Apartés uchroniques

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Joyeux Noël !

jeudi 25 décembre 2008, par Fabrice

La Nativité

Philippe de Champaigne, la Nativité, Lille, Palais des Beaux-Arts - photo © Jacques Quecq d’Henripret

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 2, 1-14)
01 En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre —
02 ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. —
03 Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d’origine.
04 Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
05 Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
06 Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
07 Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
08 Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
09 L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte,
10 mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
11 Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
12 Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
13 Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »

Il est né le Divin Enfant… par la Maîtrise De La Cathédrale De Strasbourg



Gloria in Excelsis Deo de Vivaldi…



Alleluïa ! Haëndel - Le Messie



La liturgie du Jour de Noël

JOYEUX NOËL !

Un calendrier de l'Avent - 25e jour

mercredi 24 décembre 2008, par Fabrice

Dans la dernière case, le dernier jour, tout est accompli…

C’est là que tout est révélé du grand mystère de la fête : boirons-nous et mangerons-nous suffisamment ? Je devrais plutôt m’inquiéter de la réunion de famille elle-même mais ma gourmandise prend souvent le dessus en cette période gourmande.

J’ai couru toute la journée et je n’ai pas terminé de ranger l’appartement pour demain. En promenant le chien ce soir, j’ai vu les derniers chalands hâter le pas pour quitter les magasins et regagner leurs foyers. Combien vont passer la soirée seule ? Est-ce que je mesure vraiment la chance que j’ai de pouvoir retrouver ma famille autour d’un repas joyeux au cours de laquelle ma nièce de  vingt-et-un mois apportera la fraîcheur de son innocence ?

L’heure est venue d’être heureux ensemble.

The Carol of Sussex par le Choeur de l’abbaye de Westminster



We wish you a Merry Christmas…

Un calendrier de l'Avent - 24e jour

mardi 23 décembre 2008, par Fabrice

Dans la 24e case, l’effervescence de la fête…

Est-il possible d’envisager la fête de Noël sans l’effervescence des préparatifs à mesure que l’heure approche ?  Quand bien même je tâche de déterminer au mieux l’emploi du temps des jours qui précèdent Noël pour accorder à chaque chose sa place et ne rien oublier, je ne peux empêcher l’irruption du désordre et le spectre de l’oubli d’un élément. Je dois :
.emballer les derniers cadeaux avec le papier acheté, notamment la manette de jeu qui symbolisera le soir du réveillon la console que mon frère recevra pour Noël et son anniversaire le lendemain, ce truc aux contours improbables, un blister transparent à cauchemar
.ranger l’appartement, passer l’aspirateur, laver le sol
.repasser les derniers torchons de cuisine secs pour enfin ôter de ma vue l’étendage qui trône dans la salle à manger
.ranger les livres dans les nouvelles bibliothèques et les rendre solidaires entre elles pour éviter leur chute sur mon sol concave
.laver les nouveaux verres en cristal
.dresser la table avec la nappe Jacquard Français modèle Chamonix récemment achetée (dire qu’elle va me servir essentiellement au moment des fêtes de fin d’année…)
.trouver la première entrée, qui précèdera la terrine de foie gras
.accrocher la couronne sur la porte de l’appartement
.accrocher les deux guirlandes électriques que je n’ai pas installées sur le sapin
.trouver l’accord mets-vins pour le déjeuner de Noël
.terminer la décoration pour la table du réveillon chez mes parents, etc.

Allez, on s’accroche et on se prend en main…

Montserra Cabale dans un mélange de Noël…




Michaël Buble and the Christmas song…

Un calendrier de l'Avent - 23e jour

lundi 22 décembre 2008, par Fabrice

Dans la 22e case, encore de la tradition…

Noël est la fête traditionnelle par excellence, non ? La fête où l’immutabilité des choses et des personnes est érigée en dogme ultime pour transcender les défenseurs rebelles de la nouveauté. Comment faire lorsque l’on est issu d’un famille sans aucune tradition ? Une famille venue de nulle part, ou presque : Normandie et Italie avant le siècle dernier, Paris dans les années de l’après-guerre et ici ou Paris ou le midi aujourd’hui. Aucune tradition, aucun rituel, aucune transmission d’histoire de famille. Aucune maison commune, peu de vacances passées avec les cousins ou cousines, rien ne nous lie sauf le sang. Nous étions dix-neuf lorsque, jusqu’au début des années 90 du siècle dernier, nous nous réunissions chez mes grands-parents ou mon oncle et ma tante dans le midi. J’avais un jour émis l’idée qu’il serait plaisant de reconstituer, une fois au moins, la tradition des treize desserts de Provence. Devant l’indifférence qui accueillit mon idée, je suis passé à autre chose… Non sans toutefois interroger mon oncle et parrain, pur provençal de naissance, sur le sens de cette tradition. Hélas, il est issu d’une famille d’immigrés italiens, arrivée à Castillon-du-Gard dans les années précédant la première guerre. Même lui n’a jamais réellement pratiqué ces treize desserts. Le sort s’acharne contre moi ! Mon ami d’enfance Philippe, un vrai gars du midi, lui, avec des vrais morceaux d’accent chantant dedans sa voix, m’a récemment parlé des fruits déguisés que tout hôte offrait aux visiteurs au moment des fêtes…

J’ai trouvé un article très fouillé sur les treize desserts : il est ICI, dans une revue d’ethnologie. Cette tradition rappelle le Christ et ses douze Apôtres. Les desserts doivent être au moins treize et sont dégustés durant la Vigile de Noël. Selon le musée des Arts et Traditions populaires du terroir marseillais de Château-Gombert, ils comprennent « pommes, poires, verdaù (melon vert conservé dans le grain), raisin frais, sorbe(t)s, nougat blanc, nougat noir, noix, amandes, noisettes, figues sèches, pompe à l’huile, raisins secs ». Je me souviens que mon oncle m’avait diy un jour qu’il n’aimait pas la pompe à l’huile d’olive car celle qu’il mangeait étant enfant sentait beaucoup trop l’huile et la fleur d’oranger…

Un Noël provençal pour Philippe



Pastourelles pastoureaux…



Noël à Paris pour Arty… avec Charles Aznavour…



Noël blanc de Marie Myriam pour Olivier



Holly night pour Calystee

Un calendrier de l'Avent - Quatrième Dimanche - 22e jour

dimanche 21 décembre 2008, par Fabrice

Dans cette 22e case, ma crèche…

Ma crèche 2008J’ai déjà évoqué précédemment ma crèche : je l’ai enfin dressée hier. La présence encombrante et lumineuse du sapin ne rend pas facile l’aménagement du salon pour trouver la place de ce décor éphémère. Point de nouvel achat cette année (quoique, le marché de Noël est encore là jusqu’à mercredi et un ange m’ouvre les bras) sauf de la mousse neuve. En effet, année après année, la mousse séchée a tendance à se désagréger et à virer du vert au marron. Vous me direz qu’en Palestine, il n’est pas certain que les paysages soient très verdoyant en décembre. Des écorces de chêne-liège, des santons, une étoile brillante (changée régulièrement pour éviter la lassitude), une petite guirlande électrique (flute, deux ampoules sont grillées et je n’ai pas remis la main sur le stocke de rechange) et voilà un rêve d’enfant qui prend corps, une foi qui s’exprime. Jésus n’est pas encore dans la crèche, il n’est pas encore l’heure. Les rois mages se profilent et avanceront un peu plus de jour en jour. Pourquoi cette crèche ? Parce que… Pour qui ? Presque personne, Dieu et moi seulement.

L’Annonciation

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 1, 26-38) 26i L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
27 à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
28 L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
29 A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
30 L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
31 Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
32 Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
33 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
34 Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
35 L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu.
36 Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’. 37 Car rien n’est impossible à Dieu. »
38 Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

