En fouillant dans mon ordinateur, je viens de retrouver un texte que j'avais écrit sur le libéralisme en avril 2001, pour un forum auquel je participais activement...




Définir ce courant de pensée politique n’est pas chose aisée… « Le libéralisme est une philosophie qui pose la primauté de l'homme sur la société et qui garantit les libertés individuelles contre tous les pouvoirs. » (définition du site Internet « la jeune gauche », sic)

Le libéralisme contient en lui le mot liberté, « valeur morale qui prend sa source et sa finalité dans la dignité de la personne humaine ».

Cette liberté suppose un respect mutuel de la personne et de ses droits et place donc l’individu au cœur même de sa réflexion. L’homme est un bien précieux qui doit être respecté. L’individu, dans sa vie, agissant en fonction de ce qui semble bon pour lui, en fonction de son intérêt personnel, la société ne doit donc pas lui imposer des goûts et des valeurs qu’il ne partage pas. Parce qu’il vit en société, l’homme est, par nature, à la recherche d’échanges avec les autres : le libéralisme va définir les conditions de l’harmonie des relations, en rappelant que si l’homme a des droits, il a aussi les devoirs qui en découlent, notamment, celui de respecter la liberté des autres.

Le libéralisme n’est pas l’anarchie mais l’autonomie, « la possibilité de s'administrer librement dans un cadre déterminé, d’agir sans intervention extérieure » selon le dictionnaire de l’Académie française. Ce n’est pas non plus l’indépendance car l’individu évolue dans le cadre de la société en vertu d’un contrat librement consenti.

Peut-on dire que libéralisme égale égoïsme ? Non, même si cette notion est profondément humaine et naturelle, l’égoïsme n’est pas reconnu comme composante du libéralisme parce que l’individu est placé au centre de ses responsabilités. Il répond de tous ses actes, de tous ses mérites et de tous ses travers. Le libéralisme reconnaît la responsabilité individuelle et fait appel à la raison personnelle alors que le collectivisme, en rendant anonyme l’individu, transfère la responsabilité individuelle au groupe, plonge ce dernier dans une solitude trouble et l’immobilisme, bloquant ainsi toute évolution mais pérennisant son totalitarisme.

Le libéralisme n’est pas la jungle, la loi du plus fort ne s’applique pas : tous les théoriciens du libéralisme ont rappelé l’importance du droit, c’est à dire de « bonnes lois respectueuses et protectrices des droits individuels ».

Les droits fondamentaux reconnus universellement sont le droit de vie, le droit d’autonomie (opposé au droit de servitude) et le droit de propriété. Réciproquement, ces droits personnels sont des devoirs envers les autres : les respecter est la preuve que l’on se respecte soi-même et que l’on reconnaît l’autre dans sa différence. Ces droits peuvent être regardés comme naturels, et préexistent à toute convention sociale.

Toutefois, dans le cadre d’un contrat de société, « l'intervention d'un pouvoir de coercition est parfois nécessaire pour donner une efficacité réelle à ces droits ». Mais le détenteur de ce pouvoir, l’Etat par exemple, n’intervient alors que pour protéger les droits menacés de l’individu. Il découle de ce principe qu’un individu qui respect scrupuleusement les droits fondamentaux de l’autre, ne doit rien craindre de l’appareil d’état ou du pouvoir politique, en qui il placera toute sa confiance parce qu’il saura que ses propres droits ne seront pas atteints, réduits ou supprimés.

Seul l’état de droit, dans lequel tout citoyen est soumis à la règle commune, dans lequel l’égalité devant la loi est parfaite est le garant d’une société libre. Les libéraux ne peuvent admettre que l’application variable de la loi par les gouvernants, deviennent un instrument de pouvoir, de privilèges, d’absolutisme et d’arbitraire au profit d’hommes irresponsables.

Le capitalisme sauvage tant décrié substitue la violence et la terreur au mérite et à la transaction. Il nie, en réalité, l’état de droit sur lequel doit nécessairement reposer une société libérale.

Nous touchons là un aspect particulier du libéralisme et qui lui est injustement reproché : les mérites de chacun doivent être reconnus et encouragés, permettant ainsi à l’individu de se hisser dans l’échelle sociale.

Le libéralisme refuse l’égalitarisme, doctrine du nivellement par le bas et lui préfère l’émulation des initiatives individuelles par le soutien permanent de la société. Pour autant, le libéralisme n’est pas l’élitisme d’une minorité qui aurait seule le sens de l’initiative et de la responsabilité. La liberté est le seul moyen d’offrir à chacun la chance de sa promotion personnelle. Parce qu’il respecte les différences et promeut la richesse de la personnalité individuelle, le libéralisme est un facteur d’évolution d’une société, contrairement au collectivisme, annihilation de la pensée individuelle au profit d’une pensée suprême déshumanisée.

C’est donc un facteur fondamental de progrès : l’individu est riche de sa personnalité, et la société doit tout mettre en œuvre pour qu’elle s’épanouisse. Elle doit bannir les obstacles qui pourraient briser les aspirations naturelles de l’individu ou les processus qui tendraient à soumettre le progrès individuel à la seule volonté de la société au nom de l’égalitarisme. C’est un acte de confiance dans l’homme. Ses éventuelles faiblesses parce qu’elles peuvent être source d’erreurs, lui sont utiles pour la découverte de la vérité.

D’aucuns pourraient alors objecter que le libéralisme, par le mouvement d’ascension qu’il induit tend à fragiliser la société, à porter atteinte au sentiment de sécurité. Cet argument doit être réfuté parce que le contrat de société comporte des repères intangibles et que les liens communautaires qu’il a définis sont des garde-fous sans être des freins, source de stagnation.

Les libéraux sont partagés sur le rôle de l’Etat mais tous s’accordent sur le besoin impératif de remettre l’Etat à sa vraie place. Pour définir cette place, il faut faire appel au principe de subsidiarité : l’Etat fait ce qu’il est le seul à pouvoir faire. Dès lors que d’autres moyens existent pour parvenir au même résultat, l’Etat ne doit pas intervenir. A lui reviennent alors la sécurité publique, la justice, la défense, l’éducation (nonobstant les initiatives privées), les grandes infrastructures (voies de circulation…) etc.… L’Etat ne justifie aucunement sa fonction lorsqu’il est à la tête d’entreprises du secteur concurrentiel.

Le libéralisme est un « combat permanent pour l’égalité des chances afin de donner à chacun sa chance, de lui permettre de développer toutes ses aptitudes, tous ses talents, sans considération de ses origines familiales ou sociales. Le pouvoir ne doit pas faire ce dont les citoyens sont capables. Ce que les citoyens, les entreprises, les associations sont capables de faire, il faut leur laisser faire.

Le libéralisme ne veut pas créer un homme nouveau, contrairement aux socialistes et aux utopistes révolutionnaires. Il accepte l’homme dans son intégrité et met seulement tout en œuvre pour « que soient libérées les voies naturelles de son progrès personnel ».

« Vous ne pouvez instaurer la prospérité en décourageant l’épargne (...), aider le pauvre en ruinant le riche (...), forger le caractère et le courage en dissuadant initiative et indépendance(...), aider les hommes en faisant pour eux ce qu’ils pourraient faire eux mêmes. » Abraham Lincoln