En parcourant le contenu de mon disque, j'ai retrouvé cette photo...

Ce daguerrotype a été pris en juin ou juillet 1842, au Palais des Tuileries, sans doute par Antoine CLAUDET et Noël LEREBOURS : il fait partie d'une série de clichés du roi, de la reine Marie-Amélie et de la famille royale, donnés par le Comte de Paris aux Archives Nationales. Le site sur lequel j'avais copié ce cliche est ICI. Au-delà de la prouesse technique, la contemplation de cet homme me plonge dans un tourbillon de mémoires.

Louis-Philippe 1er, Roi des Français, est né à Paris, le 6 octobre 1773. Il est le fils de Philippe-Joseph, Duc de Bourgogne (dit Philippe-Egalité, le régicide) et d’Adélaïde de Bourbon-Penthièvre. Par son père, il descend du frère de Louis XIV et par sa mère de Louis XIV lui même.

Sa pose hiératique me fascine : le visage de cet homme a croisé toute la cour de Louis XVI, son cousin. Parmi cette cour, des hommes et des femmes avaient paradé à celle de Louis XV, voire, de Louis XIV. Le raccourci me saisit : l'image d'un homme qui a, potentiellement, rencontré des sujets de Louis XIV a quelque chose d'extraordinaire. La photographie abolit près de trois siècles : je vois ici Janus métamorphosé. La folie me poursuit, je remonte le temps : Louis-Philippe est né en 1776, Voltaire est mort en 1778. Volatire a connu Fontenelle, centenaire né en 1657 alors que Louis XIV avait dix neuf ans. Louis XIV a connu son père Louis XIII pendant cinq années, avans sa mort en 1643. Louis XIII fut roi à la mort d'Henri IV, en 1610... 2004, 1842, 1610, 1553.

Toutes les épreuves anciennes, notamment celles qui datent d'avant 1860, sont autant de portes ouvertes sur notre passé : elles révèlent un monde qui, souvent, n'avait pas changé pendant des siècles, malgré la révolution. Ce n'est pas la personne du roi Louis-Philippe qui est ici importante, ni même sa fonction (bien que j'ai découvert, peu de temps après avoir renontré ce daguerrotype, l'homme qui se cachait derrière le masque sombre du pouvoir) : c'est l'être humain dont le reflet est figé sur une plaque de verre. Lui et toute la cohorte des âmes qui l'entoure, dans une immortalité enfin gagnée.