Apartés uchroniques

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Dix ans plus tard...

Harry Potter à l'Ecole des SorciersOn s’était dit rendez-vous dans 10 ans… comme le dit la chanson. Et voilà, 10 ans ont passé, 10 films racontant l’histoire d’Harry Potter ont rempli les salles et je viens de voir le dernier ce soir. J’avais 34 ans lors de la sortie du premier et dans un mois une une nouvelle année tournera (je vous laisse calculer). Je n’ai pas grandi avec le héros mais j’ai vieilli avec lui,  c’est un peu différent. Je n’ai pas versé de larmes, bien sûr, mais j’ai quitté le cinéma avec le sentiment d’une plénitude certaine.

Je sais que si j’avais un jeune adolescent lors de la parution du premier tome de la saga, Harry Potter aurait été mon héros et je l’aurais accompagné dans son combat contre Celui dont on ne dit pas le nom au fil des pages.

Enfant, j’adorais le Club des Cinq et les Six Compagnons, leurs aventures me permettaient de m’échapper d’un quotidien que je trouvais étouffant. J’avais l’impression d’être un extra-terrestre dans ma famille, il m’arrivait même de penser que j’avais été adopté. En effet, j’étais le seul à aimer lire, non seulement dans le cocon dans lequel je vivais mais aussi au sein de toute ma parentèle. J’étais calme, assez appliqué et solitaire chez moi. Plus tard, je me singularisai encore en poursuivant de longues études (je suis, à ce jour, le plus diplômé). J’ai plongé rapidement dans les univers de la science-fiction et de l’héroïc-fantasy, notamment à partir du lycée et surtout pendant mes études de droit. Je vivais à travers les héros de papier une autre vie. Une autre vie. Certains ont dit une mauvaise vie.

Je suis devenu adulte (enfin je crois) mais ces univers fantastiques sont restés les miens et j’erre avec délectation au sein de ces chimères fantasmagoriques, sans doute de loin en loin mais avec fidélité. 

Harry Potter et les Reliques de la MortJ’ai laissé Harry Potter vieillir en quittant la salle ce soir. J. K. Rowling : il va vivre la vie que ne lui aura pas inventé sa mère de plume, auréolé de la gloire de sa victoire sur Voldemort (ne me dites pas que vous ne saviez pas qu’il avait gagné son combat, je ne vous croirai pas) et moi aussi.  J’aurais dû, ce soir, être accompagné de mon frère et sa son amie mais leur mode de vie est maintenant différent du mien, leurs décisions sont prises à deux alors que moi… Elle ne voulait pas voir le film en 3D et moi si. Mon frère a penché pour son amie (heureusement dans un sens) et je me suis retrouvé seul. La pluie tombait encore lorsque je suis sorti dans la petite rue Bellecordière derrière le cinéma. Peu de monde, un café fermait. J’ai longé la palissade métallique élevée le long de l’antique Hôtel-Dieu maintenant déserté et retrouvé un peu d’animation dans la rue de la Barre. Je ne sais pourquoi la place Bellecour était ce soir plongé dans le noir : seuls les auras jupitérienne des éclairs d’un orage lointain jetais quelques lueurs, vers le midi. Le grondement du tonnerre était trop faible pour couvrir la rumeur nocturne. Une pluie fine mouillait goutte après goutte mon blouson malgré mon application à me coller aux façades pour m’abriter sous les minces corniches. L’Ecole des Sorciers a été jeté à terre par les troupes de l’Infâme et chacun de mes pas rythmait une pensée troublante : et si ma vie n’était qu’un champ de ruines ?

Contrairement à Harry Potter, je dois affronter plusieurs Voldemort et pour le moment, je n’en ai vaincu aucun. Certains sont tapis en moi, silencieux, semblant attendre leur heure pour me fondre dessus. L’un d’eux me ronge l’âme et m’assaille sans cesse des ses présents empoisonnés qui finissent par laisser dans ma chair ces stigmates que le temps adoucit en séquelles familières. Il me manque un Dumbeldore pour me guider. Non, j’ai déjà un Guide et c’est ma Foi, une foi si souvent salvatrice…

Allez, ce soir, la victoire d’Harry Potter m’emporte loin des tracas comme le fera bientôt mon voyage à Bruxelles, à Berlin et Prague.

Post scriptum : si mon lectorat pouvait me conseiller des restaurants sympathiques à Bruxelles, Gand, Anvers, Bruges, Ostende, Berlin, il en serait vivement remercié dans mes prochaines prières ;-)

Un éléphant dans le clocher...

