Sainte Lucie, une lumière pour annoncer Noël...
Je ne veux pas me replonger dans les entrailles de ce blogue pour chercher les billets dans lesquels je parle de Noël et de mon regret de ne pas avoir d'enfant. Je ne veux pas relire sous le clavier des commentaires me disant que rien n'est impossible. C'est un fait, inéluctable, irréfragable, terrible en cette période de fêtes et de naissance divine. C'est ainsi et je ne suis pas malheureux, pas en colère, pas désespéré. J'ai simplement une certaine nostalgie teintée de regrets...
Cette année, le mois de décembre aura été marqué par les rêves de l'enfant que j'ai été, par les rêves des enfants que je n'ai pas. Une uchronie douce m'emporte dans une contemplation admirative de quelques moments d'éternité.
Le 8 décembre, les lumignons placés sur les fenêtres ont illuminés mon âme, me faisant souvenir des sensations qui m'étreignaient lorsque j'étais un gone : chaque bougie allumée avec Maman sur le rebord du balcon était une main tendue vers Noël. Ce jour voyait le sapin prendre place dans la salle à manger, un épicéa fringuant d'odeur et de guirlandes clinquantes. En 2007, j'ai allumé les 110 bougies décorant mon bureau avant les 12 lumignons de mes fenêtres. Je me suis assis dans le canapé, j'ai contemplé la lumière tremblotante à travers les verres colorés, me promettant de sortir pour goûter encore et toujours les visions féériques de ma ville en fête sur le chemin de l'église Saint-Nizier à la recherche d'un moment de prière et de remerciement à Notre-Dame-de-Fourvière. Ave Maria gratia plena... Merci Marie. Las, je me suis endormi, je ne me suis pas réveillé. J'ai simplement rêvé un 8 décembre, comme un enfant solitaire mais heureux.
Le 9 décembre, j'ai gagné le théâtre des Célestins pour écouter "Pierre et le Loup", de Sergueï Prokofiev. J'avais un disque (ou appartenait-il à mon frère ?) de cette histoire étant enfant et je ne me lassais pas de le passer lorsque je m'ennuyais. Si les notes domincales firent résonner des souvenirs dans mon âme enfoncée dans un fauteuil rouge, je fus surpris de constater que j'avais oublié une grande partie de l'histoire. J'étais un enfant sans mémoire, émerveillé par l'orgue de Barbarie (j'aimerais en posséder un), par le basson et par le petit garçon à côté de moi, qui, debout sur les genoux de sa maman, applaudissait à tout rompre la fin du spectacle en criant bravo ! bravo ! bravo ! Il avait 4 ans sans doute, guère plus, j'ai 40 ans, sans aucun doute, guère plus.
Le 13 décembre, à la librairie Badiane, Sainte Lucie m'a charmé. Je connaissais vaguement cette fête avant que de la vivre en compagnie de cuisinières suédoises et d'une chorale illuminée. J'ai découvert les nrioches au safran, à la cannelle, le glögg (vin chaud aux épices) aux amandes et aux raisins secs, les gâteaux aux épices, les parfums, les rires, la chaleur d'une fête passée en compagnie de suédois dans une librairie devenue un univers extraordinaire de plaisirs gustatifs et de joie au fil des mois : quelle plus belle annonce de la merveilleuse naissance divine que cette fête du partage et de l'amitié ? Merci à Marianne, Catherine, Åsa et Birgitta d'avoir émerveillé mes yeux de vieil enfant.





Le 14 décembre, Guignol m'a rattrapé dans la salle Célestine du théâtre des Célestins. Si le bicentennaire de sa naissance sous les mains habiles de Laurent Mourguet sera fêté en 2008, le spectacle donné à une majorité d'adultes, de grands enfants qui se sont esclaffés avec moi aux embiernes (les emmerdes lyonnais) d'un Guignol à l'accent lyonnais de bon aloi m'a fait mémoire du petit castelet vert du parc de la Têt d'Or devant lequel j'entrainais ma mère et mon frère lors de nos promenades du mercredi dans le zoo. J'ai ri et j'ai applaudi la grivoiserie de deux saynètes du début du XXe siècle et j'ai compatis à la soif du soulard Gnafron supplicié par un cousin, généreux Tantale, qui lui laissait en héritage une belle somme à la condition qu'il ne touchât pas à la bouteille de beaujolais placée sur la table pendant douze heures. J'ai, enfin, chanté joyeusement avec toute la salle à la gloire des glouglous de notre troisième fleuve...
