Taire ou ne pas taire ? Dois-je poursuivre ma dissimulation ? Dois-je toujours présenter le même masque lisse à ceux qui me connaissent depuis si longtemps, voire depuis ma naissance ? Ne rien dire est-ce mentir ? Comment trouver la force de révéler enfin cette facette de moi qui habite au tréfonds de mon âme ? Dire l’indicible ou céler toujours le terrible secret ? Comment préparer ma famille et mes amis à l’annonce de ma double vie ?

Mon directeur de catéchisme, abbé de son état, alors qu’il me préparait naguère à ma première communion (j’avais 25 ans, c’est encore si proche, naguère…) m’avait affirmé que ne dire ce n’était pas mentir. J’ai souvent fait montre d’un grand silence en application de cet adage et ai réservé tout un pan de ma vie à un cercle particulier d’amis.

Samedi soir, mon existence peut être bouleversée si certains venaient à découvrir ce que je suis…

Oui, je l’avoue, je n’ai jamais dit à ma famille et à mes amis de longue date que… que je… - diantre, la confession est ardue et m’intimide - que je suis… l’auteur d’un blogue depuis plus de quatre années !

Je ne suis pas persuadé que leur faire connaître mes billets me mettra à l’aise. Présentement, je suis d’un avis contraire.

Vous qui êtes mes convives samedi soir, vous qui lisez mon blogue, ne dites rien, s’il vous plaît, de son existence. Sa révélation me rendrait moins libre. Voire m’inciterait à fuir vers d’autres cieux électroniques.

Aucune honte, aucune peur, aucune fierté ne conduisent ma présente décision. Non, j’ai simplement l’impression que je ne suis pas prêt ;-)