Et oui, un éléphant dans le clocher, c’est possible, même à Lyon, voilà la preuve…

Un éléphant - Eglise Saint-Georges LYON 5e

Plus précisément sur le clocher de l’Église Saint Georges, bâtie par Pierre Bossan en 1869…

Certains auraient pu s’écrier, en lisant le titre du billet, « Un éléphant dans le clocher ? Mais c’est incongru !  » Tout comme ce temps d’horloge qui m’emporte, me malmène, me retient loin de ce blogue en m’ôtant toute velléité de publier…

Mes soirées sont le plus souvent somnolentes et solitaires et mes fins de semaine actives et souvent solitaires. Peu de choses à raconter sauf un nouveau voyage à Prague, avec mon frère et son amie, entre Ascension et Pentecôte, sans que je me lasse de ce pays et de cette ville… Et des prochaines vacances à Bruxelles, du 4 au 13 août pour poursuivre mon exploration des richesses de l’Art Nouveau… Et présentement, d’aujourd’hui à dimanche, un petit séjour en Auvergne, chez mes amis, juste comme ça, pour les revoir encore une fois et passant, profiter encore un peu de la voiture dont je dois me séparer la semaine prochaine. Oserais-je vous promettre des billets et des photos ? Oui. Parce que ma vie semble s’infléchir lentement, comme un grand paquebot court l’erre avant d’accoster… Sur quelle île vais-je jeter l’ancre ? J’en aperçois à peine les contours depuis le bastingage mais je sais qu’elle est là, devant moi, encore enveloppée dans cette brume épaisse de laquelle elle émergera éclatante lorsque je serai prêt. Lorsque je serai prêt…

Lyon panorama de la Saône 14 07 2011

Un matin de 14 juillet, sur le pont Bonaparte, un panorama si familier que je ne le vois même plus, l’esprit et le cœur accaparés par d’autres cités qui me font cruellement ressentir l’étroitesse lassante d’une ville dont je connais presque toutes les pierres depuis si longtemps…

Le lien pour le panorama au format original est ICI

À plus tard… ;-)

Joyeuses Pâques ! Veselé Velikonoce !

Joyeuse et Sainte Fête de Pâques dans la Gloire du Christ Ressuscité !

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La Résurrection du Christ - Gerard SEGHERS - Anvers, 1591 - Anvers, 1651 - Musée du Louvre, Paris


O filii et filiae


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Ecce Homo

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XVIIe siècle - Église Saint-Jacques - Rue Malá Štupartská 635/6 - Prague

Qu’attend donc Jésus-Christ en ce jour du Martyre ?

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La Crucifixion - Simon Vouet - Vers 1635-1637 - Palais Saint-Pierre, Musée des Beaux Arts - Lyon



Stabat Mater  - Pergolese


Stabat Mater dolorosa 
Iuxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.

Cuius animam gementem,
contristatam et dolentem,
pertransiuit gladius.

O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Vnigeniti.

Quæ mœrebat et dolebat,
Pia Mater cum uidebat
Nati pœnas incliti.

Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio?

Quis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio?

Pro peccatis suæ gentis
uidit Iesum in tormentis
et flagellis subditum.

Vidit suum dulcem natum
moriendo desolatum,
dum emisit spiritum.

Eia Mater, fons amoris,
me sentire uim doloris
fac, ut tecum lugeam.

Fac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam.

Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
cordi meo ualide.

Tui nati uulnerati,
tam dignati pro me pati,
pœnas mecum divide.

Fac me vere tecum flere,
Crucifixo condolere,
donec ego uixero.

Iuxta crucem tecum stare,
et me tibi sociare
in planctu desidero.

Virgo uirginum præclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.

Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.

Fac me plagis uulnerari,
fac me cruce inebriari,
et cruore Filii.

Flammis ne urar succensus
per te Virgo, sim defensus
in die judicii

Christe, cum sit hinc exire,
da per Matrem me venire
ad palmam victoriae.

Quando corpus morietur,
fac ut animæ donetur
Paradisi gloria.

Amen ! In sempiterna sæcula. Amen.

Debout, la Mère, pleine de douleur,
Se tenait en larmes, près de la croix ,
Tandis que son Fils subissait son calvaire.

Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive transperça.

Qu’elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !

Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.

Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?

Qui pourrait dans l’indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.

Elle vit l’Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l’esprit.

Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.

Fais que mon âme soit de feu
Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.

Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de Ses tourments.

Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du Crucifié,
Tant que je vivrai !

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.

Fais que Ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l’ivresse
Du Sang versé par ton Fils.

Je crains les flammes éternelles;
Ô Vierge, assure ma tutelle
À l’heure de la justice.

Ô Christ, à l’heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.

