Dans le billet précédent, j’ai ouvert une discussion avec une simple phrase « Avec tout cela, nada : le célibat se poursuit !!! » qui a interloqué Océane, ma fidèle lectrice québécoise. Dans les commentaires, un échange s’est amorcé. Tout a commencé hier matin, alors que la librairie BADIANE, la librairie de toutes les cuisines, proposait un cours sur le pain. Las, à la dernière minute, l’intervenante a annulé sans autre forme de procès son passage, laissant neuf spectatrices et un spectateur un peu déçu. Mais c’était sans compter sur les ressources et l’entregent de Catherine Guérin et Marianne Vielleux-Motus, nos hotesses pétillantes : avisant Alex Miles dans la boutique, auteur du livre « Ces hommes qui cuisinent. Le plaisir de partager » - Alex Miles est américain, naturalisé français depuis trois ans, marié à une française, ancien pâtissier propriétaire de plusieurs magasins à New-York, cuisinier, sociologue de l’alimentation et consultant. Il enseigne à l’ESC Dijon, à ENSBANA, à l’université de Bourgogne et dans des écoles d’ingénieurs en agro-alimentaire -, Catherine lui propose de se livrer à une séance de questions-réponses sur la pâtisserie.

Alex Miles commence par expliquer la genèse de son livre dans lequel il présente exclusivement des hommes du monde entier dans leur cuisine : pères de famille, mariés ou célibataires, ces amateurs ont tous en commun le plaisir de faire partager leur passion. L’auteur insiste sur la notion de plaisir de cuisiner qui est attaché à l’homme alors que les femmes cuisinent essentiellemnt par devoir, sous la contrainte sociale des habitudes multi- millénaires de la civilsation humaine. L’homme chasse, la femme prépare le repas. Au cours d’une phrase, je relève que les hommes auraient, souvent, le désir secret de rechercher dans la cuisine de leur moitié la cuisine de Maman. Plus avant dans la discussion, entre deux précisions sur la pâte feuillétées (qui, selon la méthode de notre conférencier compterait bien 1042 plis ou feuilles) et la pâte brisée et les macarons, l’auteur rappelle que la révolution sexuelle de 68 a cassé la transmission de la tradition culinaire mère-fille et que cette absence de connaissances est l’une des explications à l’engouement de la cuisine et des livres de cuisine d’aujourd’hui.Toutefois, je rebondis sur la dichotomie hommes-femmes et m’interroge sur le fait que les femmes, inconsciemment ou non, tendraient à infantiliser l’homme en le maintenant sous une espèce de dépendance alimentaire grâce à leur maîtrise des préparations. Si mon raisonnement est bon, la révolution soixante-huitarde n’aurait servi à rien puisque la répartition des rôles entre les hommes et les femmes se maintiendrait. Bien plus, je lance alors une boutade en avouant que je venais de comprendre pourquoi j’étais encore célibataire malgré mes petits talents de cuisinier. Quelle n’est pas ma surprise lorsque j’entends mes deux voisines de de gauche avouer qu’elles seraient perturbées par un homme sachant cuisiner, qu’elles auraient l’impression d’être dépossédées d’un élément de séduction féminine… Les autres femmes, tout à leur solidarité de corps, opine du chef (certainement plus mollement que d’autres). Le coup est rude ! Les femmes n’aimeraient-elles donc pas les hommes qui seraient leurs égales dans la cuisine ? Jetteraient-elles leur soif d’égalité aux orties dès lors que l’homme montrerait des vélléités de les rejoindre devant les fourneaux ? Le repas aux chandelles préparé par l’amoureux le soir de la Saint-Valentin pour charmer l’autre n’est qu’une mascarade inutile… Ales Miles éclate de rire et finalement acquiesce.

Le débat est ouvert : les talents culinaires de l’un sont-ils un atout ou un handicap dans la séduction de l’autre ? A vos claviers !

Entre deux éclats de rire, Catherine annonce que le samedi 9 février 2008, un cours de cuisine pour les hommes serait organisé avec Alex Miles, juste avant la Saint-Valentin chez BADIANE, la librairie de toutes les cuisines.

Badiane, la librairie de toutes les cuisines