La liturgie du Quatrième Dimanche

Ma crèche 2008

Le train des Trois Rois Mages par la Maîtrise De La Cathédrale de Strasbourg




Vive le vent d’hiver et vive Henri Salvador



And the Glory of the Lord par le London Philharmonic Orchestra & Choir

Un calendrier de l'Avent - 21e jour

samedi 20 décembre 2008, par Fabrice

Dans la 21 case, des projets de déjeuner de Noël…

Chapons de BresseTraditionnellement, mes parents reçoivent leurs enfants pour le réveillon de Noël. Depuis plusieurs années, je reçois mes parents et mon frère cadet le jour de Noël. Traditionnellement, je demande à ma mère de me faire part de son choix de menu pour le soir du 24. Depuis plusieurs années, même si elle a gardé une maîtrise certaine de la cuisine, je me rends compte qu’elle a perdu le goût des grands repas. Traditionnellement, la viande est une volaille : nous aurons donc mercredi prochain un chapon accompagné de marrons. Depuis plusieurs années, malgré mon goût particulier, pour la volaille, je suis obligé, pour ne pas lasser, de proposer le lendemain une viande rouge, pour contraster. Et cette année, j’avoue que je cale un peu : j’ai beau feuilleter les nombreux livres de recettes de ma bibliothèque, trois cent trois à ce jour, en comptant les livres consacrées au vin (aujourd’hui, j’ai fait une folie en achetant deux livres anciens - je me rassure en voyant cet achat sous l’angle de l’investissement plaisir - j’en reparlerai bientôt). Je me souviens d ‘un filet de bœuf en croûte de champignons feuilleté servi avec une sauce madère. La seule préparation de la sauce m’avait pris plusieurs heures , depuis le fond de veau brun réalisé à partir d’os de veau jusqu’à la réduction à glace pour obtenir une sauce veloutée et liée. En quelques minutes, tout fut avalé… Je ne sais pas du tout quelle recette retenir. Il faut savoir que j’ai face à moi des convives assez difficiles, notamment mon frère qui ne prise pas particulièrement les légumes. Il est né le jour de Noël, je ne peux mettre de côté ses goûts le jour de son anniversaire. Je songe à présenter une fricassée de cèpes, un gratin dauphinois (sans fromage râpé - clin d’œil à mon amie Bénédicte qui me lit) et un gratin de cardons, les deux derniers plats étant typiquement régionaux. Reste à trouver la pièce de viande. Je crois que je vais attendre mercredi matin pour arrêter le choix définitif devant l’étal de Maurice Trolliet, meilleur ouvrier de France, installé dans les Halles de Lyon-Paul Bocuse, LE temple du bien-manger lyonnais, là où le produit est roi ! Des photos sont annoncées pour mercredi…

Quelle version de ce chœur choisir ? A écouter en pensant à l’exultation de la Naissance Divine !

Haëndel : Le Messie - For unto us a Child is born par le London Philharmonic Orchestra & Chorus…


Ou dans la version de la La Grande Écurie et la Chambre du Roy et le Worcester Cathedral Choir



Henri Salvador… C’est Noël ma mie

Un calendrier de l'Avent - 20e jour

vendredi 19 décembre 2008, par Fabrice

Dans la 20 case, un peu d’esprit de Noël…

Avent 2008Nat, alias Arty, dans l’un de ses récents billets, parle de l’étouffement qu’elle ressent dans les magasins remplis à Noël, de son malaise qui l’envahit devant l’abondance de biens, bref, elle se sent mal. Au fil des années, je me rends compte que de plus en plus de personnes, dans mon entourage, ont perdu le goût de cette fête dont ils regrettent de la voir dénaturée par les excès de la consommation. Où est l’esprit de Noël ? Quel est cet esprit ? Je ne suis pas certain de le savoir moi-même. Pour moi, c’est la foule dans les magasins, c’est l’enfant émerveillé devant une vitrine brillante, c’est le couple amoureux emmitouflé qui grimpe sur la grande roue, c’est le papier cadeau qui ne prend pas le bon pli autour de la boîte, c’est le sapin qui resplendit dans le salon, c’est Georges Lang sur RTL qui consacre une heure aux chants de Noël américains, c’est la vitrine du pâtissier garnie de bûches, c’est la personne âgée parce que l’on a pensé à elle, l’esprit de Noël c’est ce que l’on veut en faire, il est en nous et n’a pas besoin d’artifices. C’est surtout la présence, physique ou non, de ceux qu’on aime.

Hier soir, cinq amis étaient réunis autour d’un couscous succulent : cinq célibataires ont ri ensemble. Quatre femmes, un homme. Ils ont pris le temps de passer un moment ensemble. Une veillée de Noël sans le clinquant mais avec la chaleur et l’amitié qui font de la fête l’une des merveilles de la vie.

The cherry tree carol…

Un calendrier de l'Avent - 19e jour

jeudi 18 décembre 2008, par Fabrice

Dans la 19e case, la crèche…

Une crèche
Espérée au pied de mon sapin depuis le premier dimanche de l’Avent, elle n’est pas encore là, faute de temps. Des assemblées générales le soir, la fatigue d’une année douloureuse qui me vide des dernières forces la nuit venue, des fins de semaines occupées à courir de droite et de gauche (même si je préfère la droite, bien sûr), bref, je n’ai encore rien fait. Enfin, les heures qui viennent devraient me permettre d’accomplir cette promesse annuelle. Je n’ai jamais eu de crèche étant enfant, je n’ai jamais su pourquoi alors que mon frère allait au catéchisme (enfin, jusqu’à ce que ma mère le retire devant le militantisme maoïste du curé rouge de la paroisse) et que nous devions réciter un pater et un ave le soir avant de nous coucher. Puis, un jour, j’ai décidé d’installer une crèche au pied du sapin, chez mes parents. Le commentaire laconique de mon père m’a glacé lorsqu’il l’a vue : « c’est ça, ta crèche ? ». Je n’ai plus, aujourd’hui, de commentaires, heureusement et cette crèche fait partie de l’ambiance de Noël chez moi. Je ne l’ai pas faite qu’une seule fois, en 2004, lorsque j’étais très malade.