À l’heure où mon corps va mourir,

À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

8...

8… Tempus fugit irreparabile… cette devise est inscrite sur mon front quand je regarde mon visage dans le miroir et que je contemple les marques de la vie. Le 4 avril 2003, la première lettre de l’alphabet grec était le titre du premier billet de ce blog : Alpha. Cet espace intime fête ses huit ans dans un silence certain. Certains de mes lecteurs me reprochent ces silences, cette absence de billets : je commence beaucoup de textes sans les terminer non par paresse mais parce que le clavier semble me tomber des mains lorsque je suis devant mon écran. Mon esprit agite sans cesse des centaines d’idées, des centaines de pensées, des centaines d’images sans que je puisse réellement les ordonner.

Si je regarde en arrière, tout a commencé en commencé en 2009 avec la rencontre de certaines personnes dont la fréquentation, au fil des mois, est devenue très douloureuse. Dans un sursaut épidermique, j’ai écarté ces fâcheux dans le courant de l’été 2010 et me suis enfui dans la ville aux mille tours et mille clochers, Prague, avant de gagner la Perle du Danube, Budapest. La fuite me fut salutaire et je revins serein.

Ou presque… l’été 2010 vit aussi l’abandon d’un projet professionnel au sein du cabinet immobilier dans lequel je travaille depuis près de douze ans. J’avoue que je me pose beaucoup de questions sur mon avenir professionnel : j’ai lu, un jour, un article disant que pour vraiment changer d’orientation, il fallait posséder des économies représentant eux années de salaire. Hélas, je constate que j’en suis loin… Et puis où me diriger ? Je n’ai jamais travaillé que dans l’immobilier et je suis, pour le moment, incapable de trouver une autre orientation. Advienne que pourra.

Pour continuer dans les confidences, je remodèle peu à peu mon intérieur : deux grands canapés et un pouf en cuir, une table basse assortie, une cave à vins d’appartement ont maintenant trouvé leur place avec de nouveaux rideaux. Le réaménagement de la cuisine devrait suivre dans quelques semaines. En attendant, je vais recenser les gravures que je possède pour garnir les murs. A défaut de changer d’appartement, je change le décor…

Bientôt, vous pourrez m’appeler Maître… non point à cause de ma maîtrise en droit des affaires (1990, il y a deux lustres déjà…) mais parce que je vais devenir Maître de dégustation chez un chocolatier. Derrière ce titre ronflant, je vais tenter d’apprendre à des amateurs à bien déguster c’est à dire à comprendre ce qu’ils ont dans la bouche, quelles saveurs, quelles textures, quels arômes ils doivent percevoir et finalement quelles flaveurs la bouchée peut elle créer chez lui…

C’est fou comme le cuir est sensuel : allongé sur l’un deux, je sens les effluves bestiales qui se dégagent de la peau tannée. Elle ne fait qu’un avec moi, prenant ma température, m’enveloppant de son parfum et je m’endors presque rassuré…

J’antidate ce billet d’anniversaire parce que je veux continuer à semer des mots sur mon chemin, comme autant de petites pierres blanches dans le conte de cette vie où je suis tout à la fois Poucet et le Démiurge, où je peux décider de tout arrêter, y compris de vivre, où je peux surtout continuer de vivre, ici et ailleurs…

Et voilà...

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V'la le printemps !

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Sans jardin, je ne peux que respirer le parfum de magnolias de la place des Célestins et admirer les couleurs chatoyantes des primevères de la place Antonin Gourju… Enfin, le printemps est là !


le printemps 1978 - Michel Fugain et le Big Bazar

Juste une chanson, pour le printemps de ma vie… Pourvu que mon été dure longtemps !

Quand la courge envahit la cuisine, on n'est pas dans le potage...

Armes de la ville de Lyon

courge_littre_grande_cote.jpgIn Le Littré de la Grand’ Côte, à l’usage de ceux qui veulent parler et écrire correctement par Nizier du Puitspelu - 1903 (à feuilleter sur le site GALLICA)

