J'enrage
samedi 8 octobre 2005 à 22 h 47 - Quelques idées - Lien permanent
L'opération Vélov est une réussite : les vélos proposés à la location par la société Decaux remportent un vrai succès. De plus en plus de lyonnais utilisent les bicyclettes à casaque rouge et pestent contre le mauvais état des vélos. En effet, la multiplication des locations a pour conséquence malheureuse de détériorer rapidement les engins et l'on ne compte plus les pneus crevés, les selles déchirées, les roues voilées, qui les condamnent à l'immobilité, accrochés dans leur station d'accueil.
Beaucoup des ces inconvénients sont le fruit d'une mauvaise utilisation volontaire : les sauts de trottoirs par un vélo de plus de 23 kilos ne sont pas anodins et les roues finissent par se voiler. Bien qu'il soit interdit de monter à deux sur le vélo, je ne compte plus les couples d'abrutis qui roulent ensemble, lui sur la selle, elle sur le panier métallique à l'avant — la connerie n'altère pas la galanterie... —, au mépris d'une résistance hasardeuse de l'acier. Je pourrais multiplier les exemples de comportements débiles à l'envi et j'enrage lorsque je ne peux pas prendre un vélo dans une station parce que la dernière bicyclette disponible est cassée. Des crétins ont décidé de ne pas respecter un bien qui ne leur appartient pas, ils se moquent de la notion de bien commun, préférant s'approprier jusqu'à le détruire l'objet qui leur est prêté en toute confiance. Pourquoi ces imbéciles se comportent-ils comme cela ? Pourquoi ne suis-je pas comme eux, « j'm'en foutiste », irresponsable, destructeur, associal ? Les mains me démangent et je me retiens de ne pas distribuer des baffes bien senties à ces casseurs.
Ils rejoignent dans ma haine les taggeurs, qui défigurent les murs en signant leurs excréments picturaux et me dégoutent. Aux mêmes gémonies, je voue avec plaisir les maîtres de chiens qui ne ramassent pas les déjections et laissent le pavé ou le bitume souillé peur leur laxisme écœurant. J'enrage.

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