Apartés uchroniques

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dimanche 21 janvier 2007

In memoriam... 21 janvier 1793

Armes de la France

Testament de Louis XVI, rédigé le 25 décembre 1792, envoyé à la Commune de Paris, le 21 janvier 1793.

Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du fils et du Saint-Esprit.

Aujourd'hui vingt-cinquième de décembre mil sept cent quatre vingt douze.

Moi Louis seizième du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l'issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n'ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m'adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volontés et mes sentiments.

Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d'après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s'est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier. Je meurs dans l'union de notre sainte Mère l'Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l'Église, les Sacrements et les Mystères tels que l'Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. je n'ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d'expliquer les dogmes qui déchirent l'Église de Jésus-Christ, mais je m'en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m'accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l'Église suivie depuis Jésus-Christ Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l'erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l'enseigne.

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j'ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m'humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d'un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j'ai d'avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l'Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution ou je suis, s'il m'accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d'un Prêtre Catholique, pour m'accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d'avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j'aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu'ils croient que je peux leur avoir fait. Je prie tous ceux qui ont de la Charité d'unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés. Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m'ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du Sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s'ils viennent à me perdre, et tant qu'ils resteront dans ce monde périssable. Je recommande mes enfants à ma femme, je n'ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux; je lui recommande surtout d'en faire de bons chrétiens et d'honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l'Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de Mère, s'ils avaient le malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu'elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher. Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu'ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur Mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu'elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. je les prie de regarder ma sœur comme une seconde Mère.

Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'éprouve. Qu'il ne peut faire le bonheur des Peuples qu'en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu'un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire, et qu'autrement, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile.

Je recommande à mon fils d'avoir soin de toutes les personnes qui m'étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c'est une dette sacrée que j'ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu'il y a plusieurs personnes de celles qui m'étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l'ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d'effervescence, on n'est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s'il en trouve l'occasion, de ne songer qu'à leur malheur.

Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m'ont montré un véritable attachement et désintéressé. D'un côté si j'étais sensiblement touché de l'ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n'avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l'autre, j'ai eu de la consolation à voir l'attachement et l'intérêt gratuit que beaucoup de personnes m'ont montrés. Je les prie d'en recevoir tous mes remerciements; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s'enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j'ai eu tout lieu de me louer depuis qu'il est avec moi. Comme c'est lui qui est resté avec moi jusqu'à la fin, je prie M. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune. Je pardonne encore très volontiers a ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J'ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser. Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi.

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

Fait double à la Tour du Temple le 25 Décembre 1792.

Louis.

samedi 13 mai 2006

Au jour d'aujourd'hui...

Cette expresssion me donne la nausée... Mais Davia Brouillon me venge !

Munte de violence par Varcdador

En passant, il faut explorer la minute de violence et la deuxième minute de violence ! Et puis tout le blogue...

jeudi 23 février 2006

Spams vu du côté trafic

Chez Ouvaton.coop, j'ai souscrit pour 3600 Mo de trafic. Or, hier, j'ai consommé 3693451 ko donc un dépassement de 0.09 go qui me seront facturés en fin de mois à 1.5 € TTC le Go, soit 0.135 €.

La surconsommation est due aux robots des spammeurs qui inondent mes commentaires... Agaçant, non ?

mercredi 22 février 2006

L'offensive continue... La riposte est en place !

Aujourd'hui, 36 57 96 spams dans les commentaires. Toujours pour les mêmes sites évoqués précedemment. Spamplemousse bloque sans aucun problème les messages non désirés mais je trouve cette offensive ridicule... Quand cessera-t-elle ?

Ce n'est plus une attaque mais une invasion. Encore 13 spams supplémentaires en une heure...

Je viens d'aller faire un tour sur le forum de Dotclear et apparemment, les abrutis de spammeurs sévissent régulièrement. J'ai modifié le fichier prpend.php de mon thème, sur les conseils de Xave. Guettons la suite...

Encore une fois, j'apprécie vivement le forum de Dotclear : vivant, riche et documenté. Il contribue au succès de Dotclear, sans aucun doute.