En sortant, je me suis engouffré au cinéma Pathé pour voir (sans m'endormir, malgré l'heure tardive) le film "A la croisée des mondes, la boussole d'or" tiré du livre éponyme de Philip Pullman : si Olivier a été déçu, j'ai regardé les images avec mes yeux intacts d'enfant pour mieux jouir des paysages enneigés et des vues d'un Londre onirique dont les silouhettes des façades m'ont fait penser aux cités obscures de Schuiten et Peters, ce monde extraordinaire d'Urbicande couché sur le papier des albums de bande dessinée (à découvrir sans tarder si vous ne connaissez pas). J'ai aimé les aventures de Lyra et je rêve depuis d'un daemon : je choisis un oiseau coloré, un ara bleu par exemple...
Voilà des moments épars d'une vie, des plaisirs arrachés à la fatigue d'un emploi du temps professionnel harassant et aux bras vigoureux d'un Morphée omniprésent, omnipotent qui me visite si précocement le soir que j'en oublie, dans une léthargie profonde, un engagement annoncé dans un billet précédent. Pardon.
Encore quelques jours avant Noël, la crèche est en place, le sapin aussi, éclairé de guirlandes électriques mais sans aucune boule faute de courage. Un déjeuner de fête à préparer pour le 25 décembre, des cadeaux à acheter, une dernière journée de travail à assumer, une décision prise et un courriel envoyé que je regrette déjà (je suis un peu trop orgueilleux parfois, comment vais-je contrecarrer ma bêtise électronique de la nuit ?), tous ces petits riens à travers lesquels je me sens vivre, voire revivre.
P.S. Je crains d'avoir oublié d'écrire au Père Noël...
Cette année, le mois de décembre aura été marqué par les rêves de l'enfant que j'ai été, par les rêves des enfants que je n'ai pas. Une uchronie douce m'emporte dans une contemplation admirative de quelques moments d'éternité.
Le 8 décembre, les lumignons placés sur les fenêtres ont illuminés mon âme, me faisant souvenir des sensations qui m'étreignaient lorsque j'étais un gone : chaque bougie allumée avec Maman sur le rebord du balcon était une main tendue vers Noël. Ce jour voyait le sapin prendre place dans la salle à manger, un épicéa fringuant d'odeur et de guirlandes clinquantes. En 2007, j'ai allumé les 110 bougies décorant mon bureau avant les 12 lumignons de mes fenêtres. Je me suis assis dans le canapé, j'ai contemplé la lumière tremblotante à travers les verres colorés, me promettant de sortir pour goûter encore et toujours les visions féériques de ma ville en fête sur le chemin de l'église Saint-Nizier à la recherche d'un moment de prière et de remerciement à Notre-Dame-de-Fourvière. Ave Maria gratia plena... Merci Marie. Las, je me suis endormi, je ne me suis pas réveillé. J'ai simplement rêvé un 8 décembre, comme un enfant solitaire mais heureux.
Le 9 décembre, j'ai gagné le théâtre des Célestins pour écouter "Pierre et le Loup", de Sergueï Prokofiev. J'avais un disque (ou appartenait-il à mon frère ?) de cette histoire étant enfant et je ne me lassais pas de le passer lorsque je m'ennuyais. Si les notes domincales firent résonner des souvenirs dans mon âme enfoncée dans un fauteuil rouge, je fus surpris de constater que j'avais oublié une grande partie de l'histoire. J'étais un enfant sans mémoire, émerveillé par l'orgue de Barbarie (j'aimerais en posséder un), par le basson et par le petit garçon à côté de moi, qui, debout sur les genoux de sa maman, applaudissait à tout rompre la fin du spectacle en criant bravo ! bravo ! bravo ! Il avait 4 ans sans doute, guère plus, j'ai 40 ans, sans aucun doute, guère plus.
Le 13 décembre, à la librairie Badiane, Sainte Lucie m'a charmé. Je connaissais vaguement cette fête avant que de la vivre en compagnie de cuisinières suédoises et d'une chorale illuminée. J'ai découvert les nrioches au safran, à la cannelle, le glögg (vin chaud aux épices) aux amandes et aux raisins secs, les gâteaux aux épices, les parfums, les rires, la chaleur d'une fête passée en compagnie de suédois dans une librairie devenue un univers extraordinaire de plaisirs gustatifs et de joie au fil des mois : quelle plus belle annonce de la merveilleuse naissance divine que cette fête du partage et de l'amitié ? Merci à Marianne, Catherine, Åsa et Birgitta d'avoir émerveillé mes yeux de vieil enfant.