La courge ou la courle, vous connaissez ? Sans doute, parce que si les parisiens tordent le nez devant notre parler lyonnais, une courge est un potiron, une cucurbitacée qui a mûri sous le beau soleil de la première ville du sud. Lyon est une ville de courges et vous trouverez sur les bancs des maraîchers des gros quartiers orangés de courge musquée ou de courge romaine, les deux variétés les plus cultivées dans la région. Parfois, des potimarrons essayent de pointer leur pédoncule pour se hausser du col mais bon, par ici, on préfère la courge au potiron doux d’Hokkaido, le vrai nom du potimarron (quoique ce dernier a l’avantage de pouvoir être dégusté avec sa peau fine). Ma mère n’a jamais cuisiné de potiron lorsque j’étais petit, de mauvais souvenirs liés à l’état très modeste de son enfance (son père adoptif, charbonnier, cultivait un potager dans lequel chaque automne apportait sa sempiternelle récolte de potirons qui finissaient en soupes et en gratins à foison, ad nauseam selon elle) et c’est seulement lorsque j’ai quitté le nid que j’ai pu, enfin, goûter sous toutes ses formes la grande famille des potirons et des courges. Ce légume me fascine par la beauté de ses coloris et par la variété des formes. Je me souviens que lorsque j’habitais un appartement avec balcon, j’avais tenté de la culture de petits potirons décoratifs et ma foi, ma récolte de trois beaux spécimens orange pâle m’avait tout à la fois réjoui pour le succès et attristé pour le fait de ne pas disposer d’un vrai jardin. Si j’avais un jardin, je cultiverai plusieurs variétés telles que celles proposées par le site KOKOPELLI. Au passage, j’aurais aussi une belle collection de tomates anciennes, des roses, beaucoup de bulbes, des lilas, des arbres fruitiers (cerisier, abricotier, prunier, etc.), des fraisiers bref de quoi se faire plaisir… et passer tout mon temps libre penché sur la terre jusqu’à en devenir un esclave aux ongles noircis d’humus… ouaip, bon, et  bien, envie de partager ce rêve de jardin avec quelqu’un, biner à deux c’est plus agréable… Mais la réalité est là, j’habite sur une place quasi minérale, en plein cœur d’une ville régulièrement étouffée par la pollution et la seule herbe que je vois chaque jour est celle qui pousse entre les pavés et les morceaux de bitume disjoints ou alors les légumes proposés au marché du quai Saint-Antoine, arrachés de la terre et soigneusement alignés comme les massacres d’une chasse à courre, attendant l’hallali d’un couteau sur une planche en plastique. J’arrête de faire ma bugne comme on dit entre Rhône et Saône, le célibataire que je suis n’a pas les moyens de ses rêves (ni peut être la force) et je reviens à mon copain Iron… mon pote Iron (je ne pouvais pas le rater).

Paul BOCUSE, dans ses livres de cuisine, donne toujours sa recette de la soupe de courge, mettant ainsi, selon lui, en exergue une cuisine simple à mettre en œuvre  qui respecte le goût du produit (voir un précédent billet). Dans son livre La bonne chère écrit en collaboration avec Anne VALLAEYS, il rappelle que « Nicolas de BONNEFONS écrivait en 1654, dans Les Délices de la campagne : ” Il faut qu’un potage aux choux sente le chou, aux poireaux le poireau, aux navets le navet, et ainsi de suite. Ce que je dis des potages, j’entends qu’il soit commun et serve de loi pour tout ce qui se mange ». Cette recherche de la simplicité du goût des produits se retrouve dans la carte du Maître de Collonges qui n’hésite pas à proposer, en entrée, un potage aux légumes de saison. Selon les livres, il propose deux manières de cuisiner la courge : dans son « Bocuse dans votre cuisine », c’est une soupe de courge comprenant courge muscade, pommes de terre et poireaux et crème fraîche alors que dans son ouvrage de référence, « La cuisine du marché », c’est une soupe de courge préparée directement dans une grosse courge, avec croûtons et crème fraîche. Sur son site, une variante de cette dernière est proposée : la courge est vidée, les morceaux épépinés sont cuits à la vapeur puis mixés avec du bouillon de volaille, l’ensemble étant ensuite crémé avant d’être versé dans le potiron-soupière.

J’aime associer la douceur de la courge avec, par exemple, des châtaignes, des noix de Saint-Jacques, une tranche de lard grillé, des langoustines… bref, vu son prix modique (entre 1,20 € et 2 € le kilo), il ne faut pas s’en priver et plonger généreusement la louche au fond de la marmite…

Je vais vous livrer trois recettes : la soupe de courge, la soupe de courge et marrons et la soupe de courge de Paul Bocuse, plus spectaculaire.

Naguère, je faisais cuire ma courge dans un bouillon de volaille et j’ajoutais, en fin de cuisson, de la crème fraîche épaisse pour lui donner de l’onctuosité. J’ai essayé un jour la cuisson au lait entier puis au lait cru et j’ai trouvé l’onctuosité recherchée sans la crème. Le lait cru étant bouilli, le risque bactérien est écarté.

Pour les châtaignes, je confesse que les faire cuire puis les éplucher à chaud m’ennuie profondément: j’utilise soit des châtaignes surgelées de Picard soi des marrons sous vide Ponthier. Si les surgelés sont mis à cuire en même temps que la courge, les marrons sous vide sont ajoutés seulement dix minutes avant la fin. Certains pourraient objecter que les marrons sont une spécialité de l’Ardèche et non de Lyon. Oui, certainement (quoique des châtaigniers croissent sans problème dans le massif du Pilat) mais je leur rappelle que Lyon est la confluence de régions de belles productions : fruits des Monts du Lyonnais et de la Vallée du Rhône, volailles et crème de Bresse, fromages des Savoies et du Dauphiné, châtaignes et marrons d’Ardèche, poissons de lacs et de rivière, etc., bref il serait dommage de ne pas profiter de la belle alliance entre la courge et le potiron, tout en douceur dans un mon de brutes. Et les marrons grillés de la Vogue de la Croix-Rousse, ne les oubliez pas…

Télécharger la recette au format PDF  en cliquant sur l’icône icone-pdf.jpg

Soupe de courge lyonnaise

Pour 6 assiettes

Préparation : 15 min - Cuisson : 30 min

Ingrédients : 1 kg morceaux de courge muscade ou de courge romaine ou de potiron (soit environ 1,3 kg avec l’écorce), 1 l de lait cru environ, 1 tablette de bouillon de volaille (bio par exemple), une pincée de quatre-épices ou de la muscade, sel et poivre du moulin


Éplucher la courge et la couper en morceaux. Verser dans une cocotte en fonte les morceaux, couvrir de lait cru (ou de lait entier), ajouter la tablette de bouillon de volaille et porter à ébullition.

Lorsque le lait bout, baisser le feu à doux pour environ 30 à 40 min. Vérifier la cuisson du potiron en plantant la lame d’un couteau qui doit s’enfoncer sans difficulté.

Enlever 2 ou trois louches de lait en fonction de la texture désirée, si besoin. Utiliser un mixeur plongeant et mixer à convenance en détendant éventuellement avec le lait réservé. Assaisonner avec sel, poivre du moulin et quatre-épices ou muscade.

Servir avec des croûtons de pains dorés dans un peu de beurre, une ou deux pluches de cerfeuil voire une quenelle de crème fraiche de Bresse ou du fromage râpé pour les gourmands.


Soupe de courge et marrons

Pour 6 assiettes

Préparation : 15 min - Cuisson : 30 min

Ingrédients : 1 kg morceaux de courge muscade ou de courge romaine ou de potiron (soit environ 1,3 kg avec l’écorce), 400 g de marrons sous vide, 1 l de lait cru environ, 1 tablette de bouillon de volaille (bio par exemple), une pincée de quatre-épices ou de la muscade, sel et poivre du moulin


Éplucher la courge et la couper en morceaux. Verser dans une cocotte en fonte les morceaux, couvrir de lait cru (ou de lait entier), ajouter la tablette de bouillon de volaille et porter à ébullition.

Lorsque le lait bout, baisser le feu à doux pour environ 30 à 40 min. Au bout de 25 min environ, ajouter les marrons sous vide. Au bout du temps prévu, vérifier la cuisson du potiron en plantant la lame d’un couteau qui doit s’enfoncer sans difficulté.

Enlever 2 ou trois louches de lait en fonction de la texture désirée, si besoin. Réserver 1 marron entier par convive. Utiliser un mixeur plongeant et mixer à convenance en détendant éventuellement avec le lait réservé. Assaisonner avec sel, poivre du moulin et quatre-épices ou muscade.

Servir avec des croûtons de pains dorés dans un peu de beurre, une ou deux pluches de cerfeuil voire une quenelle de crème fraiche de Bresse ou du fromage râpé pour les gourmands et un marron par assiette.

Si vous préférez les marrons surgelés, les ajouter au morceaux de courge avant cuisson.


Soupe de courge Paul Bocuse

Pour 6 à 8 personnes

Préparation : 15 min - Cuisson : 2 h

Ingrédients : une courge muscade de 3 à 4 kg, 3 l de crème fleurette de Bresse, 100 g de fromage râpé, 250 g de croûtons grillés, sel et poivre du moulin


Faire chauffer le four.

Ouvrir la courge au sommet pour la transformer en soupière. Réserver le couvercle.

Éliminer les graines avec une cuillère et ajouter à leur place les croûtons grillés en alternant avec le fromage râpé par couches successives.

Saler, poivrer et verser la crème liquide. Replacer le couvercle de manière la plus hermétique possible. Placer la courge dans le four chaud pendant 2 heures environ.

