Apartés uchroniques

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mardi 4 mai 2010

Un Paris que j'aime... I

Trois jours à Paris, trois jours à flâner dans les rues d’une ville que j’aime… Lorsque j’ai mis au point ce séjour, j’avais prévu de visiter des expositions précises : au Louvre, La Sainte Russie et Méroé, un empire sur le Nil, au Grand Palais, Turner et ses peintres, au musée du Moyen-Âge, Paris, ville rayonnante..

Hélas, Colette avait peut être raison lorsqu’elle écrivait qu’« il est sage de verser sur le rouage de l’amitié l’huile de la politesse délicate ». Piqué au vif par une maladresse malheureuse, j’ai bouleversé au dernier instant mon projet puisqu’en rejetant une présence amicale, il me devenait insupportable de suivre ce carnet de route d’expositions et de flâneries que je voulais offrir comme une marque d’amitié et d’estime. Changer d’ami pour ces pérégrinations m’amena à modifier mon parcours : exit les expositions, bonjour les promenades sur le pavé parisien pour faire découvrir la ville à un jeune moussaillon à quai bien malgré lui. Et voilà trois jours passés en agréable et souriante compagnie, sous un soleil inimaginable, à arpenter des rues que j’aime dans une ville merveilleuse que je chéris, parfois, plus que Lyon.

J’avais choisi un hôtel à la Bastille, sur la ligne 1 du métro, près de tout, près du cœur historique que j’aime tant.

Les valises posées, c’est le Marais et ses hôtels particuliers dont tous les noms évoquent l’histoire de France qui accueillit nos premiers pas. La Place des Vosges s’éveillait à peine sous le soleil quand nous franchîmes les arcades du Pavillon du Roi. Se déroulait devant nous le bel appareillage de briques et de pierres dont je rêve de pouvoir contempler plus souvent l’ordonnancement régulier alors même que mon goût pour la symétrie ne me laisse à voir, à Lyon, que des places aux façades disparates. Pierre blanche, brique rouge, ardoise grise, la trinité minérale se répétait dans une monotonie hypnotisante. Elle portait en elle l’apaisement dont mon âme avait besoin ce jour là.

Nos esprits s’envolèrent quelques instants comme nous marchions sous les arcades blondes et rouges. J’imaginais cette place au XVIIe siècle, bruissant d’étoffes et envahie par les senteurs d’une ville encore bien campagnarde.

Mes visions étaient scandées par une viole de gambe, celle de Marin Marais dans la Sarabande.

Plus nous avancions dans Paris, plus je me transformais en conférencier au fil des pas, livrant, ça et là, quelques bribes d’une histoire que je chéris tant. Mon beau XVIIe siècle…

Les touristes sont une plaie. Les autres, bien sûr, pas moi. Pourquoi se planter devant une belle perspective pendant de longues minutes ? Pour gâcher le plaisir des autres sans doute… Le tourisme serait merveilleux sans les touristes, tout comme Paris serait parfaite sans ses parisiens (à l’exception de mes amis). L’Hôtel de Sully a été magnifiquement restauré et la blondeur de la pierre était d’une grande douceur sous le soleil. L’Hôtel traversé, nous débouchâmes sur le jardin et j’eus le plus grand mal à prendre un cliché sans le gâcher par des présences indésirables…

Nos pérégrinations nous amenèrent, au fil des promenades, à pousser les portes de nombreuses églises non point par souci de contrition ‘encore que j’ai besoin de quelques actes pieux pour demander pardon) mais par goût de l’architecture et par dévotion. J’ai toujours vu l’église Saint Paul-Saint Louis avec sa façade sale. Elle arborait, en plus, cette fois-là, des filets hideux pour retenir les pierres rongées par la pollution.

saintpaul_saintlouis_2_1604.jpgReconstruite par Louis XIII, j’aime l’élan de ses voûtes dans un parfait classicisme qui annonce la pureté rigide du règne de son fils. En ce vendredi matin, peu de personnes ont eu la même idée et, sauf à Notre-Dame étouffant sous les touristes sans gêne, nous ne fûmes jamais envahi par des coreligionnaires avides de clichés (mon compagnon de route et moi même suffisions amplement pour cela). Nous déambulâmes simplement entre les travées, fixant par nos appareils les sensations que nous ressentions : foi, recueillement, beauté. Mais la perfection de le technologie numérique ne rendra jamais les deux premières… La coupole est remarquable : sa contemplation vaut un élan divin, assurément.

La rue Saint-Antoine s’animait tandis que nous la descendions tranquillement mais nous bifurquâmes bientôt en direction du quartier juif, le Pletzl, profondément marqué par les rafles contre les juifs lors de la dernière guerre mondiale. Je n’ai jamais pu lire les plaques apposées en souvenir des terribles rapts ni fouler les pavés qui recueillir, sans doute, tant de cris de peur sans ressentir une très profonde émotion au fond du cœur et de l’âme. Guillaume, qui passait là pour la première fois, fut touché aussi. Pourtant, aujourd’hui, la vie du quartier, notamment avant et après le shabbat, ne permet pas d’imaginer l’horreur qui s’abattit ici il y la plus près de soixante-dix ans. J’aime son agitation, ses bruits, ses interpellations en hébreux, en yiddish, cette sensation d’être ailleurs en quelques instants. Je lui montrais mes bonnes adresses de boulangers, pâtissiers et traiteurs dans lesquels j’aime déguster strudels, chawaramas, falafels, etc. Nous entrâmes dans la boulangerie Murciano, 16 rue des Rosiers et je lui annonçais que nous y reviendrions dimanche soir pour faire provision de strudels : nous ressortîmes de l’échoppe blanche et bleue avec une brioche au fromage blanc que l’heure du déjeuner maintenant proche nous encouragea à dévorer avec gourmandise. La photo vient de Wikipedia pour illustrer la rue des Rosiers…

Nous redescendîmes sur la rue Saint-Antoine par la rue des Ecouffes et poursuivirent en direction de l’Hôtel de Ville. Nous laissâmes à main droite le Marais envahi par des hordes caquetantes de pintades snob du vendredi soir au dimanche soir pour visiter l’église Saint Gervais-Saint Protais avec sa belle façade classique du début du XVIIe siècle.

Puis ce fut l’Hôtel de Ville et sa myriade de statues d’anciens maires, l’ancienne place de Grève et bientôt nous fûmes en vue de l’église Saint Germain l’Auxerrois, la paroisse des rois de France et des artistes. Je tenais à montrer le banc d’œuvre réalisé entre 1682 et 1684 sans doute sur le dessein de Le Brun et offert par Louis XIV à la paroisse.

Je vis le Dauphin, futur Louis XVII, agenouillé dans le chœur pour sa première communion alors que la famille royale était gardée au Louvre depuis la nuit du 6 octobre 1789 par les révolutionnaires… J’ai oublié de te signaler ce détail, Guillaume, excuse moi…

La colonnade du Louvre édifiée par Perrault nous aveugla en sortant : nous passions de la pénombre de l’église à la clarté éblouissante de ce symbole du classicisme triomphant. La visite des expositions en cours au Louvre ne faisant plus partie du programme, nous longeâmes le flanc gauche du palais pour pénétrer ensuite dans la Cour Carrée avant de gagner la Pyramide hideuse de Peï. J’expliquais alors la conception du Palais du Louvre au fil des règnes successifs et tentais de faire comprendre les Tuileries absentes depuis la démolition des ruines par la IIIe République. Maudite semaine sanglante de 1871…

La découverte du Centre Beaubourg se limita à la contemplation des façades très discutée par mon touriste attitré étonné que tous les réseaux de fluides et d’aération aient été placés à l’extérieur du bâtiment. La Fontaine des Innocents, dressée sur l’ancien charnier éponyme nous regardait passer alors que nous nous dirigions vers l’immonde Forum de Halles dont les façades défraîchies et les terrasses désertes font regretter les halles de Baltard criantes et odorantes comme un ventre flatulent, ce ventre de Paris si regretté. J’avais pour mission de prier pour mon ami cadurcien Philippe la Vierge Marie dont une statue orne le chœur de l’église Saint-Eustache.  Puis-je avouer, ici, que je n’aime pas cet édifice ? Quelque glorieuse que soit son histoire, Saint-Eustache me semble aussi ventrue que triste, abandonnée au milieu de nulle part. Enfin, c’était mon avis avant que je m’attarde quelques instants sur l’élan de ses voûtes gothiques finalement superbes.

Nous avions rendez-vous avec mon ami Nat au rond point des Champs-Élysées à 16 h. Nous passâmes par Palais-Royal dont les arcades abritèrent, au XVIIIe siècle non seulement les jeunes révolutionnaires mais aussi beaucoup de prostituées puis nous rejoignîmes la place Vendôme et la place de la Madeleine où je fis découvrir Fauchon tout de fuchsia revêtu. Et la rue du faubourg Saint-Honoré accueillit ensuite nos déambulations dans le quartier des ambassades prestigieuses et du Palais de l’Élysée : un petit crochet par la Grille du Coq et nous voilà en vue de la célèbre avenue et de la rue de la Boétie. Dans un bar tranquille, nous pûmes savourer l’amitié retrouvée d’une Nathalie souriante et radieuse pendant plus de deux heures… A suivre ;-)

lundi 16 mars 2009

Paris - II

Belleville, Ménilmontant, Bercy, Vaugirard, Grenelle, Auteuil, Passy, les Batignolles, Montmartre, etc., des noms qui chantent avec la voix de Piaf, Fréhel, Chevalier, avec la gouaille de Mistinguett, d’Arletty. Me voilà en train de déambuler la rue de Crimée avec mes amis Olivier et Jean-Michel sous le ciel gris (habituel) de Paris. Un vent coulis me saisit malgré les nombreuses couches de vêtements dont j’ai pris la précaution de m’équiper avant de franchir les limites des terres du Nord, vous savez, juste après la colline de Fourvière, dans les froidures boréales des pays d’au dessus de la Loire…

Le temple de la Sybille nous toise de sa colline alors que nous nous engouffrons dans la grotte de la cascade avec l’espoir d’un grand bonheur : tout le monde sait que marcher dans une grotte (du pied gauche) porte bonheur.

Je n’aime pas l’hiver, les arbres n’ont pas de feuilles, l’herbe n’est pas encore de ce vert éclatant qui marque le retour de la vie. De ci, de là, cahin caha, va chemine va trottine, le picotin te récompensera (allez voir du côté de Colette Renard pour cette récompense de picotin) enfin non, pas de picotin pour moi depuis plusieurs jours, seulement des jonquilles éclatantes d’or offertes aux regards énamourés des impatients des beaux jours. Le canal de l’Ourcq annonce la Seine, entre deux rangées d’immeubles sans grâce particulière. La rotonde de la Villette de Ledoux semble trembler à chaque passage du métro aérien. Le temps n’est plus où les marchands franchissaient son seuil pour acquitter les taxes au fermier général… Nous descendons le canal, des ponts s’arquent au dessus de l’eau foncée. Sur la droite, entre deux arbres, le fantôme de l’hôtel du Nord. Je tends l’oreille : Arletty ne lance pas son « atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère » et seuls les bruits des voitures animent le lieu. L’hôtel n’a jamais existé, c’est aujourd’hui un bar-restaurant. Il n’est qu’une image sans aucune vie, sans aucune âme, devant laquelle je passe. L’enduit gris sale me dit : oublie-moi. Nous poursuivons jusqu’à entrapercevoir la rameau d’olivier de la République triomphante. Il se fait tard, le froid s’abat sur la ville, les loups ne vont pas tarder à partir à la chasse dans les rues de Paris, nous décidons de rebrousser chemin en remontant la colline de Belleville.

La Chine à Belleville... La Chine à Belleville... La Chine à Belleville... La Chine à Belleville...

J’avoue que je ne connaissais pas ce quartier. Olivier me parle de l’importante communauté asiatique qui a colonisé presque toutes les boutiques de la portion basse en quelques années. Je pensais que le XIIIe arrondissement était le quartier de prédilection des immigrants d’extrême-orient… Que nenni, ils ont reconstitué une petite ville dans la ville rue de Belleville, bijouterie, coiffeur, parfumerie, boucherie, traiteur, boulangerie, pâtisserie, librairie, tous (ou presque) arborent des idéogrammes chinois sur les devantures. Entre les vitrines, les murs sont recouverts de petites annonces : que cherchent-ils ? Des logements, du travail, de l’aide ? Une pâtisserie met en avant d’énormes gâteaux couverts de crème : une indigestion gourmande pour moins de 20 €, ça ne vaut pas le coup de s’en passer, non ? Des prostituées attendent de réconforter leurs clients sur le trottoir,la foule s’agite, marche vite, les magasins se vident et se remplissent, les enseignes lumineuses repousseront bientôt la nuit dans les recoins sombres de allées d’immeubles sales. Des amas de fruits trop mûrs, de fruits aux noms inconnus s’offrent à ma curiosité. Des canards laqués pendent à des crochets dans la salle d’un restaurant. Le quartier s’agite, bruisse mais je n’entends rien : les conversations se tiennent dans les boutiques, discrètement. Des petits vieux aux visages ridés entrent et sortent. Soudain, sur le trottoir d’en face, une plaque commémore la naissance de la môme Piaf sur les marches d’un immeuble.

