Ou plutôt, le disque dur de Leo a rendu l'âme. Depuis plusieurs jours, le disque dur grattait, les rotations étaient bruyantes, notamment au moment de l'allumage. Le bruit s'est amplifié au fil des jours, me donnant l'impression d'entendre le grincement d'un parquet et puis, hier matin, jour de Noël, Windows Xp a refusé de se charger, signalant sans cesse une erreur. Diagnostic immédiat et sans appel : le disque dur est mort. Après Tessie, Leo, mon ordinateur de bureau à moi que j'avais depuis cinq ans, est devenu silencieux.
J'ai commencé à employer le surnom de Leo en 1999, avec mes premières connexions au net et puis j'ai baptisé ainsi mon pc, mon clone électronique, dont le disque dur renferme mes rêves et mes cauchemars les plus intimes. En fait, j'ai adopté Leo en novembre 2002 : délaissé (par mes soins, à la suite de mes préconisations techniques forcément orientées) par mon bureau au profit d'une nouvelle génération plus puissante, j'ai obtenu de l'emmener chez moi où il trône depuis, fringant avec son écran cathodique dix-neuf pouces de vingt-six kilos. Grandement amélioré (processeur 2,4 GHz, carte-mère neuve, mémoire Corsair 1 Go), il m'a accompagné pendant trente-six mois sans défaillir. Les quarante giga-octets du disque se sont peu à peu remplis de fichiers de musique, de vidéos, de photos, de programmes utiles, de mon premier blogue, de ma vie en fait. C'est pourquoi je suis un peu marri devant cette panne.
Comment vivre sans connexion au net ? Je ne suis pas en vacances et le net m'a rapidement manqué. Pas de sevrage en vue. Heureusement que le repas de Noël a accaparé mon attention (repas splendide, en toute modestie, j'y reviendrai plus tard) : en fin d'après-midi, l'esprit encore embrumé par la vapeurs délicieuses d'un Muscat de Rivesaltes Cazes de 1999, j'ai filé au bureau récupérer mon portable et je l'ai ramené à la maison. Pis-aller temporaire, son clavier est inconfortable, sans clavier numérique, mais les performances de l'écran de mon Vaïo balancent cet inconvénient. Je me résouds à être confronté à l'alternative suprême : remplacer le disque dur ou acheter un nouvel ordinateur. Vaste réflexion : un nouveau disque dur coûte cinquante-sept euros tandis qu'un ordinateur neuf dépasse les mille neuf cents euros. Evidemment, le prix est celui d'une très bonne configuration, avec un bel écran plat, un processeur AMD Athlon 4000 (voire un dual core, peut être), une carte graphique dernier cri (de quoi faire tourner sans difficulté les jeux récents) ,et surtout (sic) une belle tour en aluminium avec, enfin, huit ports USB2. La nuit porte conseil, bien que je ne sois pas persuadé que la décision soit très difficile à prendre...
La question annexe est la possibilité de récupérer les données du défunt disque en installant un autre disque dur de quatre-vingt giga-octets en maître et en soutirant à l'esclave restant les données enfouies au fond des partitions de ses entrailles. J'ai fait une croix sur la partition principale C (malgré quelques vidéos laborieusement acquises), je me consolerai d'un abandon de la partition D (et ses chansons merveilleuses...), je serai, en revanche, profondément affecté par la perte de la partition E (toutes mes photos), de la partition F (mon ancien blogue) et de la partition G (au moins un fichier téléchargé diablement utile). Ajoutons les messages reçus par Thunderbird, que je n'ai pas sauvegardés, à l'instar du reste, comme tout mauvais possesseur d'ordinateur qui se respecte. Qui sauvegarde son disque dur régulièrement ? Pas moi. Et vous ?