singegrandsbras.jpgVoilà l’une des gravures placées sur les murs de la chambre de l’hôtel à Bruxelles (quatre singes, deux cheveaux - des tableaux -, deux panthères) : je ne sais pourquoi cette gravure m’a attiré l’œil ? Le regard désespéré du singe ? Le fruit qu’il tient dans la main ? J’ai retrouvé le site sur internet qui propose cette gravure à la vente…. J’ai, comme d’habitude, emporté plusieurs livres avec moi et je lis (je dévore ? oui sans doute) HHhH de Laurent BINET : je réussis à passer au delà de la construction particulière du récit (l’auteur décrit en fait la façon dont il rédige un livre sur Heydrich) parce que l’événement relaté s’est déroulé à Prague en 1942 et que lors de ma prochaine visite, à partir du 18 août, je ne manquerais pas d’aller visiter l’église Saints-Cyrille-et-Méthode où les auteurs de l’attentat ont été assiégés par huit cents nazis). Et oui, je retourne à Prague. Pour le seconde fois en 2011 et pour la quatrième fois en un an. Mais je passe auparavant par Berlin, que beaucoup d’amis m’ont poussé à découvrir : ce sera fait à partir du 13 août. Berlin m’intrigue : j’ai pour elle une fascination-répulsion incompréhensible. J’espère que mon passage me permettra de dire si j’aime ou non cette ville. En attendant, je suis à Bruxelles. En Belgique, ce joli pays qui n’a plus de gouvernement depuis plus de quatre cents jours et dans lequel je goûte tous les jours les joies de la météo du Nord : pluie, soleil, pluie, soleil, pluie… tout évidemment dans la même journée. Entre deux épisodes, le temps est gris. Comme une grande partie de la ville-capitale, cette enclave francophone dans le marais flamand : Bruxelles a été défigurée par ses urbanistes. Les attaques qu’ils ont portées au tissu urbain sont telles que la ville a donné son nom à des bouleversements urbanistiques regrettables, la bruxellisation… Comme cela ne suffisait pas, elle est aussi, hélas, l’archétype de la cité gangrenée par le façadisme. Bruxelles est-elle une jolie ville ? Non. Elle a certains côtés attachants mais elle n’a plus d’unité particulière, plus de cohésion architecturale hormis l’ensemble extraordinaire de la Grand Place.

Sur le chemin, je me suis arrêté à Metz, en premier lieu pour déposer le couple de jeunes lyonnais que j’ai covoituré et prendre à mon bord une jeune messine pour la fin du voyage et en second lieu pour déjeuner (finalement, j’ai échoué dans une brasserie de la rue Gambetta). Je ne connaissais pas Metz sauf à travers un reportage télévisé entrevu quelques semaines plus tôt et je voulais donc découvrir la gare néoromane décidée par l’empereur Guillaume II d’Allemagne, à défaut de pouvoir parcourir toute la vieille ville…

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Pourquoi ce bâtiment de verre installé sur la place et qui rompt la contemplation de la façade ? Pourquoi doit-on toujours subir ces verrues devant les bâtiments anciens sous prétexte que matériau utilisé, le verre, permet de continuer à voir le monument qu’il masque ? Je n’aime pas la pyramide du Louvre qui a détruit la perspective des façades de la cour Napoléon considérée depuis l’Arc de Triomphe du Carrousel : la façade est maintenant illisible avec ses deux ailes prises ensemble. La place devant la gare de Metz n’offre plus le recul suffisant pour contempler toute la façade du bâtiment… Maudits architectes, maudits maires, maudits potentats.

Metz méritait plus que ma halte de quatre-vingt dix minutes et, in petto, je m’écriais, alors que je reprenais le volant en compagnie de ma jeune passagère : je reviendrai, I’ll be back, pour paraphraser une réplique célèbre du cinéma.

Au dernier moment, avant de remonter en voiture j’achetai chez un caviste, deux bouteilles de mirabelle…

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