Dotclear, c'est bien ! Utilisez-le !

lundi 20 février 2006

Pourriels et pollution des commentaires

Depuis que je navigue sur le net, les boîtes de mes adresses électroniques sont régulièrement remplies de spam, de pourriels. Je ne comprends pas l'acharnement des abrutis qui cherchent à vendre des remèdes miracles, des produits de marque (sans doute contrefaits) à des prix défiant toutes concurrence ou proposent de sites salaces... Comptent-ils sur la naïveté (la connerie) de quelques internautes qui cèderaient aux tentations pour rentabiliser leurs envois de courriels pourris ? Toujours est-il que je suis las de détruire, chaque jour, plus d'une centaine de messages non sollicités.

Je me pose toutefois une question : il m'arrive de recevoir des courriels provenant, soit disant, du webmaster du domaine apartes-uchroniques me disant tout et n'importe quoi. Je suis le propriétaire de ce domaine et je maîtrise donc les adresses qui lui sont rattachées : comment un spammeur peut-il m'adresser un message avec comme extension, dans son nom, @apartes-uchroniques.org ? Pourquoi payer un nom de domaine si tout le monde peut faire n'importe quoi ?

Par ailleurs, depuis quelques jours, mes commentaires sont pollués par des spammeurs. Spamplemousse, le plugin de Dotclear, les identifie et les met de côté. J'ai désactivé la publication immédiate des commentaires aussi. Lorsque je regarde les auteurs des messages, j'identifie trois adresses sur les 42 commentaires reçus : ativan@online-inf.info, richard91@yahoo.com et kevin100@aol.com. Le premier renvoie à un site de vente de médicaments, le second à un site porno lesbien (c'est marqué dans le lien) et le troisème à un site de création de blogue roumain. Quels sont les moyens dont je dispose pour faire cesser ces bêtises ?

Quelqu'un a-t-il des réponses ?

samedi 8 octobre 2005

J'enrage

L'opération Vélov est une réussite : les vélos proposés à la location par la société Decaux remportent un vrai succès. De plus en plus de lyonnais utilisent les bicyclettes à casaque rouge et pestent contre le mauvais état des vélos. En effet, la multiplication des locations a pour conséquence malheureuse de détériorer rapidement les engins et l'on ne compte plus les pneus crevés, les selles déchirées, les roues voilées, qui les condamnent à l'immobilité, accrochés dans leur station d'accueil. Beaucoup des ces inconvénients sont le fruit d'une mauvaise utilisation volontaire : les sauts de trottoirs par un vélo de plus de 23 kilos ne sont pas anodins et les roues finissent par se voiler. Bien qu'il soit interdit de monter à deux sur le vélo, je ne compte plus les couples d'abrutis qui roulent ensemble, lui sur la selle, elle sur le panier métallique à l'avant — la connerie n'altère pas la galanterie... —, au mépris d'une résistance hasardeuse de l'acier. Je pourrais multiplier les exemples de comportements débiles à l'envi et j'enrage lorsque je ne peux pas prendre un vélo dans une station parce que la dernière bicyclette disponible est cassée. Des crétins ont décidé de ne pas respecter un bien qui ne leur appartient pas, ils se moquent de la notion de bien commun, préférant s'approprier jusqu'à le détruire l'objet qui leur est prêté en toute confiance. Pourquoi ces imbéciles se comportent-ils comme cela ? Pourquoi ne suis-je pas comme eux, « j'm'en foutiste », irresponsable, destructeur, associal ? Les mains me démangent et je me retiens de ne pas distribuer des baffes bien senties à ces casseurs. Ils rejoignent dans ma haine les taggeurs, qui défigurent les murs en signant leurs excréments picturaux et me dégoutent. Aux mêmes gémonies, je voue avec plaisir les maîtres de chiens qui ne ramassent pas les déjections et laissent le pavé ou le bitume souillé peur leur laxisme écœurant. J'enrage.

