Je suis un enfant de la science-fiction et de Goldorak, premier manga japonais débarqué en France en juillet 1978 (j'avais alors 11 ans).

Dans mon enfance, je dévorais, dans le Journal de Mickey, les aventures de Guy l'Eclair (Flash Gordon) et de Mandrake le magicien ainsi que les contes de fées et du floklore.

J'ai découvert réellement la science-fiction alors que j'étais étudiant en droit. A cette époque, pour sortir la tête des cours, la science-fiction était une alternative aux livres d'horreur de Stephen King et de Graham Masterton (une petite préférence pour ce dernier).

Je vais essayer, au fil des billets, de présenter ma vision de la science-fiction, à travers les livres et les films que j'ai découverts.

I. DUNE

Le film Dune, de David Lynch, sorti aux Etats-Unis en 1984, a été un échec commercial à cause de la déception des spectateurs qui espéraient un space-opéra dans le goût de la Guerre des Etoiles ou au moins une adaptation fidèle de l'univers extrêment riche de Franck Herbert. Pour moi, il a joué le rôle de révélateur et après sa vision, je franchis le pas en me lançant dans la saga éponyme. Il me semble que c'était à la fin des années 80. Je voulais aller au-delà des images imposées par Lynch.

J'ai mis le pied dans le sable d'Arakis et rapidement assimilé le parfum de l'épice des voyages sans déplacement à la cannelle : je lisais les volumes les uns après les autres en respirant, de temps en temps, des tuyaux de cannelle ! J'étais confronté à des mots complètement nouveaux qui me projetaient réellement dans l'univers de Dune, cadre de l'affrontement des Maisons Atréides et Harkonnen. Bene Gesserit, révérende-mère, Bene Tleilax, Ixe, les mentats Thufir Hawat et Piter de Vries, le Kwisatz Haderach, Paul Muad'dib, les Fremens...

La progression de ma lecture fut petit à petit entravée par la faiblesse du style de l'auteur et la complexité de l'histoire qui se perd rapidement dans des anecdotes inutiles dès le quatrième deuxième tome (rectification faite à la suite du commentaire opportun de Cre).

1965 : Dune - 1969 : Le Messie de Dune - 1976 : Les Enfants de Dune - 1981 : L'Empereur-Dieu de Dune - 1984 : Les Hérétiques de Dune - 1985 : La Maison des Mères.

Le dernier opus est quasiment imbuvable, ce qui est paradoxal pour un monde où l'eau, par sa rareté, est, avec l'épice, l'un des moteurs de l'histoire. Toutefois, Il faut reconnaître l'inspiration d'Herbert puisée dans les cultures arabes et la vie désertique (j'avais été fasciné par le recyclage de la sueur et par les système de récupération de l'eau de la rosée) et l'intégration d'une vision écologique de la gestion d'une ressource rare.

L'œuvre de l'auteur ne se limite pas à Dune et ses autres livres sont marqués par des idées développées dans la saga : les rappoorts au Créateur et à la divinité (confer l'apothéose de Muad'dib en ver monstrueux et immortel), l'évolution de l'intelligence humaine, l'immortalité, l'écologie. Il truffe ses ouvrages d'une accumulation (lassante) de détails et d'intrigues embrouillées qui perdent le lecteur. Ses biographes relèvent la complexité de sa personnalité le décrivant comm un écrivain aux origines paysannes, cultivant sa terre et produisant son énergie mais capable d'utiliser les ressources des ordinateurs pour calculer "les ombres sur une planète éclairée par plusieurs astres"...

Avis de lecture : Dune est à lire, au moins les trois deux premiers tomes (le deuxième contient la description des Navigateurs de la Guilde). Les autres ne sont pas indispensables. On peut ajouter, pour une meilleure compréhension du monde herbertien, Et l'homme créa un dieu (prélude à dune), paru en 1972, en prenant soin de le lire après la saga, à la manière d'une préface post-placée.

A suivre : Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley