Apartés uchroniques

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Category Quelques idées

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Je soutiens Nicolas Sarkozy

vendredi 4 mai 2012, par Fabrice


Le 6 mai : Votez Nicolas Sarkozy par NicolasSarkozy

Je vote Nicolas Sarkozy

vendredi 20 avril 2012, par Fabrice

Dix ans après, je me souviens...

dimanche 11 septembre 2011, par Fabrice

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Avant le 11  septembre 2001, l’antienne populaire voulait que tout le monde vivant en 1963 se souvienne de ce qu’il faisait au moment de l’assassinat de de John Fitzgerald Kennedy. Je n’étais pas né. 

En ce mardi 11 septembre 2001, j’étais à mon bureau, au calme, un jour comme un autre. Je ne me souviens pas du temps qu’il faisait, sans doute beau, comme à New York. Depuis mes débuts sur le net, mon navigateur s’ouvre sur la page du Figaro. Ce jour là, j’ouvre une fenêtre pour chercher quelques chose sur la toile mondiale et, bien sûr, je vois l’annonce sur le site du journal de l’encastrement d’un avion dans une tour du Wolrd Trade Center. La physionomie du quartier, la skyline de New York, ne m’était pas inconnue : les deux tours faisaient partie des décors des films et séries new-yorkaises, notamment la série « Friends » dont j’étais un spectateur fidèle. Je n’ai jamais visité la ville mais, déjà, ses gratte-ciels peuplaient certains de mes rêves de voyages. J’alerte aussitôt l’ensemble du bureau puis je reprends les tâches routinières. Soudain, j’apprends qu’un second avion a heurté la deuxième tour puis que le Pentagone a été aussi touché et qu’un quatrième avion s’est écrasé en Pennsylvanie. Et tout s’accélère soudain : la seconde tour s’effondre puis la première.. Je suis abasourdi, les informations tombent, les États-Unis sont attaqués, le monde occidental dans lequel je vis est attaqué. Je rentre chez mes parents, je ne peux pas rester seul, je crois que j’ai peur. J’avais téléphoné à ma mère un peu plus tôt pour lui conseiller de regarder la télé. Bientôt, mon père nous rejoint et je suis fasciné par les images qui défilent sur l’écran. Nous ne pouvons pas parler. Je retiens mes larmes. Le monde change sous mes yeux, une certaine idée de l’Amérique se fissure pour, ensuite, dans les jours et les mois qui suivent, s’écrouler. Petit à petit, les informations se précisent, Al Quaida et Ben Laden sont les auteurs de l’attentat. Les « Arabes » se sont révoltés et ont frappé les États-Unis dans leur « cœur » Les jours qui suivent, au bureau, dans la rue, dans les médias, je vais entendre cela : les attentats sont un signe de révolte des arabes contre l’impérialisme américain… Le gouvernement français annonce une minute (ou trois, je ne m’en souviens plus) de silence en mémoire des victimes la semaine suivante je crois. Les drapeaux dans tout le pays sont en berne depuis quelques . Je propose au bureau de respecter aussi cette minute. Ma proposition est accueillie fraîchement, on me montre que l’on s’en moque un peu, l’Amérique, c’est loin et puis les américains ont peut être mérité ce qu’ils ont subi. Le jour dit, je suis dans le hall du bureau, debout et les autres se lèvent difficilement. C’est à partir de ce moment là que j’ai compris le fossé qui s’était creusé entre la France et les États-Unis. Oubliés alliés de 14-18, oubliés nos alliés de 39-45, oubliée l’aide que Louis XVI apportât à la Révolution américaine en 1775-1776, finalement, ils auraient dû s’attendre à ces attaques après leurs guerres dans le Moyen-Orient. Ce sentiment s’est peu à peu répandu dans l’esprit de certains… Et la théorie du complot a surgi et enflé.

2 977 victimes sont mortes deux fois : le jour horrible du 11 septembre 2001 et le jour où certains ont commencé à penser que l’attaque était méritée.

Hélas, le président Bush et son gouvernement, dans leurs actes postérieurs à l’attentat n’ont pas contribué à apaiser les polémiques. Bien que de droite, je me suis éloigné de plus en plus de ces conservateurs américains qui ne semblaient pas avoir pris la mesure totale du malaise que leurs réactions (parfois maladroite) avaient fini par engendrer. Au fil des ans, les études ont fini par mettre au jour l’incurie des services secrets américains, la suffisance des oligarques de Washington et l’irresponsabilité des faucons conservateurs en décidant de porter la guerre sous le fallacieux prétexte de la présence montée de toute pièce d’armes de destruction massive. Les mensonges de l’état américain pour justifier les actions contre l’Irak n’ont pas contribué à apaiser les tensions dans le monde. Loin de moi l’idée que les USA méritaient cette blessure mais nous ne sommes pas plus en sûreté qu’avant le 11 septembre. L’élimination de Ben Laden est-elle le début d’une prise de conscience que l’antagonisme de l’occident et du Proche-Orient islamiste ou non ne mènera qu’à la destruction de l’humanité ? Les printemps arabes seront-ils le terreau fertile pour l’épanouissement d’un sentiment de paix (je ne parle pas de la paix universelle, improbable utopie) ? Je ne sais pas. Je ne sais même pas si je suis inquiet. Je sais seulement qu’au delà des victimes, ds hommes et des femmes continuent à mourir des suites de l’attentat, la santé massacrée par les poussières et le stress. Dimanche dernier, j’ai regardé l’un des reportages consacrés à l’évènement. Deux moments m’ont profondément touché. Le premier était l’une des causes de l’effondrement rapide : la faiblesse de l’isolation thermique de la structure en acier des tours, l’isolant choisi au moment de la construction par l’Autorité portuaire (l’organisme d’état propriétaire des tours) ayant été le plus mince et le moins cher, aurait causé la mort de nombreuses personnes en limitant le temps de la résistance des tours à la chaleur des incendies. Aucune action en justice n’a été engagée contre le propriétaire des tours. Le second était la présentation de la vie détruite d’un infirmier qui, pendant plusieurs jours, a aidé à rechercher des victimes. Á quarante-quatre ans, il marche avec un déambulateur, il dort avec un masque à oxygène, il a subit plus d’une douzaine d’interventions chirurgicales, il a perdu son travail en 2007 et sa maison, faute d’avoir payé les traites du crédit et il va mourir. Cet homme de mon âge, soutenu par sa femme, pleurait. Jusqu’au vote par le Congrès américain à la fin de l’année 2010 d’une loi prenant en charge les frais de santé des personnes blessées dans l’attentat, il n’a reçu aucune aide, aucune. Cet homme va mourir parce qu’il a pensé qu’il était de son devoir d’aider les sauveteurs. Son visage rond était poignant. Il est l’une de victimes de la folie meurtrière d’idéologues obscurantistes. Il est aussi la victime confiante d’un état qui n’a pas tenu ses promesses de soins et d’aide. Sa vie vaut moins que le courage et l’abnégation dont il a fait preuve. Il est, à mon avis, le symbole de la déliquescence non seulement des États-Unis mais de l’ensemble du monde. Et je ne suis pas rassuré.

Mais pour l’heure, je pense aux 2 977 victimes, je pense aux plus de 6 000 blessés pendant l’attentat, je pense à ceux qui ont été blessés dans les jours qui ont suivi. Ne les oublions pas.

Je pense aussi au Lion du Panshir, Ahmad Shah Massoud, commandant de l’Alliance du Nord afghane, tué le 9 septembre 2011 par Al Quaïda en prélude aux attentats du 11 septembre. Il avait réussi à repousser les Soviétiques, il a été sacrifié par les islamistes parce qu’il avait tenté d’ouvrir les yeux du monde sur le danger représenté par Ben Laden. Ne l’oublions pas.

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9 novembre 1989... Enfin !

lundi 9 novembre 2009, par Fabrice

Nous les avions abandonnés au communisme à Yalta en 1945, victimes des négociations pour arrêter la seconde guerre mondiale. Dans son discours à Fullton (Missouri) le 5 février 1946, Winston Churchill  dira « De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu à travers le continent ». Puis se dresseront les silhouettes extraordinaires du Pape Jean-Paul II, Lech Walesa, Mikhaïl Gorbatchev qui montreront la voix de la liberté contre le communisme.

Ce matin, sur RTL, l’invitée de Jean-Michel Apathie était la gardienne du zoo, Marie-Georges Buffet qui n’a jamais reconnu qu’elle regrettait le communisme et qu’elle se réjouissait de la fin du système en Europe. Elle a bredouillé qu’en novembre 1989, alors que le mur tombait à Berlin, les communistes de Paris étaient réunis pour réfléchir… Quel aveuglement, quelle absence de conscience politique, quelle honte pour ces lobotomisés… Le 9 novembre 1989, j’étais devant la télé et je regardais le mur tomber, empli de joie et d’espoir, prêt à accueillir la liberté reconquise comme l’on accueille son frère au terme d’un long voyage. Vive l’Europe !

Quelques images tirées du diaporama du site Le Figaro et du très bon dossier Vous aussi, cassez le mur:

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Je soutiens Clotilde Reiss !

lundi 10 août 2009, par Fabrice

Clotilde Reiss

Emprisonnée par un régime absurde, qui sent sa fin approcher… Elle doit être libérée au plus vite ! Courage !

Clotilde Reiss - AFP
Crédits photo : AFP - Source : LeFigaro.fr

Est-il absurde de désirer l'impossible ?

vendredi 19 juin 2009, par Fabrice

Un ami facétieux, m’a enjoint, dans un sms gentiment comminatoire, de plancher sur mon blogue sur l’un des sujets du bac philo de ce jour : « Est-il absurde de désirer l’impossible ? »

Nonobstant l’affection que je lui porte, je suis au regret de lui répondre, sur un ton totalement réprobateur : « heu, tu te touches la nuit ou quoi ? » Pardonnez ce langage de charretier si imagé qui, pourtant, dit bien ce qu’il veut dire : je suis nul en philo mais d’une nullité crasse et constante. Il y a 24 ans de cela, l’année du bac, jamais ma moyenne en la matière n’a dépassé le 9/20. Cette note m’a poursuivi jusqu’à l’examen puisque j’ai été récompensé par un joli 9 aussi ce jour là.

Toutefois, je ne me sens pas de décevoir l’attente de ce farceur et je m’empresse de lui livrer quelques éléments de réflexion. En effet, prenant prétexte d’une journée psychologiquement chargée, mon esprit fébrile a battu plusieurs fois la campagne et s’est échappé des dossiers pour tenter de retrouver la petite Sophie et Jostein Gaarder. Fichtre, ces deux là ont couru si vite devant moi que je n’ai pas réussi à les rattraper. Il n’était pas dit que je défaillirais devant le défi (au risque, pour le demandeur, de bientôt souffrir atrocement dans une vengeance subtile) et je me suis creusé la tête pour le satisfaire…

Après l’invocation rituelle des mânes de Platon et de Pierre Dac (devinez lequel des deux je préfère), je peux, sans rougir, répondre que la problématique qui se dégage est la suivante : est-il rationnel de désirer l’impossible (conforme aux exigences de la raison et à nos intérêts) ? Est-ce raisonnable au regard de la dualité de l’Homme : être de raison et être de désir ?

Il serait malheureux de tomber dans la facilité en s’affranchissant de la définition du désir en le distinguant du besoin et de la volonté raisonnable, de la définition de l’impossible qui peut être l’interdit, mais aussi le contradictoire, l’illimité (désirs ni naturels, ni nécessaires, d’Epicure), ou le simplement non encore réalisable de fait. Vous me suivez  ? Un peu perdus ?

Je ne saurais trop vous recommander, pour saisir tout le sel de cette réflexion et retrouver le chemin de la petite Sophie, de vous référer à nos illustres aînés que sont Platon (hic, ta mère) et son désir comme manque, Hegel (pas trop fort, je ne suis pas sourd) et la passion et ses vertus, Descartes (toujours disponible pour s’amuser, oui vous le savez, il est toujours prêt, Descartes, à jouer) et son fameux “Il vaut mieux changer ses désirs que l’ordre du monde”, Epicure (que j’ai beaucoup fréquenté l’an dernier en classe de chimio) et les stoïciens (à sa mèmère).

Je ne veux pas être le seul à faire carburer mes neurones. Aussi me contenterais-je de vous indiquer quelques pistes avec un imité de la très sainte trilogie dialectique thèse/antithèse/synthèse - amen…

I. Oui, (il est absurde de désirer l’impossible) au sens de mauvais calcul, d’illogique, d’irrationnel, le but apparent du désir étant le plaisir et de parvenir à la satisfaction.

A. L’impossible, c’est ce qui n’est pas accessible dans le réel ou ce qui est contradictoire en soi. Ex : immortalité pour des êtres mortels, don d’ubiquité pour des êtres finis. Dès lors désirer l’impossible c’est la garantie de ne pas obtenir l’objet du désir. Donc souffrance garantie auquel on ne peut aspirer en tant qu’être de désir, être sensible.

B. On ne peut s’investir dans un projet que l’on sait irréalisable : dépense stérile d’énergie et limite de l’imaginaire. On ne peut désirer l’impossible si on le sait vraiment impossible. Le propre du désir, c’est qu’il se représente son objet comme possible. Reconnaître que la chose est impossible, c’est donc ne pas pouvoir la désirer.

C. Ce serait donc un comportement irrationnel. Or si l’homme est un être de désir, il est aussi un être de raison. Donc, il faudrait s’en tenir au possible !

II. Mais ne serait-il pas déraisonnable de s’en tenir au possible ? Non, il n’est pas absurde ( au sens de déraisonnable) de désirer l’impossible.

A. Contrairement à ce que soutiennent Descartes, les sagesses antiques (épicuriens et stoïciens) qui invitent à ne désirer que le possible, on peut considérer que s’en tenir aux désirs du possible est une approche bien médiocre du désir. Réduire le désir à une volonté raisonnable ou aux besoins, ce n’est plus vraiment être dans le désir ;

B. Le désir est un « moteur » : ne désirer que le possible, c’est se contenter de ce qui est : Désir, pouvoir de transformer, de tendre vers une perfection. Chez l’homme l’utopie est nécessaire, sans elle pas de progrès dans l’histoire et ailleurs.

C. ne désirer que le possible, c’est être garanti de parvenir à satisfaction et donc arriver vite à bout du désir. Or on peut penser que le plaisir est dans le désir donc ne désirer que le possible, c’est se condamner à l’ennui, à la souffrance paradoxalement. A vouloir y échapper, on la crée.

III. Si tout désir est désir de l’impossible, il est vraiment absurde de renoncer au désir de l’impossible !

A. Le sujet présuppose que l’on puisse désirer autre chose que l’impossible. Or l’objet du désir peut être considéré comme étant l’impossible : Obtenir une reconnaissance (Hegel), retrouver la plénitude perdue ( mythe de l’androgyne), la quête d’absolu, accéder au bonheur, ce qui est recherché à travers tous les désirs : le bonheur inaccessible (Freud, Platon)

B. Le sujet présuppose que l’on peut bien cerner la différence entre possible et impossible. Le désir repousse les limites du possible.

C. C’est donc peut être absurde de désirer l’impossible, mais c’est le lot de l’homme déchiré entre désir et raison et le désir peut être au service de la raison (Exemple désir de vérité à l’origine des sciences de la philosophie etc….), au service de la transformation de ce qui est, de l’histoire, des progrès de la science et de la technique.


Il faut bien conclure (surtout si l’on pense avoir une ouverture) : ce qui serait donc absurde, ce serait donc ne pas désirer l’impossible, car ce serait alors ne plus désirer du tout. Quod erat demonstrandum ! (oui, on a ses humanités ou pas).

Je voudrais remercier mes parents, mes frères, mes amis, la concierge dans l’escalier, mon chien qui me supporte, leur soutien a été incommensurable pour la rédaction de ce billet.

J’ai gardé le meilleur pour la fin et ma reconnaissance éperdue se tourne vers Caroline Sarroul, professeur de philo à Montélimar qui a mis en ligne sur le site le web pédagogique cette proposition gratuite de correction d’un sujet de philo du bac 1989.

Alors, Marc, heureux ?

Bon très de balivernes, je pense, fondamentalement, que ne pas désirer l’impossible c’est s’exposer à l’immobilité. Et puis, comment affirmer que l’impossible ne deviendra pas possible au fil de la conquête ? Un verre de Chablis pour faire passer ces pensées ? Restons simple, appellez-moi Sicambre ;-)



Mise à jour du vendredi 19 juin 2009 : La dissert’ de philo de Jean d’Ormesson - Un moment de pur plaisir…



« C’est tout le problème de l’utopie. Et sans utopie, nous entrons dans la barbarie. Il faut toujours souhaiter, espérer, réclamer l’impossible. »

Ma vie est pleine d’utopies, des petits univers que mon cœur et mon âme construisent sans relâche souvent aux dépens de ma raison. Et si… et si je n’avais pas pris cette décision, et si je n’avais pas eu ces sentiments, qui serais-je aujourd’hui ? Voilà les uchronies qui chamboulent mes nuits, font battre mon cœur et tressaillir mon âme… Je souhaite, j’espère, je réclame l’impossible. Parce que je sais que c’est possible. Même si je suis seul à le savoir, même si ce n’est pas partagé. Parce que certains sentiments sont impossibles à dompter, parce qu’ils s’imposent comme une telle évidence que l’on se demande pourquoi on ne les a pas ressentis auparavant… Je n’aime pas sur commande, sur conseil, sur avis. J’aime par élan, par nature, simplement, sans plus me demander comment. Je sais pourquoi j’aime. Une utopie sentimentale… elle est bien accrochée, elle a trouvé un port d’attache, tout mon être. Elle est devenue « topie ». Elle existe. Quoi que l’on dise. Et demain ? Je ne sais pas. Qui peut savoir ?

Iran, suite...

mercredi 17 juin 2009, par Fabrice

Au delà de la situation politique, je trouve fascinante la circulation de l’information ou plutôt les tentatives des opposants au pouvoir en place pour informer le monde entier. Tous ces téléphones portables brandis pour témoigner au monde me secouent. Nous sommes dans une société d’images, c’est un lieu commun que de l’écrire mais ces images sont plus fortes que jamais : l’histoire prend naissance sur nos écrans.

Un article du Figaro recense les sources d’information du net.

Aussitôt surgissent les images de la chute du mur de Berlin que j’avais suivie en direct, celles des émeutes en Roumanie et de la cavale des Ceaucescu qui m’avaient surpris durant les fêtes de fin d’année de 1989, celles de la place Tienanmen si humaines, si émouvantes…

Je suis totalement impuissant même si j’affiche un certain soutien aux partisans de Moussavi, impuissant mais attentif comme jamais.

La position d’Obama me trouble parce qu’elle sonne juste quand il prévient le monde que Moussavi et Ahmadinejad c’est du pareil au même.

La société iranienne aspire à changer, elle souhaite reconquérir la liberté promise par la révolution de 1979 et promptement confisquée par les religieux à leur seul profit. Le pourra-t’elle ? Je l’espère…

Mise à jour du jeudi 18 juin 2009 : un billet de la journaliste du Figaro Delphine Minoui présentant le récit d’un manifestant…

L'Iran tremble...

lundi 15 juin 2009, par Fabrice

«Il faut soutenir la contestation iranienne». Ainsi commence l’éditorial d’Yvan Rioufol dans le Figaro d’aujourd’hui.
« Le régime totalitaire d’Ahmadinejad, qui attend la venue de l‘“imam caché” dans un délire apocalyptique (…) se révèle pour ce qu’il est: un islamo-fascisme irrationnel, à deux doigts d’obtenir l’arme nucléaire, et dont l’idéologie conquérante, antijuive et antioccidentale, alimente également le Hezbollah et le Hamas ». J’ai vu les images de cette jeunesse qui soutient Mir Hossein Moussavi, de ces femmes qui voient dans la mise en avant de Zahra Rahnavard, sa femme, une « nouvelle icône iranienne » à imiter parce qu’elle symbolise la reconquête de la liberté, j’ai vu ces forces vives et enthousiasmes réclamer la justice et l’ouverture sur le monde d’un pays au régime fascisant et aux pensées monstrueuses et destructrices et j’ai senti naître l’espoir de voir chuter cette aberration politique qui sous couvert d’un islam rigoriste et intolérant anéantit petit à petit une civilisation trois fois millénaire.

Mais souvenons- nous aussi que nous avons fait prospérer les talibans au temps de la guerre froide. Puisse la contestation iranienne être enfin la vraie révolution dont a tant besoin ce grand pays.

Mise à jour du mardi 16 juin 2009 : un article d’un blog du Figaro, la rue défie le pouvoir…

Sera-t-il le dernier noir à entrer à la Maison Blanche ? Petite chronique d'un racisme ordinaire

mardi 27 janvier 2009, par Fabrice

12 mars 1989… Mitterrand était réélu depuis un an. Deux années plus tôt, j’avaisi adhéré au Parti républicain au sein duquel je militais assez activement (en fait, comme dans tous les partis, militer pour un jeune c’est faire la claque dans les réunions publiques, coller des enveloppes ou des afficher et surtout ne pas réclamer une place sur une liste électorale) et le premier tour des municipales était arrivé. Mon grand-père, avec ses convictions de gauche, trouvait normal de ne plus m’adresser la parole depuis plusieurs mois, sans doute une preuve de l’atavisme maternel, mon arrière-grand mère ayant été une  fervente communiste (ravie à mon affection libérale alors que je n’avais que deux ans). Son silence faisait suite au qualificatif de « fouille-merde » dont il m’avait affublé quand j’avais annoncé entreprendre, en 1985, des recherches généalogiques. Mes parents étaient (et sont encore) clairement à droite et mes premiers votes allaient dans le même sens. J’étais le seul à militer toutefois et les discussions au cours du repas familial étaient souvent animées. A Villeurbanne, où j’habitais, Charles Hernu règnait en maître sur la ville depuis 1977 et je savais que la droite n’avait aucune chance de renverser le ministre de la défense. N’étant qu’une petite voix parmi des dizaine de milliers, je décidai de laisser cours à mes penchants racistes en glissant dans l’urne un bulletin du Front National, calculant que le second tour, et un vote plus traditionnel pour le RPR, annulerait tout, dans une espèce d’équilibre politiquement correct. Pourquoi ne pas avouer que j’avais des idées racistes ? Je n’en suis pas fier mais fallait-il vraiment que j’ai honte de moi ? En fait, j’avais cessé de côtoyer les étrangers en entrant en faculté de droit. Mes comparses d’école primaire, du collège et du lycée n’étant plus là, je vivais en vase clos, entre français. Et les années passèrent, et je tus mon vote et je mûris…

Aujourd’hui, ou plutôt le jour de la prestation de serment de Barack Obama, tout m’est revenu à l’esprit. En fait, au fil de ma vie, je me suis rendu compte que ces idées étaient le fruit d’une éducation et d’un racisme ordinaire lié à la peur de tout ce qui est étranger. Elles étaient, il me semble, la conséquence d’une méconnaissance et d’une erreur de perception essentielle : je ne voyais que l’origine et non l’homme lui-même. Il était si simple de repousser l’autre et de ne pas faire l’effort de comprendre sa différence.

Peu à peu, des expériences, des rencontres, des moments privilégiés m’ont fait découvrir toute la richesse de la différence et la bêtise de mon racisme ordinaire. La maturité est venue ainsi bousculer un état d’esprit finalement trop étriqué. Je crois que j’ai subi deux métamorphoses, l’une en quittant mes parents et l’autre en vivant ma foi. 

Beaucoup de choses ont changé en moi lorsque j’ai acquis mon indépendance en laissant le domicile de mes parents. La liberté que j’ai découverte en emménageant dans mon premier appartement a contribué à mon évolution personnelle parce que j’ai pu accomplir une grande partie de mes rêves ( et subir de bien lourds cauchemars, dans le mouvement de balancier habituel de toute vie humaine ). 