Présenter la soupière devant les convives, enlever le couvercle. Avec une cuillère, détacher la chair de la courge soigneusement, sans percer la peau. Puis « mitonner » avec une louche pour mélanger et obtenir une préparation onctueuse. Rectifier l’assaisonnement.

Marque-page

Les dimanches sont comme une mauvaise médecine que l’on avale en grimaçant… Le weekend prend fin, pour moi, dès la dernière bouchée du déjeuner dominical avalée. Le reste n’est une potion amère qui a du mal à glisser dans la gorge, sans doute parce que je suis seul. Pourtant, dimanche dernier, c’est un peu de miel qui m’a réchauffé, le miel d’une amitié aujourd’hui sans tâche et partagée d’affection et de respect.

J’avais oublié mon mobile sur le siège avant de ma voiture, garée dans le parking des Célestins et avais décidé d’aller prestement rechercher cet obscur objet du désir sans lequel un homme civilisé ne peut plus survivre décemment. Débouchant sur la place du théâtre, la poche gonflée de mon précieux que ma main caressait comme pour me rassurer sur sa présence, sous un beau soleil d’hiver, de celui qui éblouit parce qu’il est bas et réchauffe à peine nos carcasses frigorifiées et affamées d’un été encore bien lointain, j’optais pour une promenade sur les quais de la Saône enfin indolente. Depuis les premiers frimas de décembre, la rivière était gonflée des ces eaux de pluie et de fonte des neige venues des terres bourguignonnes et des contreforts vosgiens et son cours envahissait les parcs de stationnement des bas-ports, la crue ombrant son onde verte de reflets terreux. J’avais appris quelques inondations de caves dans les immeubles riverains mais finalement, ce dimanche, elle semblait revenue à un débit plus calme tandis que je la longeais sous le soleil.

Face à moi, le coteau figé dans la prière (selon l’antique image lyonnaise) de Fourvière laissait défiler sous mes yeux ses monuments de pierres claires écrasées par un astre du jour presque chauffé à blanc : Saint Georges, ce péché de jeunesse de Sainte-Marie-Perrin avec ses éléphants en gargouilles puis l’ancien palais épiscopal à la façade encrassée sur le quai mais au bâtiment si coloré sur l’avenue Adolphe Max qu’à chaque fois que je le regarde, je pense à Saint-Pétersbourg dont je rêve si souvent, ensuite la primatiale Saint-Jean-Baptiste, dominée par ses deux tours inachevées et son chevet roman bâti avec les pierres monumentales descendues du vieux forum romain, puis, juste séparé par la rue de la Bombarde, le palais des vingt-quatre colonnes, œuvre de Baltard père, qui renferme, entre les boiseries de la Première Chambre, une réplique du trône de Louis-Philippe pour asseoir le séant du Premier Président de la Cour puis ce fut l’enfilade de façades colorées du XIXe siècle, qui doublèrent les immeubles Renaissance dont les fondations baignaient dans l’eau avant l’empierrement du quai, qui conduisaient mon regard jusqu’à la courbe de Pierre-Scize de la Saône. Qui se souvient du fantôme du Palais de Roanne, l’ancien tribunal, la première prison de Lyon, qui accueillit en leur temps les rois qui séjournaient entre les murs de la deuxième ville du royaume ?

Enfin les boîtes en métal gris des bouquinistes s’offraient à moi alors que j’admirais, jamais las, la façade extraordinaire et familière de mon église lyonnaise préférée, la très gothique Saint-Nizier. Un coup d’œil sur la vieille horloge dorée de 1684 pour vérifier l’heure et je commençais à chiner. Enfoui dans ma poche, mon précieux vibra vivement et s’égosilla vainement pour signaler un appel. Ma main gantée de cuir extirpa maladroitement l’objet trépidant au moment même où il se tût. Mon ami Marc avait tenté de me joindre et je le rappelais aussitôt : nous convînmes de nous rejoindre prestement sur le parvis de Saint-Nizier pour arpenter ensemble les bouquinistes. Quelques minutes plus tard, nous entamâmes de concert l’exploration des vieux livres. Notre passion pour la cuisine et pour les arts conduisit tant nos découvertes que nos échanges amicaux. Marc fait partie de ces personnes dont je peux deviner les pensées sans échanger de mots, par un simple regard, par un simple sourire. Je fus surpris de constater que je possédais déjà un certain nombre des livres de cuisine proposés mais je me rendis aussi compte que je ne connaissais pas l’étendue de ma bibliothèque culinaire. Le temps était venu d’établir cette bibliographie qui me permettrait de voir clair dans mes rayonnages… Aimable Audin et son ouvrage fameux « Lyon, miroir de Rome » et Fernand Point, le grand, l’immense Point avec « Ma gastronomie » alourdirent de leur poids ma marche.

