Apartés uchroniques

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mercredi 2 novembre 2011

Libera me, Domine, de morte æterna, in die illa tremenda - Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour redoutable

Je ne suis pas allé au cimetière en ce Jour des Défunts parce que je n’ai pas de tombes à fleurir. Mes grands-parents ont été incinérés. Aucune pierre tombale ne couvre leur cercueil, le vent a emporté leurs corps, la pluie a dispersé leurs cendres… Un ami, dont les défunts de la famille sont enterrés dans le Nord, ne pouvant se rendre sur leurs tombes, a pris l’habitude de fleurir son intérieur de potées de chrysanthèmes à la Toussaint. Notre culture occidentale a fait de la fleur impériale japonaise l’emblème du souvenir : les cimetières sont si beaux en ce début de mois de novembre, lugubre et humide (mais point froid cette année), les potées éclatantes d’or et de cramoisi illuminent les granits sombrent. Bientôt, les pétales, en tombant, pleureront les morts et rejoindront la terre. Je ne les oublie pas. Mon grand-père est mort en juin 2010, ma grand-mère en janvier 2007. Ils sont présents dans les brumes de mon histoire personnelle, peut être pas encore à la place qu’ils devraient occuper mais ce n’est as facile pour moi.

Ce billet leur est dédié.

Je voudrais aussi associer à leur souvenir le père d’un ami proche qui a quitté sa famille vendredi dernier. J’ai prié pour lui lundi, Jour de la Toussaint. Mon ami m’a dit que son père apprécierait ce geste, là où il est maintenant. Rémy, in memoriam.

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La Chapelle de Tous les Saints à Sedlec - à côté de Kutna Hora - République tchèque, juin 2011

lundi 5 septembre 2011

C'est la rentrée des classes !

Pour mon ami Philippe

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Aujourd’hui, toutes les écoles rouvrent leurs portes.

Je me souviens qu’à chaque rentrée, Maman nous accompagnait mon frère et moi et je serrais fort sa main en essayant de ne pas pleurer. Je me souviens qu’au CP, Madame ROUCHON m’avait accueilli en me lançant un « Est-ce qu’il va falloir que je t’attache comme ton frère ? ». Et oui, j’ai eu la chance d’avoir un frère plus âgé de trente deux mois un peu turbulent… Je retrouvais chaque année mes amis, rencontrés dès la maternelle, dont Philippe, un garçon sympathique avec son accent du midi. Dans les années 70, le port de la blouse était encore obligatoire en classe ce qui donnait, sur les photos, un patchwork de couleurs psychédéliques. Je me souviens de mon premier cartable, café et écru mais si petit que je ne pouvais pas rentrer un classeur dedans. Merci Papa ! Je me souviens de l’ardoise et du porte-mine, de la petite éponge pour effacer ce que l’on écrivait à la craie et qui finissait par sentir le moisi au bout de quelques temps… J’écrivais avec un stylo Bic® orange, jamais avec un Bic® transparent, qui était interdit par les maîtresses parce que la pointe était trop épaisse ! Et toujours en bleu, rouge ou vert, jamais en noir. La colle s’appelait Cléopâtre® et sentait bon l’amande : elle était dans un petit pot, bien blanche, avec une petite pelle pour l’étaler sur le papier. Elle collait mal, elle faisait des petits tas et le papier gondolait… Mais elle sentait si bon. Et tout le monde la goûtait : j’ai découvert qu’elle ne contenait que des produits naturels et que son ingestion était sans danger. Maman refusait de m’acheter un Bic® 4 couleurs : elle justifiait son refus par le fait que le bleu serait épuisé avant les autres couleurs et que c’était donc du gâchis. En contrepartie, elle m’avait acheté un porte-mine Criterium® , il était plus lourd et plus sombre que la version actuelle. Je me souviens que régulièrement, en fin de journée, au CP et au CE1, nous écoutions des émissions de chants à la radio, sur le service public j’imagine : c’était, comment dirais-je, fort ennuyeux. Jusqu’à ma dernière année de fac, j’ai toujours eu une boule au creux de l’estomac le jour de la rentrée. J’étais assez bon élève, mes résultats ne provoquaient pas d’inquitéude, j’aimais apprendre, surtout l’histoire et le français. Je n’ai pas une vraiment la nostalgie de cette époque mais une petite tendresse pour le gamin sage que j’étais. Car derrière lui, un autre garçon tentait de prendre sa place…