 

Née sur les marches d’un escalier… L’immeuble ne paraît pas avoir trop changé et j’imagine sans mal une femme accouchant dans le dénuement sur la pierre froide et sale, dans l’indifférence, seule. C’est sans doute là le trait principal d’une grande ville, la solitude. Je sais que je vais marcher dans les rues de Paris seul, comme un fantôme, parmi des fantômes, sans aucun contact. Ou presque, comme vous le verrez plus tard.

vendredi 13 mars 2009

Paris - I

J’ai oublié mes mouchoirs. Tous mes mouchoirs, soigneusement repassés et pliés sont restés dans le dressing. Voilà une chose de faite : oublier quelque chose le jour du départ. J’ai passé mes dernières heures de temps libre à nettoyer l’appartement pour permettre à mon frère d’entrer dans un endroit sans trop de poussière, avec un réfrigérateur garni, des paquets de gâteaux dans les placards : il devrait pouvoir jouer son rôle de garde-chien dans d’excellentes conditions. Bien que je me sois levé à 5 heures du matin (la peur de ne pas me réveiller m’a fait avancer l’heure du lever - mais inutilement puisque j’étais éveillé avant le radio-réveil), j’ai dû courir pour me préparer. Dieu qu’il est difficile de caser une bouteille de champagne, une bouteille de Muscat-de-Rivesaltes, un coffret de chocolats, deux bocaux de foie gras maison dans un sac à dos ! Je suis harnaché comme si je partais dans une expédition en pays inconnu. C’est vrai que la capitale de la France manque de tout : vins, chocolat, foie gras… Et puis c’est tellement plus drôle de ahaner comme une bête de somme crevée sous le joug lorsque je me rends compte que je n’ai qu’un quart d’heure pour gagner ma place de TGV. Je ne peux pas courir sur la place Bellecour, je traîne ma valise, je maudis les gens qui ne se poussent pas sur mon passage dans les couloirs du métro, je peste contre l’heure qui passe, j’enrage contre ma procrastination éternelle (avais-je vraiment besoin d’attendre le dernier moment, c’est à dire 6 heures du matin pour passer l’aspirateur sur la mezzanine ?), je maudis mes descendants jusqu’à la quarantième génération (remarquez que, de ce côté-là, je ne prends pas de risque) et je remonte finalement les deux rames de TGV pour trouver ma place dans le dernier wagon, en queue de convoi. Nous ne sommes que deux au départ de Perrache.Paris éternel (je sais, le titre est bateau)Je me penche à la porte pour entendre les annonces habituelles. Je ne me lasse pas de la voix suave de la speakerine qui charme tous les voyageurs (au moins moi) : sa voix annonce l’aventure du voyage en train. Je sais que je me suis épanché à deux reprises au moins sur mon goût pour ce mode de transport. J’aime le train parce qu’il pénètre loin l’intimité des mondes qu’il traverse en se fondant dans les paysages éventrés par ses rails d’acier. Je ressens la même attirance pour les voyages en bateau, rêvant de naviguer, un jour à bord d’un vieux gréement, le Belem par exemple. L’avion m’apparaît trop en dehors du monde pour m’intéresser vraiment.

Qui m’accompagnera pendant les deux heures ? J’ai chargé sur mon mobile une vingtaine de cd : je parcours la liste, tous m’appellent, tiens, The Communards. Pour chanter à tue-tête dans la voiture de première classe “Don’t leave me this way” (dans tes rêves mon vieux !), pour cette voix extraordinaire… Je n’entends plus que les bribes de conversation de mes voisins de voiture. Nous ne sommes que dix dans ce compartiment, presque tout le monde devant son portable. Pourquoi n’ai-je pas pris un dvd ? Parce que je n’ai pas acheté de casque pour écouter le son ? Parce que je n’ai pas pris le temps des trois mois qui ont précédé mon départ depuis l’achat de mon billet pour acheter un casque. Maudite procrastination qui me paralyse parfois.
Je suis parti hier du bureau en sachant pertinemment que certains dossiers auraient mérité un peu plus d’attention de ma part. J’ai bâclé mon départ parce que j’en avais assez. La lassitude m’a gagné depuis quelques temps et ce voyage à Paris est la coupure salvatrice dont j’avais besoin. Je veux vivre ma vie.

