Apartés uchroniques

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Voyage, voyage...

Non, je n’ai pas les cheveux en brosse et une tenue improbable mais je pars…

31/07 Envol pour Prague, 6 jours sur place. 06/08 Voyage en train pour Budapest, 5 jours sur place. 11/08 Retour en train à Prague. 12/08 Retour à Lyon. Faut que j’achète une valise maintenant…

Voilà la valise que je vise (j’ai déjà le sac et la petite valise dans cette gamme) de la marque JUMP…

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Finalement, le magasin ne possédait pas le modèle, je me suis donc rabattu sur une Delsey, plus chère (bon, je vais la regarder comme un investissement)…

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J'ai rangé ma bibliothèque...

J’ai presque terminé de rangé ma bibliothèque, vous savez celle que j’ai évoquée ICI. Des amis sont devenus des relations (étaient-ils vraiement des amis ?) en quelques semaines. Encore quelques jours, quelques semaines et ils ne seront plus que des connaissances. Le néant les guette. J’avais besoin de tirer au clair certaines choses. C’est fait.

Je ne peux pas continuer à sourire bêtement à quelqu’un pour lequel je n’ai plus aucune considération particulière. Mon sourire commercial vaut pour mon job quotidien et dissimule le rictus qui me défigure lorsque j’avale des couleuvres. J’accepte et je serre les dents parce que c’est mon boulot, parce que je suis payé pour cela. En revanche, mon affection et mes sentiments souffrent trop lorsque je reçois des coups d’amis pour endurer plus longtemps l’hypocrisie de ma conduite.

Voilà pourquoi ces « amis » disparaissent, sortent de ma vie pour se perdre dans les marais de l’indifférence. Mes silences obstinés, mes absences de réponse à leurs sollicitations sonneront les coups de semonce de leur mise à l’écart. Ils ne sont déjà plus rien, pour moi… La route est dégagée pour que je vive avec d’autres…

Mon dernier mariage ou Narcisse me possède...

Mariage 03 07 2010mariage03072010.jpgFranchement, n’ai-je pas l’air couillon avec les bras de mon cousin agrippés à mon costume jusqu’à le déformer, sur le cliché de gauche ? Qui a dit que même sans ses bras j’aurais l’air couillon ? Y’a des coups de pieds au c… avec des chaussettes rouges qui se perdent… c’est mieux sur la photo de droite, non ? Peut être que les mains le long du corps auraient changé quelque chose…

Oui, parce que, là, sur les photos, avec mon rictus crispé, je cache la joie ineffable, que dis-je le plaisir indicible qui m’habitait alors que ma cravate rouge et mes mi-bas de même ravissaient mon anti-conformisme. Car entre l’église et le cocktail, j’avais troqué le violet épiscopal contre la pourpre cardinalice. Nul doute que l’onction de l’Esprit Saint durant la bénédiction nuptiale m’avait fait gagner un rang dans la hiérarchie. La promotion banc d’église a encore joué… Ici Point de Vue, l’hebdomadaire des gens heureux, à vous Cognacq-Jay !

moi_03072010.jpgmoi_visage_03072010.jpgPapa a pris une autre photo, à droite, qui, pour une fois, me plaît… Ce cliché illustrera mes profils sur le net.

Voilà qui je suis, voilà comment je me sens bien… Tout le reste n’est qu’illusion et tromperie.

Notez bien la cravate violette et les chaussettes violettes.

God save the Queen ! - « La Reine des lectrices », Alan BENNET

La Reine des Lectrices - Alan BennettIl fait beau, les cigales chantent (au moins à Lyon, la première ville du Sud), vous avez une heure à tuer (oui, vaut mieux tuer une heure qu’un ami parce que dans ce cas, je vais être occupé pendant plusieurs heures - Hannibal, sort de mon corps !), un verre de je ne sais quoi de frais à la main (et des glaçons à portée de verre) ?

Si comme mi vous oubliez tout dans les pages d’un livre, si vous revivez entre les lignes, offrez-vous un plaisir solitaire et terriblement réjouissant avec cet opus délicieux. Là, vous êtes bien installé, loin de tout bruit, de la marmaille braillarde de vos amis (car c’est bien connu que vos pilons sont les mieux élevés du monde), non pas sur la plage, dans la promiscuité des culs-blancs et des gras-doubles, non, sur l’herbe, au bord de je ne sais quoi d’aqueux, avec cette petite brise qui vous évitera de vous éventer à tour de main…

Voilà un petit livre qui vous procurera une heure de plaisir… De page en page, vous sourirez en imaginant la Reine Elisabeth transformée en rat de bibliothèque, dévorant les livres jusqu’à comprendre que la vie est plus importante que le protocole et sa fonction. La pirouette finale est inattendue et pleine d’entrain. Elle conclut dans un clin d’œil un livre joyeux pour les amoureux de la lecture et de la vie. Dieu protège Alan Bennet !!!

Je connais mes amis à table et un livre à la main… Soyez en, faites moi confiance, lancez-vous !

Ma vie actuelle : quelle couleur de chaussettes ?

Demain, ma cousine se marie et m’a voulu comme témoin. Me voilà embarqué dans un voyage samedi matin  en direction de la région de Nîmes, en pleine vague de départs en vacances… Joie et félicité d’un route encombrée sous une chaleur caniculaire certaine même en partant de Lyon vers 8 h. M’enfin, comme disait Gaston Lagaffe.

Je n’aime plus les mariages, ces réunions de couples où je n’ai aucune place. Quelques soirées m’ont marquées : le mariage de mes amis auvergnates, Eric et Françoise et le mariage d’un autre couple d’ami, dans un golfe de la région de Montélimar. J’oublie tous les autres auxquels je ne me suis rendu que par stricte obligation et où l’ennui l’a disputé à l’aversion. Que dire de celui de mon frère aîné où je ne jouai aucun rôle ? Rien, cela vaut mieux.

En attendant, un grave dilemme me tourmente : quelle cravate arborer demain ? Violette ? Rouge ? Orange ? Rose ? Chacune d’elle serait portée avec les chaussettes assorties, comme de bien entendu. Un sondage rapide auprès de proches fait pencher la balance vers le violet et le rouge… Archevêque ou cardinal ?

Il ne faudrait pas que l’on loupe sur les photos, moi le seul célibataire de la famille depuis deux lustres…La question va bien arriver à un moment ou un autre. Maudit mariage. Je n’ai aucune envie de participer à cette obligation familiale.

Une photo à mon retour ;-)

Lion, 3e décan... un bel horoscope, enfin !

RTL, ce matin, 6 h 50 et des broutilles, l’horoscope commence. Je tends l’oreille, comme d’habitude, my way, taureau, gémeaux, cancer et lion…

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Et hop, je reste à l’affût, le sourire aux lèvres… Vénus, je t’aime !

Mise à jour de 23 h 30 : pour les sympathiques rentrées d’argent, gagner deux fois 2 € au jeu de grattage Black Jack, ça compte ?

Parce que c'était hier soir...



2001, la seule comédie musicale que j’ai jamais vu…

Ce n’est pas Mozart, ce n’est pas un opéra-rock, c’est simplement une chanson qui m’est revenue à l’esprit hier soir.

Le temps de la vie...



Une belle voix que m’a fait découvrir quelqu’un que j’espère pouvoir continuer à appeler ami.

J’ai repris ma route, mon chemin de vie. J’avance mais je trébuche encore… si j’étais toujours un petit garçon, mes genoux seraient couronnés de rouge écarlate. Pour le moment, je me relève à chaque fois, je brosse mes plaies et je marche sur le chemin. Mais je n’oublie rien de ce que j’ai subi et de ce que je subis, je n’oublie rien des mots entendus, des blessures reçues. Des plaies sont encore ouvertes, certaines saignent toujours. Un jour viendra l’heure des décisions.

Deuil et recueillement

Avant-hier, Papa m’a demandé de prononcer quelques mots au cours de la cérémonie qui aura lieu aujourd’hui à Nîmes. J’ai accepté malgré ma réticence première.

J’ai passé un partie de l’après-midi, hier, au bureau, à réfléchir sur les mots que je vais prononcer tout à l’heure. J’ai pleuré sur mon clavier, la porte fermée. J’ai cherché, fouillé le net, lu des dizaines de textes pour élaborer cette lettre d’adieu. Je n’ose pas prononcer d’ « à Dieu ».

Parce que ce blog, je l’ai déjà écrit, est une succession de petites pierres déposées pour que je retrouve mon chemin quand je regarde derrière moi, pour que je me souvienne d’où je viens et sache où je vais, je mets en ligne les mots que je vais prononcer devant toute ma famille. Pour me souvenir, pour m’apaiser aussi.

Je voudrais m’adresser à vous, ses enfants, ses petits-enfants, ses amis, je voudrais m’adresser à lui, votre père, notre grand-père en faisant mémoire aussi de votre mère, notre grand-mère.

« Tu peux pleurer son départ Ou tu peux sourire parce qu’il a vécu
Tu peux fermer les yeux et prier pour qu’il revienne Ou ouvrir les yeux et voir qu’il est parti
Ton cœur peut être vide de ne plus le voir Ou il peut être rempli de l’amour qu’il a partagé
Tu peux tourner le dos à demain et vivre le passé Ou tu peux être heureux pour demain à cause du passé
Tu peux te souvenir de lui et seulement qu’il n’est plus Ou tu peux chérir sa mémoire et la laisser vivre
Tu peux pleurer et te renfermer, être vide et tourner le dos Ou tu peux faire ce qu’il aurait voulu, sourire, ouvrir les yeux, aimer et aller de l’avant  ».

Il a refusé toute cérémonie pour mieux partir sans nous déranger, comme son habitude, parce que c’était un homme discret. Mais savait-il seulement combien son départ nous ferait souffrir ? Son silence est notre peine, son absence emplit nos âmes. Malgré son obstination à refuser de déranger, je crois que, s’il nous voit, il fera siennes ces paroles apaisantes de Ian STEVENSON :

« Ne restez pas à pleurer autour de ma tombe.
Je ne m’y trouve pas - je ne dors pas
Je suis un millier de vents qui soufflent
Je suis le scintillement du diamant sur la neige
Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr
Je suis la douce pluie d’automne
Je suis l’envol hâtif des oiseaux qui vont commencer leur vol circulaire.
Quand tu t’éveilles dans le calme du matin, je suis le prompt essor qui lance vers le ciel où ils tournoient les oiseaux silencieux.
Je suis la douce étoile qui brille, la nuit.
Ne restez pas à vous lamenter devant ma tombe,
Je n’y suis pas, je ne suis pas mort  ».

En souhaitant que ses cendres soient confiées aux quatre vents, qu’elles retournent à la poussière d’où nous surgîmes tous un jour, il a voulu nous dire qu’il sera présent en tout être sur cette terre, en tout être et en nous surtout. Il reste alors de lui l’essentiel : ce qu’il nous a donné. Chacun d’entre nous connait, au tréfonds de lui, le don qu’il lui a fait.
Nous le savons, il voudrait, aujourd’hui, sans doute s’excuser de nous causer tout ce chagrin. Il n’aimait pas déranger, il chérissait la discrétion, il s’effaçait si souvent comme pour s’excuser de vivre. Et pourtant, il a vécu plusieurs vies, il a construit plusieurs maisons, il a élevé avec Mamie quatre enfants.

« Le vrai tombeau des morts c’est le cœur des vivants » a dit Jean Cocteau.

Lorsque le temps du chagrin sera consommé, lorsque les larmes de notre affection auront séché, tout aura été accompli dans sa destinée, au sein du grand mystère qu’il ne voulait pas qualifier de Dieu et que je nommerai alors simplement la Vie. Il est passé parmi nous, il a laissé son empreinte en nous, nous nous souvenons de lui et avec nous, il vit encore.

Ne pleurons plus car si nous pouvions encore tourner nos regards vers lui, nous le verrions heureux et soulagé. Heureux d’avoir vécu cette vie entouré par sa famille et soulagé d’avoir enfin pu déposer le fardeau de la vieillesse et de la solitude.

S’il a quitté nos yeux, ne le cherchons plus. Il est ailleurs, il est en paix, dans notre cœur. Le Père Teilhard de Chardin a dit « C’est en avant qu’il faut le chercher, dans la construction de votre vie renouvelée… Décidez-vous seulement à ne plus vivre dans le passé, ce qui ne veut pas dire que vous oubliez celui-ci, mais seulement que votre manière, la vraie, de lui être fidèle doit consister à construire en avant, c’est à dire à être digne de lui. »

Avec lui se referme une génération de notre famille. Cela est dur mais cela est juste parce que c’est l’ordre immuable des choses qui s’accomplit aujourd’hui. Devant nous s’ouvre le chemin de cette nouvelle vie que nous devons tous construire : à notre manière, chaque jour, nous posons les pierres de ce chemin d’amour et d’espoir qui guide nos pas et ceux de nos héritiers dans la Vie.

Maintenant, je l’imagine sur un vélo, sa passion, en train de rouler, un jour d’été, dans une campagne ensoleillée, tenez, celle de sa Normandie natale. Écoutez, entendez les insectes grésiller, les oiseaux chanter, un doux vent agite les feuilles, sentez cette herbe grasse et prometteuse de belles et abondantes récoltes. Il pédale joyeusement, ce jeune homme aux yeux rieurs et gourmands, Mamie est derrière lui, sa robe virevolte dans le vent, ils sont heureux.

Ils sont devant nous, ils nous précèdent parce qu’ils nous ouvrent la route.

N’ayons pas peur, entrons dans l’espérance de la Vie.

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ». (Jean XI, 25, 26)

Requiem aeternam dona ei, Domine : et lux perpetua luceat ei.

Mon grand-père est mort ce matin, vers 10 h 30.

Dans sa 92 année, il s’est éteint paisiblement. Totalement athée, il souhaitait qu’aucune cérémonie ne soit organisée pour ses funérailles. Je pense donc que sa famille se retrouvera un moment avant l’incinération. Puis ses cendres seront dispersées sans que ne subsiste aucun monument rappelant sa mémoire ou celle de ma grand-mère. Cette volonté d’effacer leur passage sur terre me trouble profondément. Mais je la respecte.

Pour eux, la phrase de Jean Cocteau résonne terriblement : « le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants ».

En lisant ces mots, je tremble d’effroi parce que je connais la place qu’ils ont dans mon cœur. Le temps des rancœurs et des colères est passé. Le temps des souvenirs heureux est advenu.

Autrefois, il était d’usage de couvrir les miroirs et les portraits de crêpe noir… à présent, je jette un voile d’oubli sur mes erreurs. Tout à l’heure, j’ai encore prié pour demander pardon. Il est ainsi trop tard pour regretter. Alors je vais vivre avec son souvenir et celui de ma grand-mère. Je les ai vus rire. J’ai leurs sourires dans mon âme. Le reste n’existe plus.

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