Et bien non
mercredi 17 août 2005 à 21 h 56 - Quelques idées - Lien permanent
Dans un billet daté du 16 août 2005, titré « Criquitude », Sébastien dit qu'il connaît plus de termes anglais que français pour nommer un cours d'eau. Les commentaires de ce billet vont aussi dans ce sens : un certain T précise que la langue anglaise contiendrait entre 500 000 et 1 000 000 de mots alors que la langue française ne serait riche que de 200 000 entrées dans les dictionaires encyclopédiques. Il renvoie à la page de questions courantes du site de l'Académie Française où il est indiqué que « Fondés sur des enquêtes de fréquence, le «français fondamental» et le «français élémentaire» comptent respectivement un peu plus de 1 000 à 3 000 entrées. Les dictionnaires scolaires destinés aux élèves de 8 à 14 ans en comptent de 2 000 à 20 000, le Trésor de la langue française environ 100 000 (non compris les dérivés intégrés aux articles), les grands dictionnaires encyclopédiques environ 200 000 (y compris les noms propres) ». Je crois que la richesse de notre langue réside essentiellement dans l'usage que nous en faisons chaque jour pour communiquer : le français vit au rythme de nos mots dès lors que nous respectons et acceptons l'héritage qu'ils contiennent. Il se renouvelle constamment pour mieux survivre et les mots nouveaux que nous créons sont les signes de sa vitalité. Le langage SMS, ce langage tronqué, économisé, abâtardi, si affectionné par les jeunes, est le ver qui ronge le fruit : généralisé dans les blogues du réseau Skyblog, dans les échanges de messages courts entre mobiles, il n'est qu'un sabir écœurant au pouvoir anihilateur encore trop négligé. Je peux commettre des fautes de français, notamment dans mes billets (je les excuse évidemment par des fautes de frappes) mais je reste fidèle à la langue dans laquelle Molière et Yourcenar ont écrit. Je sais reconnaître des exercices de style (vive Raymond Queneau) mais je pleure de rage devant des phrases où la paresse dispute à la mauvaise volonté (je n'ose dire l'ignorance) l'honneur triste de détruire nos racines. Je reçois régulièrement, dans le cadre de mon activité professionnelle, des courriers truffés de fautes : ces fautes ne sont plus seulement dues au niveau culturel du rédacteur mais à un abus du langage SMS. Ma tolérance pour le premier se meut en aversion pour le second. A cet égard, dans notre civilisation complaisamment qualifiée de « société de l'image », les blogues peuvent devenir le poste avancé de la défense de la langue française. J'ai trouvé des trésors dans ces journaux intimes qui réussissent, malgré la dématérialisation du support, à ramener le curieux à la lecture, préalable fondamental à la maîtrise de la langue. Jouons avec les mots : Entropie le fait douloureusement bien, le vrai parisien, quant à lui, préfère des tourures surannées fort plaisantes tandis que Kouign Aman, blogue d'une lyonnaise récemment découvert et à lire sans tarder, laisse voler les mots entre les touches. Je peux multiplier les exemples à l'envi, chacun des blogues que je lis, notamment ceux que j'ai inclus dans la liste, à droite, recèle des perles dont la cueillette procure une plaisir réel. Jouons avec les mots pour mieux faire vivre notre héritage culturel. La défense du français est un combat qiuotidien, je ne baisserai pas ma garde en plein milieu du marais putride que nous traversons.

Commentaires
Merci pour ces mots agréables à lire.
Première visite sur ton blogue, impression fort sympathique et envie de te dire que je partage ton point de vue sur l'usage de la langue française... heureusement je connais moi aussi quelques blogues où cette langue est respectée et utilisée à bon escient. A bientôt...
J'approuve totalement ton attitude vis à vis du respect de la langue française, et je hais moi aussi plus que tout au monde le langage sms.
Mais dans ce cas, POURQUOI UTILISER LE MOT "BLOGUE"?
"Blog" est un mot anglais, l'abréviation de "web log", et le franciser de cette manière revient à utiliser des mots comme "courriel" ou "mel", détestables par essence.
Tu gagnerais en crédibilité en respectant également la langue anglaise et en utilisant le mot "blog" avec son orthographe correcte. À moins que tu connaisses un équivalent français aussi précis mais je n'en vois pas a priori.
Le mot blog est une aphérese de web log. Le J.O n° 116 du 20 mai 2005 page 8803 propose bloc-note ou, en abrégé, bloc. Mon blogue est antérieur à cet avis et dès le départ, j'ai utilisé la forme francisée proposée par l’Office québécois de la langue française, blogue.