Vrai promeneur
dimanche 14 août 2005 à 18 h 36 - Lyon et alentours - Lien permanent
Pur citadin, j'éprouve certains besoins de campagne, des besoins courts mais réels. Equipé de neuf (chaussures de randonnée, pantalon poches multiples et larges, sac à dos, gourde isotherme), j'ai décidé, vendredi après-midi, de faire le tour de Saint-Germain-au-Mont-d'Or, à une vingtaine de kilomètres de ma place Bellecour. J'avais pris le soin d'acheter un petit livre détaillant les ballades faciles autour de Lyon : tout le trajet était donc détaillé. Me voilà parti, la gourde pleine, le Lumix en bandoulière et le pied droit légèrement comprimé dans la chaussure de randonnée qui me fait regretter mes richelieus ou mes mocassins habituels. Une petite randonnée sans aucune difficulté, d'environ deux heures, qu'y disait l'auteur du livre. Voire... Parce qu'il fallait prendre en considération mon sens de l'orientation assez piteux en dehors des rues d'une ville. Même muni d'une boussole, je n'ai pas été foutu de parcourir l'itinéraire préconisé.
Aux fourches, fallait toujours prendre à droite, qu'y disait l'auteur avant de rejoindre un chemin étroit et grimpant et prendre à gauche. Question essentielle : combien de fourches devais-je passer ? Hein, combien ? Parce que j'en ai vu des chemins, des fourches, des pattes d'oie, des T... mais combien fallait-il que j'en passe avant de rejoindre le chemin étroit ? Nada, aucune indication, rien, balisage bleu, mon oeil ! Et je me suis perdu, j'ai abouti dans des champs, dans une maison vide, puis derrière un tas d'ordures, puis près d'un enclos de veaux meuglants qui voulaient à tout prix me suivre et pleuraient de me voir partir (bien que je les ai rassurés en leur promettant de les revoir une prochaine fois sur l'étal du boucher) et je n'ai jamais vu la tour Risler qui annonçe l'entrée de Pollionay ni l'aire de repas trois étoiles chantée dans la description de la promenade. J'ai ahané sous la charge de mon sac à dos (rempli de barres aux céréales, d'un livre, d'un rouleau de pq - la cmapagne a souvent un effet accélérateur du transit chez mon frère et chez moi aussi d'ailleurs - et de mon portefeuille), vidant à tire-larigot la gourde de moins en moins pleine, essuyant la sueur qui faisait virer ma chemisette du bleu au blanc, butant dans les souches vicieuses et priant de ne pas laisser tomber mon Lumix. J'ai avancé, reculé, tourné, maudit vingt fois le livre. Bon, j'en ai aussi profité pour jouir du paysage, remplir mes poumons des odeurs forestières, admirer le vol extraordinaire de deux rapaces glapissant (ce n'était pas des aigles, moi non plus d'ailleurs), faire la conversation avec des veaux, être confronté au Sacré-Cœur de Jésus si accueillant, détailler le château de Saint-Germain-au-Mont-d'Or se détachant sur un fond de bâtiment industriel, grappiller des mûres, regarder le travail d'un maréchal-ferrant intinérant (une première)... Finalement, j'ai bouclé ma promenade au bout de deux heures, sans voir aucun écureuil (contrairement à Sébastien que je vais finir par soupçonner d'en faire l'élevage pour mieux lâcher ces petites bêtes devant son objectif), devant le symbole de notre belle civilisation mondiale, un coca glacé. Je ne suis pas très dégourdi pour l'orientation, je manque sans doute d'expérience. On va dire cela, pour éviter de trop me faire de peine.
Petite annonce : qui veut se promener en ma compagnie (toujours agréable, souriant, plein d'humour, un vrai broute-en-train) ?

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

![]()