La seconde métamorphose est la conséquence ( une grâce ? ) de la re-découverte de ma foi et ma première communion, vers 30 ans. Même si j’ai suivi le catéchisme particulier d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pierre (fraternité sacerdotale dépendant directement du Saint-Père par un motu proprio l’autorisant à célébrer la messe en latin), souvent vue, à tort, comme un nid de réactionnaires intégristes, j’ai confronté toute une vie de préjugés à un monde d’amour, de bienveillance, de fraternité et de responsabilité. Aussi simpliste que cela puisse paraître, j’acceptai l’idée que Dieu avait fait l’homme à son image et, partant, il m’était impossible de rejeter plus longtemps l’étranger sans renier ma propre identité chrétienne. Dieu a fait l’homme à son image mais il lui a aussi conféré le libre arbitre, le choix de faire le bien ou le mal. En comprenant cela, j’envisageais enfin la plénitude de l’humanité et ne pouvait qu’appeler frère celui qui n’était pas comme moi.

Pour autant, je ne suis pas tombé dans un angélisme aveugle face aux actes monstruosités commis par mes frères, je n’ai pas la force de les pardonner ( est-ce à moi de pardonner le mal fait par quelqu’un à autrui ? N’est-ce pas à la victime d’offrir, plutôt, son pardon rédempteur ? ). Or, en intégrant l’évidence de l’image divine, je ne pouvais que rejeter l’idée du racisme. Du racisme et de la peine de mort. Pendant longtemps, j’ai pensé que la peine capitale était l’ultime garantie de la société pour se protéger des atteintes portées contre ses membres. Pourtant, au cours de mes études de droit, l’un de mes professeurs de droit pénal avait disserté sur l’absence de corrélation entre l’existence de la peine de mort et le nombre de crimes : le caractère répulsif n’était pas corroboré par les statistiques. Las, j’oubliai vite ce point d’enseignement pour revendiquer la peine de mort. Pour tous les criminels, dans un premier temps, pour les criminels d’enfants et de personnes âgées dans un second temps. Puis j’ai changé d’avis. J’ai refusé la peine de mort, quel qu’en soit le motif. Dois-je tirer gloire et fierté de cela ? Non, tout comme je ne tirais aucune gloire ou fierté de mon racisme ou de mon acceptation de la peine ultime.

C’est avec un esprit serein que j’ai entendu, mardi dernier, les commentaires de Rama Yade au moment de la prestation de serment du nouveau président américain. Elle a souhaité qu’Obama soit le dernier noir, le dernier homme de couleur à entrer à la Maison-Blanche. Devant le regard ébahi du journaliste de TF1, elle a précisé qu’elle entendait, par ces mots, dire que, dorénavant, on ne devait plus mettre en avant la peau d’un homme pour commenter sa place dans la société mais bien ses compétences. Quelle limpidité pour lutter contre  le racisme ! Sans nul doute cette pensée avait déjà été exprimée par d’autres avant elle mais, ce jour là, je l’ai reçue comme une vérité indiscutable exprimant ce que je ressentais au tréfonds de mon âme depuis plusieurs années.

Dans un autre domaine, la révélation de son homosexualité par Roger Karoutchi, même faite pour couper l’herbe sous le pieds à Valérie Pécresse, son amie et néanmoins concurrente à la candidature pour la tête de liste UMP des prochaines régionales en Île-de-France, m’a laissé indifférent dans le sens où je trouve superflu de connaître les préférences sexuelles d’une personne pour déterminer son vote. En fait, pour déterminer son vote ou toute autre chose. No glory, no pride, no gay pride, contrairement à certaines revendications communautaires. J’accepte cet aspect comme un fait inhérent à la personne parce qu’il ne ne s’agit pas, en général, d’un choix mais d’un état naturel.  

Je n’aurais pas pu écrire ces mots il y a quelques mois, quelques années. J’ai l’impression que je devais franchir certaines étapes de ma vie en étant confronté à ma propre fin pour avoir la capacité d’énoncer ces idées.

L’élection d’Obama a officiellement mis fin à mon racisme, à tous mes racismes.

Finalement, la quarantaine, ce n’est pas mal du tout ;-)

Good luck !

mardi 20 janvier 2009, par Fabrice

Et il va en avoir besoin, le nouveau messie…

Affiche de la prestation de serment de Barrack Obama - 2009

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