chateau1.jpgÀ l’ombre, l’hiver se rappelait à notre bon souvenir et, délaissant le chocolat fumant et réputé du Café des Négociants parce que Marc n’aime pas la boisson des dieux aztèques, nous franchîmes la Saône par le pont La Feuillée pour une balade dans le Vieux Lyon… Une gageure éprouvante, un dimanche, puisque les touristes l’envahissent jusqu’à l’étouffer. Ce jour là comme les autres, trop de monde marchait sur les pavés disjoints entre les boutiques de fripes et de produits pseudo-naturels que l’on retrouve dans toutes les grandes villes. Mais sur une table, devant la vitrine du bouquiniste Diogène, Marc me désignât la couverture sombre d’un livre sur laquelle se détachait ces quelques lettres si familières pour moi depuis le mois d’août : PRAGUE.

Fébrilement, j’ouvris l’ouvrage et en feuilletais les pages avec émotion. Je ne sais pas pourquoi Prague m’a tant marqué. Je ne parviens pas encore à en parler sur ce blogue et je n’ai fini de classer toutes les photos que depuis Noël seulement. Deux séjours dans cette ville extraordinaire ont suffi pour que je sois touché à jamais : est-ce parce que je n’avais pas vraiment voyagé auparavant ? Peut-être… mais je crois que l’architecture de Prague éveille en moi des résonances assez particulières : le baroque et l’art nouveau enchantent les façades dans un maelström onirique propre à pousser mon esprit dans une délicieuse et fascinante folie. Des résonances, oui, vraiment, je me suis senti chez moi à Prague, dès la première fois. Les rencontres de Ronald et de ses parents, de Roman ont été un très beau moment : je me suis rendu compte que seule l’ouverture du cœur et de l’esprit permettait d’enrichir sa vie… Pourquoi des liens d’amitié se sont-ils créés entre nous ? Ils m’ont reçu à bras ouverts au début du mois de décembre, comme si j’étais un ami de longue date. Je ne les avais pourtant vu qu’une fois au mois d’août.  Les mots qu’ils ont dit au moment de mon départ m’ont profondément ému. Il serait déraisonnable de réduire ma passion pour Prague à cette seule amitié, bien sûr. Mais je ne peux pas mettre de côté Ronald et sa famille car ils ont donné à cette ville qui m’offrait ses pierres une chair qui la rend humaine. Les quelques clichés que j’ai pris à Prague me replongent dans cette belle histoire… 

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Je ne pouvais pas ne pas acheter ce livre. Marc et moi détaillâmes ensuite les rayons sur Lyon et sur la gastronomie. Un petit opuscule signé Lustucru de 1957 et la somme des Troisgros, cuisiniers à Roanne, que je convoitais depuis longtemps, furent vite rejoints par un livre de souvenirs intéressants du poète vivarais Charles Forot intitulé « Odeurs de forêt et fumets de table ». Pourquoi les avoir achetés alors que les deux bibliothèques consacrés à la cuisine et à la gastronomie débordent d’ouvrages ? L’une des raisons est que j’aime les livres, j’aime le contact du papier avec mes doigts, j’aime sentir les parfums qui se dégagent : une légère odeur de rance pour les vieux volumes, une odeur piquante d’encre pour les plus récents… Un livre m’émeut souvent parce qu’il possède un détail particulier : un envoi manuscrit au précédent propriétaire, une dédicace personnelle de l’auteur rencontré, quelques feuilles volantes insérées entre les pages, des annotations, une renommée particulière, etc. J’avoue que j’aime les collectionner, les accumuler sans pouvoir dire quand je m’arrêterai. Mon ami Philippe me conseille parfois de changer d’appartement pour plus grand : pourtant, le cocon créé par ces centaines de livres entassés est si soyeux qu’il faut vivre dedans pour ressentir son côté rassurant et apaisant.

Ce dimanche ne fut pas un vrai dimanche, jour morne et mélancolique qui précède un lundi rarement au soleil. Non, il fut amical, doux, affectueux, humain, enrichissant, chaleureux. Grâce à Marc, grâce aux livres, grâce aux petits bonheurs que la vie offre à qui sait les cueillir humblement. J’ai aimé ce dimanche. Aimerais-je le prochain, aimerais-je demain ?

