Souvenirs d'hier
lundi 30 mai 2005 à 23 h 51 - Lyon et alentours - Lien permanent

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Le soleil a dépassé son zénith tandis que je monte à Saint Irénée. La chaleur a envahi la voiture, la fenêtre ouverte ne parvient pas à me faire oublier une climatisation que je n'ai pas. L'église Saint Irénée est là, derrière son portail éclatant dans la lumière. Des cyprès bordent le mur, des sarcophages romains abondonnés lui donnent un je ne sais quoi de Toscane. Un groupe d'adolescent discute et refait le monde à l'ombre de la boutique voisine, dans la cour. L'église m'offre sa façade blanchâtre, hiératique, d'une nudité presque trop sévère. Le portail est fermé : je ne goûterai pas à la fraicheur que je devine entre ses murs. Sanctissim... se laisse deviner en lettres romaines sur le pourtour d'un sarcophage. En fermant les yeux, je suis à Arles, dans l'allée des Alyscamps, je chemine sur la voie appienne, vers Rome, notre mère-patrie, je marche ad liminem, pour retrouver mon âme. Aux frontières de mes croyances. A gauche de l'église, le calvaire met en scène la crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ. L'Homme ploie la tête entre les deux larrons. Stabat mater. Sa mère pleure. Les stations de la Passion m'entraînent vers le sacrifice ultime du Fils. Je ne peux aller plus loin. Le grillage censé protéger le monument pendant sa restauration m'empêche d'avancer et de m'abîmer dans la prière que réclame ce lieu sacré. J'ai une pensée pour Saint Irénée, l'un des pères de l'Eglise, en l'honneur de qui ce santcuaire a été élevé au tous premiers temps de la chrétienté. Lyon fut la première cité chrétienne de la Gaule par l'arrivée de Pothin et d'Irénée, disciple des Apôtres. L'air vacille dans le fournaise solaire. Je ne prie pas. Je n'y arrive pas. Et je redescends dans ma ville, dans mon temps. Ou du moins, j'essaye de regagner la réalité, ma réalité, mon monde dépeuplé.
Peu de touristes fréquentent Saint Irénée, lui laissant la tranquillité d'une idée de communion avec l'histoire. Je reviendrai un samedi pour visiter l'église. Pendant ce temps, les français votaient non au référendum.

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Je ne sais pas si toutes les villes sont belles vue d'en haut. Je sais que Lyon est belle vue des hauteurs. Les toits rouges, les façades de pierres ou aux couleurs d'une renaissance italienne si influente, les deux fleuves qui soulignent ses quais, Rhône impétueux et Saône indolente, le vide de la place Bellecour, les clochers qui tendent leur croix vers le ciel, ses artères rectilignes qui déversent leurs flots de voitures empoussiérées, tout concourt à magnifier cette cité quasi bimillénaire.
Je n'avais jamais remarque le personnage noir perché au coin de la terrasse du bâtiment de la MJC. Intrigant. Sympathique, finalement. La Cathédrale Saint Jean dresse sa façade dorée et inachevés et appelle à la contemplation de l'âme humaine. Roman, gothique, gothique flamboyant, les ordres s'emmêlent et se fondent en une douce et attachante harmonie. Un regard pour Notre Dame de Fourvière.
Un clin d'oeil pour les amateurs de footbal (dont je ne suis pas). Ils ont au moins, eux, une victoire à fêter. Ce dimanche, les français ont massivement rejeté le projet de constitution européenne. Je me suis promené. Je tourne la page. Dans deux jours, un autre mois commence.
