Avec :
Olga Eliseeva : La mère
Alexander Gusarov : Le père
Marina Makhaeva : L’aînée des filles
Kasyan Ryvkin : Le fils aîné
Elena Sadkova : Le bébé
Yulia Sergeeva La cadette

Directeurs de l’académie de clown : Anna ORLOVA, Anvar LIBABOV
Scénariste, décorateur et metteur en scène : Boris PETRUSHANSKY
Directeur artistique de la troupe et doyen de l’académie de clown : Victor SOLOVIEV
Producteur et administrateur de la compagnie : Valery MINEEV
Traducteur et accompagnateur : Georges ANDGOULADZE
Découvreur de talent André GINTZBURGER
Sans oublier :
Régie plateau et effets spéciaux : Ravil BAYGELDINOV
Régie lumières : Valery BRUSILOVSKIY
Régie son : Sergey IVANOV
Régie plateau : Nikolay ORLOV
Costumes : Anna MAMONTOVA

Une amie m’avait dit que je serais étonné par ce spectacle, que mon âme d’enfant me ferait apprécier la pièce : je la pressais de questions, en vain. Toujours la même place centrale de la rangée J : la salle est pleine. La scène est cachée derrière une grande toile blanche. La sonnerie retentit, le message annonçant la pièce fait presque taire les conversations puis, quelques instants plus tard, une femme apparaît, enceinte jusqu’aux oreilles et tire sur la toile. Je découvre un véritable capharnaüm, du linge pendu, une table, un vieux piano, des poupées suspendues, en fait l’intérieur d’une habitation kitsch version Emmaüs avant retapage des objets. C’est la mère de la famille déjantée qui va envahir la scène et la salle : père et mère et quatre enfants dont un bébé en couche. La folie débarque sur les planches et va emporter les spectateurs qui deviendront eux-même comédiens. La salle est la scène, la scène est la salle.

Voilà ce que disent les Célestins pour résumer la pièce : « Le père alcoolique, colérique, torturé par ses enfants menace de quitter le foyer ; la mère, énorme, maquillée comme un pot de peinture, tient la maisonnée et menace d’accoucher. Les garnements tortionnaires sont irrécupérables : l’aîné hirsute est un demi-dieu de la mécanique abracadabrante, de la formule mathématique crayonnée un peu partout sur des tableaux qu’il s’invente, des symphonies fantômes qu’il fait jouer sur des harmonicas imaginaires. Les deux cadettes sont folles, tout simplement. Quant au bébé, il tire derrière lui tout ce qu’il peut trouver, surtout un cheval qui pète en rythme et chie des balles de ping-pong ».

Comment parler d’une pièce où tout semble partir dans tous les coins, sans ordre apparent et sans aucune parole ? Le troupe du Théâtre Licedei est une troupe de clowns russes et son jeu me rappelle ces numéros que l’on voyait du temps de l’Ortf de mon enfance, provenant des pays de l’Est. Je n’ai jamais ri devant les grimaces des clowns. Mais là, ce fut différent parce que soufflaient des vents de folie et de poésie sur cette caricature du quotidien d’une famille russe. J’ai aimé rire avec la salle, j’ai aimé la prise à partie des spectateurs, j’ai aimé la connivence qui s’est rapidement établie entre la scène et la salle. J’ai particulièrement apprécié un moment de pure beauté pour moi. J’ai été emporté dans la bousculade générale, par l’énergie du jeu et la mélancolie finale. Un très beau spectacle, un très beau moment, une parcelle précieuse de bonheur…

« Riez, s’il vous plaît, riez, nous attendons vos rires… Mais aussi, de vous, spectateurs d’un pays qui n’est pas le nôtre, peut-être quelque chose de plus… ? D’avance merci ! » - Collectif Licedei

Le dossier de presse et le dossier pédagogique

Extraits du spectacle


Pièce suivante : « A.D.A l’argent des autres » de Jerry STERNER, le samedi 12 mai 2007