtout avec un téléphone mobile).



Si les promenades du matin et de midi me cantonnent sur le place, le soir, je me balade dans les rues et sur les quais, lorsque le froid ou la pluie nous chassent de la place Antonin Poncet et interdisent à Angus de jouer avec ses copains chiens. Je lèche alors les vitrines soigneusement, guettant la moindre nouveauté qui fera paraître moins longue la distance parcourue er rendra attrayante, autant que possible, la corvée hygiénique. Je croise des regards et m'imagine mille conversations, mille histoires, mille vagabondages avec de parfait(e)s inconnu(e)s. Je prends note mentalement de tel magasin, tel restaurant, je remarque parfois un détail architectural jamais vu encore, je me souviens, de tant en tant, de détails de ma vie, bref, je m'occupe l'esprit.

C'est ainsi qu'un jour, à midi, j'ai eu la révélation de la question essentielle de l'humanité : pourquoi les hommes et les femmes sont-ils si différents ? En face de moi, sur le flanc d'un autobus, j'avais LA réponse ultime : leurs cerveaux sont complètement opposés en tout point.


C'était donc cela ! Moi qui m'était imaginé une histoire d'hormones, d'éducation familiale avec répétitions de schémas castrateurs multi-séculaires (poupées pour les filles, jeux de guerre pour les garçons, rose pour les filles, bleu pour les garçons, babillages incessants pour les filles, éructations violentes pour les garçons, etc.). Nenni ! Je dois faire fi bde mes préjugés, tout s'explique par les zones du cerveau, totalement différentes chez l'homme et la femme. Voilà l'affiche en grand :


Je tiens à préciser que je vise toujours correctement dans la cuvette des toilettes... Quant au reste, il faudrait que je me fasse tout expliquer en allant voir le spectacle au Boui Boui, un café-théâtre lyonnais. Qui est partant pour m'accompagner ?

P.S. : le cerveau féminin représenté est-il celui d'une blonde ou celui de toutes les femmes ? ;-)