Exposition Universelle, Internationale et Coloniale de Lyon en 1894
lundi 22 mai 2006 à 21 h 21 - Lyon et alentours - Lien permanent
Je viens d’acheter le Guide illustré à travers Lyon et l’Exposition Universelle, Internationale et Coloniale en 1894, imprimé par Larousse en 1894.
Nées au XIXè siècle, les expositions étaient l’occasion, pour un pays, de montrer la splendeur de son indsutrie, de ses arts et de sa culture. L’exposition de Paris était encore dans toutes les mémoires. La direction du guide se félicite en constatant que “la seconde ville de France a fait un essai de décentralisation qui est fécond en résultats”. Sa position topographique confère, selon elle, à la ville, le titre de capitale de toute la région sud-est de la France. Elle releve “ses rapports d’affaires avec nos colonies d’Afrique et d’Indo-Chine, comme aussi son commerce séculaire avec la Chine et le Japon”.
L’exposition fut construite dans le Parc de la Tête d’Or, créé en 1856 par le paysagiste Denis Bülher, un immense parc de 117 hectares au cœur du nouveau quartier des Brotteaux, avec, en son centre, un lac de 17 hectares. “Ce parc est unique au monde”.
le palais principal dresse sa masse de 55 mètres de haut sous la coupole sur une surface de 45 751 m². L’architecture de fer lui donne une grande légèreté malgré ses 2 250 tonnes. La rédaction précise que sa surface “est supérieure à celle de la place BEllecour, de telle sorte que tous les monuments de Lyon, avec leurs clochers et leurs campaniles pourraient s’ébattre sous son immense toiture”. La ventilation est assurée par ma partie centrale du dôme qui favorise l’écoulement de l’air vicié par sa forme de cheminée d’appel pouvant atteindre 60 m de haut. Tous les soirs, l’électricité illumine les pavillons et le parc.

Le guide insiste sur les palais coloniaux, répliques de constructionx existantes : le Palais de l’Algérie, inspiré par le palais de Mustapha, résidence d’été du gouverneur de l’Algérie, le Palais de Tunisie, une reproduction “presque à la lettre” de la mosquée de Souk-el-Bey, à Tunis, le Palais du Roi d’Annam, financé par la municipalité d’Hanoï pour abriter les merveilles de l’Annam et du Tonkin. Non loin du palais, un village annamite “avec ses cases en paillotes et son installation la plus authentique. Des familles indigènes y fabriquent sous les yeux des visiteurs, des tissus et objets de leur pays. C’est la vie annamite surprise dans toute sa vérité”. Le fascicule rappelle aussi “l’exhibition d’indigènes, villages sénégalais ou dahoméens”. Un ballon captif permet enfin d’admirer l’exposition à plusieurs centaines de mètres de haut.
Le guide présente ensuite la ville de Lyon, son histoire et ses monuments les plus remarquables. Il précise les tarifs des chemins de fer funiculaires et des voitures de place, énumère toutes les gares de la ville et les initénaires de stramways. Le service des bateaux n’est pas oublié, notamment les bâteaux-mouches (appelé du nom du quartier de Lyon dans lequel ils ont été construits, y compris ceux de Paris)
Un hymne de la paix intitulé “La France !” égrène ses couplets pompeux : amour, travail, indépendance, progrès, paix
Puis le guide détaille les quartiers de Lyon et leurs merveilles avant de conclure par les environs de la ville.

Ce petit opuscule est intéressant à plus d’un titre. Il rappelle la fierté de la France pour ses colonies, les liens commerciaux développés par Lyon et l’Asie (la route de la soie, cette industrie si essentielle à Lyon et qui a fait sa réputation internationale) et, en présentant en regard de chaque description une réclame, il nous replonge dans un Lyon disparu. Je n’ai, en effet, sauf erreur, retrouvé aucune des maisons de qualité citées encore en activité… Sic transit gloria mundi.
Toutes les pages du guide peuvent être consultées dans la galerie Exposition Universelle, Internationale et Coloniale de Lyon en 1894, dans la colonne de droite. Je tiens, à votre disposition, les fichiers d’origine…
Addendum du mardi 23 mai 2006 : cette exposition est la vitrine d’une France triomphante et nationaliste, à l’instar de des sentiments qui présidaient aux destinées des grandes nations industrielles en cette fin de XIXe siècle. La fierté du pays, vis à vis de ses colonies, relève plus de la fierté du jardinier devant son beau potager que de l’humanisme telle qu’il est conçu et défendu aujourd’hui. Condamner ce mouvement général me parait précipité même si nous disposons des évènements postérieurs qui montrent l’évolution négative de ce sentiment nationaliste.
En revanche, je suis choqué par le goût immodéré de l’époque pour la mise en scène des indigènes… On retrouve malheureusement ces reconstitutions dans toutes les expositions, l’exotisme attirant les foules.