mercredi 17 août 2005

Et bien non

Dans un billet daté du 16 août 2005, titré « Criquitude », Sébastien dit qu'il connaît plus de termes anglais que français pour nommer un cours d'eau. Les commentaires de ce billet vont aussi dans ce sens : un certain T précise que la langue anglaise contiendrait entre 500 000 et 1 000 000 de mots alors que la langue française ne serait riche que de 200 000 entrées dans les dictionaires encyclopédiques. Il renvoie à la page de questions courantes du site de l'Académie Française où il est indiqué que « Fondés sur des enquêtes de fréquence, le «français fondamental» et le «français élémentaire» comptent respectivement un peu plus de 1 000 à 3 000 entrées. Les dictionnaires scolaires destinés aux élèves de 8 à 14 ans en comptent de 2 000 à 20 000, le Trésor de la langue française environ 100 000 (non compris les dérivés intégrés aux articles), les grands dictionnaires encyclopédiques environ 200 000 (y compris les noms propres) ». Je crois que la richesse de notre langue réside essentiellement dans l'usage que nous en faisons chaque jour pour communiquer : le français vit au rythme de nos mots dès lors que nous respectons et acceptons l'héritage qu'ils contiennent. Il se renouvelle constamment pour mieux survivre et les mots nouveaux que nous créons sont les signes de sa vitalité. Le langage SMS, ce langage tronqué, économisé, abâtardi, si affectionné par les jeunes, est le ver qui ronge le fruit : généralisé dans les blogues du réseau Skyblog, dans les échanges de messages courts entre mobiles, il n'est qu'un sabir écœurant au pouvoir anihilateur encore trop négligé. Je peux commettre des fautes de français, notamment dans mes billets (je les excuse évidemment par des fautes de frappes) mais je reste fidèle à la langue dans laquelle Molière et Yourcenar ont écrit. Je sais reconnaître des exercices de style (vive Raymond Queneau) mais je pleure de rage devant des phrases où la paresse dispute à la mauvaise volonté (je n'ose dire l'ignorance) l'honneur triste de détruire nos racines. Je reçois régulièrement, dans le cadre de mon activité professionnelle, des courriers truffés de fautes : ces fautes ne sont plus seulement dues au niveau culturel du rédacteur mais à un abus du langage SMS. Ma tolérance pour le premier se meut en aversion pour le second. A cet égard, dans notre civilisation complaisamment qualifiée de « société de l'image », les blogues peuvent devenir le poste avancé de la défense de la langue française. J'ai trouvé des trésors dans ces journaux intimes qui réussissent, malgré la dématérialisation du support, à ramener le curieux à la lecture, préalable fondamental à la maîtrise de la langue. Jouons avec les mots : Entropie le fait douloureusement bien, le vrai parisien, quant à lui, préfère des tourures surannées fort plaisantes tandis que Kouign Aman, blogue d'une lyonnaise récemment découvert et à lire sans tarder, laisse voler les mots entre les touches. Je peux multiplier les exemples à l'envi, chacun des blogues que je lis, notamment ceux que j'ai inclus dans la liste, à droite, recèle des perles dont la cueillette procure une plaisir réel. Jouons avec les mots pour mieux faire vivre notre héritage culturel. La défense du français est un combat qiuotidien, je ne baisserai pas ma garde en plein milieu du marais putride que nous traversons.

jeudi 7 juillet 2005

Je suis anglais

Stupeur et tristesse. Je ne peux que répéter les mots que j'avais écrits après l'attentat monstrueux de Madrid, le 21 mars 2004. Décidemment, je ne comprends pas ces sanguinaires qui tuent au nom d'un dieu de haine et de destruction. J'ai, encore une fois, entendu les imprécations d'un imam anglais qui réclamait du sang, le sang des musulmans et des infidèles, parce que « Dieu » le voulait. Mensonge et abjection. Les criminels ne pourront jamais se justifier aux yeux de l'humanité. Ils combattent notre liberté en nous ôtant la vie parce que nous refusons leur monde arriéré et inégalitaire. Leur religion est détournée, falsifiée, torturée au nom d'une idéologie rétrograde. Unis, les européens démontrent leur détermination et leur ardeur à défendre leur liberté. Désunis, ils ne sont plus riens que des petites nations sans autre moyen que leurs cris d'orfraies face aux bombes.

La liberté que nous chérissons, c'est notre vie. Parce que la liberté est essentielle pour nous, parce que sans elle, nous ne pouvons être heureux, parce que sans elle, nous n'avons plus d'espoir, plus d'amour.

Ne donnons pas de prise à la peur : montrons leur notre détermination et nous resterons libres.