Une crècheLa crèche est rassurante par l’éternité de l’histoire qu’elle met en scène. Au delà de l’imperfection de l’installation, elle affiche le miracle de l’Incarnation, elle témoigne de la réalité de Dieu. Elle porte, en elle, la foi dans la tradition (du latin tradere, transmettre), dans l’immutabilité rassurante de l’amour divin au milieu des bouleversements de notre époque, elle est un anneau pour accrocher sa foi de manière tangible. Et puis, la naïveté, la  fraîcheur, la simplicité qu’elle offre sont rassurantes. Elle est et c’est déjà beaucoup.

La première crèche serait due à Saint François d’Assise qui, en 1223, trois ans avant sa mort, installa la première crèche dans une grotte, en Italie. Au XIVe siècle, la France fait connaissance avec cette crèche et rapidement, elle connaît une valeur magique. En Bretagne, un enfant malade placé au coté de l’Enfant-Jésus guérissait même in articulo mortis. En Provence, l’extinction de l’une des lumière de la crèche portait malheur (flûte, avec les lampes de guirlandes électriques utilisées, les risques sont multipliées - cette année, je mets une guirlande neuve, les années précédentes ayant vu l’extinction de plusieurs ampoules).

Une crèche

Une crèche

Une crèche

J’ai toujours préféré une crèche réduite à la représentation biblique de la Sainte Famille et des rois mages. J’ajoute seulement un berger provençal, pour accompagner les moutons. J’admire les grandes crèches multipliant les santons mais la place manque pour constituer un paysage cohérent, mon souci du détail prenant le pas sur la simplicité de la crèche, je l’avoue. Cette année, je n’ai fait aucun achat supplémentaire (quoique, je me tâte pour un ou deux anges…) et reste fidèle aux santons de Provence Carbonel à l’exception des éléphants des rois mages. Bien sûr, je respecte aussi la tradition de l’histoire en ne plaçant ces derniers devant l’Enfant-Roi que le jour de l’Épiphanie.

Une crèche

La Vierge à la crèche…



Dans cette étable…


O little town of Bethleem by Franck Sinatra

Un calendrier de l'Avent - 18e jour

mercredi 17 décembre 2008, par Fabrice

Dans la 18e case, devinez ce qu’il y a…

SpirographJ’ai toujours été un enfant calme et solitaire, préférant la lecture aux jeux collectifs. Mon frère aîné était beaucoup plus turbulent, il lui fallait des activités sportives pour exulter. Noël était l’occasion de recevoir des jouets à la valeur supérieure aux petits cadeaux que nous faisaient parfois nos parents au cours de l’année. Si les anniversaires étaient bien marqués, la fin de l’année était un moment privilégié pour obtenir presque tout ce que l’on voulait. J’avais vu ce jeu à la télé, sans doute : il avait titillé mon goût de la création et mon talent artistique frustré par ma maladresse. Je n’ai jamais su dessiner correctement. En revanche, je me débrouillais assez bien pour créer des petits objets, notamment lorsque je suivais des cours d’EMT (éducation manuelle et technique) au collège : plusieurs coffrets à bijoux en carton recouverts de tissu sortis de mes mains à la grande joie de ma mère et de ma grand-mère en sont la preuve aujourd’hui poussiéreuse. Mais revenons à nos moutons ou mieux à nos cercles dentelés en plastique orange. La boîte omprenait plusieurs cercles de dimensions différentes et des réglettes. Toutes les pièces étaient bordées de dents et comportaient des trous pour permettre d’introduire un stylo à bille. Dessins au spirographLe but était de créer des dessins concentriques, en forme d’étoiles. Je me souviens parfaitement des stylos dont l’un était à l’encre orange. Je « noircissais » des pages entières et l’odeur de l’encre m’enivrait rapidement. Je me demande dans quelle mesure ces dessins particulièrement répétitifs n’avaient pas un effet hypnotique sur moi. La pointe du stylo traçait des ellipses à longueur de feuille et dès que, par maladresse ou à cause d’une vitesse trop grande, je sautais une dent et provoquais un petit trait inopportun, je déchirais fébrilement le papier souillé pour me plonger dans la réalisation d’une nouvelle œuvre d’art bientôt parfaite. Hélas, l’abus du jeu, au fil des chefs d’œuvre, provoqua la casse de petites dents et les dessins devinrent trop chaotiques pour continuer à complaire à mon goût de l’équilibre et de la symétrie. Finalement, le jeu mourut de sa belle mort, c’est à dire de la lassitude enfantine. Il était perdu dans les limbes de mon enfance jusqu’à ce soir où je retrouvai une photo de l’atelier du potier évoqué dans le 16e jour du calendrier de l’Avent : en contemplant le cliché, je tentais de trouver un nouveau sujet de billet quand soudain le spirograph refit surface comme un sous-marin issu de l’abîme de ma jeunesse regrettée.