Commentaires
Les expositions coloniales et universelles sont, pour moi, le symbole le plus glaçant de l'arrogance européenne de cette époque : le côté "nous sommes savants, nous sommes riches, nous sommes supérieurs" qui, quand on connaît la suite, fait rire (jaune). Après tout, cette célébration de la science-reine précède de peu Verdun, les gaz toxiques, et même Auschwitz et Hiroshima. Quand à la supériorité des peuples européens, les guerres coloniales qui éclatent peu après font justice de ce mythe...
Tu as tout à fait raison, Church. Bien que dans ce billet, ton fantôme soit, à mon avis, en fâcheuse posture avec tes idées. Le premier ministre n'a-t-il pas gouverné un empire colonial ?
Pour autant, avec la connaissance que nous avons des évènements qui suivirent le colonialisme, doit-on excommunier ce passé ? Les valeurs présentées étaient, à leur époque, des valeurs communément admises. Je les comprends, je les accepte comme une borne dans le temps. Je ne les juge pas à l'aune du XXIe siècle. En revanche, je m'oppose au colonialisme moderne...
Loin de moi l'idée de commettre un anachronisme... Je suis, après tout, un respectable professeur d'histoire ! Je voulais seulement rappeler que cette idéologie positiviste et scientiste, comme toutes les idéologies, n'est pas autre chose qu'une croyance, une forme dévoyée de religion... et qu' il y avait déjà, à l'époque, des intellectuels pour refuser le colonialisme... Clemenceau, par exemple, s'est opposé avec virulence à Jules Ferry.
PS : j'ai choisi mon nom de fantôme pour son anticommunisme et son anti-nazisme sans faille et pour l'humour à froid dont il aimait faire preuve. Ses tentations d'emprisonner Gandhi, par exemple, m'enthousiasment moins...
Churchill m'a toujours été sympathique, même quand il s'obstinait à afficher un anti-gaullisme virulent pendant la guerre (bien que je ne sois absolument pas gaulliste).
J'ai à l'esprit son discours annonçant l'abaissement d'un rideau de fer sur les pays de l'Est. Il était un grand homme, sans aucun doute, avec quelques faiblesses, comme beaucoup (Louis XIV a commis des erreurs il n'en reste pas moins un grand monarque).
Loin de moi l'idée d'alimenter une polémique mais j'appelle plus que des erreurs la révocation de l'édit de Nantes, les dragonnades, la guerre de succession d'Espagne et tout le reste. Mon roi préféré, si toutefois le farouche républicain que je suis en a un, serait plutôt Philippe Auguste...
La révocation a été une erreur, une mauvaise décision prise sous la pression des partisans de la Contre-Réforme, le parti des dévôts si moqué par Molière. Les dragonnades n'ont pas été une pratique loyale et humaine, je le regrette. La guerre de succession d'Espagne était presque obligatoire, le roi ne voulant pas être pris en tenaille entre les Habsourg d'Autriche et les Habsbourg d'Espagne. Il fallait installer un Bourbon sur le trône pour se prémunir des attaques par le sud et se concentrer sur la ligne de l'est et du nord. Louis XIV a plus souvent subi les guerres qu'ils ne les a déclarées. Tu oublies les ravages du Palatinat, ordonnés par Louvois et qui ont fait entrer le roi dans une colère indescriptible contre son ministre. Le soleil a ses tâches mais il est le soleil... Je pense que tu dois connaître LA biographie de Louis XIV, celle de François Bluche. Sinon, je t'en conseille la lecture.
Je précise que Lyon en accueilli une seconde en 1914, mais c’était déjà trop tard, le “Lyon colonial” était déjà en ruine.
pour voir des images de l’expo coloniale, où les “indigènes” conquis étaient exposés comme des animaux, je vous invite à visiter mon site sur l’expo de 1914 à Lyon.
Lyon colonial en ruine ? certainement pas ! on voit encore ça tous les jours dans notre belle ville classé par l’UNESCO !
Madame, Monsieur,parcourrez les rues et ouvrez les yeux, vous verrez encore des “indigènes” mais en conquérants cette fois !
ils colonisent des quartier entiers et tentent de faire la loi chez nous ! je me souviens d’un séjour au Tchad en 1974 pour travailler, où quelques employés locaux m’exhibaient dans leurs familles pour “faire bien” ! cela ne m’a pas choqué.. il est vrai que je n’ai pas fait d’études moi, je ne m’offusque pas de futilités pubères..
Futilités pubères! Ce qui est interessant c’est de voir un peu plus loin que le bout de son nez, là en l’occurence de ta rue. Tu n’hésite pas à qualifier les non blanc d’indigène, hors (ouvre un dictionnaire) un indigène signifie une personne qui est né dans le pays ou il habite! Ca t’en bouche un coin, et oui “geni” (c’est le petit nom que tu te donne, quel égo) t’es pas une lumière… Et tu te permets de surcroit de parler de colonisateur (là c’est le moment d’ouvrir un livre d’histoire) le tchad dont tu parle qui est le berceau de l’humanité selon de nombreux paleontologues, ses frontières actuelles sont une création de la colonisation européenne et sont la résultante de négociations entre Français, Anglais et Allemands. Tu incarne parfaitement l’ingnorence de certaine personne qui comme toi pratique le racisme ordinaire, et même au-delà en ce qui te concerne. Salut l’indigène…Je te demande pas pour qui tu va voter au presidentielle