Adaptation : Anne Tognetti et Claude Baignères - Décor : Antoine Platteau - Lumières : Marie Nicolas - Son : Frédéric Sanchez

Avec :
Jérôme Bidaux, Jean Boissery, Gaëlle Camus, Arnaud Chéron, Arnaud Churin, Gilles Defacque, Alain D’Haeyer, Pascal Dickens, Frédérique Duchêne, David Fauvel, Christophe Grégoire, Stéphane Jais, Eric Lacascade, Christelle Legroux, Daria Lippi, Millaray Lobos, Grégori Miege, Arzela Prunennec, Maud Rayer, Virginie Vaillant

Dramaturgie : Vladimir Petkov - Scénographie : Philippe Marioge - Costumes : Marguerite Bordat - Lumières : Philippe Berthomé - Son : Frédéric Deslias

Production : Centre Dramatique National de Normandie, Comédie de Caen
Coproduction : Festival d’Avignon - Festival Automne en Normandie - Célestins, Théâtre de Lyon
Avec le soutien du Conseil Régional de Basse-Normandie et du Conseil Général du Calvados - Avec la complicité du Prato, Théâtre International de Quartier-Lille et la Compagnie Lacascade

Gorky, Gorky… le nom d’un parc de Moscou, le nom d’un film que je ne connais pas. Mais aussi le nom de l’auteur de la pièce que je devais voir ce samedi 3 mars aux Célestins. Hop, quelques recherches sur Google, pour rafistoler la couche de vernis culturel que je m’efforce de maintenir avenante et me voila avec le livre « Les Barbares » entre les mains (traduction d’André Markowicz). Bon, une vingtaine de personnages, un environnement politique dont je ne raffole pas et cette habitude des russes d’interpeler l’autre par ses deux prénoms, habitude drôle mais éprouvante (le premier qui m’appelle Fabrice Sylvain je l’abandonne dans une steppe d’Asie avec Borodine) et me voilà plongé dans le réalisme social d’avant la grande révolution prolétarienne. Cela promettait pour la pièce…

Aucun retard ce soir là… Une place centrale - merci la jolie et souriante vendeuse des Célestins pour m’avoir si bien placé cette année - je suis partant pour le même placement pour la prochaine saison ;-) et je regarde la scène : une palissade de bois, quelques vagues bicoques, une caisse en bois de bière, un pauvre hère qui chante des chansons américaines en s’accompagnant d’une guitare (une balalaïka me soufflerait Lara et Jivago mais je n’en suis pas certain). 1905 : des ingénieurs du chemin de fer envahissent la vie tranquille d’une petit village perdu au fond d’une Russie encore tsariste, avec ses notables, ses rebelles, ses silences, ses désires inavoués et surtout la volonté farouche de survivre. Au final, les plus perturbés ne seront pas les moujiks mais bien les ingénieurs. Raconter la pièce est impossible mais vomir le spectacle ne nécessite aucun effort.

Dieu que deux heures vingt sont longues dans un fauteuil qui finit par s’ennuyer autant que moi en me rappelant à son bon souvenir avec ses montants en bois qui me rentrent dans le fondement sans vergogne ! J’ai vu des comédiens éructer, jouer des porcs, exposer un torse hirsute ou une poitrine galbée et sensuelle, j’ai regardé une pastèque voler et éclater au sol (curieusement, j’en viens à m’interroger sur la propagation des odeurs depuis la scène car très vite j’ai senti la fraîcheur de la chair rouge titiller mes papilles), des crachats arroser le premier rang et subi tout le reste à l’envi dans le registre de la bêtise. J’avais pris le soin de terminer le livre avant la pièce et de suivre rapidement avec le texte sur les genoux et là, enfer et damnation, j’ai constaté que le metteur en scène avait procédé à des coupes franches dans le texte. Voilà M. Lacascade qui considère que sa mise en scène vaut largement le texte d’un écrivaillon pro révolutionnaire et qui décide de s’affranchir du texte pour mieux servir sa seule gloire. Pourquoi ne pas avoir inscrit sur l’affiche « Les Barbares » vaguement inspiré de Maxime GORKY et modestement réécrit par ERIC LACASCADE ? Non, vraiment, cette pièce fut une épreuve ennuyeuse : la mise en scène met en pièce le livre et rend incompréhensible le propos de Gorky. Pourquoi avoir montré certains villageois comme des gorets immondes et vicieux ? Pourquoi avoir précipité tant de confusion sur scène ? Les comédiens dégueulent leur texte, je ne sais pas qui répond à qui, tout est embrouillé, je suis vite perdu. Quelques rares images touchantes surnagent difficilement dans cette soupe écoeurante. Je n’ai pas applaudi, je n’ai pas été le seul d’ailleurs, aucun rappel n’a salué la pièce. Aucun désir suscité, Claudia, que de l’ennui… Si, un seul désir, celui de partir et d’oublier très vite.

En cherchant sur internet, un petit article sur la pièce présentée à Avignon en 2006 : Exorde Il faut bien rire un peu.

Le dossier de presse  ? Rions encore…

Extraits du spectacle

Prochaine pièce : « Méphisto rien qu’un acteur », de Mathieu Bertholet, le samedi 17 février 2007, à 20 heures, place J-3 ;-)