Je rêvais de rois et de reines, de châteaux, de nature, d’un jardin, d’aventures comme celles que vivaient le Club des Cinq d’Enid Blyton et Les Sux Compagnons de Paul-Jacques Bonzon, je voulais devenir vétérinaire ou maître d’école, j’étais déjà gourmand (Maman se souvient de moi toujours attentif à ses préparations de desserts ou planté sur une chaise avec un livre devant la porte du four dans lequel cuisait un gâteau), je rêvais d’un chien, je rêvais de ne plus aller en camping, sous cette tente si peu intime (la corvée de vaisselle en commun, la course vers les toilettes avec le rouleau de papier à la main que je cherchais à dissimuler, les douches alignées les unes à côté des autres desquelles sortaient des grosses allemandes toutes nues…), je rêvais d’être, évidemment (et c’est horrible), un enfant adopté… Derrière mon visage souriant, mes cheveux blonds, mes tâches de rousseur, je n’étais pas Fabrice mais un autre. Toute ma vie future se mettait en place, imperceptiblement…
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J’ai annoncé, en exergue, que je dédicaçais ce billet à mon ami Philippe. Il a été mon plus grand ami entre la maternelle et la fin de l’école primaire. Son départ de Lyon, à la fin de la classe de CM2 a été une grande déchirure. Quelques rares communication téléphoniques (le téléphone coûtait si cher à l’époque), dans les semaines qui ont suivi, n’ont pas comblé le grande vide qu’il avait laissé dans mon cœur. J’étais proche de lui, nous nous chamaillions, bien sûr, comme tous les gamins de notre âge, je l’enviais un peu parce qu’il jouait d’un instrument de musique (une espèce de flûte avec un clavier de piano enfin quelque chose d’approchant), qu’il avait une maison de campagne au bord de la Méditerranée, à Sète (un jour il avait même apporté en classe un crabe vert vivant, comme ceux que je découvrais sous les rochers de l’Océan atlantique, pendant mes vacances d’été). Et le silence a remplacé nos conversations. Un silence de trente ans aussi lourd qu’une pierre tombale jetée sur notre amitié, sur notre fraternité. Un jour, un message sur un site d’anciens camarades de classe. Puis une voix au téléphone : je vis seul avec un chat et moi seul avec un chien. Et le temps de nos retrouvailles advint. En quelques mots, en quelques regards, trente années de silence furent abolies : nous nous retrouvâmes comme au dernier jour de juin 1978, complices et frères dans l’âme. Il n’est pas une semaine sans que nous nous parlions au téléphone pour nous raconter nos vies, nos joies, nos peines, pour nous encourager, pour nous soutenir, pour nous aimer de cette affection naturelle et douce parce que nous sommesn définitivement des amis. Il est souvent dans mes pensées (notamment quand je cuisine) car nous ne nous voyons qu’une fois par an en général. Mais je sais qu’il est là, tout près de moi. Comme je suis auprès de lui. Nous prions l’un pour l’autre, régulièrement. Et je suis heureux de l’avoir pour ami, pour frère.

Qu’aurions nous fait sans ces trente années d’absence ? Beaucoup de choses, sans doute… mais je n’ai pas envie de me lancer dans une uchronie indicible dont le commencerait serait : en septembre 1978, Philippe et Fabrice entrèrent au collège…

lundi 22 août 2011

In memoriam... Ida SIEKMANN - 23 août 1902 – 22 août 1961



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Le dimanche 13 août 1961, l’Allemagne de l’Est, appuyée par les pays du Pacte de Varsovie, déchire la ville de Berlin en deux parties en commençant à élever un mur pour isoler la partie ouest de la cité, administrée par la France, le Royaume Uni et les Etats Unis. Rapidement, Erich Honecker, chargé de cette mission, donne l’ordre de tirer sur les fugitifs qui tenteront de passer à l’ouest. Si le mur est essentiellement constitué de panneaux préfabriqués et de barbelés, la démarcation entre l’est et l’ouest est aussi matérialisée par des façades d’immeubles, comme dans la Bernaeur strasse : les berlinois de l’est passent alors à l’ouest en enjambant les fenêtres et en descendant les façades au moyen de cordes ou en se jetant dans le vide. Ida SIEKMANN vivait 48 Bernauer Strasse, au 3e étage. Comme d’autres voisins, elle avait décidé, elle aussi, de s’échapper par la fenêtre après avoir jeté sur le sol des édredons pour amortir sa chute. Sans attendre que les pompiers de Berlin ouest puisse tendre une couverture pour la recevoir, elle saute et meurt.