Aujourd'hui, je suis européen, je suis anglais, je suis français. Libre.

vendredi 24 septembre 2004

Où l'administration dévoile l'étendue de sa bêtise

Dans le cadre de mes activités professionnelles; je suis souvent confronté à l'administration française. J'ai entraperçu, ce matin, la bêtise de nos règlementations.

En 2002, les copropriétaires d'un immeuble votent des travaux de rénovation de la colonne d'adduction d'électricité et de réfection de la peinture. Gérant plusieurs appartements pour le compte d'un copropriétaires, je dépose, en 2003, un dossier de demande de subvention auprès de l'Agence nationale d'amélioration de l'habitat (ANAH) en fournissant les devis des travaux électriques et de peinture. L'ANAH accorde au propriétaire une subvention, sans détailler la somme attribuée.

Les travaux terminées, je sollicite le versement de la subvention prévue et je donne copie de divers et nombreux documents, dont la facture acquitée des travaux électriques. Je ne donne pas la copie de la facture de peinture puisque ces travaux ne sont pas subventionnés. Or, ce matin, je reçois un courrier de l'ANAH me demandant la copie de cette facture. Je téléphone aussitôt au fonctionnaire chargé du dossier qui me confirme que ce document est indispensable. Je lui fait remarquer que les travaux de peinture n'ouvrent pas droit à une subvention, ce qu'il me confirme, et que dès lors je ne vois pas pourquoi je dois fonner un document qui ne servira à rien. Le fonctionnaire, intraitable, me précise que le projet global présentait des travaux d'électricité et de peinture et qu'il devait vérifier que ces derniers avaient bien été effectués. Je lui ai alors répondu que je ne comprenais pas pourquoi il voulait s'assurer que les travaux de peinture avaient été réalisés puisque le propriétaire ne percevra pas de subvention : peu importe leur prix, aucun euro ne sera versé. Imperturbable, le fonctionnaire m'a rétorqué que la règlementation était ainsi faite. J'ai fini par lui dire que cette règle était illogique et source d'une perte de temps. Las, sa position n'a pas changé : j'avais un mur sans aucune capacité de réflexion au bout du téléphone. Tatillon et bête.

Dois-je en rire ? Dois-je pleurer de rage ? Non, j'espère simplement qu'un jour nous ferons un peu de ménage dans les tonnes de lois stupides sous lesquelles nous croulons et qui finiront par confisquer notre énergie et notre liberté. Je crains que la veille de notre libération ne soit pas demain.

mardi 15 avril 2003

Coup de gueule

Au jour d'aujourd'hui, j'ai solutionné le questionnement qui m'interpelle au niveau du vécu après avoir dispatché les expertises des professionnels entre les politiques pour que les avis citoyens se fassent entendre. Etes-vous d'accord ? Absolument ! C'est clair que ça le fait ! Ton avis est grave mais incontournable. Le solutionnement (sic) doit mettre en perspective les standig ovations en backstage pour éviter de faire perdurer l'incidence de ce sabir dans l'appauvrissement du vocabulaire. Le staff de la team m'a émotionné en explicitant que les players ou les users formaient des brain trust pour caillasser le timing des opportunités. Ils veulent être efficients dans la mesure où ils pronostiquent un process pour promotionner la résorbation pérenne des incivilités afin de sécuriser les zones de non-droit.

Je continue ou je vomis tout de suite ?

Ce vocabulaire est de la merde, je ne vois pas d'autre mot pour le qualifier. Est-il donc si difficile de parler un français correct ? Tous les jours, dans les émissions de radio, de télévision, dans les journaux, dans la vie courante, ce salmigondis écorche les oreilles et fait grincer les dents. Faites un effort avant de détruire le français qui n'a pas mérité autant d'indignité de notre part !

En faisant des recherches sur Google, j'ai découvert l'étendue des dégâts causés par l'intrusion de « solutionner » dans le vocabulaire pour remplacer « résoudre », bien plus difficile à conjuguer car il appartient au troisième groupe de verbes. Donc, après solutionner, « solutionnement » est enfin né ! Longue vie au monstrueux bébé ! J'attends avec impatience la suite de la progéniture transgénique (re-sic) : solutionnementer - solutionnementation ou solutionnementement - solutionnementationner ou solutionnementementer...

Qui se sent prêt à me translater ? Passez-moi la bassine, la nausée me titille l'estomac...