Camera obscura
mercredi 21 mai 2003 à 23 h 31 - Billets éparpillés - Lien permanent
Hier, j'ai assisté à une vente aux enchères d'objets provenant de diverses successions. Ces ventes proposent souvent des objets intéressants, dans leur jus, sans grand prestige mais avec le charme de l'ancien. Qui plus est, les prix sont bas. J'ai donc acheté une ménagère composée de douze fourchette à dessert et une pelle à tarte pour 20 €. Le lot comprenait aussi un mortier en olivier, trois boîtes à épices émaillées et une petite étagère en bois (je me suis débrrassé des ces deux derniers) mais, finalement, surtout un vieil appareil photo.
Son étui en cuir marron est abîmé, le fermoir ne ferme plus. Il s'agit d'un Box-Tengor 54/15 (pellicule 6x9 cm, film 120, ouverture 11-22, vitesse B,T, I 1/25e, objectif Goertz Frontar) de la marque Zeiss-Ikon (Allemagne).
Dès que possible, je remplacerai cette photo empruntée par une vraie photo de l'appareil. J'ai ouvert l'appareil, il semble en bon état et fonctionne : je pense toutefois qu'il manque l'un des deux axes pour enrouler la pellicule. Le boîtier comporte deux viseurs : l'un sur le dessus pour les photos verticales et l'autre sur le côté droit pour les photos horizontales. Le diaphragme a trois réglages : 11, 16 et 22, la focale peut être ajustée pour des photos prises à une distance de 1 à 2m, de 2 à 8 m et de 8 m à l'infini. Le déclencheur se trouve sur le dessus du boîtier à droite (petit levier avec la lettre E gravée). Il y a un autre levier à gauche (avec la lettre T gravée) enfoncé : le déclenchement est automatique, relevé, le temps de pose dure autant que l'appui sur le déclencheur. A l'arrière de l'appareil, une petite ouverture ronde avec une plaque de verre rouge, permet de voir le numéro de la pose.
Nouvelle étape : prendre des photos ! Je vais passer cet après-midi chez un antiquaire spécialisé en appareils photos anciens pour lui demander l'axe de pellicule manquant et ensuite je partirai à la recherche de la pellicule... C'est là l'un des intérêts de l'achat d'objets anciens : ils ont une histoire et permettent, éventuellement, à leur nouveau propriétaire de la continuer. Fascinant !
Le magasin était rempli de vieux appareils photographiques, noirs et chromés. J'ai cherché en vain un Box-Tengor : il est trop commun sans doute. En revanche, j'ai vu de nombreux appareils avec des chambres pliantes : l'objet d'un futur achat, pour le plaisir ?
J'ai trouvé une pellicule 120 Ilford FP4 125 noir et blanc 24°. La vendeuse m'a confirmé qu'il ne manquait pas d'axe dans l'appareil : le deuxième est celui autour duquel s'enroule la pellicule.
En début de soirée, j'ai ouvert le Box-Tengor et inséré le film vierge. Je ne pense pas m'être trompé : j'ai mis la pellicule en bas puisque la molette d'avancement est en haut. En faisant tourner la molette, je dévide le film non exposé qui s'enroule autour de l'ancien axe vide. La prochaine pellicule me fournira le nouvel axe, celui de la pellicule précédente deviendra l'ancien et passera en haut. Ai-je bien fait ? Je doute en revanche un peu plus du calage du film. Nous verrons bien... Pour l'heure, j'ai hâte de prendre les premiers clichés puis de les faire développer. Demain dimanche, s'il fait beau, devrait être une bonne occasion : j'ai quelques sujets à l'esprit. C'est curieux comme un simple objet peut réveiller des émotions en nous : je n'ai jamais utilisé ce typr d'appareil, je suis excité comme un gosse avec son nouveau jouet, émotion simple et jouissive d'un adulte parfois blasé.
La pellicule achetée hier pours 4 € a permis de prendre 8 clichés. J'ai photographié des montées lyonnaises, ces rues extrêmement pentues qui dégringolent par leur escalier de la colline de la Croix-Rousse. J'ai hâte de voir le résultat, sans trop d'illusion : demain, j'apporterai la pellicule chez un photographe...
