Je pense qu'un commencement est toujours un moment merveilleux. Il contient en lui les germes d'un accomplissement dont la naissance ne tient pas seulement au hasard. Il rassemble toujours des espoirs et des bonheurs latents qu'ils nous appartient de mettre au monde. Il renferme aussi, selon cette loi naturelle inéluctable qui ordonne la naissance, la vie et la mort, le ferment terrifiant de sa propre destruction.

Rod a mis le point final à son blogue. Je ne cacherai pas que je ressens une certaine mélancolie devant la clôture d'un espace virtuel qui vit naître de sentiments exaltants et mêlés. J'ai apprécié l'auteur de ce blogue où le ton léger alternait avec la douleur de l'absence, où l'on pouvait tout à la fois rire devant les oeillades appuyées de séducteurs à la petite semaine et s'émouvoir à la lecture des deuils qui poignardent le coeur et l'âme. J'imagine que Rod le fanafron n'est pas très éloigné de l'homme qu'il est dans la vie. Il fait partie de ceux que j'apprécierai de rencontrer parce que je me sens proche de sa nature si humaine.

Son espièglerie me manquera. Je souhaite qu'il la garde au fond de lui, pour ne pas oublier que, finalement, le rire donne tout son seul sens à l'existence.

Cette fin n'est pas triste, loin s'en faut. Rod s'efface pour mieux vivre ou, plutôt, pour vivre enfin.

A plus tard, Rodolphe von Todstadt, sous d'autres cieux...

Brooklyn by the Sea - Mort Shuman