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Elle aurait eu 59 ans le lendemain. Elle est morte six ans avant ma naissance. Je viens de passer quelques jours à Berlin, vingt-deux années après la Chute du Mur de Berlin. Ma première visite a été de voir et toucher un vestige du mur, vers l’ancien ministère de l’armée de l’air nazi (maintenant le Ministère des Finances), le long du terrain sur lequel s’élevait le siège de la Gestapo, non loin de l’immeuble qui abritait la Stasi, à quelques pas du Check Point Charlie.

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Je lui dédie mon quarante-quatrième anniversaire, cinquante ans après sa mort. Je vis. Elle non.

Ida SIEKMANN n’est qu’une des victimes du communisme à travers le monde, un femme parmi plus de quatre-vingt millions de morts, sous tous les régimes qui se sont toujours dits populaires. Puissent ces idées ne plus jamais gouverner l’humanité… Requisecant in pace.

lundi 15 août 2011

« Désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles. » — Luc 1, 48-49

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Assomption de la Vierge de Rubens - 1625-1626 - Cathédrale Notre-Dame (en néerlandais Onze-Lieve-Vrouwekathedraal) à Anvers (Antwerpen)

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L’Assomption de la vierge de Cornelis Schut. - 1647 - Cathédrale Notre-Dame (en néerlandais Onze-Lieve-Vrouwekathedraal) à Anvers (Antwerpen)




COURONNEE D’ETOILES

Nous te saluons, ô toi Notre Dame
Marie Vierge Sainte que drape le soleil
Couronnée d’étoiles, la lune est sous tes pas.
En toi nous est donnée, l’aurore du salut

1-Marie Eve nouvelle et joie de ton Seigneur
Tu as donné naissance à Jésus le Sauveur.
Par toi nous sont ouvertes les portes du jardin
Guide-nous en chemin, étoile du matin.

2-Tu es restée fidèle mère au pied de la croix
Soutiens notre espérance et garde notre foi
Du côté de ton Fils, tu as puisé pour nous
L’eau et le sang versés qui sauvent du péché.

3-Quelle fut la joie d’Eve lorsque tu es montée
Plus haut que tous les Anges, plus haut les nuées
Et quelle est notre joie, douce Vierge Marie
De contempler en toi, la promesse de vie

4-O Vierge immaculée, préservée du péché,
en ton âme, en ton corps, tu entres dans les cieux.
Emportée dans la gloire, sainte Reine des cieux,
Tu nous accueilleras un jour auprès de Dieu.

vendredi 29 juillet 2011

On the road... Sur la route...

J’ai grandi à l’époque des Beatniks dont le mouvement fut inspiré du livre Sur la route de Jack KEROUAC mais je n’ai pas les cheveux gras et je ne fume pas de l’herbe… Je me souviens avoir lu ce livre il y a quelques années, vers la fin du XXe siècle, alors que je commençais juste à naviguer sur la toile. Un adepte de la fumette et des cheveux longs m’avait conseillé de le lire alors que nous discutions de voyages et de mon immobilisme chronique à l’époque.  

J’avais été frappé par l’humanité de KEROUAC mais aussi par son désespoir désabusé face à l’homme en pleine révolution. Ses amitiés profondes m’avaient aussi troublées, moi qui pensait alors n’être capable que de sentiments superficiels…

On the road, l’ouvrage emblématique pour une génération perdue qui se cherchait dans un monde en révolution, qui rejettait le carcan suranné de la société d’après-guerre a finalement beaucoup plus de retentissement aujourd’hui qu’au jour de sa lecture. En fait, je n’ai franchi (douloureusement) le pas des voyages qu’en août 2010 parce qu’il fallait vraiment que je quitte Lyon quelques temps pour reprendre mes idées. Je m’étais alors jeté dans les bras de Prague, la mère de toutes les villes, puis, par un long voyage en train, dans ceux de Budapest, cette cité bicéphale qui me semblât plus lointaine.