Curieusement, ce matin, alors que mon chien me suivanit partout dans l’appartement dans l’espoir de prendre l’un de mes gestes pour un prétexte de jeu, j’ai ressenti une affection profonde pour cet être de poil si différent de moi : j’aime ses grands yeux marrons qui me regardent avec attention lorsque je parle. Au bout de trois ans de conhabitation, je sais que je me suis attaché à lui. Malgré ses défauts, malgré les contraintes que sa possession engendre (le faire garder en mon absence n’est pas la moindre), il n’a pas restreint mon univers, au contraire : j’ai rencontré des amis.

Une sensation curieuse m’a envahit tout à l’heure alors que fermais la valise : la dernière fois que j’ai quitté mon appartement pour une semaine c’était en mars dernier, le lendemain de l’anniversaire de ma filleule, pour entrer à l’hôpital en vue d’une biopsie de la grosseur sous le côté droit de la mâchoire. C’était une valise pour plus de six mois de souffrance, de fatigue, de lutte. Mes cheveux ont repoussé plus drus et viogoureux qu’avant, plus sombres aussi. Si leur nouvelle teinte pouvait être la seule ombre de ma vie à venir.

Encore une heure de voyage. Pourquoi le wifi n’est-il pas disponible dans les trains ?
Paris éternel (je sais, le titre est bateau)

mardi 30 décembre 2008

Paname...

Guide du routard Paris 2009J’ai acheté l’édition 2009. Il me reste à arrêter les dates de mon voyage (en fonction des cours que je dois dispenser et en dehors des vacances scolaires) et à trouver l’hôtel. Tiens, qui connaît un hôtel à Paris, pas trop toc, pas trop cher (80 à 100 € environ la nuit) et dans le centre ? J’ai quelques idées dans le Marais mais je suis preneur de toute suggestion…











mardi 29 avril 2003

Mon Paris II

Il n'y a pas de voyage sans train ou sans bateau. La voiture ne fait pas voyager, elle transporte, d'un point à un autre. Le train ouvre le temps, il ouvre l'espace, il replie les distances, le train voyage avec nous. Tout commence par la gare. Sa façade de pierre où triomphe la gloire des villes et du commerce se franchit comme la porte d'un temple : en entrant, je rends hommage au monde et à la liberté. Trop emphatique ? Considérez que la plupart de nos gares datent du XIXe siècle : même modernisées, elles restent le cénotaphe des voyageurs d'hier et, à ce titre, elles sont les nœuds des liens que nous tissons entre nous.

La verrière est souvent sale, ses vitres fendues ou brisées sont les stigmates de la passion des hommes pour le progrès et le voyage. La crasse enchâsse les arabesques métalliques de la charpente, les annonces crachotées par les hauts-parleur dans la rumeur incessante ne parviennent pas à secouer cette gangue noirâtre et floconneuse. Il m'attend, à quai, museau au ras du rail, pschittant et sifflant d'impatience, ses multiples bouches aux portes ouvertes prêtes à m'avaler. Je m'introduis en lui, aspiré brusquement dans son monde de silence. Avez-vous remarqué combien l'intérieur d'un train à l'arrêt est silencieux ? Petite appréhension : qui s'assoiera à côté de moi ? C'est une loterie douce-amère dont le premier prix peut être un vrai moment de bonheur ou rien de bon. Passerais-je le voyage à tenter d'humer son parfum, à essayer de regarder de biais les traits de son visage, d'apercevoir la blancheur d'une main ou l'élancement des doigts, de saisir à la volée le timbre de sa voix ? Assis côté couloir, une silhouette élancée et sombre se penche vers moi pour regarder le numéro jaune de sa place. Je me lève pour lui permettre de gagner son piédestal et j'inspire une forte goulée d'air pour goûter, comme les chats, son odeur. Tabac, parfum de poivre, un je ne sais quoi d'indéfinissable... Les yeux sont verts, le nez droit, le cheveu ébourrifé d'un réveil trop matinal. Deux heures vont maintenant s'écouler pour permettre à mon imagination de s'égarer dans les recoins d'une douce perversité.

lundi 28 avril 2003

Mon Paris I

J'aime Paris. J'ai aimé ce que j'ai rencontré à Paris, j'ai aimé les gens que j'ai croisés, j'ai vu la vie s'agiter autour de moi, j'ai fait partie du mouvement universel, j'ai été un parmi la multitude. Voilà ce que j'ai vu... (je rédigerai plusieurs messages illustrés) A suivre.