En observation depuis hier soir, ma chienne ne va pas mieux. Les nouvelles ne sont pas formidables : la perfusion n'a pas donné de grands résultats bien que Tessie ait fait des efforts pour se redresser, pour aller uriner... mais elle a été prise de convulsions dans l'après midi, obligeant le vétérinaire à la mettre sous valium.

Je l'ai carressée dans sa petite cage, ce soir, elle n'a pas réagi. Je l'ai appelée par son nom, j'ai senti sa fourrure pour garder encore une fois son odeur. C'est maintenant un parfum, le parfum de notre attachement réciproque. Elle respirait lentement, son corps agité par quelques contractions. J'aurais voulu la prendre dans mes bras pour la ramener chez moi.

Le vétérinaire pense, après concertation avec le confrère qui l'a opérée, à un accident vasculaire cérébral, à une embollie. Un caillot de sang serait remonté dans le cerveau et comprimerait une zone. La disparition du caillot guérirait la chienne mais elle pourrait conserver des séquelles, notamment la cécité. Dans ce cas, étant donné son âge, 4 ans dans un mois, le vétérinaire me conseille de ne pas la garder en vie.

Il m'a dit que des guérisons spectaculaires pouvaient survenir, sans toutefois laisser beaucoup d'espoir.

Il me propose de la surveiller encore 2 à quatre jours avant de prendre une décision définitive, sans doute la seule qui sera raisonnable.

Voilà, j'aurais vécu trois mois magnifiques avec elle.

Je me prépare à la laisser partir. Cette fois-ci, je range mon optimisme au fond de ma poche. Je connais la maladie. Je ne sens pas pour elle une guérison proche. Si l'avenir me donnait tort ?

J'ai rangé toutes ses affaires ce soir. En entrant dans l'appartement, tout était sombre, tout était calme. Elle n'était pas là pour m'accueillir. Les boules dorées du sapin hésitaient à briller dans la pénombre de cet hiver de ma vie si proche. J'ai frissonné. J'ai pleuré, seul, sur mon canapé.

Je retournerai la voir demain. Et puis, je tournerai une page de mon âme. Pour un chien, pour elle.