Prague, Praha en tchèque, c’est à dire le Seuil : je suis tombé amoureux de la ville que la princesse Libuse vit un jour dans un songe. J’ai passé le seuil d’un autre monde, je me suis ouvert à l’étranger, à l’autre culture et j’ai été accueilli avec chaleur et amitié. Ronald, Roman, Masha m’ont fait comprendre que j’étais leur ami et ces rencontres m’ont, je le crois, transformées en me montrant que le partage et la gentillesse sont une grande source de grâce et d’humanité.

Mon road trip a commencé en août 2010… je suis Sur la route depuis cette date, dans ma tête et dans la réalité : après deux voyages à Prague en décembre et en juin, me voilà sur le départ pour un road trip qui me conduira à Bruxelles, Berlin puis encore à Prague, au volant de mon Juke Nissan, ma nouvelle voiture. Je vais rouler près de 3 000 kilomètres, pendant trois semaines…

Carte du road trip été 2011
Je ne veux plus arrêter de voyager, je ne veux plus arrêter de découvrir le monde, je ne veux plus arrêter de rencontrer des hommes et des femmes, j’ai trop attendu, je n’ai plus le temps. Et ma solitude ? Elle vient encore avec moi pendant mon périple mais j’ai décidé que je ne lui ferai qu’une place infime, jusqu’à l’étouffer. Et qui sait, peut-être que…

samedi 23 juillet 2011

Dix ans plus tard...

Harry Potter à l'Ecole des SorciersOn s’était dit rendez-vous dans 10 ans… comme le dit la chanson. Et voilà, 10 ans ont passé, 10 films racontant l’histoire d’Harry Potter ont rempli les salles et je viens de voir le dernier ce soir. J’avais 34 ans lors de la sortie du premier et dans un mois une une nouvelle année tournera (je vous laisse calculer). Je n’ai pas grandi avec le héros mais j’ai vieilli avec lui,  c’est un peu différent. Je n’ai pas versé de larmes, bien sûr, mais j’ai quitté le cinéma avec le sentiment d’une plénitude certaine.

Je sais que si j’avais un jeune adolescent lors de la parution du premier tome de la saga, Harry Potter aurait été mon héros et je l’aurais accompagné dans son combat contre Celui dont on ne dit pas le nom au fil des pages.

Enfant, j’adorais le Club des Cinq et les Six Compagnons, leurs aventures me permettaient de m’échapper d’un quotidien que je trouvais étouffant. J’avais l’impression d’être un extra-terrestre dans ma famille, il m’arrivait même de penser que j’avais été adopté. En effet, j’étais le seul à aimer lire, non seulement dans le cocon dans lequel je vivais mais aussi au sein de toute ma parentèle. J’étais calme, assez appliqué et solitaire chez moi. Plus tard, je me singularisai encore en poursuivant de longues études (je suis, à ce jour, le plus diplômé). J’ai plongé rapidement dans les univers de la science-fiction et de l’héroïc-fantasy, notamment à partir du lycée et surtout pendant mes études de droit. Je vivais à travers les héros de papier une autre vie. Une autre vie. Certains ont dit une mauvaise vie.

Je suis devenu adulte (enfin je crois) mais ces univers fantastiques sont restés les miens et j’erre avec délectation au sein de ces chimères fantasmagoriques, sans doute de loin en loin mais avec fidélité. 