En attendant de continuer à vivre, voilà la liste complète des livres de ma bibliothèque culinaire et gastronomique

Soldes à tous les étages ! - II et fin -

Soldes… je liquide Noël 2010 avec cette seconde recette : le jarret de veau braisé aux échalotes longues.

trolliet1.jpgComme à mon habitude, lorsque je veux de la très bonne viande, je cours chez Trolliet, aux Halles de Lyon-Paul Bocuse.

Ma mère connaît ce boucher depuis 1964, date de l’arrivée de mes parents parisiens à Lyon, plus exactement à Villeurbanne.

Je suis un enfant des Gratte-Ciel, ce quartier central avec son avenue Henri Barbusse qui conduit à un hôtel de ville stalinien fameux dans la France entière comme étant le premier gratte-ciel imité de l’Amérique. J’ai grandi là-bas, avec mon ami Philippe, arpentant régulièrement les trottoirs de l’avenue puisque ma mère avait ses habitudes chez les commerçants de l’époque. J’y suis retourné vendredi soir dernier, après une visite chez le dentiste et une très mauvais nouvelle. Des étals de mon enfance, il ne reste guère plus que le boucherie Sagne et la boulangerie-pâtisserie Bettant. Les autres enseignes ont disparu, remplacées par des magasins de frusques qui se ressemblent toutes… Villeurbanne n’a plus aucun attrait pour moi et j’éprouve même une certaine aversion pour cette cité dortoir… d’aucuns diraient que c’est un snobisme de lyonnais de fraîche date, que je suis bien un bobo (quoique mon cœur soit tout autant à droite que mon portefeuille). Et bien ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Je n’ai plus envie de me retourner sur mon passé, mon enfance, ma jeunesse, je n’ai plus envie d’essayer de comprendre à quel moment j’ai pris la mauvaise décision qui m’a amené à ce que je suis aujourd’hui, l’introspection n’est pas pour aujourd’hui… revenons à nos moutons, ou plus exactement à nos bœuf de Salers, veau élevé sous la mère, porc fermier du cantal, agneau de Pauillac et autres volailles de Bresse, bref au superbe étal de ce meilleur ouvrier de France (1986).


trolliet2.jpgLes fêtes de fin d’année transforment les Halles de Lyon en un monde magique qui n’est pas sans rappeler la Chocolaterie de Willy Wonka pour un gourmet. Le seul inconvénient, de taille, est la culbute détestable que font les prix en décembre : à chaque bouchée avalée, on a l’impression douloureuse d’être pris pour un pigeon (une autre métaphore m’étais venue à l’esprit mais ma bonne éducation m’a retenu de la filer)… Par charité, je ne donnerai pas le nom des escrocs qui, n’en doutons pas, justifieront les hausses par les augmentations imposées par les grossistes… Ben voyons. Quelques commerces échappent à cette frénésie des prix : la boucherie Trolliet, la Mère Richard, la charcuterie Sibillia, le volailler Bastien… Les autres ? Oublions-les, même en temps normal, refusons leur l’honneur d’être nos fournisseurs !



Jarret de veau aux échalotes roses

Pour 6 personnes

Préparation : 25 min - Cuisson : 3 heures

Ingrédients : 1 jarret de veau avec os de 1,9 kg environ, 18 échalotes longues roses, 30 cl de vin blanc sec, 5 clous de girofle, 2 cuillère à soupe d’huile d’arachide, 2 cuillère à soupe de gros sel, 1 cuillère à soupe de poivre mignonette


Sortir le jarret 1 heure avant. Le rouler dans les deux cuillères soupe de gros sel, l’envelopper d’un torchon porpre et laisser reposer à température ambiante 1 heure.

Ce temps passé, préchauffer le four à thermostat 5 / 150°C. Peler les échalotes.

Rincer le jarret rapidement à l’eau courante, l’essuyer soigneusement et l’enduire d’huile avant de le déposer dans une cocotte en fonte allant au four. L’entourer avec les échalotes, ajouter les clous de girofle, le vin et poivrer le tout.

Faire cuire 3 heure à couvert sans ouvrir la cocotte.

Porter la température au thermostat 7 - /210° C environ 5 min, enlever le couvercle et faire dorer 10 min environ.

Sortir le jarret et le laisser reposer recouvert de papier d’aluminium pendant 20 min. Réserver les échalotes. Déglacer le fond de la cocotte avec un peu d’eau, porter à ébullition le jus, le passer au chinois.

Déposer le jarret de veau fondant dans le plat de service, entouré des échalotes confites. Servir avec des marrons, un gratin dauphinois ou un gratin de cardons à la moelle.

Pour 4 personnes, prévoir un jarret de veau de 1,3 à 1,4 kg. La viande est confite, d’une très grande tendreté et le parfum douceâtre des échalotes est exquis…

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