Pourquoi suis-je encore célibataire ? (alors que je sais cuisiner)
samedi 20 octobre 2007 à 18 h 07 - Gastronomie, vins et recettes - Lien permanent
Un jour, une connaissance me demanda de l’inviter à dîner chez moi… Pour tester mes talents culinaires tant loués par la commune renommée qui a envahit les quartiers les plus reculés de Lyon. Bon, en fait, n’ayant pas envie d’aller au restaurant, à sa proposition de sortie, je préfèrai substituer un dîner artisanal, histoire aussi de descendre une bouteille de champagne esseulée dans le réfrigérateur. Lui ayant demandé ce qu’il souhaitait, il me répondit qu’il aimait le foie gras. Le bougre ! J’étais piégé : je ne pouvais refuser sans déchoir…
Je me précipitai aux Halles de Lyon-Paul Bocuse pour acheter deux tranches épaisses de foie gras de canard chez Rolle, lyonnais, fumeur réputé de saumon et fabricant de foie gras (une boutique a été aussi ouverte à Paris) mais je commençai à me demander comment le servir : une tranche perdue dans une assiette ne m’alléchait pas. Soudain, en passant devant l’étal du marchand d’épices Bahadourian, j’avisai des figues à la ficelle et repensai aussitôt à une recette lue dans un magazine de cuisine, un chutney de figues aux oignons.
L’entrée étant trouvée, j’achetai deux cuisses de pintades fermières chez Pierre Bastin - Volailles Clugnet, juste à côté de Rolle, des girolles fraîches et des trompettes de la mort chez Favre pour finir par des pâtes fraîches chez Céllerier. J’étais presque paré pour mon dîner puisque je complétai mon entrée par de la confiture de piment d’Espelette achetée dans la boutique Soixante-Quatre, rue du Plat, juste derrière chez moi.
Voilà le menu : foie gras de canard, chutney de figues aux oignons et confiture de piment d’Espelette, pain de campagne au levain grillé de la boulangerie Pozzoli (meilleur ouvrier de France) proposé avec un Sauternes (une demie bouteille dormait dans ma cave), cuisses de pintade fermières d’automne, girolles et trompettes de la mort, pâtes fraîches servie avec un Bordeaux supérieur léger, un fromages régal et de la cervelle de canuts de la Fromagerie Sans-Souci (dernière fromagerie urbaine de France, menacée de disparition au 31 décembre 2007 - signez la pétition ici - j’en reparlerai bientôt) et le fameux gâteau de Suzy accompagné d’une soupe mangue-coco et leur Muscat de Beaumes de Venise.
Avec tout cela, nada : le célibat se poursuit !!!
Chutney de figues aux oignons
Pour un pot
Préparation : 15 min - Cuisson : 35 min
Ingrédients : 500 g fr figues sèches moelleuses„ 2 oignons, 100 g de sucre roux, 10 cl devinaigre de vin, 3 clous de girofle, piment de cayenne, sel
Peler et émincer les oignons. Verser dans une casserole le vinaigre et le sucre et porter à frémissements. Maintenir ainsi 3 minutes environ puis ajouter les figues sèches moelleuses, les oignons, le sel, le piment de cayenne et les clous.
Faire cuire 35 minutes environ à feu doux. Le chutney se conserve une quinzaine de jours au réfrigérateur.
Si vous utilisez des figues sèches, les réhydrater dans un thé très léger.

Commentaires
On voit que l'hiver arrive ! Essen, nicht vergessen...
Tout à fait d'accord, avec le mois d'octobre commencent les saisons du bien manger, des lainages, du cocooning, etc...! Enfin !
Salut Fabrice,
tu as su aiguiser ma curiosité, et puisque tu poses la question Fabrice, dis-nous pourquoi tu es encore célibataire?
Wow un vrai banquet digne de Cyrus! Cependant, je ne vois pas de corrélation entre le billet et son titre...Crois-tu que nous les femmes nous sommes pas habiles côté cuisine? Hum....
Ah, encore un qui croit qu'on attire "l'autre" avec la table
Olivier > en fait, samedi matin, j'ai eu l'occasion de discuter avec neuf femmes de la cuisine masculine, au cours d'une rencontre avec un ancien pâtissier américain, devenu sociologue de la gastronomie. Au fil de l'entretien j'ai été extrêmement surpris de constater que toutes les femmes osent avouer qu'elles n'auraient pas pu être conquises par un homme sachant cuisiner parce qu'elles auraient eu l'impression d'être dépossédée d'une arme de séduction ancestrale.
Quant à croire que l'autre peut être attiré par ma table... une fois, j'ai failli réussir. Je n'ai su qu'après coup que j'avais été à deux doigts de convaincre que j'étais le bon numéro.
Océane > parce que je pensais que la table pouvait ouvrir les coeurs... Je réussis à contenter l'estomac, à troubler l'âme mais l'autre ne m'offre pas son coeur.
Quant aux raisons de mon célibat, elles sont de plus en plus évidentes pour moi. Elles feront l'objet, peut être, d'un billet
Salut Fabrice,
Entre faire des grands plats et des petits plats, ce n'est qu'une question de temps Fabrice .
Tu m'intrigues beaucoup tu sais.
Franchement, je ne savais pas qu'il existait une liaison dangereuse entre l'amour et la cuisine
On dit que le coeur choisit l'âme soeur de sa vie, cependant en amour on ne peut jamais être sûr de rien, même si on le pense en rencontrant une personne : " Quant à croire que l'autre peut être attiré par ma table... une fois, j'ai failli réussir. Je n'ai su qu'après coup que j'avais été à deux doigts de convaincre que j'étais le bon numéro." pose-toi la question, que s'est-il passé? Il y a davantage que la table pour séduire une femme tu sais.
" Quant aux raisons de mon célibat, elles sont de plus en plus évidentes pour moi. Elles feront l'objet, peut être, d'un billet" Il y a plusieurs formes de célibats heureusement d'ailleurs. Alors, ce n'est pas certain qu'on ait un billet sur le sujet? hum... Petit coquin va! Allez un effort...
Et bien moi je suis une femme qui ne considère pas que la cuisine est une chasse gardée féminine. Et encore moins un atout de séduction exclusivement féminin. J'espère plaire plus pour mes qualités humaines et intellectuelles que pour mes dons de ménagère ! (même si je n'en suis pas dénuée). Au contraire, je suis très favorable à l'idée qu'un homme partage la charge ou le plaisir de la cuisine. Cela dénote une sensibilité, une créativité et une implication dans le foyer qui sont tout à fait louables.
Je ne suis pas la seule, alors, persévère Fabrice ! (surtout avec des menus aussi délicieux et raffinés).