Harry Potter et les Reliques de la MortJ’ai laissé Harry Potter vieillir en quittant la salle ce soir. J. K. Rowling : il va vivre la vie que ne lui aura pas inventé sa mère de plume, auréolé de la gloire de sa victoire sur Voldemort (ne me dites pas que vous ne saviez pas qu’il avait gagné son combat, je ne vous croirai pas) et moi aussi.  J’aurais dû, ce soir, être accompagné de mon frère et sa son amie mais leur mode de vie est maintenant différent du mien, leurs décisions sont prises à deux alors que moi… Elle ne voulait pas voir le film en 3D et moi si. Mon frère a penché pour son amie (heureusement dans un sens) et je me suis retrouvé seul. La pluie tombait encore lorsque je suis sorti dans la petite rue Bellecordière derrière le cinéma. Peu de monde, un café fermait. J’ai longé la palissade métallique élevée le long de l’antique Hôtel-Dieu maintenant déserté et retrouvé un peu d’animation dans la rue de la Barre. Je ne sais pourquoi la place Bellecour était ce soir plongé dans le noir : seuls les auras jupitérienne des éclairs d’un orage lointain jetais quelques lueurs, vers le midi. Le grondement du tonnerre était trop faible pour couvrir la rumeur nocturne. Une pluie fine mouillait goutte après goutte mon blouson malgré mon application à me coller aux façades pour m’abriter sous les minces corniches. L’Ecole des Sorciers a été jeté à terre par les troupes de l’Infâme et chacun de mes pas rythmait une pensée troublante : et si ma vie n’était qu’un champ de ruines ?

Contrairement à Harry Potter, je dois affronter plusieurs Voldemort et pour le moment, je n’en ai vaincu aucun. Certains sont tapis en moi, silencieux, semblant attendre leur heure pour me fondre dessus. L’un d’eux me ronge l’âme et m’assaille sans cesse des ses présents empoisonnés qui finissent par laisser dans ma chair ces stigmates que le temps adoucit en séquelles familières. Il me manque un Dumbeldore pour me guider. Non, j’ai déjà un Guide et c’est ma Foi, une foi si souvent salvatrice…

Allez, ce soir, la victoire d’Harry Potter m’emporte loin des tracas comme le fera bientôt mon voyage à Bruxelles, à Berlin et Prague.

Post scriptum : si mon lectorat pouvait me conseiller des restaurants sympathiques à Bruxelles, Gand, Anvers, Bruges, Ostende, Berlin, il en serait vivement remercié dans mes prochaines prières ;-)

dimanche 24 avril 2011

Joyeuses Pâques ! Veselé Velikonoce !

Joyeuse et Sainte Fête de Pâques dans la Gloire du Christ Ressuscité !

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La Résurrection du Christ - Gerard SEGHERS - Anvers, 1591 - Anvers, 1651 - Musée du Louvre, Paris


O filii et filiae


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vendredi 22 avril 2011

Ecce Homo

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XVIIe siècle - Église Saint-Jacques - Rue Malá Štupartská 635/6 - Prague

Qu’attend donc Jésus-Christ en ce jour du Martyre ?

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La Crucifixion - Simon Vouet - Vers 1635-1637 - Palais Saint-Pierre, Musée des Beaux Arts - Lyon



Stabat Mater  - Pergolese


Stabat Mater dolorosa 
Iuxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.

Cuius animam gementem,
contristatam et dolentem,
pertransiuit gladius.

O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Vnigeniti.

Quæ mœrebat et dolebat,
Pia Mater cum uidebat
Nati pœnas incliti.

Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio?

Quis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio?

Pro peccatis suæ gentis
uidit Iesum in tormentis
et flagellis subditum.

Vidit suum dulcem natum
moriendo desolatum,
dum emisit spiritum.

Eia Mater, fons amoris,
me sentire uim doloris
fac, ut tecum lugeam.

Fac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam.

Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
cordi meo ualide.

Tui nati uulnerati,
tam dignati pro me pati,
pœnas mecum divide.

Fac me vere tecum flere,
Crucifixo condolere,
donec ego uixero.

Iuxta crucem tecum stare,
et me tibi sociare
in planctu desidero.

Virgo uirginum præclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.

Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.

Fac me plagis uulnerari,
fac me cruce inebriari,
et cruore Filii.

Flammis ne urar succensus
per te Virgo, sim defensus
in die judicii

Christe, cum sit hinc exire,
da per Matrem me venire
ad palmam victoriae.

Quando corpus morietur,
fac ut animæ donetur
Paradisi gloria.

Amen ! In sempiterna sæcula. Amen.

Debout, la Mère, pleine de douleur,
Se tenait en larmes, près de la croix ,
Tandis que son Fils subissait son calvaire.

Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive transperça.

Qu’elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !

Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.

Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?

Qui pourrait dans l’indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.

Elle vit l’Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l’esprit.

Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.

Fais que mon âme soit de feu
Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.

Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de Ses tourments.

Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du Crucifié,
Tant que je vivrai !

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.

Fais que Ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l’ivresse
Du Sang versé par ton Fils.

Je crains les flammes éternelles;
Ô Vierge, assure ma tutelle
À l’heure de la justice.

Ô Christ, à l’heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.

À l’heure où mon corps va mourir,

À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

lundi 4 avril 2011

8...

8… Tempus fugit irreparabile… cette devise est inscrite sur mon front quand je regarde mon visage dans le miroir et que je contemple les marques de la vie. Le 4 avril 2003, la première lettre de l’alphabet grec était le titre du premier billet de ce blog : Alpha. Cet espace intime fête ses huit ans dans un silence certain. Certains de mes lecteurs me reprochent ces silences, cette absence de billets : je commence beaucoup de textes sans les terminer non par paresse mais parce que le clavier semble me tomber des mains lorsque je suis devant mon écran. Mon esprit agite sans cesse des centaines d’idées, des centaines de pensées, des centaines d’images sans que je puisse réellement les ordonner.

Si je regarde en arrière, tout a commencé en commencé en 2009 avec la rencontre de certaines personnes dont la fréquentation, au fil des mois, est devenue très douloureuse. Dans un sursaut épidermique, j’ai écarté ces fâcheux dans le courant de l’été 2010 et me suis enfui dans la ville aux mille tours et mille clochers, Prague, avant de gagner la Perle du Danube, Budapest. La fuite me fut salutaire et je revins serein.

Ou presque… l’été 2010 vit aussi l’abandon d’un projet professionnel au sein du cabinet immobilier dans lequel je travaille depuis près de douze ans. J’avoue que je me pose beaucoup de questions sur mon avenir professionnel : j’ai lu, un jour, un article disant que pour vraiment changer d’orientation, il fallait posséder des économies représentant eux années de salaire. Hélas, je constate que j’en suis loin… Et puis où me diriger ? Je n’ai jamais travaillé que dans l’immobilier et je suis, pour le moment, incapable de trouver une autre orientation. Advienne que pourra.

Pour continuer dans les confidences, je remodèle peu à peu mon intérieur : deux grands canapés et un pouf en cuir, une table basse assortie, une cave à vins d’appartement ont maintenant trouvé leur place avec de nouveaux rideaux. Le réaménagement de la cuisine devrait suivre dans quelques semaines. En attendant, je vais recenser les gravures que je possède pour garnir les murs. A défaut de changer d’appartement, je change le décor…

Bientôt, vous pourrez m’appeler Maître… non point à cause de ma maîtrise en droit des affaires (1990, il y a deux lustres déjà…) mais parce que je vais devenir Maître de dégustation chez un chocolatier. Derrière ce titre ronflant, je vais tenter d’apprendre à des amateurs à bien déguster c’est à dire à comprendre ce qu’ils ont dans la bouche, quelles saveurs, quelles textures, quels arômes ils doivent percevoir et finalement quelles flaveurs la bouchée peut elle créer chez lui…

C’est fou comme le cuir est sensuel : allongé sur l’un deux, je sens les effluves bestiales qui se dégagent de la peau tannée. Elle ne fait qu’un avec moi, prenant ma température, m’enveloppant de son parfum et je m’endors presque rassuré…

J’antidate ce billet d’anniversaire parce que je veux continuer à semer des mots sur mon chemin, comme autant de petites pierres blanches dans le conte de cette vie où je suis tout à la fois Poucet et le Démiurge, où je peux décider de tout arrêter, y compris de vivre, où je peux surtout continuer de vivre, ici et ailleurs…