Le 14 décembre, Guignol m'a rattrapé dans la salle Célestine du théâtre des Célestins. Si le bicentennaire de sa naissance sous les mains habiles de Laurent Mourguet sera fêté en 2008, le spectacle donné à une majorité d'adultes, de grands enfants qui se sont esclaffés avec moi aux embiernes (les emmerdes lyonnais) d'un Guignol à l'accent lyonnais de bon aloi m'a fait mémoire du petit castelet vert du parc de la Têt d'Or devant lequel j'entrainais ma mère et mon frère lors de nos promenades du mercredi dans le zoo. J'ai ri et j'ai applaudi la grivoiserie de deux saynètes du début du XXe siècle et j'ai compatis à la soif du soulard Gnafron supplicié par un cousin, généreux Tantale, qui lui laissait en héritage une belle somme à la condition qu'il ne touchât pas à la bouteille de beaujolais placée sur la table pendant douze heures. J'ai, enfin, chanté joyeusement avec toute la salle à la gloire des glouglous de notre troisième fleuve...
En sortant, je me suis engouffré au cinéma Pathé pour voir (sans m'endormir, malgré l'heure tardive) le film "A la croisée des mondes, la boussole d'or" tiré du livre éponyme de Philip Pullman : si Olivier a été déçu, j'ai regardé les images avec mes yeux intacts d'enfant pour mieux jouir des paysages enneigés et des vues d'un Londre onirique dont les silouhettes des façades m'ont fait penser aux cités obscures de Schuiten et Peters, ce monde extraordinaire d'Urbicande couché sur le papier des albums de bande dessinée (à découvrir sans tarder si vous ne connaissez pas). J'ai aimé les aventures de Lyra et je rêve depuis d'un daemon : je choisis un oiseau coloré, un ara bleu par exemple...
Voilà des moments épars d'une vie, des plaisirs arrachés à la fatigue d'un emploi du temps professionnel harassant et aux bras vigoureux d'un Morphée omniprésent, omnipotent qui me visite si précocement le soir que j'en oublie, dans une léthargie profonde, un engagement annoncé dans un billet précédent. Pardon.
Encore quelques jours avant Noël, la crèche est en place, le sapin aussi, éclairé de guirlandes électriques mais sans aucune boule faute de courage. Un déjeuner de fête à préparer pour le 25 décembre, des cadeaux à acheter, une dernière journée de travail à assumer, une décision prise et un courriel envoyé que je regrette déjà (je suis un peu trop orgueilleux parfois, comment vais-je contrecarrer ma bêtise électronique de la nuit ?), tous ces petits riens à travers lesquels je me sens vivre, voire revivre.
P.S. Je crains d'avoir oublié d'écrire au Père Noël...
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Commentaires
Si tu as écrit cette nuit, ne t'inquiète pas.
Joyeux Noël à toi et toutes les personnes visitant ce blog et à bientôt pour des voeux de bonne année !
Bises !
Salut Fabrice,
Noël est une vraie institution, une vraie de vraie. Et les institutions sans signification je déteste, alors-là je déteste tu ne peux pas savoir à quel point. On passe le mois de décembre à se traîner d’un party archi-ennuyant à l’autre, en adoptant deux ou trois kilos, en buvant définitivement trop et faisant semblant d’apprécier la compagnie des gens au travail, se forçant sans bon sens d'être gentil, souriant faussement aux collègues, au boss, au cuisinier de la caféteria etc…Fortune dépensée en vêtements et indigestion aux chocolats fourrés aux cerises. Un compte en banque desséché et la gueule de bois qui ne s’évapore pas complètement. Voilà ce qui nous reste. Vous avez remarqué que l’on mange à peu près jamais le reste de l’année? Et pourquoi se force-t-on à passer à travers tout cela? Parce que c’est Noël et Noël c’est comme ça…C’est l’occasion de se rapprocher des gens que l’on se contente d’appeler une fois de temps en temps les 11 autres mois de l’année, de leur offrir des bons d’achats de je-ne-sais-qui et de danser en pieds de bas en chantant des chansons idiotes autour d’un sapin artificiel… Quel cauchemar! Je ne veux pas être complètement négative, ce ne serait pas bien. Je comprends que pour beaucoup de gens, la période des fêtes représente l’occasion de briser la routine, de passer des bons moments entre amis ou en famille, et qu’ils apprécient vraiment cette semaine de festivités. Tant mieux pour eux, je m’incline et je les prie d’accepter mes meilleurs vœux. Je ne veux surtout pas savoir si j’ai tort ou pas. Tout ce que je souhaite c’est d’échanger cadeaux et bons moments avec ceux que j’aime quand l’envie me prend que ce soit le 21 juillet ou le 17 mars. Je ne veux pas régler mes effusions de joie sur un calendrier forcé et par-dessous tout je refuse de risquer ma peau dans les grandes surfaces au milieu de la faune qui s’énerve, mais qui s’énerve, qui s’énerve….En un mot, je déteste le faux et le clinquant. Malheureusement, le temps des fêtes en est devenu la principale manifestation. C’est triste, très triste…Et ça me fout le cafard!
Joyeux Noël et fêtes de fin d'année à Fabrice et aux lecteurs de son blog !