Adieu Cuba - film d'Andy Garcia

Cuba 1959, la fin d'un rêve ? Le régime de Batista vacille sous les coups des révolutionnaires de Castro et Guevara. Frederico Fellove (Andy Garcia) est propriétaire d'un club El tropicao consacré à la dans et à la musique des Grandes Antilles et va tenter de préserver l'unité de sa famille bientôt emportée dans la tourmente révolutionnaire. Désespéré par l'amour d'une femme (Ines Sastre) qui se laisse charmer par les voix des hommes en treillis, il finira par s'exiler pour continuer à survivre.

Andy Garcia est né à Cuba et propose un film d'une beauté extraordinaire sur les boulversements de La Havane à la chute de Batesti et à l'avènement de Castro.

Les images sont magnifiques, la musique et les danses transportent le spectateur dans ce Cuba d'avant la Révolution qui finira par tomber de Charybde en Scylla, des tortures d'un dictateur fascisant aux balles faussement libératrices d'un révolutionnaire tristement barbu. Le film a quelques longueurs mais il donne à contempler la superbe Ines Sastre et à rire du jeu décalé d'un Bill Murray vêtu d'un costume à bermuda. Les apparitions de Dustin Hoffman, en parrain mafieux vieillisant et vieux beau, sont plaisantes. Andy Garcia laisse paraître l'amour de sa terre natale et sa tristesse devant les promesses non tenues d'une révolution confiscatrice de la liberté tant réclamée. Finalement, il faut croire que certains peuples sont maudits pour subir les dictateurs les uns après les autres.

Si Andy Garcia ne parvient pas, comme le pense Le Monde, « à masquer l'idéologie conservatrice » qui l'anime, pour ma part, je tiens au frais un Cuba Libre pour trinquer à la mort prochaine de Castro.

Au-delà des considérations politiques, ce film est esthétiquement une réussite...

Je remercie Nat pour m'avoir décidé à voir ce film...