lundi 1 novembre 2010

Un retour raté... ou presque

Malgré mon retour annoncé dans les billet précédents, je n’ai pas trouvé l’envie nécessaire, depuis plusieurs semaines, de publier un nouveau billet. En  fait, tout a commencé en juillet où j’ai explosé : un ami a fait les frais d’une colère aussi brusque et brûlante que la vapeur qui s’échappe de ma cocotte-minute sous pression… Et puis j’ai décidé de partir, de quitter Lyon, de m’éloigner de cette ville dans laquelle j’étouffais depuis trop longtemps. C’était un saut dans l’inconnu pour moi qui n’avait presque pas quitté la France : Prague et Budapest avaient tout à la fois le charme de l’inconnu et le côté rassurant d’une vieille Europe que je chéris. Je suis allé ailleurs tout en restant finalement dans des univers familiers : des villes historiques marquées par l’art nouveau que j’aime. J’ai surmonté l’obstacle de la langue en jonglant entre l’anglais, le tchèque et le hongrois et j’ai aimé cela. Je crois aussi que les rencontres que j’ai faites à Prague et Budapest ont contribué à me réconcilier avec l’humanité. Ma fuite de Lyon (c’était bien une fuite en avant, je le sais maintenant) était le fait d’une misanthropie envahissante voire dangereuse car elle m’avait conduit à rejeter tout le monde, tous les amis, tous les parasites qui mon pompaient l’énergie. Si pour ces derniers la réaction était saine et vitale, pour les premiers je n’avais plus de mots pour leur dire que la vie me pesait, que j’avais besoin de prendre le large, que j’étais au bord du nervous break down comme le disait Audiard dans Les Tontons flingueurs de Lautner.

J’ai adoré mon échappée en Mittel-Europa, j’ai été libre et heureux… et j’ai eu beaucoup de mal à remettre les pieds dans mes godillots lyonnais. Toute la ville, toute ma vie est réapparue étroite, étriquée, étouffante à mon retour. Pour tout vous dire, j’avais commencé, en mai, avec un ami, à élaborer un projet de rachat des parts du cabinet d’administration de biens dans lequel je travaille depuis 10 ans. Hélas, je me suis rendu à l’évidence que je ne parviendrai pas à le mener à bien, l’obstacle humain étant insurmontable (je conchie le népotisme qui fait d’un nul un chef). Septembre a donc été passablement détestable, les nuits ont été courtes et blanches à plus d’une reprise. Tous les jours, j’ai ouvert mon blogue, tous les jours j’ai connu la paralysie du clavier : je ne pouvais rien écrire alors je m’endormais devant la télé. Octobre n’a pas été beaucoup plus favorable, quoique… Pour mon anniversaire, mes parents ont accepté de m’offrir un aller-retour à Prague. J’y retourne donc du 2 au 6 décembre chez Ronald, professeur privé d’anglais qui apprend par lui-même le français. Je suis tout à la fois séduit par mon prochain séjour dans cette ville que j’aime au moment des marchés de Noël et légèrement inquiet de me retrouver chez un père de famille avec ses deux enfants (je pense qu’il est divorcé) presque inconnu…

Je sais que je vais devoir, dans les mois qui viennent, rechercher un nouvel emploi car je n’ai pas l’envie (et le courage) de continuer à travailler avec Monsieur Fils que je n’apprécie absolument pas pour utiliser une litote. C’est assez déstabilisant à 43 ans de remettre en question une vie établie mais sinon, je risque de ne pas m’en sortir.

Enfin, pour terminer sur une note joyeuse, je monte à Paris vendredi pour assister au vernissage de l’exposition de photos de mon amie Nathalie, une amateur au grand cœur… Trois jours pendant lesquels je serai accompagné d’un autre ami, trois jours à parcourir une ville que je connais si bien et si peu encore.

Ne m’en voulez pas de mon silence, je ne pouvais transformer ce blogue en pleuroir…

En passant, quelques petites choses : Martine, gagnante du concours du 2000e commentaire, m’a honoré de sa présence pour un déjeuner à La Meunière, l’un de mes restaurants préférés à Lyon. J’ai eu un plaisir immense à enfin rencontrer une lectrice fidèle depuis plus de 5 ans et surtout une amie présente aux pires moments des années passées. Nous avons deux points communs, malgré nos différences : nous sommes aussi bavards l’un que l’autre et nous sommes optimistes… Merci Martine !

Je me remets à l’anglais, par CD et sans doute aussi par des cours auprès de l’une de mes clientes, traductrice pour la Cour de Justice de la Haye et j’explore de plus en plus le tchèque…

Enfin, vraiment cette fois-ci, j’ai, aujourd’hui, le cœur totalement ouvert… Si le Ciel pouvait m’entendre !

Faites- moi confiance, je ne vous oublie pas…

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