Lyon sous la neige
lundi 30 janvier 2006 à 08 h 25 - Lyon et alentours - Lien permanent
La neige étend son manteau blanc et les yeux levés vers le ciel, à genoux, les petits enfants chantent une dernière prière... Petit Papa Noël...
Les dix centimètres de neige tombés sur Lyon vendredi après-midi et dans la nuit ont blanchi la ville et fait ressurgir, en ce début d'années, alors ques les guirlandes électriques des fêtes demeurent éteintes dans les rues, espérant dans leur proche enlèvement le repos tant attendu, la nostalgie des Noëls blancs. Lyon était vraiment superbe lorsque je suis sorti, le matin du samedi 28, vers huit heures trente, pour monter, en funiculaire, jusqu'à la basilique de Fourvière. La cathédrale Saint-Jean m'offrait la beauté de sa façade soulignée de neige. Les bruits étaient étouffés, peu de voitures roulaient malgré des routes dégagées. A chaque pas, mes chaussures faisaient craquer la neige en s'enfonçant. Le ciel gris éteignait à peine la blancheur du décor. En débouchant sur l'esplanade de la basilique, je découvris un manteau immaculé, encore vierge de toute trace. Il semblait attendre la foulée du premier homme. Les toits des immeubles du Vieux Lyon, en contrebas, se serraient bien plus qu'à l'habitude, sous la couche froide et préservée de toute souillure polluée. Je descendis les escaliers pour m'enfoncer dans les taillis alourdis de blanc du Jardin du Rosaire. Je traçais mon chemin dans la neige, aucun bruit ne venait troubler le silence étouffé, seul le crissement de mes pas me ramenait à la réalité. Tout était blanc autour de moi. Quelques bruissements dans les broussailles peinaient à déranger la tranquillité du lieu. Je tâtonnai du bout de la chaussure pour deviner les escaliers étroits et me garder d'une chute. Je levai les yeux pour contempler les murs dorés de la basilique, à travers les branches gainées de neige. J'étais emporté dans le monde de Narnia, guettant, au détour d'un bosquet, Mr Tumnus. Un bruit derrière moi me fit sursauter promptement. Je n'étais plus seul dans ce monde onirique. Un autre promeneur avait eu l'idée de venir photographier le jardin blanc. Je le surveillai du coin de l'oeil ou à travers le viseur, maugréant en moi même lorsqu'il déchira la neige de ses pas, avant moi. L'ailleurs que mon imagination avait fait surgir bascula, peu à peu, dans le quotidien d'une ville paralysée par la neige. L'heure avançait et les promeneurs affluaient. Je n'étais plus seul. Deux jeunes anglaises me demandèrent de les prendre en photo. Je remontai sur l'esplanade pour m'en retourner à Bellecour. La ville était grise.

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Les photos de Lyon sous la neige sont présentées dans la galerie Lyon enneigée, à droite.

Commentaires
Emprunté le télésiège de Fourvière ?
Seulement "la ficelle", le funiculaire
Très jolies photos ! J'aime Lyon que j'ai connu il y a quelques années... sous le soleil.
Une ville où j'aimerais vivre.
BRAVO! BRAVO! ET MERCI!
Lyonnais d’origine, vos photos de Lyon sous la neige sont si justes et si vraies.
Et, d’Israël où j’habite, me remplissent d’une délicieuse nostalgie.
Fourvière, la Place Bellecour, la presqu’île…Toute mon enfance, mon adolescence…
Merci!
Bien à vous,
Pascal.