Leo II est arrivé. Son boîtier en alumnium gris ondule joyeusement pour mieux cacher, sous sa porte brillante, les baies du graveur et du lecteur. Tel Cyclope, l'oeil unique du vumètre fixe mes pieds sans ciller. Seule la musique réveille la fine aiguille. L'écran TFT 19" trône, hiératique, sur le bureau, toisant de sa dalle brillante bordé d'un liseré sombre le fin clavier et son pavé numérique. Indépendant, ce dernier vit sa vie dans un détachement total, seulement confiné par la sphère d'influence du récepteur. La souris se love sensuellement dans ma main droite pour offrir sa douce roulette à mon index fébrile et à ma paume active. Sa petite led rouge ne clignote qu'à boute de souffle, après mille et mille frottements de son ventre sur le tapis, l'épuisement l'ayant vaincue. Les entrailles de Leo ronronnent doucement.

Il me fallait offrir un cadre digne à Leo, délié des entraves d'une morne rallonge téléphonique. Le freebox devait, elle aussi, conquérir son indépendance. Et c'est un routeur qui les a affranchis : point d'accès au net, il déploie son réseau wifi WPA dans tout le quartier, sous la bonne garde d'une phrasse de passe, heureusement , indéchiffrable.

Je suis parvenu à paramétrer le routeur sans aucune difficulté, grâce, évidemment, à mes connaissances particulièrement pointues en la science des réseaux (entendez par là que je sais cliquer sur la bonne icône en suivant pas à pas la procédure détaillée). La vie est belle avec le wifi.

Bientôt, une imprimante (et, peut être, une webcam) rejoindra le joyeuse bande...