Un jour, une connaissance me demanda de l’inviter à dîner chez moi… Pour tester mes talents culinaires tant loués par la commune renommée qui a envahit les quartiers les plus reculés de Lyon. Bon, en fait, n’ayant pas envie d’aller au restaurant, à sa proposition de sortie, je préfèrai substituer un dîner artisanal, histoire aussi de descendre une bouteille de champagne esseulée dans le réfrigérateur. Lui ayant demandé ce qu’il souhaitait, il me répondit qu’il aimait le foie gras. Le bougre ! J’étais piégé : je ne pouvais refuser sans déchoir…

Je me précipitai aux Halles de Lyon-Paul Bocuse pour acheter deux tranches épaisses de foie gras de canard chez Rolle, lyonnais, fumeur réputé de saumon et fabricant de foie gras (une boutique a été aussi ouverte à Paris) mais je commençai à me demander comment le servir : une tranche perdue dans une assiette ne m’alléchait pas. Soudain, en passant devant l’étal du marchand d’épices Bahadourian, j’avisai des figues à la ficelle et repensai aussitôt à une recette lue dans un magazine de cuisine, un chutney de figues aux oignons.

L’entrée étant trouvée, j’achetai deux cuisses de pintades fermières chez Pierre Bastin - Volailles Clugnet, juste à côté de Rolle, des girolles fraîches et des trompettes de la mort chez Favre pour finir par des pâtes fraîches chez Céllerier. J’étais presque paré pour mon dîner puisque je complétai mon entrée par de la confiture de piment d’Espelette achetée dans la boutique Soixante-Quatre, rue du Plat, juste derrière chez moi.

Voilà le menu : foie gras de canard, chutney de figues aux oignons et confiture de piment d’Espelette, pain de campagne au levain grillé de la boulangerie Pozzoli (meilleur ouvrier de France) proposé avec un Sauternes (une demie bouteille dormait dans ma cave), cuisses de pintade fermières d’automne, girolles et trompettes de la mort, pâtes fraîches servie avec un Bordeaux supérieur léger, un fromages régal et de la cervelle de canuts de la Fromagerie Sans-Souci (dernière fromagerie urbaine de France, menacée de disparition au 31 décembre 2007 - signez la pétition ici - j’en reparlerai bientôt) et le fameux gâteau de Suzy accompagné d’une soupe mangue-coco et leur Muscat de Beaumes de Venise.

Avec tout cela, nada : le célibat se poursuit !!!


Chutney de figues aux oignons

Pour un pot

Préparation : 15 min - Cuisson : 35 min
Ingrédients : 500 g fr figues sèches moelleuses„ 2 oignons, 100 g de sucre roux, 10 cl devinaigre de vin, 3 clous de girofle, piment de cayenne, sel


Peler et émincer les oignons. Verser dans une casserole le vinaigre et le sucre et porter à frémissements. Maintenir ainsi 3 minutes environ puis ajouter les figues sèches moelleuses, les oignons, le sel, le piment de cayenne et les clous.

Faire cuire 35 minutes environ à feu doux. Le chutney se conserve une quinzaine de jours au réfrigérateur.

Si vous utilisez des figues sèches, les réhydrater dans un thé très léger.