Internet est un magnifique outil de mémoire et j’y retrouve certaines saveurs de mon enfance : pour quelques euros, je rachète mes souvenirs. Je reconquiers au travers des enchères ma propre histoire oubliée. Je fais face à moi-même, à mes décisions. Finalement, je justifie par ces petits rachats, le titre de mon blogue : apartés uchroniques. Si j’avais fait un autre choix, que serais-je devenu aujourd’hui ? Qui serais-je ? C’est là toute l’uchronie de ma vie. Quel meilleur moment que Noël pour rêver ? Pour croire au Père Noël ? Cher Père Noël, Je voudrais…

Louis Armstrong and Christmas in New Orleans



C’est Noël… Claude François



Les Popys… Noël 70


Luciano Pavarotti, les trois Ténors, un cantique de Noël…


Nota : il est trois heures et demi du matin et je ne peux pas m’endormir, tous les souvenirs se bousculent…

Un calendrier de l'Avent - 17e jour

mardi 16 décembre 2008, par Fabrice

Dans la 17e case, des papillotes…

PapillotesSi vous êtes déjà passés par Lyon et sa région au moment des fêtes, vous avez dû remarquer ces bonbons enveloppés dans un papier brillant et bordé de franges. A l’intérieur, un chocolat, un fondant ou une pâte de fruit est entouré d’un rébus ou d’une histoire drôle. La légende veut qu’à Lyon (rue de l’Arbre sec ou du Bât d’argent, j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien), à la fin du XVIIIe siècle, un jeune apprenti pâtissier dérobait régulièrement à son patron, un certain Monsieur PAPILLOT, des chocolats pliés dans un billet doux pour les offrir à sa bien-aimée. Pris sur la fait, il fut renvoyé mais le pâtissier, conquis par l’idée, la reprit à son compte et créa la friandise de Noël appelée papillote.

Deux sortes de papillotes sont proposées : les normales et les cosaques. Ces dernières contiennent un élément essentiel qui fait tout le charme (et parfois le seul charme lorsque l’on tombe sur un fondant écœurant) : le pétard. Ce sont deux bandelettes de papier dont l’une des extrémités est recouverte de poudre : maintenues par une petite bande de papier collante, il faut tirer violemment dessus pour faire péter le pétard. Des images pour comprendre…



Tout le plaisir réside non seulement dans le bruit ou l’odeur du pétard mais aussi dans la surprise ou la peur qui saisit la personne près des oreilles de laquelle vous exercez votre activité coupable. Imaginez les rires des enfants qui passent leur temps à ouvrir les papillotes pour en retirer les pétards avant de les faire éclater en hurlant… Lorsque j’étais petit, à l’école, les papillotes ne contenaient pas de pétard, pour éviter les incidents sans doute. En revanche, je me souviens de la fête de Noël de la société dans laquelle mon père travaillait. Les enfants, outre un spectacle drôle, recevait un sac en plastique transparent avec mandarines, pain au chocolat et papillotes. Beaucoup d’enfants se contentaient du pétard et délaissaient la friandise. Je faisais alors la tournée des sacs et des chaises pour me goinfrer des chocolat et des pâtes de fruits. Je me souviens que la qualité n’était pas au rendez-vous mais je pouvais assouvir ma gourmandise sans trop risquer de réprimandes de ma mère…

Si les chocolats ont évolué pour être souvent des bonbons fourrés au praliné, les fondants au sucre existent toujours. Et gardent leur côté écrasant de sucre sous des couleurs pastels. Peu de gens apprécient cela et, enfant, j’avais du mal à les avaler. Je n’ai pas acheté de papillotes depuis longtemps devant le prix prohibitif qu’elles ont atteint alors qu’il ne s’agit que de chocolats enveloppés individuellement. La tradition oui, le pigeonnage non ;-) Je leur préfère les vrais chocolats : Bernachon, Richart, Ginet, etc.

Si vous voulez m’en offrir une…

Here comes Santa Claus - Bing Crosby & The Andrews Sisters



Good Christian Men, Rejoice - Chœur des Enfants de Vienne

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