L'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceL'océan atlantique sur la côte aquitaine - FranceLe n
banc du poissonnier - Lacanau-OcéanBaignade dangereuse - Lacanau-OcéanAgonie d'une méduse sur la plage - Lacanau-OcéanLe chardon des dunes - Lacanau-OcéanTouffes d'oyat dans les dunes - Lacanau-Océan

L'Atlantique, face à moi, crache ses vagues sur le sable blond. Il rugit, écume, roule et s'écrase, laissant derrière lui débris et coquillages. L'eau est encore froide mais si tentante. Les rouleaux s'enchaînent, frangés d'une écume blanche. Je contemple l'horizon. Au-delà de l'horizon, c'est le Canada. Le vent souffle toujours et soulève le sable sec des dunes. Un bourrasque le rabat sur moi. J'emplis mes poumons des parfums d'iode et d'algues. Des pas dans le sable. J'imagine le pied puis la jambe, puis... Il ne fait pas encore chaud. Pourtant, une image insensée assaille mon esprit : courir nu sur la plage puis plonger dans les rouleaux, me laisser emporter par les vagues, chahuté par le sac et le ressac pour mieux ressentir la puissance de l'océan. Ou ne plus rien ressentir.

Des hirondelles virevoltent au dessus du sable. Au loin, un enfant joue, sous le regard de ses jeunes parents. Je marche tranquillement, les pieds dans l'eau, les mollets régulièrement léchés par l'eau froide. Douce morsure. Je regarde les vagues se retirer, les trous de sable se vider lentement en attendant la prochaine haute mer. L'eau ravine les grains, ondule et brille sous le soleil. Des flaques laisse l'astre se refléter, éblouissant de blancheur. L'océan a donné à une algue les vagues contours de l'Afrique : je rêve de voyages, d'ailleurs, comme mes ancêtres marins et pêcheurs. Mon âme vagabonde de contrées inconnues en pays étranges : le chant des vagues m'hypnotise peu à peu. Bientôt, je frissonne. Plus loin, une méduse se déssèche petit à petit : masse gélatineuse translucide, juste veinée de dentelles parmes. Vit-elle encore ?

Le drapeau jaune, annonçant une baignade dangereuse, accroché au mat du poste de secours, claque au vent. Pourtant, des pêcheurs sont sortis avec leur zodiac : leur pêche, libérée des filets bleus, s'entasse sur l'étal de leur boutique : soles, maquereaux, bars frétillent à peine. L'océan a donné son tribut aux marins. Dans le caniveau, un petit crabe crapahute tant bien que mal vers la mer qu'il ne parvient plus à retrouver : encore quelques pas de côté et il tombera dans le gouffre de l'égoût. Une raie a été jetée sur le bitume du trottoir : elle est immobile. Elle ne sert à rien, elle ne sera pas vendue. Juste un déchet de la pêche. Sa peau n'est déjà plus luisante.

Je repars dans les dunes. Les touffes d'oyat résistent au vent, je m'asseoie et regarde l'océan. Seul mais si bien. Face à l'immensité. Voilà mon océan.